Des avions canadiens dans la mire des terroristes
Ottawa — Les terroristes arrêtés à Londres en août 2006 voulaient faire exploser en plein vol des avions en direction du Canada et des États-Unis. Le procès qui s'ouvre ces jours-ci dans la capitale britannique a permis d'apprendre que certains appareils d'Air Canada à destination de Montréal et de Toronto auraient été parmi les cibles du groupe islamiste.
Les destinations des avions visés par le complot n'avaient jamais été révélées, mais des sources gouvernementales canadiennes ont confirmé l'information hier après-midi. Air Canada a refusé de commenter la nouvelle, mais la plus importante compagnie aérienne au pays se voulait rassurante. «On ne peut rien dire tant que la cause est devant le tribunal, a expliqué au Devoir un porte-parole d'Air Canada, Peter Fitzpatrick. On collabore avec toutes les agences de sécurité à travers le monde pour s'assurer que nos passagers ne courent aucun risque.»
Le juge qui préside le procès, David Calvert-Smith, a expliqué les grandes lignes de la cause qui sera entendue durant plusieurs mois. Huit hommes âgés dans la vingtaine, pour la plupart d'origine pakistanaise, sont au banc des accusés.
«Ce procès concerne des allégations selon lesquelles en août 2006 des hommes auraient fabriqué des bombes dans le but de les amener à bord d'avions en partance de l'aéroport de Heathrow, à Londres, à destination des États-Unis et du Canada. Il est allégué que ces personnes cherchaient à faire exploser les bombes une fois les avions au-dessus de l'océan. Ces attaques auraient tué l'auteur de l'attentat et tous les passagers à bord», a affirmé le juge David Calvert-Smith. La cause est entendue sous haute sécurité au tribunal de Woolwich Crown, à l'est de Londres.
C'est à la suite de ces arrestations du 10 août 2006 que les passagers à travers le monde sont restreints à 100 ml de liquide ou moins à bord de la cabine d'un avion. Le groupe terroriste, associé à al-Qaïda, prévoyait de faire exploser en vol entre sept et dix-huit avions grâce à des bombes cachées dans des bouteilles contenant différentes sortes de liquides (jus, soda, shampooing, etc.). Les arrestations avaient alors forcé les compagnies aériennes à annuler près de 1000 vols.
Après des perquisitions dans 69 maisons et immeubles, l'arrestation de 21 personnes (13 ont été relâchées) et la saisie de 400 ordinateurs, 200 cellulaires et 8000 CD, DVD et autres clés USB, la police londonienne a conclu que le complot était «très avancé» et constituait une «nouvelle menace» pour les compagnies aériennes. Des détonateurs ont notamment été trouvés.
«C'était une question de semaines avant qu'ils passent à l'acte, a dit un agent britannique qui a demandé l'anonymat au quotidien Washington Post. C'était assez sophistiqué comme méthode.» Selon cet agent, entre 2500 et 3000 personnes auraient pu mourir. «Leur but était de faire tomber les avions en mer, ce qui aurait compliqué les enquêtes et empêché de découvrir le modus operandi.»
Le procès devant jury pourrait durer jusqu'à huit mois. Selon la police londonienne, il s'agit du plus important procès pour terrorisme de l'histoire britannique. Les huit hommes pourraient recevoir des peines d'emprisonnement à vie. Ils plaident tous non coupables.
Par respect pour le processus judiciaire en cours, les commentaires ont été très brefs de ce côté-ci de l'Atlantique hier. Le gouvernement Harper a réagi tard en fin de journée, affirmant que le Canada travaille «étroitement» avec les autorités britanniques et américaines pour «protéger les Canadiens». «On reste vigilants devant ce genre de menace. Le Canada n'est pas immunisé contre les dangers du terrorisme», a soutenu le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day. Il s'est refusé à tout commentaire sur les destinations des vols ciblés par le groupe criminel. «À mesure que le procès avancera, d'autres informations seront connues du public», a-t-il dit.
Le député libéral Ujjal Dosanjh soutient pour sa part que le Canada devrait poster en permanence des agents du ministère de la Sécurité publique ou de la GRC dans tous les ports et aéroports de la planète, question d'aider les entreprises canadiennes à mieux coordonner la sécurité de leurs appareils avec les autorités locales. «C'est ce que nous devrions faire, dit-il. Notre présence internationale pour assurer la sécurité de nos citoyens est trop faible.»
