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UPA: victoire de la base sur l'establishment

Les producteurs agricoles choisissent Christian Lacasse comme président

En 2005, Laurent Pellerin avait été réélu président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) avec une infime majorité de 11 voix sur son adversaire, Christian Lacasse, qui a été élu hier, lui aussi par une majorité de 11 voix. Des résultats aussi serrés à deux ans d'intervalle dénotent une profonde division en deux camps parmi les 43 000 membres de l'UPA, mais une division à propos de quoi, exactement? Pour l'heure, on ne peut qu'en déduire qu'il s'agit d'une victoire de la base sur l'establishment.

Le vainqueur ne veut cependant pas s'arrêter à une telle interprétation. «Nous allons nous serrer les coudes pour nos confrères en difficulté dans les secteurs de la forêt, du porc, des bovins, des céréales. Il faut l'appui des gouvernements pour des aides d'urgence pour traverser la crise. Après, on aura encore nos entreprises. Si rien n'est fait, il y aura des fermetures», a déclaré M. Lacasse après avoir présidé son premier conseil général (il est déjà en fonction).

Bien sûr, pour se faire élire, M. Lacasse a été favorisé par le courant de morosité qui pèse sur des secteurs importants du monde agricole. Il n'a pas vraiment le choix: sa priorité absolue comme nouveau président de l'UPA est de travailler à la hausse des revenus des agriculteurs. Toutefois, il prévient qu'il faudra y aller par étapes et qu'il n'y aura pas de résultats dès demain matin.

Par ailleurs, après 14 ans passés à la présidence, il y a sans doute eu une certaine usure du pouvoir chez M. Pellerin. Plus tôt cette semaine, celui-ci avouait lui-même qu'il lui était difficile de maintenir un contact personnel dans tous les groupes de l'organisation, qui n'a pas cessé de prendre de l'expansion et qui compte maintenant 41 fédérations régionales et spécialisées.

Un nouveau style de leadership

En quoi la présidence de M. Lacasse sera-t-elle différente de celle de M. Pellerin? «C'est surtout dans le style de leadership. Il faut demeurer plus en contact avec la base. M. Pellerin a surtout eu, avec les années, un leadership centralisé autour de la direction générale», expliquait M. Lacasse quelques jours avant son élection. Il dit favoriser un leadership plus collectif de façon à mobiliser plus de monde et à dynamiser les syndicats de la base, dont les membres se sentent souvent bien loin du centre de décision, à Longueuil.

L'UPA est une organisation qui compte 1100 employés, dont près de la moitié dans les bureaux de Longueuil, la plupart oeuvrant dans les services offerts aux membres, plus particulièrement ceux de la mise en marché collective et des plans conjoints, ce qui représente des ventes de 4,6 milliards de dollars et 81 % de la mise en marché totale des produits agricoles. L'UPA et ses fédérations régionales ont aussi des bureaux dans 12 régions du Québec.

M. Pellerin avait reçu d importants appuis pour cette campagne, notamment ceux de Marcel Groleau et de Jean-Guy Vincent, présidents respectifs des fédérations du lait et du porc. M. Lacasse, un producteur laitier de Saint-Vallier-de-Bellechasse âgé de 48 ans, cultive ses contacts avec les gens de la base depuis longtemps, mais il a aussi fait ses classes au sein de diverses instances de l'UPA. Il a été président de la Fédération régionale de l'UPA de Lévis-Bellechasse de 1990 à 1997. Il a par la suite été élu premier vice-président de l'UPA de 1997 à 2005, s'occupant en particulier du dossier de l'environnement. Toutefois, il déplorait alors l'absence de leadership collectif. Espérant devenir président général et voyant que M. Pellerin affichait toujours sa volonté de poursuivre pour un autre mandat, il décidait en 2005 de jouer le tout pour le tout et de poser sa candidature. À la surprise de la plupart des gens, il a failli remporter la victoire. Il y avait là un signe évident de contestation du leadership de M. Pellerin. Le vote d'hier a confirmé que ce malaise existait encore, bien qu'il ne se trouve personne au sein de l'UPA pour contester la compétence de cet homme, né urbain et qui s'est converti à la production porcine à l'époque où le retour à la terre était une mode. Il a d'abord été président de la Fédération des producteurs de porcs et ensuite président de l'UPA pendant 14 ans. À propos du résultat serré d'hier, M. Lacasse n'a eu que ceci à dire: «Ce fut un choix difficile entre deux bons candidats.»

En aucun temps M. Lacasse n'a manifesté d'opposition contre les orientations générales de l'UPA, ce qui permet de penser qu'il poursuivra dans le même sens, dans la mesure où cela sera possible, bien sûr. Il y aura bientôt le rapport de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois. Les gouvernements du Québec et du Canada se préparent à redéfinir leurs ententes financières pour l'agriculture, soit la Financière agricole à Québec et le Cadre stratégique agricole à Ottawa. Hier, M. Lacasse a confirmé qu'il appuyait le projet de souveraineté alimentaire qui sera élaboré à l'UPA.

Outre la défaite de M. Pellerin, il y a aussi eu celle de Martine Mercier, première femme à occuper la vice-présidence à l'UPA. Elle est remplacée par Pierre Lemieux, producteur laitier et forestier qui s'est surtout fait connaître comme président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec depuis 15 ans. M. Lemieux a mené une bataille très courageuse pour l'instauration de la mise en marché collective chez les producteurs acéricoles. Cette lutte avait atteint une telle férocité que l'érablière de M. Lemieux a été incendiée à deux reprises. Denis Bilodeau, un producteur bovin, a été réélu comme deuxième vice-président.
 
 
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  • ghislaine fortin
    Inscrite
    jeudi 14 février 2008 18h01
    Le "courage" de Pierre Lemieux
    Il faudrait mettre un très gros bémol sur ce prétendu courage. Quant à l'incendie....il y avait eu 2 supposés incendies criminels chez deux autres dirigeants de la fédération. On voulait salir les producteurs acéricoles en prétendant que c'étaient des criminels....et pour cacher la vraie histoire qui était de donner du poids à la prise de contrôle de la production acéricole du Québec à la fédération des producteurs acéricoles du Québec.

    Lors du prétendu incendie criminel de la cabane, le matin même Pierre Lemieux commentait lui-même l'incendie, désignait des coupables présumés, intervenait immédiatement le ministre de l'agriculture Trudel qui déplorait ce crime et assurait comme Lemieux était un excellent président etc. À temps ordinaire, c'est le chef pompier qui commente l'incendie.....et depuis quand un ministre vient rendre hommage au sinistré?

    Maintenant les producteurs acéricoles sont pris dans un système non rentable et calculé comme tel par nul autre que M. Pierre Fortin, économiste de renom.

    Les mensonges constants de Pierre Lemieux ainsi que le vol de la présidence de la fédération en 2000, ne peut faire oublier que c'est bien triste pour une démocratie quand de tels personnages réussissent à se hisser à des postes de direction.

    N'est-il pas de notoriété publique que beaucoup de personnes en poste de direction ont l'incompétence comme principale critère au Québec?

    Antimonopol

  • ghislaine fortin
    Inscrite
    jeudi 14 février 2008 18h04
    Un trop long règne....
    Laurent Pellerin s'est trop longtemps accroché au pouvoir. Il croyait être propriétaire de cette organisation.

    Il devrait y avoir comme aux États Unis une règle: pas plus de deux mandats et ensuite va jouer ailleurs. Si la plus grande puissance mondiale se paie le luxe de le faire quelle est la justification de subir un si long`règne?

    antimonopol

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