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Lettres: Passer à autre chose

Marie Labrecque - Le 24 janvier 2008  28 janvier 2008  Actualités en société
Pourquoi diable tout ce tintamarre autour de la langue? De quelle langue s'agit-il donc? Certainement pas de la langue française puisque celle dont on parle est la langue de «che-nous», cette langue cadavérique qui n'a plus qu'une vague parenté avec la langue française.

Pourquoi donc s'inquiéter de celle-ci quand on sait que les trois quarts des Québécois de souche ne peuvent ni la parler ni l'écrire à tel point que tout émigré le moindrement instruit sait qu'il doit l'apprendre de francophones venus d'ailleurs? À défaut de revenir au français, ne pourrait-on passer à autre chose ou peut-être à une autre langue?
 
 
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  • Maude Boyer - Inscrit
    13 décembre 2010 08 h 10
    C'est malheureusement vrai !
    Je suis tout à fait d'accord avec vous. Qu'il est agréable de lire un texte bien écrit par quelqu'un qui aime la langue et la respecte. J'enseigne le français à des immigrants instruits qui aimeraient bien aussi que je leur enseigne le "québécois" car ils ne comprennent rien lorsqu'ils entendent les gens parler dans la rue. Je leur dis que je suis professeur de français et que malheureusement je ne peux donner des contraventions à tous ceux qui la maltraitent et la défigurent...On ne demande pas aux gens de "perler" ni de se donner un accent français mais que diable (pour reprendre votre expression)pourquoi tant de négligence dans notre façon de nous exprimer ? Pire encore, pourquoi vouloir "sauver" cette langue qui n'en est plus une ? La fierté d'un peuple est directement proportionnelle à la façon dont il traite sa langue...
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  • Simon Rainville - Inscrit
    13 décembre 2010 08 h 59
    Quel commentaire d'une colonisée!
    Passons donc à la langue anglaise! Rejoignions le ROC et les États-Unis. Pourquoi ne pas aller vers le protestantisme pour bien se fondre dans la masse nord-américaine?

    Parce que les Québécois ne parlent pas toujours bien leur langue, il faut la changer? Quel argument ridicule! Est-ce qu'on doit faire du travail au niveau de la langue? Certainement. Mais il vaut mieux travailler à redonner l'amour de la langue que vouloir l'assimilation!

    Sachez qu'on parle français au Québec, mais avec des particularismes. Allez dire aux Algériens qu'ils ne parlent pas français! Et tant que vous y êtes, allez vous promenez à Paris (sur Paris?) et essayez de comprendre le jargon! Allez faire un tour en Allemagne où ils se plaignent que les Allemands parlent mal leur langue. Allez en Espagne et vous constaterez un procès similaire. Il s’agit d’une époque creuse pour le respect des langues et de la culture face à Hollywood, Facebook et toute cette pseudo-culture venue des Etats-Unis.

    Franchement, vous êtes non seulement colonisée par les Britanniques et les Canadiens anglais, mais vous l'êtes par les Français! Un peu de fierté! Aimez sa nation ne veut pas dire qu’on ne peut pas la critiquer et vouloir l’améliorer, mais il ne faut pas dire n’importe quoi pour tenter de se séparer de la masse.
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  • Franfeluche - Abonné
    13 décembre 2010 10 h 03
    D'accord !
    Je suis d'accord avec M. Rainville. Il faut avoir voyagé le moindrement dans les différentes régions en France pour réaliser qu'elles aussi ont leurs particularismes linguistiques qui sont loin de correspondre au français dit-international. Alors, la question que nous pouvons poser est la suivante : est-ce que les personnes qui utilisent ces langages particuliers éprouvent un certain sentiment de honte?

