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Lotomertà

L'ironie — appelons cela ainsi — veut que sur le site Internet de Loto-Québec, hier encore, il était tout à fait impossible de trouver ces dizaines de rapports d'incidents qui font état de deux suicides, six tentatives de suicide et huit aveux concernant une intention d'en finir avec la vie. Pour les obtenir, il faut en faire la demande officielle.

L'ironie — mais est-ce bien de cela qu'il s'agit? — veut donc que, sur le même site, il était en revanche très facile d'accéder, dans une section destinée à la presse, à une liste des dernières mises au point publiées par la société d'État lorsqu'elle a cru nécessaire de rectifier des propos ou des faits diffusés par les médias. Un de ces rectificatifs concerne le nombre de suicides survenus dans ses casinos.

Attaqué sur son présumé silence, l'organisme répliquait au printemps dernier en avançant ce qu'il prétend être «les faits», soit qu'il «y a une croyance dans la population à l'effet qu'il y a des suicides dans nos casinos, mais en réalité, il n'y en a pas. Cette affirmation ne repose sur aucun fait».

Aucun fait? Et pour cause! Il a fallu la ténacité d'un homme que l'on sait déterminé — le militant Bill Clennett — et la sanction des tribunaux pour qu'on lève le voile sur une portion de ces faits: des dizaines de rapports détenus par la société d'État portant sur de graves incidents survenus au sein de deux casinos (Montréal et Gatineau) entre 1999 et 2007. Loto-Québec a beau dire qu'elle peut «relativiser sans minimiser», elle avance une équation incomplète et odieuse en opposant deux incidents sur un lot de dizaines de millions de visites annuelles au sein de ses maisons de jeu.

Elle pratique honteusement l'art de la dissimulation; on sait, comme le rappelle froidement le Bureau du coroner, que les suicides liés au jeu semblent en hausse au Québec. Tristement, on sait aussi que, chez les joueurs pathologiques, les tendances suicidaires sont plus élevées que dans la population en général. Et tout le monde devine, mais Loto-Québec semble l'occulter, que la douleur d'un joueur ne s'exprimera pas nécessairement de manière fatale dans l'enceinte du casino, mais peut-être ailleurs.

En fait, et voilà la pire omertà servie par la société d'État, la somme des incidents survenus tant au Casino de Montréal qu'à celui du Lac-Leamy s'interprète surtout qualitativement: que de détresse derrière la dépendance aux vendeurs d'illusions!

La persistance de M. Clennett et celle de ses avocats permettent aujourd'hui de comprendre que la transparence n'est pas innée en certains hauts lieux de la loterie. Les efforts de Loto-Québec en matière de prévention sont pourtant plus visibles que jamais — à preuve: ses campagnes publicitaires. Il en faudra plus toutefois pour convaincre une population déjà prompte à éconduire le moindre projet d'installation d'un nouveau casino que l'action «responsable» de la société d'État est spontanée et franche.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Claude Tremblay
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 06h15
    Une hypocrisie criminelle
    Il y a peu de temps, le jeu de loterie était criminel. Puis cet acte a été avalisé et glorifié par l'état. Sous le fallacieux prétexte que cela aide à financer la santé, l'éducation, et à construire des routes. Pourquoi ne pas franchement taxer l'utilisateur des services qui en a souvent plus les moyens que les pauvres gens qui dépensent leur chèque de BS ou de vieillesse dans les casinos, ou dans les machines à sous, dans le fallacieux espoir d'améliorer leur sort.

    Pathétique!

  • Marc Gendron
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 08h38
    Le syllogisme de la honte...
    «Seize événements sur une période de huit ans, ça fait deux par année, a expliqué le porte-parole de Loto-Québec, Jean-Pierre Roy, en entrevue à Radio-Canada. Et deux par année, avec 6 millions de visites à Montréal, 3 millions au Lac-Leamy, ça fait deux incidents du genre sur 9 millions de visites. Alors je pense qu'il faut relativiser, sans minimiser ces situations.»

  • André Chevalier
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 11h24
    J'ai honte de mon gouvernement
    J'ai honte, en tant que citoyen,que l'état fasse la promotion d'activités qui exploitent la faiblesse humaine.

