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Quand maman Dion perd la boule... Magik

Vendue le plus sérieusement du monde pour 60 $, la boule Magik est présentée comme une innovation scientifique permettant de faire le lavage sans détergent...
Photo : Agence France-Presse
Vendue le plus sérieusement du monde pour 60 $, la boule Magik est présentée comme une innovation scientifique permettant de faire le lavage sans détergent...
«Si ça existait, on l'aurait.» Au cours des dernières années, une célèbre chaîne de quincailleries a fait mouche dans le monde de la publicité en vantant les mérites de produits révolutionnaires trop beaux pour être vrais. Il y a eu le Tan Fan pour bronzer sous un ventilateur de plafond. Il y a eu l'échelle dépliante automatique, la prise électrique amovible baptisée Magik Plug, à coller contre un tronc d'arbre pour avoir du courant en camping, ou encore la peinture couleur... miroir pour avoir des miroirs chez soi d'un seul coup de pinceau.

Farfelus à souhait, ces messages ne sont pas passés inaperçus. Ils semblent aussi avoir été pris très au sérieux par certains fabricants d'objets inutiles, comme en témoigne l'apparition sur le marché, depuis quelques mois, de la boule Magik, une invention si parfaite et si pratique pour faire la lessive qu'elle force évidemment le scepticisme.

Difficile d'en être autrement: vendue le plus sérieusement du monde pour 60 $, cette boule est présentée comme une «innovation scientifique testée et approuvée» qui promet le lavage «écologique» des vêtements, avec de «grandes économies», la «fin des résidus de savon» et la protection «des couleurs», tout ça en faisant «le lavage sans détergent». Thérèse Dion, la mère de Céliiiiine, porte d'ailleurs fièrement la bonne nouvelle — et le miracle qui l'accompagne — par l'entremise d'une campagne télévisée débordante de sincérité et de bons sentiments.

Le secret se trouve dans la céramique

Pause technique: cette boule magique se résume à une sphère de plastique blanc trouée qui contient des dizaines de petites billes de céramique. Assez rudimentaire, cette sphère, selon l'entreprise FabMark qui la commercialise, est toutefois à la base d'une petite révolution puisqu'elle «émet des ions négatifs qui amollissent les tissus et réduisent l'adhésion entre les fibres de façon à ce que les saletés lâchent plus facilement sans l'usage de détergent». Pas de doute, le Québec au grand complet peut désormais se lever pour faire la vague!

Et pour cause: après des années de recherche et développement dans le domaine de la lessive, une industrie hautement lucrative où les cerveaux ne manquent pas, il est amusant de constater que le secret d'un lavage parfait se trouvait finalement à des années-lumière des formules complexes de détergents. Il se cachait plutôt dans les ions négatifs émis par des billes de céramique, un matériau que l'être humain a devant le nez depuis des lunes mais qu'il n'a pas eu l'idée géniale d'utiliser, du moins avant 2007, pour faire sa lessive.

Une époque formidable

Le consommateur cynique serait tenté de dire qu'«on vit une époque formidable». Et, pour couper court à son sarcasme, FabMark propose sur son site Internet des preuves irréfutables pour étayer la crédibilité de son produit.

La première? Un document d'une page signé par un certain Jean-Pierre Motoko Kwete, titulaire d'un doctorat en science physique de l'Université de Gand, en Belgique. Il est aussi maître de conférence à l'Université de Kinshasa, en République démocratique du Congo.

En substance, cet universitaire décrit le principe physique de la boule à l'aide d'un résumé simple: «Ces céramiques sont des matériaux solides constitués de deux bandes, une bande de valence et une bande de conduction.» On fait aussi état de deux formules chimiques où se mélangent eau, électrons ainsi qu'ions positifs et ions négatifs.

Or des bases minimales en physique et en chimie permettent toutefois de constater que le principe décrit est un truisme aussi percutant que le fait de dire qu'une feuille de papier d'aluminium a deux faces: une brillante et une presque matte. Quant aux formules chimiques, elles sont incomplètes.

Comme si ce n'était pas assez, le fabricant arrive également avec un certificat d'étude bactériologique effectuée en 2001 par l'Institut des matériaux de construction de... Séoul, en Corée du Sud. Cette étude indique que 99,5 % des bactéries ont disparu en 24 heures grâce à la boule Magik. Où ces bactéries se trouvaient-elles donc? Sur la boule? Sur le linge? Dans le frigo du technicien? Dans ses cheveux? Impossible de le savoir puisque le document présenté ne parle même pas de lavage de linge, se contentant de donner un numéro, KICM-FIR-1003, pour désigner le test effectué.

