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Voyage à l'ère planétaire - 3

Débarquer chez soi comme dans un pays étranger, entre Dubaï et Macao, est un exercice plus que fascinant. Retrouver le regard distancé de ceux qui, à longueur d'année, nous visitent et tenter de comprendre l'attachement que notre coin de planète suscite, voilà ce que signifie être un touriste de l'intérieur. Une absence de cinq semaines au bout du monde et on imagine que la Terre tourne chez soi comme les avions qui nous transportent d'un continent à l'autre. On croit que, loin des yeux, le pays va nous échapper, qu'on ne reconnaîtra plus nos amis, que les problèmes qu'on a fuis seront résolus et que la québécitude aura perdu de son exacerbation.

Or on découvre que les descendants des hommes des bois et des pionniers qui ont défié l'hiver tout en aimant sa beauté indomptée se sont transformés en angoissés de la neige et du froid, impuissants qu'ils se découvrent à contrôler la nature. Quel terrifiant sentiment que celui qui habite la cohorte des control freaks de notre époque, incapables de s'incliner devant la majesté de l'hiver, du seul véritable hiver, celui qui impose sa blancheur du sud du territoire jusqu'au Grand Nord.

En redoutant l'hiver qui se déploie, en le haïssant même, c'est peut-être une partie de notre identité qu'on refuse désormais. L'hiver est une puissante métaphore de notre aliénation au sens littéral du terme. Notre obsession météorologique nous a rendus étrangers à nous-mêmes. À force de considérer notre climat comme un adversaire qui n'a de cesse de nous terrasser, on se crée une incapacité à vivre notre géographie. Or les étrangers sont fascinés et attirés par cette nature qu'ils nous envient. Le froid rigoureux et les tempêtes de neige qui désorganisent nos vies d'urbains névrosés par le temps et la vitesse sont là comme un rappel du courage et de la vaillance de ces ancêtres qui ont bâti le pays dans des conditions extrêmes.

De nos jours, la nature qui entrave nos agitations quotidiennes dont on croit prétentieusement qu'elles ont valeur d'absolu, cette nature devrait plutôt susciter notre réflexion. Après quoi courons-nous, tête baissée, montre au poignet et téléphone portable à la main? Nous avons trop froid en hiver, où on ne supporte pas la neige sur les trottoirs, au point de la gratter jusqu'au ciment à coups de millions de dollars. On a trop chaud en été, languis aux terrasses des cafés où plusieurs rêvent des bancs de neige. La pluie nous rend maussades, les vents nous ahurissent et le beau temps nous fait conclure qu'il ne va pas durer. Le fameux mois de février associé aux déprimes se poursuit désormais jusque tard au printemps. En fait, la nature nous dérange parce qu'elle fait éclater nos fragiles constructions mentales, celles grâce auxquelles nous croyons tout contrôler.

Séjourner en coup de vent dans son propre pays qu'on quittera de nouveau sans l'abandonner est bien sûr un luxe. On se donne le droit de se surprendre de ce qu'hier on estimait allant de soi. Des gouvernements minoritaires incapables de vraiment gouverner, des oppositions impuissantes à s'opposer, d'où le remplacement de la politique, c'est-à-dire le choc des idées, par la recherche permanente de scandales potentiels, virtuels ou imaginaires.

Quand la démocratie s'élabore par le truchement d'instituts de sondage, il n'y a plus de principes qui tiennent. On ne renverse pas le gouvernement avec des idées, on cherche à l'éclabousser avec des rumeurs malicieuses, des demi-vérités et des cris au loup sans objet véritable. On vit dans le mou, le flou, on s'indigne des niaiseries du jour et on se scandalise pour des insignifiances.

Quand on est un touriste de l'intérieur, on se pince devant l'ineptie intellectuelle de fonctionnaires comme la présidente de l'Office québécois de la langue française, qui nous renvoie à la lecture de ses études sur l'état de la langue au Québec, refusant de se «commettre» alors qu'elle pèche contre la plus élémentaire des vertus, à savoir l'exercice du jugement lorsqu'on occupe une fonction publique d'autorité.