    Depuis que l'état a retiré des mains de la mafia l'exploitation des jeux de hasard, le phénomène de jeu pathologique a pris de l'ampleur de l'aveu même du président de Loto-Québec,monsieur Roy, hier, à Radio Canada.
    Les causes sont évidentes: Loto-Québec en fait ouvertement la promotion par ses publicités. La caution publique de l'état à enlevé le côté moralement douteux de ces activités. Ces activités sont beaucoup plus facilement accessibles que du temps de la mafia. Loto-Québec triche ses clients en truquant les machines à sous de façon à ce que ceux-ci soient souvent près de gagner pour leur donner l'illusion qu'au prochain coup, ça va y être.

    On soutient qu'il vaut mieux que ce soit l'état plutôt que la mafia qui bénéficie de ces activités. Avec un raisonnement pareil, on peut se demander pourquoi l'état ne se lancerait pas également dans le proxénétisme, le commerce de la drogue et le prêt usuraire.

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 13 février 2008 12h45
    L'ère bordélique des menteurs.
    Pour accéder aux loggias et aux spectacles des bacchanales secrètes de l'Omerta Suprême qui a cours au Québec, il faut connaître les codes du «MENSONGE SUR MESURE», catégorie QUÉBEC INC..

    D'ores et déjà, le MENSONGE porte chapeau melon, le PARJURE porte veston et la FOURBERIE porte bottillons. Vêtue de la sorte, la «HIGH CRASSE QUÉBÉCOISE» s'autorise un tel MODUS VIVANDI SUR MESURE et MUR À MUR. Ne faut-il pas être crapule pour avoir aussi peu de scrupule ? Et, se disent-ils, pourquoi pas ? Puisque ça passe la rampe et franchit toutes les frontières, même celles des plus grossières impudences, des plus crâneuses insolences et du cynisme le plus éhonté.

    Coiffés des perruques de L'IMMUNITE et maquillés des barbouillis de L'IMPUNITE, voguent ces galères aux cales chargées d'astuces, de bouffonneries et de facéties. Ces galères de pirateries dont les capitaineries sont envahies par les omnipotents richards qui se partagent les produits de leurs trocs de menteries tout aussi frauduleuses que maffieuses.

    Les Libéraux de Jean Chrétien ont menti, au sujet des tartufferies des COMMANDITES. Les Conservateurs de Stephen Harper ont menti au sujet de certaines TORTURES qui se pratiquent au vu et au su des canadiens, en Afghanistan. Les Conservateurs de Brian Mulroney ont menti au sujet des pots de vin reliés à AIRBUS et autres dossiers militaristes, donnant lieu à la circulation «d'enveloppes argentées» qui s'empilaient dans les caves de Sussex et les poches blindées de son occupant. Les Libéraux de Jean Charest ont menti au sujet des tractations et lors du battage de désinformation entourant le RABASKA des pachas, leurs goujats amis. Devant la masse du laxisme et l'avalanche des fourberies du petit clan «QUÉBEC 2008», on a cru nécessaire de passer l'éponge blanchisseuse. S'en suivirent 12 congédiements, sans plus, sans enquête, sans poursuite, alors que plus de 3 M$ des subventions (nos taxes) ont été engouffrés dans un «opéra urbain». Un «EXTRA BIDON», pour ne citer que cet exemple, pour «quelque chose qui n'a jamais existé et ne prendra jamais l'affiche. Maintenant, grâce à la courageuse détermination et la brave ténacité de Bill Clennett, c'est au tour de LOTO QUÉBEC de mentir, par tous ses orifices confondus, au sujet des massacres que pilote son industrie des plus capiteuse, alors que le soliste aventurier Vincent Lacroix, ni Premier Ministre ni Ministre, est, LUI, écroué derrière les barreaux, en attente d'une sentence d'emprisonnement de longue durée.

    Tous ces bordels sont reliés par les souterrains d'une OMERTA, dont les silences sont crapuleux et criminels, au seul regard des morts causées soit par les mines, soit par les règlements de comptes, soit par des suicides ou d'autres exits fatals.

    En marge des désespérantes pratiques tout croche d'une certaine truanderie politique ; en marge des pratiques exutoires et expéditives d'une justice boiteuse qui s'accommode de son apparence, qu'est-ce que les Québécois, tenants de la droiture et de la rectitude, de l'honnêteté, de l'intégrité et de l'incorruptibilité, attendent pour instaurer un TPI, un Tribunal Populaire d'Incorruptibles, faisant FRONT COMMUN contre les abus bordéliques que s'autorisent certaines alliances de groupuscules formés de dirigeants et de richissimes haut-placés dont l'intransigeance et l'outrecuidance dominatrices frôlent le despotisme ?

