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    Étude du Collège des médecins - De moins en moins de médecins à temps plein

    Départs hâtifs et temps partiel précipitent la pénurie

    N'en déplaise aux statistiques décrivant le Québec comme la province la mieux pourvue en médecins, le Collège des médecins du Québec estime qu'il y manque 1000 médecins pour répondre aux besoins et qu'une pénurie sévère s'annonce en raison de revirements majeurs observés dans les modes de pratique.

    Selon une étude que vient de compléter le Collège des médecins, qui détaille le nombre de médecins actifs et le nombre d'heures travaillées à donner des services cliniques, il n'y aurait que l'équivalent de 14 000 médecins actifs à temps plein dans des services cliniques au Québec. Et cela, même si le nombre de médecins inscrits au tableau du Collège s'élève à près de 18 000.


    Selon cette étude, de plus en plus de médecins travaillent à temps partiel, notamment en raison de la présence grandissante des femmes dans la profession. Plus encore, seulement 85 % des médecins du Québec donnent des services à la population, plusieurs travaillant dans la recherche, dans l'enseignement ou à des tâches administratives.


    Ces données sont la preuve, estime le président du Collège, le Dr Yves Lamontagne, que la statistique voulant que le Québec compte amplement de médecins (105 médecins par 100 000 habitants) est totalement trompeuse. «Il est grand temps que les politiciens cessent de dire que c'est au Québec que l'on trouve le plus grand nombre de médecins par habitant en Amérique du Nord, comme l'a fait récemment le député de Marguerite-d'Youville [François Beaulne]», a clamé le Dr Lamontagne.


    «Il faut compter les pommes et les pommes. D'après nos chiffres, il manque des médecins partout parce qu'il y a des médecins inactifs et que les médecins travaillent moins d'heures qu'auparavant. La nouvelle génération tient à sa qualité de vie. Ce n'était pas sain de travailler 80 heures par semaine», a-t-il ajouté.


    En effet, l'enquête du Collège révèle que le médecin omnipraticien travaille en moyenne 43 heures par semaine, comparativement à 53 heures dans le reste du Canada, tandis que le médecin spécialiste consacre 50 heures à la pratique de son métier.





    Des médecins qui battent en retraite!


    Plus que la chute du nombre d'heures travaillées, on constate que les départs de plus en plus hâtifs à la retraite ajoutent à la pénurie actuelle. Pas moins de 26 % des médecins prendraient leur retraite avant l'âge de 55 ans.


    Selon le Dr Lamontagne, l'abandon de la profession est une conséquence directe du ras-le-bol quotidien vécu par plusieurs médecins dans l'exercice de leur profession. Une situation que confirment d'ailleurs certains spécialistes interrogés hier. «C'est plein de médecins, pas seulement des femmes, qui travaillent à temps partiel et, à mon avis, il y en aura de plus en plus. J'ai des collègues qui prennent leur retraite à 45-50 ans pour faire autre chose parce que c'est rendu trop difficile de travailler à temps plein dans les hôpitaux. Ils vont travailler comme professeur ou pour les compagnies d'assurances», a souligné hier le Dr Robert Turcotte, secrétaire-trésorier à l'Association des chirurgiens orthopédistes du Québec.


    Confinés à n'opérer que quelques heures par semaine, en raison des contraintes financières et de personnel que vivent les hôpitaux, plusieurs de ces médecins finissent par ralentir la cadence et diversifient leurs activités, décrit-il. «Ce qui démotive les gens, c'est la difficulté d'exercer le métier pour lequel on a été formés de façon satisfaisante», juge le Dr Turcotte, en précisant que chaque année la profession perd 27 % de ces nouveaux orthopédistes diplômés au profit d'autres provinces.


    En conséquence, le Collège estime que le Québec doit accélérer le nombre des admissions en médecine, mettre l'accélérateur sur la réorganisation du travail et même envisager de rappeler au poste des médecins retraités dans certains champs de pratique particulièrement désertés.


    Selon des chiffres obtenus hier de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, il manque déjà 217 psychiatres, 145 spécialistes de la médecine interne, 35 obstétriciens-gynécologues, près de 70 radiologistes diagnostiques et près de 40 radio-oncologues.












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