Centrale des syndicats du Québec - Monique Richard songe à la retraite
Avant de partir, elle se battra contre le vent de droite qui souffle sur le Québec
Monique Richard avait succédé à Lorraine Pagé, en mai 1999.
Monique Richard songe à quitter la présidence de la CSQ. En poste depuis mai 1999, elle se dit en effet en période de réflexion et souhaiterait faire place à la relève pour le congrès triennal de la centrale syndicale, en juin. D'ici là, les membres de la CSQ et elle lutteront, lors de la prochaine campagne électorale, contre un vent de droite qui souffle sur le Québec et menace les réseaux publics de santé et d'éducation.
Après quatre ans à la tête de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Monique Richard songe à quitter son poste de présidente d'ici le congrès triennal de la centrale syndicale, en juin prochain.
«Je suis actuellement en réflexion, a-t-elle confirmé hier au Devoir. J'adore mon travail, mais il faut aussi penser à la relève. Ça fait quand même 19 ans que je suis à l'exécutif», a-t-elle ajouté. Mme Richard a d'ores et déjà entamé des discussions au sein du conseil exécutif du syndicat concernant sa réflexion et son départ éventuel.
Monique Richard tient la barre de la CSQ depuis mai 1999. Les membres de la centrale syndicale réunis en congrès l'avaient alors élue par acclamation, à la suite de la démission de l'ex-présidente, Lorraine Pagé. Elle occupait auparavant le poste de vice-présidente, depuis 1984.
Monique Richard n'a pas voulu préciser le moment exact où elle rendra sa décision finale. Cependant, elle sera forcée de le faire avant le 37e congrès triennal de la CSQ, en juin, où un vote sur le renouvellement de son mandat est prévu. Une élection à la présidence lors de ce rassemblement des membres de la CSQ pourrait servir d'occasion à Mme Richard pour faire place à un nouveau candidat, si elle décide finalement de tirer sa révérence.
D'ici là, Monique Richard n'a pas l'intention de chômer. Comme elle l'a annoncé hier au cours d'une conférence de presse portant sur les priorités de la CSQ en 2003, la centrale syndicale entend prendre part à la campagne électorale et lutter contre un «vent de droite» qui souffle présentement sur le Québec et qui risque de «mettre en péril les services publics» de santé et d'éducation.
La CSQ, qui regroupe 145 000 membres, interpellera à ce sujet tous les partis, «et pas seulement l'Action démocratique du Québec», a noté Mme Richard, en précisant qu'elle ne donnera aucun mot d'ordre à ses membres sur le choix du prochain gouvernement. «Tous les partis en lice auront des explications à nous donner. Après tout, les idées de droite ne sont pas nées avec l'ADQ. Il y a des gens dans tous les partis qui veulent ce virage vers la droite», a-t-elle dit. Elle ajoute cependant que les idées de l'Action démocratique du Québec la tracassent un peu plus. «Qu'on regarde du côté de la politique de la petite enfance, du réseau de la santé, de l'éducation, il y a une vision néolibérale des choses là-dedans et des idées de droite que nous voulons combattre», a-t-elle indiqué.
Monique Richard s'inquiète de mesures préconisées par tous les partis dans le domaine de l'éducation: les bons d'études de l'ADQ, l'idée de créer des établissements à vocation particulière avec sélection des élèves du Parti libéral et la tendance du Parti québécois à valoriser les palmarès des écoles publiques, qui comparent ces dernières aux institutions privées. La centrale syndicale procédera ce mois-ci au lancement d'une campagne en faveur de l'éducation publique qui dénoncera ces mesures et vantera les mérites d'un accès pour tous à l'école, du primaire à l'université. «Quand l'approche économique en santé et en éducation prime sur le développement et le bien-être, nous sommes interpellés au plus profond de nos convictions», a souligné la présidente de la CSQ, dont les deux tiers des membres oeuvrent dans le monde de l'éducation.
«Quand on entend le patronat parler de clients au lieu d'élèves ou de patients, quand on entend les gestionnaires parler de productivité, je pense qu'on a un problème. Ce ne sont pas que des mots, c'est une façon inacceptable de voir la santé et l'éducation au Québec», a-t-elle ajouté.
L'avenir du système de santé et de services sociaux préoccupe aussi la CSQ, à tel point que la centrale syndicale se portera à la défense de leur caractère public durant la campagne électorale. Monique Richard sent un «dangereux glissement vers la privatisation», notamment avec les propositions de l'ADQ sur l'apport du privé au système actuel. Aussi, Mme Richard estime que, si le ministre de la Santé, François Legault, a affirmé vouloir préserver le caractère public du système de santé, il n'a pas spécifié comment il allait parvenir à financer un réseau qui manque cruellement de fonds. «Les entreprises privées attendent à la porte pour aller chercher certains créneaux dans le réseau, a-t-elle noté. On ne veut pas que la capacité de recevoir des services de santé soit dictée en fonction de l'argent qu'on a dans notre compte de banque ou dans nos poches, comme à une certaine époque», a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, le dossier de l'équité salariale, dont la loi ne s'applique toujours pas aux secteurs public et parapublic après cinq ans d'existence, et le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public, qui viennent à échéance le 30 juin, figurent parmi les principales préoccupations de la CSQ pour l'année 2003. Monique Richard compte bien réclamer de meilleures conditions de travail et la fin de la précarité d'emploi pour les employés du secteur public. «Ce ne sont pas des produits jetables», a-t-elle lancé, tout en notant que les conditions de travail actuelles minent le moral des employés et nuisent à l'émergence d'une relève dans les domaines de la santé et de l'éducation.