On s'étonne que l'évidence du déclin lent et inévitable des francophones à Montréal soit niée et devienne un sujet d'opinion, comme s'il ne résultait pas de la faiblesse annoncée depuis des lunes du taux de fécondité des Québécoises, dont le dynamisme est devenu plus idéologique que biologique.

Faut-il se rendre au bout du monde et en revenir pour s'incliner enfin devant des faits et des statistiques à l'abri des émotions et des passions? Pourquoi ce jeu de cache-cache, ce faire-semblant pour se faire plaisir, se rassurer ou ne pas donner d'arguments au Parti québécois, lequel montre des signes d'agonie intellectuelle? Avec le PQ, voilà donc que nous allons converser nationalement et nous lancer dans une campagne en faveur de la langue standard québécoise, création mutante libérée du français. À voir ce parti chercher des voies bloquées par les référendums passés, des idées dans des modes du jour toujours teintées de rectitude politique, on se dit que le PQ devrait entreprendre un voyage au bout de lui-même.

Vu du ciel dimanche soir, le Québec paraissait l'endroit le plus ouateux pour atterrir et se reposer des malheurs du monde. Mais souvent, le Québec entretient ses malheurs. Des malheurs nationaux diraient les uns, locaux diraient les autres.

***

denbombardier@videotron.ca
 
 
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  • Bernard Charier - Abonné
    15 mars 2008 09 h 15
    Appel à la défense du nous
    En pages B2 et B5 du cahier Perspectives, deux chroniques se tirent la langue. En B2, Gil Courtemanche s'insurge qu'on en vienne à valider un créole québécois, alors qu'en page B5, Denise Bombardier donne une démonstration de ce que l'on retrouve généralement dans le langage quotidien - d'une pauvreté pitoyable - des personnes publiques, directement ou en citation : un joyeux mélange dans la même phrase, dans la même proposition du « on » et des pronoms personnels, adjectifs et pronoms possessifs de la deuxième personne (singulier, pluriel), comme dans « On croit que, loin des yeux, le pays va nous échapper, qu'on ne reconnaîtra plus nos amis, [...] », etc., etc. C'est ainsi que le « nous » et la deuxième personne plurielle de la conjugaison, se retrouveront bientôt sur la liste des espèces en voie de disparition.

    Bernard Charier
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    15 mars 2008 09 h 46
    L'art de transformer la réalité en malheurs
    L'art de transformer la réalité en malheurs.

    « En haïssant l'hiver, c'est peut-être une partie de notre identité qu'on refuse »
    L'art de transformer et même nier la réalité.

    Comme si l'hiver n'était qu'une mauvaise vue de l'esprit.
    En hiver, on gèle et on pèle. C'est beau et aussi c'est long. Mal habillé, on gèle. On ne sort pas sans son manteau. Les mois d'hiver sont sombres, à 16h, il fait noir comme chez le loup.
    On vit avec et on aime, mais on ne se cache pas que lorsque la neige fond, que le soleil nous chauffe, ça fait du bien.
    La fatigue de l'hiver n'a rien à voir avec notre "identité qu'on refuse". À part Mme Bombardier, bien peu refusent leur identité québécoise.

    Il n'y a pas beaucoup de pays où il fait 0ºC et le lendemain -25. Bien peu de pays où la météo règle nos vies comme ici.
    C'est la réalité. Lorsqu'on joue à transformer la réalité en l'interprétant avec de savoureuses et maladives considérations psychologiques, il est temps d'aller s'étendre près d'un spécialiste pour aller retrouver son identité qui s'égare.

    «Notre obsession météorologique nous a rendus étrangers à nous-mêmes.»
    Contrairement à Mme Bombardier, nous ne vivons pas sur une autre planète. Nous avons les deux pieds dans la "slush", les bottes mouillées et les bas trempés. Nous avons la guédille au nez et les oreilles gelées. Il n'y a rien dans cette réalité qui nous rend étrangers à nous même.
    Pas fort fort la métaphore!
    On pourrait plutôt dire, pour se réchauffer un peu et se faire sourire dans ces jours sombres et froids que Mme Bombardier fait feu de tous bois!