    On qualifie de MALFRATS et de HORS LA LOI certaines catégories de criminels. Comment faut-il alors qualifier certaines catégories qui se positionnent AU-DESSUS DES LOIS et pour lesquels le MENSONGE est LE CODE D'ENTRÉE ET DE SORTIE, LE CODE D'ACCÈS ET DE SÉJOUR, LA VOIE ROYALE, dans le langage «DU MILIEU»?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

  • Jocelyn Roy
    Inscrit
    mercredi 13 février 2008 13h03
    L'ironie...
    L'ironie, c'est que les médias ne surveillent pas les activités de Loto-Québec et que ce sont des "militants" qui s'acharnent pour forcer une société d'état à dévoiler ses "secrets". N'ayez donc pas peur de relier le militantisme de Bill Clenett à Québec solidaire... Effectivement, les deux experts québécois qui surveillent Loto-Québec, Bill Clenett et Alain Dubois de la colaition EmJEU, sont deux ex-candidats de Québec solidaire aux élections de 2007. Merci!

  • Louis Lapointe
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 13h29
    Les mercenaires du secret
    Bonjour Mme Chouinard,

    Comme la rouille, le secret ronge tout. Loto-Québec, Airbus, Cinar, l'Office de la langue française, le personnel politique des premiers ministres et la machination des commandites ne sont que les derniers exemples de cette longue liste.

    Le secret, surtout quand il est professionnel, est devenu un prétexte pour cacher tous les crimes des princes. Il a son réseau de mercenaires qui représentent les uns et les autres, d'un côté comme de l'autre, conseillent ceux qui posent les questions et ceux qui y répondent, quand ce ne sont pas eux-mêmes qui posent les questions ou interviennent pour sommer publiquement un ancien collègue de ne pas répondre publiquement aux questions au nom de ce même secret, poussant l'odieux jusqu'à partager le même cabinet que le principal témoin, sous prétexte qu'ils auraient construit un mur fictif les mettant à l'abri du conflit d'intérêts. Ils n'ont pas de camp, juste des missions, celle que leur client leur a confiée, celle de l'organisation qu'ils conseillent, celle du lobby qu'ils représentent!

    Quand ce ne sont pas leurs interventions publiques, ce sont les ententes de confidentialité qu'ils ont rédigées, qui légitiment le passé trouble de leurs clients, fussent-ils des organismes publics ou des fraudeurs notoires. Quand nous voulons savoir, ils nous répondent : désolé c'est secret!

    Pourtant, ce sont ces mêmes organismes et leurs conseillers en relations publiques qui nous cassent les oreilles avec leur éthique : «...la culture du secret nuit à la transparence des organisations». Pour nous prouver leur bonne foi, ils organisent des colloques sur le sujet où ils invitent leurs mercenaires du secret et de l'éthique à venir donner des conférences. Ils financent les travaux et les chaires de prestigieux universitaires, sous prétexte qu'on doit effectuer une constante vigie. Mais lorsque les conclusions ne leur conviennent pas, ils imposent le dictat des ententes de confidentialité qu'ils ont préalablement fait signer au nom de la saine prudence, accusant ceux qui les transgressent de manquer de professionnalisme! Désolé, les données sont incomplètes et risquent d'être mal interprétées. Quelques ténors de la presse, qui partagent les mêmes mercenaires, se font alors entendre pour défendre ce qui leur apparaît être du discernement. Toute vérité n'est pas bonne à dire, surtout si elle nuit au commerce, au club et à sa lingua franca!

    Ces mercenaires ont un réseau : le réseau de tous les secrets. On comprend pourquoi c'est là que la plupart des princes déchus se terrent, trônant au milieu de leur cour, parmi leurs anciens courtisans où ils sont investis d'une telle autorité qu'elle leur confère une inéluctable immunité les liant les uns aux autres: le secret.

    Louis Lapointe
    Brossard

  • Mario Tremblay
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 14h30
    Ce n'était donc pas le fait de la mafia ...
    C'est l'exploitation du jeu qui rend les exploitants ainsi, peu importe qui l'exploite. Ce n'était donc pas un problème causé par la mafia, comme on nous l'a fait croire lorsqu'on a créé les casinos gouvernementaux.

  • André Julien
    Inscrit
    mercredi 13 février 2008 20h03
    Un autre jeu de Loto-Québec, devinez le nombre véritable des suicidés.
    Une proposition pour rapporter de gros revenus.

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