    Est-ce que les Américains devraient avoir honte de leur langue parce qu'ils ne la parlent pas de la même manière qu'en Angleterre ?
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  • Maude Boyer - Inscrit
    13 décembre 2010 10 h 21
    à Simon Rainville
    Vous n'avez pas tout à fait compris mon message...Quand je vais en France ou dans un autre pays francophone, je ne change ni mon accent (qui est québécois) ni mon lexique car je parle ce qu'on appelle encore le français. Cet argument éculé de traiter de colonisés tous ceux qui veulent parler français correctement ne tient plus la route. Une chose au moins me console : vous êtes capable d'écrire ce qui est toujours ça de pris...
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  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    13 décembre 2010 10 h 53
    Est-ce le début de la fin?
    Sommes-nous maintenant engagés sur la pente glissante de vers laquelle nous pousse l'idéologie de l'anglicisation? Le morceau est bel et bien lâché : «... passer à autre chose ou peut-être à une autre langue». L'idée directrice de cette idéologie est que les francophones ne parlent pas la «vraie» langue française. De plus, ils parlent tellement mal qu'ils devraient passer à une autre langue, l'anglais sans doute. Fondamentalement, il s'agit de culpabiliser les francophones au sujet du maintien de leur langue.

    Les Québécois sont de plus en plus encouragés à le faire par voie de médias interposés. L'utilisation d'expressions anglaises est de plus en plus tolérée. L'exemple le plus frappant est sans doute celui de Lisa Frula, de l'émission «Le club des ex», qui n'a de cesse de nommer les «choses importantes» en anglais. Les musiciens et chanteurs francophones, qui abandonnent de plus en plus le français pour devenir unilingues anglophones, constituent un autre exemple inquiétant. Les thèmes musicaux de films francophones sont même choisis dans le répertoire anglophone alors que le répertoire francophone en est de plus en plus exclu. Le même phénomène se remarque dans la publicité et l'affichage.

    Cette idéologie de l'anglicisation est la même qui a poussé tant de francophones hors Québec à passer à l'anglais. Pourquoi continuer à parler français alors que nous le parlons tellement mal? Va-t-elle réussir à lancer les Québécois sur la même pente glissante qui a emporté ceux-là plus de 80%? Cette question ne se serait pas posée il y a une vingtaine d'années. Toutefois, au Québec, nous nous la posons aujourd'hui avec inquiétude.

    Bernard Dupuis, Berthierville.
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  • Gebe Tremblay - Inscrit
    13 décembre 2010 12 h 20
    Holà les puristes !
    On peut très bien enseigner le français international en même temps que le dialecte québécois familier !

    Ce n'est pas parce-que j'ai appris à faire des plats fins de cuisine française que j'ai cesser de faire du pâté chinois "pis" d'la tourtière !

    Pour enseigner correctement le français international à l'école, il faut des cours obligatoires de théâtre et de diction. Au diable ce cours aboninable d'ECR !
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  • Socrate - Inscrit
    13 décembre 2010 17 h 37
    slang
    Il y a du slang dans toutes les langues. Pourquoi en faire un plat à nouveau? L'anglais est devenu international et il faudra bien s'y faire un jour ou l'autre. Pipelistes zoo pas...
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  • Francois Laforest - Abonné
    14 décembre 2010 05 h 29
    Soyons visionnaires et 加拿大万岁 !
    Le Québec est une terre de populations décadentes et vieillissantes alors instruisons nous d'une langue d'avenir au passé culturel riche:

    加拿大万岁 !
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  • Francois Laforest - Abonné
    14 décembre 2010 06 h 45
    Vive le Canada ! comme disent les chinois 加拿大万岁 !
    Le Québec doté d'une population vieillissante est le nouvel eldorado des pays surpeuplés aux économies émergents comme l'Inde et la Chine. Alors innovons et prenons une longueur d'avance pendant que les français achèvent de se convertir à l'anglais.
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  • philippe de neuville - Inscrit
    14 décembre 2010 06 h 56
    Merci à M.Rainville !
    Merci à M.Rainville !
    Je suis Français de Paris
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  • Tube - Inscrit
    14 décembre 2010 08 h 08
    La langue suit l'empire
    Le français est à la fois en progression et en perte de vitesse dans le monde. Beaucoup de gens le parlent, mais il est de moins en moins une langue de pouvoir. Le pouvoir de créer et de nommer la réalité se situe bien fermement du côté de la langue anglaise. Pour l'instant. Les Chinois s'en viennent, les Indiens aussi. Dans quelques années, on ne parlera peut-être plus d'anglicisme, mais de « sinismes? ». Je blague.