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Avec Canadian Press et Reuters
Les destinations des avions visés par le complot n'avaient jamais été révélées, mais des sources gouvernementales canadiennes ont confirmé l'information hier après-midi. Air Canada a refusé de commenter la nouvelle, mais la plus importante compagnie aérienne au pays se voulait rassurante. «On ne peut rien dire tant que la cause est devant le tribunal, a expliqué au Devoir un porte-parole d'Air Canada, Peter Fitzpatrick. On collabore avec toutes les agences de sécurité à travers le monde pour s'assurer que nos passagers ne courent aucun risque.»
Le juge qui préside le procès, David Calvert-Smith, a expliqué les grandes lignes de la cause qui sera entendue durant plusieurs mois. Huit hommes âgés dans la vingtaine, pour la plupart d'origine pakistanaise, sont au banc des accusés.
«Ce procès concerne des allégations selon lesquelles en août 2006 des hommes auraient fabriqué des bombes dans le but de les amener à bord d'avions en partance de l'aéroport de Heathrow, à Londres, à destination des États-Unis et du Canada. Il est allégué que ces personnes cherchaient à faire exploser les bombes une fois les avions au-dessus de l'océan. Ces attaques auraient tué l'auteur de l'attentat et tous les passagers à bord», a affirmé le juge David Calvert-Smith. La cause est entendue sous haute sécurité au tribunal de Woolwich Crown, à l'est de Londres.
C'est à la suite de ces arrestations du 10 août 2006 que les passagers à travers le monde sont restreints à 100 ml de liquide ou moins à bord de la cabine d'un avion. Le groupe terroriste, associé à al-Qaïda, prévoyait de faire exploser en vol entre sept et dix-huit avions grâce à des bombes cachées dans des bouteilles contenant différentes sortes de liquides (jus, soda, shampooing, etc.). Les arrestations avaient alors forcé les compagnies aériennes à annuler près de 1000 vols.
Après des perquisitions dans 69 maisons et immeubles, l'arrestation de 21 personnes (13 ont été relâchées) et la saisie de 400 ordinateurs, 200 cellulaires et 8000 CD, DVD et autres clés USB, la police londonienne a conclu que le complot était «très avancé» et constituait une «nouvelle menace» pour les compagnies aériennes. Des détonateurs ont notamment été trouvés.
«C'était une question de semaines avant qu'ils passent à l'acte, a dit un agent britannique qui a demandé l'anonymat au quotidien Washington Post. C'était assez sophistiqué comme méthode.» Selon cet agent, entre 2500 et 3000 personnes auraient pu mourir. «Leur but était de faire tomber les avions en mer, ce qui aurait compliqué les enquêtes et empêché de découvrir le modus operandi.»
Le procès devant jury pourrait durer jusqu'à huit mois. Selon la police londonienne, il s'agit du plus important procès pour terrorisme de l'histoire britannique. Les huit hommes pourraient recevoir des peines d'emprisonnement à vie. Ils plaident tous non coupables.
Par respect pour le processus judiciaire en cours, les commentaires ont été très brefs de ce côté-ci de l'Atlantique hier. Le gouvernement Harper a réagi tard en fin de journée, affirmant que le Canada travaille «étroitement» avec les autorités britanniques et américaines pour «protéger les Canadiens». «On reste vigilants devant ce genre de menace. Le Canada n'est pas immunisé contre les dangers du terrorisme», a soutenu le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day. Il s'est refusé à tout commentaire sur les destinations des vols ciblés par le groupe criminel. «À mesure que le procès avancera, d'autres informations seront connues du public», a-t-il dit.
Le député libéral Ujjal Dosanjh soutient pour sa part que le Canada devrait poster en permanence des agents du ministère de la Sécurité publique ou de la GRC dans tous les ports et aéroports de la planète, question d'aider les entreprises canadiennes à mieux coordonner la sécurité de leurs appareils avec les autorités locales. «C'est ce que nous devrions faire, dit-il. Notre présence internationale pour assurer la sécurité de nos citoyens est trop faible.»
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Avec Canadian Press et Reuters
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