    «À force de considérer notre climat comme un adversaire qui n'a de cesse de nous terrasser, on se crée une incapacité à vivre notre géographie. »
    Bon! Un chausson aux pommes avec ça?!

    Cette tendance irrépressible à vouloir psychanalyser le peuple (son peuple), du haut de sa tour, dénote une fixation, voire, une sorte pathologie mentale.

    Que notre vie soit en grande partie affectée par la météo n'a rien de sorcier, d'identitaire ou de malheureux. C'est la simple et souveraine réalité.

    Ici, on rencontre quelqu'un et au bout de deux minutes on se retrouve à discuter de la météo. Notre vie est réglée en bonne partie par la météo, que voulez-vous!

    En France, on rencontre n'importe qui et au bout de deux minutes, on discute de bouffe. Toujours de Bouffe. Que voulez-vous, ces Français et ces Françaises sont nés-es le nez dans un chaudron et la bouffe règle leur vie en bonne partie. (C'est plus agréable que l'hiver)

    Dans mes six mois de vie au Venezuela, lorsque je rencontrais les gens, au bout de deux minutes on parlait d'insécurité. Que voulez-vous, les malandros (malfaiteurs) règlent leur vie depuis des décennies. Tout le monde s'est fait voler. Tout le monde a un parent ou un ami qui s'est fait tirer dans une ruelle. C'est leur réalité (C'est bien pire que l'hiver... mais, pour eux, les choses s'améliorent... tandis que pour nous, l'hiver restera l'hiver)

    Si vous êtes dans le sud de la vallée du Rhône, au bout de cinq minutes, vous parler du Mistral. Le Mistral à Avignon, ce n'est pas un vent, c'est une personnalité. Il règle la vie.
    Lorsqu'il souffle, toute la vie courante en est affectée. C'est la réalité.

    Sous les tropiques, jamais on ne parle de météo. D'ailleurs si vous vous informez sur les saisons, on vous regarde en se demandant de quoi exactement vous parler!?
    Comme un ami trinidadien m'avait dit lorsque je lui ai demandé qu'elles étaient les saisons à Trinidad, il m'avait répondu: "Il y a trois saisons à Trinidad. La saison de Noël, la saison de Pâques et entre les deux, la saison la plus importante, celle du Carnaval.

    Lorsque l'on voit un pays en touriste, il est facile d'aimer cette sensation inconnue du froid qui pince les joues et le plaisir de dégager toute cette magnifique blancheur, ou encore d'avoir la peur d'être suivi par quelques "malandros" et de rentrer le coeur haletant dans son hôtel sécurisé, ou encore de rapporter des photos de l'effet du Mistral déchaîné. Mais lorsque l'on vit dans sa réalité, on ne la voit pas en touriste, on sait ce qui est bon et ce qui fait chier. Chacun assume complètement son "identité".

    Transformer constamment la réalité en malheurs «profonds» est une sorte de maladie.

    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Sylvain Goulet - Inscrit
    15 mars 2008 11 h 14
    Le Québec entretient ses malheurs ?
    Bonjour Madame Bombardier,

    Vous savez, je crois pertinemment que le fait de vouloir parler uniquement français a contribué à entretenir notre malheur. Le PQ a été au pouvoir presque 30 ans, à nous endormir avec ses rêves d'indépendance. Durant ce temps, les hauts dirigeants de ce PQ se sont enrichis comme l'ont fait, d'ailleurs, les autres dirigeants des autres partis politiques.

