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L'histoire du Vieux-Québec, sans fard

Jean Provencher rêve d'écrire la version urbaine de Quatre saisons dans la vallée

Isabelle Porter   24 décembre 2007  Actualités en société
L’historien Jean Provencher photographié dans une rue enneigée du Vieux-Québec.
Photo : Clément Allard
L’historien Jean Provencher photographié dans une rue enneigée du Vieux-Québec.
Travailleur infatigable, éternel pigiste, Jean Provencher vient de pondre un énième livre sur l'histoire du Vieux-Québec dans lequel il a réussi l'impossible: dévoiler des aspects méconnus d'une histoire pourtant mille fois contée.

Québec — Quand la Commission de la Capitale nationale l'a approché, l'historien n'était pas convaincu de la pertinence d'un tel projet. «Je me suis dit: sur l'histoire du Vieux-Québec, tout a été dit. C'est archi-usé comme sujet. Usé à la corde... » Mais l'histoire en a voulu autrement.

Intitulé L'Histoire du Vieux-Québec à travers son patrimoine, l'ouvrage de quelque 200 pages sort des sentiers battus. À preuve, il ne contient qu'un seul paragraphe sur le château Frontenac, souligne fièrement son auteur. Pas de château non plus sur la couverture, mais la nouvelle Fontaine de Tourny et l'édifice Price.

Provencher avait pour mandat de tout relire. Il est donc retourné à la source, a dépouillé la matière de centaines d'études et de rapports de recherche produits depuis 40 ans par les institutions de la capitale. «J'avais des boîtes et des boîtes à consulter à la Ville de Québec. Écoutez, chaque porte du Vieux-Québec est documentée!»

L'auteur fait une pause et regarde de l'autre côté de la rue Couillard, parce que, évidemment, l'entrevue se déroule au mythique Café Temporel. «Vous voyez: Calixa Lavallée a composé le Ô Canada juste de l'autre bord de la rue en 1880-1882. C'était pour un grand rassemblement de la Saint-Jean-Baptiste.»

Travailleur autonome depuis 30 ans, Jean Provencher est l'auteur de pas moins de 25 livres, fruits de démarches personnelles et de commandes diverses. Depuis sa biographie de René Lévesque — la première sur le sujet écrite en 1973 —, cet historien originaire de Trois-Rivières a raconté les Quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent (1988), le patrimoine agricole du Québec, la place Royale, les plaines d'Abraham, le Carnaval de Québec et même l'histoire des transports dans la capitale.

L'histoire en boîtes

L'auteur rêve maintenant d'écrire la version «urbaine» des Quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent, mais il n'a pas l'argent pour le faire. «Dans les salons du livre, ça fait 20 ans que les gens me demandent de faire la même chose [Les Quatre saisons dans...] pour la ville. Je pensais que ça n'avait pas de sens, mais j'étais vraiment dans les pommes de terre! En 2005, pendant six mois, j'ai dépouillé les journaux de la presse québécoise de 1890 à 1910. Pas juste de Québec mais aussi de Chicoutimi, Joliette, Sherbrooke, Rivière-du-Loup, Rimouski, Montréal. Avec la notion des quatre saisons en ville. J'ai déjà 253 pages de matière brute: des activités, des fêtes, des moments de vie propres à chaque saison de l'année.»

Pour écrire, il se terre chez lui pendant des semaines, avec son chat qui se construit des abris temporaires dans les boîtes pleines de documents. C'est le choix d'une vie sans luxe qu'il n'a pas voulue routinière. «Je ne sais pas ce que c'est, la retraite. J'ai des amis qui m'en parlent, et je ne sais pas comment s'écrit le mot en français; j'essaierais de l'écrire que je ferais plein de fautes. J'ai prévenu mes enfants: ils vont me retrouver la tête couchée sur le clavier.»

Provencher défend une vision vivante de l'histoire. «J'aime parler du vécu des gens, ramener le monde aux choses concrètes, plutôt que de faire l'histoire des personnes politiques et des évêques. Ce qui m'intéresse, c'est l'histoire du climat, de l'alimentation, des manières de fêter...» Les festivals en costumes le mettent mal à l'aise: «Il ne faut pas déguiser le monde. On est en 2008. Moi, je ne me suis jamais déguisé comme historien, par respect pour la discipline sans doute. L'histoire, ça mérite d'être respecté. C'est ton père, ta mère, ta grand-mère, tu ne joues pas avec ça.»

