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Le meilleur des mondes

François Roy  1 décembre 2007  Actualités en société
Le rêve d'un pays habité de sages. Ceux-ci auraient adopté un mode de vie parfaitement compatible avec la nature, l'homme ayant de nouveau trouvé l'harmonie avec des écosystèmes équilibrés, riches d'une faune et d'une flore diversifiées.

Il ne s'agit pas d'un retour à une ère de chasseurs-cueilleurs, car la technologie, bien utilisée, s'insère certainement dans les desseins de l'évolution naturelle, si on peut lui prêter conscience. Je vois notre Terre comme une biosphère florissante dont l'humain serait le gardien. L'individualisme et le matérialisme seront des comportements oubliés en cours de route, lorsque le projet de société «Réserve écologique humanisée» du Québec aura pris son envol.

Un système intégré de partage des biens et services et de rotation des tâches aplanira les iniquités et les frustrations sociales, éradiquant du même coup la convoitise et la violence préméditée. Le pouvoir de l'argent sera remplacé par le mérite honorifique du dévouement altruiste et des réalisations sociales, scientifiques ou autres. La politique telle que nous la connaissons n'existera plus, les grands courants étant débattus en consultations publiques et proposés par une assemblée de volontaires qui respecteront une nouvelle philosophie sociale.

Idéaux et naïveté

Lorsque cet équilibre harmonieux aura été atteint, les arts et les sciences connaîtront un nouvel essor. Le reste de la planète aura probablement déjà emboîté le pas, acculé au bord de crises environnementales et sociales sans précédent. La seule voie qui pourrait permettre ce virage à 180 degrés passe par l'éducation et de nouvelles valeurs qui s'établiront sur quelques générations, à moins que notre environnement ne devienne si invivable que les changements s'imposent d'eux-mêmes, douloureusement.

Très idéaliste et naïf, à mille lieues de la réalité, j'en conviens. Il y a fort à parier qu'une initiative semblable verra le jour ailleurs avant qu'elle n'apparaisse chez nous. Malheureusement, il semble que notre instinct primitif nous pousse vers l'individualisme, comportement incompatible avec la taille de l'humanité. La manifestation de cet individualisme au Québec s'est amplifiée depuis la Révolution tranquille, alors que l'Église a été remplacée par le matérialisme avec, comme conséquences à long terme, une perte d'identité et de fierté collectives, de qualité d'environnement.

Il nous faut rapidement une nouvelle institution inspirante et rassembleuse, basée sur un contexte concret et actuel, une philosophie laïque acceptable par toutes les cultures qui forment le Québec. Si on attend la catastrophe humanitaire globale pour tourner la page, il y a de fortes chances que la prochaine phase évolutive humaine suive le même scénario habituel: conquête, hégémonie, déclin, invasions barbares... sans jamais atteindre la sagesse et l'équilibre durable.
 
 
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