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Nouvelles statistiques - Le Taser ne réduit pas le nombre de fusillades

Winnipeg — Des spécialistes avancent qu'en dépit des affirmations de politiciens et de certains services de police voulant que l'utilisation du Taser permettrait de sauver des vies en prévenant des fusillades, ce pistolet à impulsion électrique, dont se servent de plus en plus de forces policières, n'a jamais été perçu comme une solution de rechange aux armes traditionnelles.

Des statistiques obtenues par La Presse Canadienne confirment cet état de chose, démontrant que dans certaines des villes ayant récemment adopté le pistolet électrique, le nombre de fusillades impliquant la police est demeuré sensiblement le même et peu élevé, tandis que l'utilisation du Taser se fait croissante.

À Winnipeg, par exemple, les échanges de coups de feu entre policiers et suspects sont rares. Il y a en eu un en 2003, et aucun l'année suivante. En 2006, le Service de police de Winnipeg a tiré à deux reprises au moyen d'armes à feu en direction de suspects. Ses membres ont également commencé à utiliser le Taser en septembre de cette même année, l'ayant utilisé 37 fois afin la fin de celle-ci.

«Les Tasers ne sont pas là pour remplacer les armes à feu», a affirmé l'agent Adam Cheadle, coordinateur du recours à la force du service policier de Winnipeg, lors d'un récent entretien.

«Le Taser occupe une place similaire à celles de la matraque et du vaporisateur [de poivre]», a-t-il ajouté.

Le Taser est la dénomination commerciale de ce que la police appelle habituellement un «dispositif à impulsions». Cette arme permet de libérer une décharge électrique d'une durée de cinq secondes, bloquant le système nerveux de la personne touchée et causant habituellement à cette dernière de sévères douleurs et contractions musculaires. La fabricant américain du Taser affirme que cette arme «sauve des vies chaque jour».

À Calgary, un seul agent de police a été impliqué dans une fusillade en 2003 — deux ans avant l'introduction du Taser — et aucun en 2007. Jusqu'à présent cette année, la police de la ville a eu recours au pistolet électrique en 133 occasions.

À Montréal, par ailleurs, la police s'est retrouvée impliquée dans trois fusillades en 2003, avant que ses membres n'aient commencé à être équipés de pistolets électriques. Les policiers montréalais ont utilisé leurs armes à feu à trois reprises l'an dernier, alors qu'ils ont eu recours au Taser en 28 occasions.

Les statistiques relatives aux autres juridictions sont difficiles à obtenir. La Gendarmerie royale du Canada (GRC), dont les membres ont fait usage du Taser plus de 3000 fois depuis 2001, a affirmé ne pas tenir de données quant à l'utilisation des armes à feu à travers le pays.
 
 
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