    JE ME SOUVIENS de Pauline Marois, dans les années 70, une femme du peuple... Quel peuple? Peuple de minables que l'on peu fourrer facilement parce qu'il est endormi et limité par le rêve d'indépendance que le PQ manipulait avec grande aisance. Limitant l'apprentissage de l'anglais à nos enfants! Crisss, le monde entier parle l'anglais. Même les chinois parlent anglais pour nous vendre des bébelles en plastiques. Par contre, cela ne veut pas dire d'oublier le français. Il faut aussi bien l'enseigner, bien le parler et en être fier.

    Le Parti Québécois, lequel montre des signes d'agonie évidents, est étouffé par trop de petits foulards de soie, ne représente pas la réalité du Québec.

    Depuis 30 ans, il y a des gens qui ont voyagé hors Québec, appris d'autres langues pour communiquer notre culture, nos produits. Pauline Marois et le PQ rêve de redécouvrir un autre somnifère pour endormir le peuple à nouveau. Ils nous reviennent avec leurs idées de plus en plus stupides. Ce n'est pas au PQ qu'il faut conseiller de faire un voyage mais bien au québécois qui ne l'ont pas encore fait.

    Sylvain Goulet
    Artiste Libre
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  • Gabriel Bernard - Inscrit
    15 mars 2008 11 h 49
    Dixit Benjamin Franklin
    Benjamin Franklin, lequel s'y connaissait quelque peu en température et s'étant attardé en particulier à l'invention du paratonnerre disait :
    -*Some are weather-wise, some are otherwise*.
    Je ne traduis pas, ne serait-que pour faire un pied -de- nez aux obsédés de *la langue standard québécoise*, et uniquement de celle-là., si bien entendu cette espèce vouée a la disparition existait encore parmi les lecteurs du Devoir.

    Étant natif du mois de février, ayant vécu pendant 40 ans les hivers rigoureux de la Gaspésie, et de surcroît ayant été témoin d'autre part du dégel intellectuel québécois, qu'il me soit donné d'affirmer que le Québec demeure toujours et quand même pour moi et les miens l'endroit *le plus ouateux pour y vivre et se reposer des malheurs du monde*
    Je crois avoir appris en raison de mon âge certain que nos malheurs nationaux ne sont plutôt que parlure.

    Gabriel Bernard
    Outremont (QC)
    gbern@videotron.ca
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  • Huguette Juneau - Inscrite
    15 mars 2008 12 h 33
    Rien à ajouter, texte magistral!
    Chère Denise (pardonnez cette familiarité de la part d'un inconnu),

    Avec un grand art, vous mettez le doigt sur plusieurs de nos problèmes.

    J'ai la plus grande admiration pour votre indépendance d'esprit et votre jugement.

    La passion qui vous habite vous donne un souffle puissant.

    Puissiez-vous continuer longtemps de nous faire part de vos lumières et réflexions.

    Veuillez croire à mes sentiments de grande considération,

    René Juneau
    711 Décarie, Ste-Julie, Qc, J3E 1K3
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  • Guy Fafard - Inscrit
    15 mars 2008 14 h 15
    Tien tien
    PQ, Tourisme, Climat, Québec (province)

    Madame Bonbardier, vous décrivez la situation du Québec avec toute l'acuité dont peu sont capables.

    Si seulement le PQ pouvait un jour comprendre que le nivellement par le bas ne nous mènera qu'à l'extinction.