Fêter le 4000e de Québec!

Pour lui, il s'agit de pénétrer dans les maisons du passé. De recueillir ces petits détails qui permettent de reconstituer le quotidien de nos ancêtres. Sans fla-fla. Parce que la vraie vie est déjà assez intéressante telle qu'elle est.

«Quand tu sais lire les documents historiques, tu vois toute la vie des gens. Un inventaire de biens, c'est un moment de jouissance!», lance-t-il dans un grand rire. Et de raconter que, dans les documents d'un notaire de Québec, il a trouvé les indices d'un étonnant personnage: un maître voilier du XIXe, Henry Muchemore, résidant du Vieux-Québec.

Un bon vivant qui jouait de la flûte, de l'accordéon et du concertino en plus de s'intéresser à l'astronomie. Et le temps de quelques lignes, l'historien devient poète. «Et les soirs de belle nuit, avec sa lunette d'approche, la tête dans les étoiles, il aime se demander s'il y a âme qui vive dans ces mondes si lointains ou cherche simplement à reconnaître le visage de l'homme dans la Lune.»

Par delà une mise en pages vivante et fort bien illustrée (bravo à Frédéric Smith), l'histoire du Vieux-Québec se révèle à travers toutes sortes de petits détails. Derrière les portes d'un restaurant, la plus ancienne habitation de Québec. En lieu et place des touristes de la rue du Petit-Champlain, on imagine les travailleurs irlandais affectés au déchargement des navires. Rue Saint-Antoine, une indication dans le trottoir rappelle que l'eau montait jusque-là vers 1600.

Il y a aussi ce squelette d'Amérindienne trouvé place Royale. L'enterrement aurait eu lieu entre 1000 et 1534. Pourquoi avait-elle les jambes relevées, un bébé près d'elle? Elle serait morte en couches? À la place d'Youville, on a trouvé les traces d'un feu et des outils encore plus anciens. «On fête le 400e mais on devrait fêter le 4000e», suggère l'historien.

Comme tout le monde à Québec, il espère que les fêtes de 2008 seront un succès. Or les organisateurs ont fait l'erreur, à son avis, de ne pas se donner un porte-parole. Il ne pense visiblement pas à lui en disant cela... Et pourtant, avec son rire de sorcier, ses cheveux blancs ébouriffés, ses yeux perçants et ses propos inspirés, il aurait sûrement fait mieux que bien des porte-paroles.

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  • Marie-Céline Blais
    Abonnée
    lundi 24 décembre 2007 02h05
    Un livre qui promet d'être passionnant
    Chouette cet article! Animé et plein de fraîcheur, Il donne vraiment le goût de lire cette histoire du Vieux-Québec version Jean Provencher. Je cours l'acheter. Il faut dire que je connais l'auteur. Ses ouvrages sont toujours passionnants.

    Marie-Céline Blais
    Québec

  • Michel Dompierre
    Abonné
    lundi 24 décembre 2007 07h17
    Salut Jean Provencher.
    Je voudrais simplement offrir mes voeux de Bonne Année
    à Jean Provencher. En lisant votre brillant article,
    l'idée m'est venue de lui faire une surprise. Pourriez-vous
    les lui communiquer. Merci d'avance. Michel Dompierre.

  • Gérard Lépine
    Abonné
    lundi 24 décembre 2007 07h34
    eh ben oui!
    Qui a dit que nous étions les premiers habitants, uniquement parce que nos ancêtres se sont acoquinés avec les Hurons au lieu de leurs ennemis Algonquins ou Mohawks? Sinon, le Québec serait peut-être encore français et l'Amérique (quel collectif horrible et historiquement faux) itou.

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 08h00
    Rien sur l'épidémie de choléra en 1832?
    Au cours de l'été 1832, l'épidémie de choléra, amenée par les "bateaux irlandais" fit 3000 morts dans la seule ville de Québec, 11% de la ville. C'est comme 600,000 Torontois étaient morts du SARS il y a 3 ans.

    C'est de loin le pire drame humain de notre histoire. Si on était juifs, on aurait une journée du choléra, un grand musée sur la tragédie. On en ferait des films et des documentaires. Nos enfants dans les écoles en apprendraient les moindres détails.

    Mais on est au Québec et Provencher préfère nous parler des bons vivants qui jouaient de la flûte, de l'accordéon et du concertino.