Une recette incontournable

Ces vides argumentaires sont d'ailleurs bien compréhensibles. En effet, la vie est ainsi faite: pour nettoyer du linge, l'eau et le détergent sont en définitive incontournables.

Explications: par effet d'abrasion, l'eau s'attaque aux liaisons chimiques et électrostatiques qui permettent aux molécules de saleté de s'accrocher sur un tissu et, ce faisant, dissout cette saleté. Mais cela ne suffit pas: pour un linge plus propre, cette saleté ne doit pas se redéposer sur le tissu, comme le répètent depuis des années les marchands de savon dans des pubs souvent mièvres. Pour cela, la présence des vilains phosphates est presque obligatoire puisqu'ils capturent le «sale» et l'attirent vers l'eau plutôt que vers la fibre des vêtements.

Sans cette délicate chimie du lave-linge et donc sans savon, le lavage à l'eau peut effectivement être efficace... sur des vêtements pas trop sales. La propriété nettoyante de l'eau n'est plus à démontrer. Tout comme d'ailleurs son incapacité à venir à bout des tâches de moutarde ou des cernes de «d'sous d'bras».

Dans ce contexte, un lavage à l'eau avec une boule magique revient donc, quoi qu'en disent le fabricant et la prêtresse du pâté devenue porte-parole d'une solution miracle, à faire un lavage à l'eau, avec les résultats peu glorieux auxquels on doit s'attendre. Espérer mieux relève certainement de la pensée magique qui, effectivement, tient très bien dans une boule, un format pratique pour être facilement attrapé au vol par les crédules.

conso@ledevoir.com
 
 
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  • Réjean Beaudry - Inscrit
    23 décembre 2007 20 h 27
    Boule magik
    Je veut juste dire que depuis 2 mois je me sert de cette boule magik ,moi qui es septique et oui ca bien l'air de fonctionné.J'ai fais le test avec des serviettes d'évier (qui l'ont sais que ca pu et c'es assé sale)et ca resort du lavage propre.Alors pour nos enfants et nos petits enfants je ne jure que par ca ...Merci
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  • Mathieu Lemyre Garneau - Inscrit
    10 mai 2008 12 h 18
    boul magik qui roule n'amasse pas mousse
    Je dois dire que la lecture de cet article me déçoit mais ne me surprend pas. En effet, j'étais moi-même plutôt sceptique de l'efficacité de la fameuse "boul magik" depuis le tout début de la diffusion de ces commerciaux si touchants qui la mettent en vedette. Il y a de cela quelques jours seulement, je me suis toutefois laissé tenter..

    En effet, mon choix habituel de détergent ne se trouvant pas sur les tablettes, mon regard s'est accidentèlement posé sur la petite boîte de boul magik. Conscience écologique oblige, j'ai décidé de prendre pour acquis que le produit fonctionnait surement, au moins dans une certaine mesure, et je me suis pris à payer ce 59.95$ caractéristique..

    Si tôt arrivé chez moi, j'eus tôt fait de déballer le bijoux technologique et de "lancer une brassée". Après la fin du cycle de lavage complet, je constatai que certains des vêtements impliqués sentaient très bon : il sentaient toujours mon eau de toilette. Je me dis, avec un enthousiasme et une crédulité inébranlables, que "c'est surement juste parce que la première fois les ptites billes son pas encore startées" ou quelque chose du genre.

    Afin de lui donner une seconde chance, je brassai la boule vigoureusement et redémarai la laveuse pour un second cycle, puis un troisième. Rien n'y faisait, la boule n'arrivait pas à déloger Roots for Him de mes t-shirt, qui pourtant s'estompe généralement (à mon grand désespoire) de lui-même après 2 ou 3 heures.

    Je suis moi-même étudiant en génie mécanique, avec un an de physique et un an et demi en génie pysique derrière la cravate, et je dois dire qu'effectivement, si les seules bases scientifiques sur lesquelles s'appuie le fonctionnement de boul magik sont celles citées dans cet article, alors ça ne vaut absolument rien... 60$ de perdues
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