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    Les écoterroristes: des impatients marginaux et anti-humanistes

    Paul Watson n’a pas la cote, non seulement chez les chasseurs de phoques, mais aussi chez les écologistes qui ne le considèrent pas comme un des leurs.
    Photo: Agence Reuters Paul Watson n’a pas la cote, non seulement chez les chasseurs de phoques, mais aussi chez les écologistes qui ne le considèrent pas comme un des leurs.
    Québec — Les propos du fondateur de la Sea Shepherd Society, Paul Watson, selon qui la vie des phoques aurait plus de valeur que celle des pêcheurs des îles de la Madeleine, ont braqué les projecteurs sur des marges relativement peu connues du mouvement vert. Ces franges sont constituées d'«impatients» qui ne font pas que discuter de la possibilité, un jour, d'instaurer une société verte autoritaire ou démocratique mais qui optent pour l'action directe.

    «La mort de quatre chasseurs est une tragédie, mais le massacre de centaines de milliers de bébés phoques est beaucoup plus grave», ont affirmé ceux qui tentent par tous les moyens d'entraver la chasse aux phoques ou la pêche à la morue, notamment.

    Il y a de ces impatients dans toutes les mouvances, «qu'elles soient nationalistes, indépendantistes, d'extrême gauche», dit l'écologiste Steven Guilbeault. Mais au sein du mouvement écologiste, «celle-ci est extrêmement marginale», insiste-t-il. En fait, nombreux sont ceux qui refusent de les qualifier d'écologistes et qui préfèrent le terme «animalistes» pour les désigner, à l'instar de notre collègue Louis-Gilles Francoeur. Le journaliste souligne qu'aucun groupe écologiste au Canada ne reconnaît la Sea Shepherd Society comme faisant partie du mouvement. «M. Watson se présente souvent comme un fondateur de Greenpeace. Il omet toujours de dire qu'il s'est fait montrer la porte», insiste M. Guilbeault.

    Hubert Reeves n'hésite pas lui non plus à dénoncer Watson et à y voir les errements d'une écologie profonde (deep ecology). Il y a certes quelque chose à dire contre la cruauté envers les animaux dans les abattoirs ou dans la pratique de la chasse, mais cette façon d'intervenir est «ridicule» et totalement «improductive», à ses yeux.

    D'autres groupes, comme l'Earth Liberation Front, font dans l'action directe verte. Début mars, trois grandes maisons ont été brûlées en banlieue de Seattle. Sur les lieux, les policiers ont trouvé une affiche disant que ces demeures n'étaient pas «vertes», contrairement à ce que le promoteur affirmait. Elle était signée par l'ELF.

    Le philosophe américain de l'écologie sociale Murray Bookchin voyait dans ce type d'intervention une écologie «anti-humaniste» qui se trompait sur la cause de la crise environnementale. Il condamnait d'ailleurs les membres d'Earth First, spécialistes du monkeywrenching, une forme de sabotage destinée à nuire aux industries forestières, notamment. Il leur reprochait de lancer l'incroyable slogan «Down with human beings!» («À bas les êtres humains») lors de leurs rassemblements. Dans Une société à refaire (Écosociété), Bookchin raconte avoir été insulté lors d'une exposition sur l'environnement, dans les années 80: au-dessus d'un grand miroir, on avait écrit: «Voilà la cause des problèmes environnementaux». Cette façon de montrer du doigt les êtres humains faisait l'impasse, selon lui, sur les causes sociales et politiques de ces mêmes problèmes.












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