Après quatre ans à la tête de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Monique Richard songe à quitter son poste de présidente d'ici le congrès triennal de la centrale syndicale, en juin prochain.
«Je suis actuellement en réflexion, a-t-elle confirmé hier au Devoir. J'adore mon travail, mais il faut aussi penser à la relève. Ça fait quand même 19 ans que je suis à l'exécutif», a-t-elle ajouté. Mme Richard a d'ores et déjà entamé des discussions au sein du conseil exécutif du syndicat concernant sa réflexion et son départ éventuel.
Monique Richard tient la barre de la CSQ depuis mai 1999. Les membres de la centrale syndicale réunis en congrès l'avaient alors élue par acclamation, à la suite de la démission de l'ex-présidente, Lorraine Pagé. Elle occupait auparavant le poste de vice-présidente, depuis 1984.
Monique Richard n'a pas voulu préciser le moment exact où elle rendra sa décision finale. Cependant, elle sera forcée de le faire avant le 37e congrès triennal de la CSQ, en juin, où un vote sur le renouvellement de son mandat est prévu. Une élection à la présidence lors de ce rassemblement des membres de la CSQ pourrait servir d'occasion à Mme Richard pour faire place à un nouveau candidat, si elle décide finalement de tirer sa révérence.
D'ici là, Monique Richard n'a pas l'intention de chômer. Comme elle l'a annoncé hier au cours d'une conférence de presse portant sur les priorités de la CSQ en 2003, la centrale syndicale entend prendre part à la campagne électorale et lutter contre un «vent de droite» qui souffle présentement sur le Québec et qui risque de «mettre en péril les services publics» de santé et d'éducation.
La CSQ, qui regroupe 145 000 membres, interpellera à ce sujet tous les partis, «et pas seulement l'Action démocratique du Québec», a noté Mme Richard, en précisant qu'elle ne donnera aucun mot d'ordre à ses membres sur le choix du prochain gouvernement. «Tous les partis en lice auront des explications à nous donner. Après tout, les idées de droite ne sont pas nées avec l'ADQ. Il y a des gens dans tous les partis qui veulent ce virage vers la droite», a-t-elle dit. Elle ajoute cependant que les idées de l'Action démocratique du Québec la tracassent un peu plus. «Qu'on regarde du côté de la politique de la petite enfance, du réseau de la santé, de l'éducation, il y a une vision néolibérale des choses là-dedans et des idées de droite que nous voulons combattre», a-t-elle indiqué.
Monique Richard s'inquiète de mesures préconisées par tous les partis dans le domaine de l'éducation: les bons d'études de l'ADQ, l'idée de créer des établissements à vocation particulière avec sélection des élèves du Parti libéral et la tendance du Parti québécois à valoriser les palmarès des écoles publiques, qui comparent ces dernières aux institutions privées. La centrale syndicale procédera ce mois-ci au lancement d'une campagne en faveur de l'éducation publique qui dénoncera ces mesures et vantera les mérites d'un accès pour tous à l'école, du primaire à l'université. «Quand l'approche économique en santé et en éducation prime sur le développement et le bien-être, nous sommes interpellés au plus profond de nos convictions», a souligné la présidente de la CSQ, dont les deux tiers des membres oeuvrent dans le monde de l'éducation.
«Quand on entend le patronat parler de clients au lieu d'élèves ou de patients, quand on entend les gestionnaires parler de productivité, je pense qu'on a un problème. Ce ne sont pas que des mots, c'est une façon inacceptable de voir la santé et l'éducation au Québec», a-t-elle ajouté.
L'avenir du système de santé et de services sociaux préoccupe aussi la CSQ, à tel point que la centrale syndicale se portera à la défense de leur caractère public durant la campagne électorale. Monique Richard sent un «dangereux glissement vers la privatisation», notamment avec les propositions de l'ADQ sur l'apport du privé au système actuel. Aussi, Mme Richard estime que, si le ministre de la Santé, François Legault, a affirmé vouloir préserver le caractère public du système de santé, il n'a pas spécifié comment il allait parvenir à financer un réseau qui manque cruellement de fonds. «Les entreprises privées attendent à la porte pour aller chercher certains créneaux dans le réseau, a-t-elle noté. On ne veut pas que la capacité de recevoir des services de santé soit dictée en fonction de l'argent qu'on a dans notre compte de banque ou dans nos poches, comme à une certaine époque», a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, le dossier de l'équité salariale, dont la loi ne s'applique toujours pas aux secteurs public et parapublic après cinq ans d'existence, et le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public, qui viennent à échéance le 30 juin, figurent parmi les principales préoccupations de la CSQ pour l'année 2003. Monique Richard compte bien réclamer de meilleures conditions de travail et la fin de la précarité d'emploi pour les employés du secteur public. «Ce ne sont pas des produits jetables», a-t-elle lancé, tout en notant que les conditions de travail actuelles minent le moral des employés et nuisent à l'émergence d'une relève dans les domaines de la santé et de l'éducation.
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