  • Guy Lafond
    Abonné
    lundi 24 décembre 2007 09h45
    La bonne parole
    En nous pincant l'oreille avec cette bonne idee de porte-parole du 400 ieme anniversaire de la ville de Quebec, Isabelle Porter semble se faire ici une complice cachee de Jean Provencher.

    Et je trouve sans contredit excellente cette recommandation de Jean Provencher.

    Sans hesiter une seconde, je vote pour que Jean Provencher en soit le porte-parole.

    Ne sous-estimons pas l'importance de nos historiens en cette epoque de changement profond de notre societe.

    C'est un fait de plus en plus reconnu: la population du Quebec se renouvelle davantage et davantage par l'immigration. Consequemment, La transmission orale de notre histoire, de parents a enfants, perdra surement de son impact avec les annees a venir.

    A tous les nouveaux residents du Quebec: Les quatre saisons dans la vallee du St-Laurent est un excellent livre de chevet

    Je vous le recommande chaleureusement.

    Je sais, je n'ai pas d'accents et par consequent n'aurai peut-etre pas beaucoup d'impact sur votre opinion. Je suis actuellement sur un clavier anglais, chez mes beaux-parents. Veuillez m'en excuser.

    Joyeuses celebrations a vous tous.

  • camelot
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 11h16
    Merçi Provencher
    Lorsque j'ai lu Les Quatres Saisons dans la vallée du St-Laurent, j'ai été frappé par la chaleur et la tendresse de l'écriture, bien loin de certains ouvrages "officiels" froids et pas toujours honnête. On se surprend à mesure que la lecture progresse, à lire de plus en plus lentement pour étirer le plaisir. De plus, il cite des documents inédits. Rares sont les historiens de cette trempe. Sa passion est contagieuse. Si je puis vous faire un petit cadeau de Noël, sachez que les fèves-au-lard sont québécoises. Celles de Boston ne sont apparues qu'au milieu du XIXè siècle, rapportées par Papineau père. On ne doit rien à personne sur le plan gastronomique. Joyeux Noël et merçi le poète!

    Jean-Marie Francoeur, Montréal.

  • Fernand Foisy
    Abonné
    lundi 24 décembre 2007 11h31
    Salut l'historien !
    Bonjour Jean Provencher,
    En lisant l'article, je me rappelais la visite que toi, Jacques Lanctôt, avions fait à Michel Chartrand chez lui Richelieu. Tu te rappelles comment nous avions bien bu, bien manger et surtout bien placoté. C'est à ce moment, que j'ai découvert l'historien véritable que tu es.
    Je vois que fidèle à toi-même tu continues ton travail acharné de véritable historien. C'est surtout pour cela que le Québec te doit de t'être éternellement reconnaissant pour tes travaux, si vivants et si humains.
    Merci pour tout Jean Provencher et à bientôt et qui sait pour les Fêtes du 400e ?
    Amitiés,
    Fernand Foisy

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 14h25
    D'accord avec vous M. Jacques Noel !
    M. Jacques Noël écrit : «Si on était juifs, on aurait une journée du choléra, un grand musée sur la tragédie».

    En plus, à la place de leur antisémitisme, on aurait l'antiquébéquisisme, péché contre l'humanité envers un peuple victime du choléra. Dès qu'un raciste nous désignerait comme grenouille ou soupe au pois française, le cachot aux fautifs pour haine ou incitation à la haine envers un peuple éprouvé dans la fédération centralisatrice canadienne qui le fait disparaître petit à petit.

    Bonne Noel à vous et aux autres, même à ceux qui grouillent, gribouillent et scribouillent comme le disait si bien le grand général De Gaule.

  • Doris Veillet
    Inscrite
    lundi 24 décembre 2007 16h17
    Bravo et merci!
    Bonjour!
    J'ai bien hâte de vous lire!
    L'Histoire m'intéresse au plus haut point!
    Celle de la ville de Québec, en particulier. J'aurai désormais plusieurs raisons d'être fière de nous/vous en remettant toutes les pièces détachées à leur endroit d'origine, merci encore! Doris V.Hamel<dveillet@cgocable.ca>