    La langue courante se situe entre deux pôles : la norme et l'usage. L'écriture tend souvent à se rapprocher de la norme, la parole est à l'aise dans l'usage.
    L'usage change selon les lieux et les circonstances. Une personne qui connaît bien le français sera à l'aise en Gaspésie et au Mali, à Paris et à Saguenay. Elle pourra converser avec un chef d'entreprise agricole ou un professeur d'université. Elle sera à l'aise dans une conversation entre amis ou devant une assemblée. Le bon usage est celui dicté par les criconstances. Tous ceux qui ont à coeur d'améliorer la langue y contribuent. Les Québécois ne sont ni meilleurs, ni pires que les autres francophones.
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  • I. Belanger - Inscrit
    14 décembre 2010 13 h 54
    les langues évoluent
    De quel français parlez-vous ? Du français utilisé en France de nos jours ? Je le demande, car celui-ci n'a plus grand chose à voir avec celui parlé il y a quelques siècles. Il suffit de suivre l'évolution d'un mot au fil des siècles, et ce peu importe la langue, pour se rendre compte que les langues évoluent. Le français évolue de façon différente en France, en Algérie ou au Québec de la même façon que l'anglais évolue de façon différente en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou en Australie. Pourquoi le français d'ici serait-il plus cadavérique que celui de la France ou de l'Algérie ?

    Peut-être parlez-vous du français dit "international" ? Ce français peut être compris par tous les francophones, certes, mais aucun peuple ne la parle au quotidien ! Madame Boyer, ce n'est pas en isolant vos étudiants dans ce français que vous les aiderez à communiquer au quotidien. Heureusement que les professeurs d'anglais sont moins hautains et qu'ils nous enseignent un peu de slang.
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  • Geoffroy Ménard - Abonné
    14 décembre 2010 14 h 53
    Les Québécois parlent québécois.
    Ok, messieurs les puristes, quand bien même que le français parlé des québécois ressemble pas au français de France, qu'est-ce que ça peut bien faire?
    Une langue, ça évolue. Je parie que le français de France ressemble plus au français d'il y a 300 ans, est-ce qu'ils en font tout un plat?
    Qu'est-ce qui fait que le québécois est cadavérique?

    Je suis d'accord que la populace en général n'a pas un vocabulaire très étendu et ne sait pas écrire, mais en quoi passer à une autre langue améliorerait la situation? Mis à part le fait que le français a une grammaire relativement difficile, les anglais aussi massacrent complètement l'écriture.
    Je suppose que monsieur parle à la française chez lui parce que dans sa tête, c'est "la bonne façon" de parler?

    Acceptez donc la réalité: les langues évoluent.
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  • Christiane Noiseux - Abonné
    15 décembre 2010 09 h 24
    Une cause désespérée....
    Quel désordre ! Tout est confondu dans ce débat qui ne finira jamais semble-t-il. Langue parlée vs langue écrite; le français international vs le québécois de che nous; l'accent vs la correction grammaticale.

    J'appuie le commentaire de madame Labrecque et je trouve plutôt scandaleux que monsieur Bélanger pense qu'enseigner un français correct à des étudiants nuirait à leur communication "au quotidien".

    La maîtrise d'une langue, quelle qu'elle soit, sera toujours un avantage et une élégance dans les communications mêmes "quotidiennes".
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  • I. Belanger - Inscrit
    15 décembre 2010 09 h 54
    la communication au quotidien
    Madame Noiseux, il semblerait que vous ayiez eu de la difficulté à comprendre mon commentaire qui pourtant était écrit d'un français correct et fort simple.

    Je n'ai jamais écrit qu'enseigner un français correct nuisait à la communication quotidienne des étudiants. J'ai plutôt écrit que se borner à ne pas vouloir leur enseigner AUSSI un peu de slang, comme le font par ailleurs les professeurs d'anglais, leur causait ce préjudice.

    J'ai suivi des cours d'anglais de même que des cours d'espagnol et ce mépris pour le slang n'existait pas. J'ai même appris des centaines d'expressions anglaises, dont certaines typiquement montréalaises, qui m'ont été fort utiles.

    Le passé simple et le subjonctif imparfait, c'est bien beau dans les romans, mais ça n'a aucune utilité dans la communication avec les clients ou les collègues de travail, par exemple. Et les immigrants, c'est bien souvent pour trouver du travail qu'ils apprennent le français !

    Enfin, le purisme a toujours existé et existera toujours et ce, peu importe la langue. Ça n'a jamais empêché les langues d'évoluer.
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