    C'est avant tout avec l'histoire de notre peuple qu'une fierté nationale peut s'éveiller au fil des ans; mais surtout pas avec les palabres vides de sens que dame Marois et le PQ semblent ériger en système pour les garderies, l'éducation, la santé, les finances et le bien-être social.
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  • Lemay Gilles - Inscrit
    15 mars 2008 17 h 53
    Euh! ah! quuu! comment dire? euh! n'est-ce pas?
    Il faut entendre Denise Bombardier cracher sur les Québécois
    avec Paul Arcancan les matins de semaine vers 8h15. (Sinon,
    écoutez les archives sur internet 98.5 FM machin.)
    C'est à pouffer de rire, tellement la grande chantre du bon "perler" français, ne peut aligner deux mots sans hésiter et perdre le fil de sa pensée après 3 mots, tellement elle veut nous éblouir avec son condescendant mépris.
    Avec ses textes, qu'elle fait sur une plus longue période, elle arrive à nous faire croire qu'elle peut au moins écrire.
    Mais, toujours les mêmes crachats bien bilieux sur ce p'tit peuple qu'elle espère voir disparaître au profit d'une gentrification intellectuelle digne des "Précieuses ridicules" de Molière, qui s'y connaissait quand même un peu en langue française et en moeurs.
    Que le Devoir ouvre ses pages à une telle radoteuse, je trouve cela tout à fait odieux. Mais à voir comment les journalistes de ce quotidien se contorsionnent en bassesses béni-oui-oui pour passer à CTV ou à CBC (genre arrondir le$ fin$ de moi$), je ne suis pas réellement surpris.
    Remarques è Sylvain Goulet; ça fait depuis toujours que des Québécois voyagent au loin, les premiers explorateurs de toute l'Amérique étaient des Québécois. Les missionnaires, en Afrique, en Asie, en Amérique latine étaient des Québécois. Mais, il faut quand même se méfier des grands voyageurs, même des artistes libres qui en ont fumé du bon. "A beau mentir qui vient de loin".
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  • Benoît Gagnon - Abonné
    16 mars 2008 05 h 44
    Chez nous, on aime parfois...
    Le discours sur la température est un discours sur notre appartenance à notre milieu et sur la suite des choses. Or tout jugement, sur ce discours, révèle notre appréciation sur ce qui est ou sur notre intérêt ou non de la vie qui nous entoure. Ainsi parler de la température invite l`autre à la communication à entrer en relation. Donc Madame vous faite ce que vous condamné. Ce n` est pas grave parfois nous aimons même le temps nous dévore.
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  • Jean Le May - Inscrit
    16 mars 2008 08 h 44
    Il y a ''frileux'' et frileux!
    Je m'imagine être un touriste d'ailleurs et, à l'aéroport, tomber sur cet article du cyber-journal et surtout sur les commentaires qui suivent: quelle désolation et quelle pitié!

    Personnellement j'érigerais de grands pans de l'article de madame Bombardier au rang d'hymne national car elle sait dire notre rapetissement collectif pour tenter de nous reconnecter à des racines qui nous redonneraient vie. Pouvons-nous comprendre entre les lignes et nous regarder vivre collectivement: on y verrait comment un peuple qui se veut grand devient assez frileux dans sa vie quotidienne pour passer ses dimanches au centre commercial et se contenter d'être spectateur de l'opinion préfabriquée par les sondages et les émissions d'affaires publiques entre deux parties de hockey.
    Peut-on se voir rapetissé sans tirer sur le messager ? Peut-on se voir grand sans que ce soit nos gourous qui nous le fassent croire? Quand comprendrons-nous que si nous n'avons pas de pays, c'est que nous ne sommes pas collectivement le peuple qu'il faut pour en bâtir un? Quand comprendrons-nous que s'il y a enlisement intellectuel, c'est que nous parlons trop souvent sans rien dire--- sans penser surtout---et sur des sujets de plus en plus désincarnés.
    Nous sommes frileux de la vie qui bat en nous et c'est chacun pour soi à la course aux idées fast-food rivés devant le téléviseur qui nous empêche de voir la vraie vie juste là, dehors.
    J'ai honte de certains commentaires liés à cet article: ils font la preuve par l'absurde que '' mon pays, ce n'est pas un pays, c'est l'hiver'', c'est l'hiver mental, là ou les idées gèlent et les lèvres gercent à force de parler pour ne rien dire et critiquer ceux et celles qui sortent trop du rang. On n'est pas sorti de l'auberge, croyez-moi.