  • Jocelyne Beaudoin
    Abonnée
    mardi 25 décembre 2007 12h51
    l'épidémie de choléra.
    Hé bien M.Jacques Noel,le sujet que vous évoquez semble effectivement très intéressant.Vous semblez en savoir quelque choses.Pourquoi vous nécririez pas un bouquin là-dessus au lieux de vous en prendre à quelqu'un qui nous apporte des connaissances aussi d'une très grande valeur.Moi votre livre je le lirais avec un grand intérêt.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mardi 25 décembre 2007 16h30
    Et en 1908?
    Oui, j'aimerais savoir comment s'était déroulé le 300e de Québec, question de savoir si nous sommes dans le ton. Et le 200e? J'imagine que monsieur Provencher, comme porte-parole de cette événement historique, pourrait nous en parler de même que sur l'épidémie de 1832. En 1908 nous avons eu l'aménagement des Plaines d'Abraham Martin. En 2008 nous aurons refusé l'escalier de monsieur Lallier parceque ça coûtait trop cher selon Jeff et ses disciples...

    Claude L'Heureux, Québec

  • Gaëtan Bélisle
    Abonné
    mercredi 26 décembre 2007 04h02
    films de l'abbé Maurice Proulx
    Monsieur Provencher,
    Je crois que mon premier message courriel, à votre attention, n'a pas été envoyé.
    Il y a quelques années, vous aviez fait et animé une émission à Télé-Québec, sur les merveilleux films du cinéaste, l'abbé Maurice Proulx.
    J'aimerais beaucoup me procurer une copie vidéo ou DVD de ces belles émissions. Ou pourrais-je me les procurer? Merci beaucoup.
    Gaëtan Bélisle
    belsomca@yahoo.ca

  • Marie-T TRACHY
    Abonné
    mercredi 26 décembre 2007 07h55
    Félicitations à un grand héros
    Il faut être vraiment passionné pour faire de l'histoire comme ça! Félicitations de lêtre et de prendre le temps de partager cette passion avec nous!
    Santé et bonheur en 2008

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 26 décembre 2007 08h57
    Le choléra à Québec
    Lorsqu'on a découvert quelques cas de SRAS à Toronto, ce fut la panique totale. On a crée des chambres d'isolation blindées pour les premiers malades. Dans les rues les gens se promenaient avec des masques. Pendant des jours tout le monde a retenu son souffle. Les magasins étaient vides. Tout ça pour moins de 50 morts dans une ville de 5 millions.

    En 1832, le choléra, amené par les bateaux remplis d'immigrants irlandais affamés à Québec, a tué 3292 personnes, 16,5% de la ville selon une auteur, la pire tragédie humaine de notre Histoire (avec la Déportation des Acadiens). Sans cette tragédie, Québec compterait près d'un million d'habitants aujourd'hui. (et le OUI l'aurait peut-etre remporté en 1995 parce que contrairement à une veille légende urbaine montréalaise Québec a bel et bien voté OUI en 1995)

    En comparaison, le soulèvement des Patriotes a fait seulement quelques dizaines de morts. La crise de la conscription: 4 morts à Québec (il y a un monument en leur honneur sur la Rue St-Vallier). La crise d'Octobre: un seul mort (on a nommé un gros Pont en son honneur). Mais sur les 3200 morts du choléra à Québec: rien. On a élevé une croix dans le Vieux-Québec mais c'est pour honorer les Irlandais!! Ceux qui nous amenaient la mort!!! C'est-y pas beau être colonisés? Où est le FLQ lorsqu'on a besoin d'eux?

    Juste pour donner un ordre de grandeur de la tragédie, dans tout le 20e siècle, les guerres menées par le Canada auront tué quelque 8000 soldats Québécois, mais sur une population de plusieurs millions de Québécois.

    Or cette tragédie est à peu près inconnue des Québécois. Dans le Vieux-Québec il n'y a pas un seul monument, pas une seule statue, pas une seule plaque honorant ces marthyrs, NOS ANCÊTRES.

    http://national.gallery.ca/bulletin/num20/giroux1.

    "Les ravages du choléra avaient pénétré profondément, à Québec, tous les esprits du siècle dernier (voir fig. 1 et 2). L'épidémie de 1832 avait été particulièrement dévastatrice: 3 292 morts à Québec dont 2 208 Québécois. La population de la ville s'élevait alors à 20 000 habitants. (2) (Dans certaines sources, (3) on lui attribue par ailleurs une population de 27 297 personnes.)

