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Assimilation des francophones hors Québec - Il faut plus d'immigrants de langue française, estime Sheila Copps

11 décembre 2002  Actualités en société
Ottawa - La solution pour freiner le déclin démographique et l'assimilation des francophones hors Québec est d'accueillir davantage d'immigrants de langue française, estime la ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps.

Statistique Canada dévoilait hier des données du recensement de 2001 qui révèlent que la proportion des francophones continue de décroître au pays — passant sous la barre des 23 % — et que l'assimilation s'accélère.

«C'est sûr que c'est inquiétant, a commenté Mme Copps. [...] C'est pour ça qu'il faut avoir une stratégie axée sur l'immigration. [...] Je pense qu'une politique où l'on peut mettre l'accent sur les immigrants francophones à travers le Canada, ça ferait du bien pour encourager une masse critique [qui favoriserait] le développement économique, social et scolaire.»

Il ne faut pas voir dans les données du recensement un échec des politiques fédérales de bilinguisme, a insisté Mme Copps. «Il y a 20 ans, les francophones étaient les moins éduqués et les moins payés, a-t-elle soutenu. Aujourd'hui, ils sont les mieux éduqués et les mieux rémunérés.»

La Commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, a refusé de se montrer pessimiste à la lecture des données du recensement. Tout au plus a-t-elle demandé au ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, de présenter au plus vite son plan d'action pour relancer la politique des langues officielles.

Sans donner d'engagement précis, M. Dion a reconnu hier que son gouvernement devrait donner aux communautés francophones «plus de moyens afin qu'elles soient plus vibrantes» et faire en sorte «que nous [soyons] exemplaires dans la fonction publique».

Le ministre a aussi promis que le gouvernement prendrait des moyens pour relancer le bilinguisme, qui stagne au pays selon les données du recensement.

«Il y a un ralentissement de la progression, a-t-il admis. Il va falloir redonner de l'oxygène dans ce secteur.» M. Dion croit que ce n'est pas l'intérêt des Canadiens anglais qui est en cause, mais plutôt «un certain essoufflement des moyens qu'on leur donne dans les écoles et les collèges».

La commissaire Adam s'est dite encouragée par la croissance du multilinguisme au Canada, qui pourrait avoir, selon elle, des effets bénéfiques à long terme sur le bilinguisme français-anglais. «Il est plus facile d'apprendre une troisième langue qu'une deuxième», a-t-elle fait valoir.

Elle s'est toutefois montrée déçue du faible taux d'utilisation du français chez les francophones «anglicisés» à l'extérieur du Québec. Selon le recensement, tout juste 39,4 % de ces derniers parlent «régulièrement» le français.

«J'aurais vraiment souhaité voir des chiffres de l'ordre de 60 %», a reconnu Mme Adam.
 
 
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