    Jean Le May,
    Saint-Jean-sur-Richelieu
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  • claude tremblay - Inscrit
    16 mars 2008 09 h 02
    en 1976
    Le problème ce n'est pas l'hiver, mais le manque d'infrastructure des années 2000. Nous ne haïssons pas l'hiver mais ses désagréments occasionnées par des règlements stupides, un manque de gestion de la neige à Montréal je précise. Lorsque je suis arrivée à Montréal en 1976, il y avait autant de neige ,mais Drapeau s'occupait de manière optimal de ce problème. 30 ans plus tard, la population de la grande région montréalaise a doublé, le nombre de véhicules a triplé, et les routes et infrastructures sont restées les-mêmes. Allez à Québec où il y a plus de neige et vous verrez que l'hiver est mieux apprécié étant donné que la densité population-voiture-transport s'est mieux adaptée. Même la route 20 ne suffit plus au trafic.
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  • Henri-Bernard Boivin - Abonné
    16 mars 2008 09 h 55
    Bravo!
    Tout à fait d'accord. Bravo!

    H.-B. Boivin
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  • Jean Brault - Abonné
    16 mars 2008 12 h 19
    Le malheur des uns...
    Fait le bonheur des autres...Revenant d'un pays oû il fait bon vivre, la chaleur humaine aidant, il est difficile d'admettre qu'on est mieux ici. On est des "chiâleux congénitaux" incapables de transmettre un peu de joie de vivre sans se gargariser de considérations hautement intellectuelles et inaccessibles. De la culture, s.v.p. et de la classe, surtout, pour se distraire et ne pas s'oublier dans le néant. Nos humoristes sont des cons préoccupés à dénigrer tous nos travers pour ainsi s'enrichir de nos misères. On est encore un petit peuple, riche en connaissances et en discussions, certes, mais pauvre en certitudes et en décisions. Aussi bien choisir l'exil perpétuel oû le soleil brille pour tout le monde quitte à faire un saut chez nous pour voir notre cher peuple se stresser pendant nos quelques deux petits mois de beau temps.
    À défaut d'un paradis, vaut mieux se contenter du purgatoire.
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  • Marjolaine Beausoleil - Inscrite
    20 mars 2008 08 h 11
    climat
    Cette abondance de neige va remetrre à la mode les changements climatiques.....Il n`y a pas seulement que nos mentals qui sonts fragiles..Nos constructions le sont aussi. Elles ne sont plus au gout du jour....Tempêtes incessantes...tornades....pluies dilluviennes....On va se remettre à nos tables à dessin et refaire nos devoirs....afin de savourer en toute quiétude un bon chocolat chaud au coin du feu dans une maison sécuritaire..pour ceux qui pourront se le permettre.....car voyez-vous nous ne sommes pas tous en sécurité..nous le constatons quotidiennement....à notre poste de télé préfére ou tout simplement dans notre quartier.....Et je vous dis que tous les partis politiques se fouent royalement de nous...car eux quand ca chauffe trop ils partent vers des cieux plus cléments..Rien n`a changer sous le soleil depuis Néron ou peut-être avant......Boycotons tous les partis au pouvoir....et les autres en devenir.....
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  •  
  • Jean Morissette - Inscrit
    23 mars 2008 13 h 22
    Mon pays, c'est l'hiver....
    Madame Bombardier,
    Au lieu de vomir sur mes congénères, je préfère vomir sur les congères.
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  • Irène saint-pierre - Inscrite
    24 mars 2008 10 h 27
    Il y a des hommes...
    Heureusement qu'il y a des hommes d'exception. Merci M. Carbonneau de si bien décortiquer le texte de Mme Bombardier. Vous lire est un plaisir suave, après le déplaisir, ça fait du bien... S'en prendre à son peuple et prendre l'hiver à témoin pour vomir sur ses congénères m'interroge sur l'utilité d'une telle chronique. L'hiver peut être plus facile pour qui a son chauffeur privé, sa cour déneigée et son gros confort. Alors, on parlera des hivers de nos ancêtres quand on saura ce que c'est réellement, on parlera de nos hivers réels et actuels quand on aura les mains et les pieds gelés d'avoir trop marcher pour se rendre au travail. Et pour les allégories politique on en jasera autour d'une bonne soupe au pois...
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