    Il y eut deux épidémies de choléra au cours de la période qui nous intéresse: l'une en 1832, l'autre en 1834. Celle de 1832 fut la plus terrible; elle sévit du 8 juin au premier septembre de la même année. Le taux de mortalité augmenta terriblement et de nombreuses familles furent tragiquement disloquées

    Le choléra s'était déclaré pour la première fois aux Indes, en 1826. De là, il était passé en Europe pour arriver à Québec en 1832. Les immigrants l'apportèrent avec eux: pendant cette mémorable année il en arriva 51 700 des Îles britanniques. Dès les premiers cas de juin, la panique s'empara des habitants riches et pauvres qui fuyaient à la campagne: « Le nombre d'individus qui avaient laissé la ville lors de la première apparition du choléra était considérable, et ne se composait pas seulement de gens qui vivaient dans l'aisance; beaucoup de gens de la classe ouvrière qui avaient des amis et des parents dans les campagnes, avaient été les rejoindre. On pense que plus de mille personnes sont trouvées absentes de leurs demeures pendant les cinq dernières semaines ». (5) Les églises furent fermées et les activités commerciales cessèrent presque. Il y eut à la ville une menace de famine puisque les cultivateurs apeurés ne venaient plus au marché vendre leurs produits.

    Bien qu'il y eût à Québec, en 1834, 2519 mortalités, donc un nombre moindre, le parti nationaliste qui avait sans doute eu le temps de réfléchir donna un sens politique au manque de prévoyance du gouvernement d'alors: « On the reappearance of the disease in 1834 the national party again blamed Lord Aylmer for the outbreak. It was because it was he who refused to shut it out by closing the gate of the St-Lawrence, he it was who enticed sick immigrants into the country, in order to decimate the ranks of the French-Canadians ». (8)

  • Marcel Bédard
    Inscrit
    jeudi 27 décembre 2007 10h33
    Choléra - Hors contexte
    M. Noël, oui ce sujet du choléra en 1832 est intéressant et ne doit pas être occulté. Cela dit, le livre de M. Provencher n'est pas une histoire de Québec, mais une histoire du "Vieux-Québec" d'abord, et "à travers son patrimoine". Pour avoir dévoré ce livre la fin de semaine dernière, ce fil conducteur est manifeste tout au long de l'ouvrage et explique très bien les choix de l'auteur. Si le patrimoine a différentes facettes, je vois mal comment faire entrer le choléra dans l'une de celles-ci.

    Et s'il est probable qu'une telle chute démographique ait laissée des traces dans le paysage, ces traces demeurent sans doute mineures et auront en bonne partie disparues suite aux deux incendies de 1845.

    Car il ne faut pas oublier que les populations les plus touchées par le choléra demeuraient surtout dans les quartiers (plus pauvres) de Saint-Roch et Saint-Jean, soit à l'extérieur des frontières du Vieux-Québec. Si vous portez bien attention au livre de M. Provencher, vous remarquerez que l'auteur ne parle pas du Parlement. Pourquoi? Car il n'est pas situé dans l'arrondissement historique.

    Bref, le thème du choléra, très intéressant en soi, aurait été d'après moi hors contexte dans ce livre puisqu'il traite de patrimoine et se consacre aux frontières du Vieux-Québec.

    En terminant, vous me paraissez un peu trop près de votre sujet. Vous donnez même dans la fiction historique, lorsque vous affirmez que ces 3000 morts empêchent aujourd'hui Québec d'atteindre le cap du million d'habitants. Québec était avant tout un lieu de transit migratoire (ce qui aurait amené le choléra en 1832, mais aussi le typhus en 1847). Tous les immigrants ne s'installaient pas définitivement à Québec. Il en est venu environ 50,000 seulement en 1832. La majorité n'est pas restée. 3000 morts, c'est tragique, mais insignifiant à long terme compte tenu des mouvements migratoires du XIXe siècle. Il y a bien d'autres raisons plus pertinentes pour expliquer la population actuelle de Québec, comme le manque de rétention des immigrants (au XIXe siècle, mais encore aujourd'hui semble-t-il).

    Je vous invite donc à plus de prudence dans vos propos, sans quoi vous perdrez de la crédibilité aux yeux de ceux qui pourraient être vos alliés naturels dans la reconnaissance de cet événement tragique dans l'histoire de Québec.

    Et j'en profite pour lancer un grand bravo à M. Provencher! À quand le prochain? :-)

    Marcel

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