Recensement 2001 - Le nombre de francophones ne cesse de diminuer au Canada
Si la croissance du nombre d'allophones se maintient, ce groupe finira par dépasser dans un avenir rapproché les francophones au pays
Photo : Jacques Nadeau
Selon les réponses recueillies, 17,7 % de la population canadienne se disait bilingue. Mais dans les faits, le bilinguisme demeure l’affaire des francophones et celle des anglophones du Québec.
Poursuivant la forte tendance des dernières années, la proportion de francophones au Canada a encore diminué au cours des cinq dernières années, passant sous la barre des 23 %. Seul le Québec conserve à peu près la même proportion de francophones. Dans toutes les autres provinces, ces chiffres sont à la baisse, révèlent les données recueillies par Statistique Canada lors du recensement de 2001.
La proportion risque de fléchir encore plus dans les années à venir. Les populations francophones vieillissent, indique Statistique Canada. De plus, leur taux de croissance a chuté de moitié depuis la période 1991-96, essentiellement parce qu'on y compte moins d'enfants âgés de moins de cinq ans.
En fait, si la croissance du nombre d'allophones — dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais — se maintient, ce groupe finira par dépasser dans un avenir rapproché les francophones au pays.
Les allophones représentaient 18 % de la population en 2001, soit un Canadien sur six, alors qu'ils ne comptaient que pour 15,3 % il y a 10 ans. Cette augmentation de 12,5 % est trois fois plus importante que le taux de croissance de l'ensemble de la population canadienne, de 4 %, durant la même période. En nombre absolu, on compte désormais au Canada 17 521 880 d'anglophones, 6 782 320 de francophones et 5 334 770 d'allophones.
L'assimilation des francophones s'accroît
Il y a en fait plus de francophones au Canada en 2001 qu'en 1996. Sauf qu'ils sont de plus en plus nombreux à parler anglais à la maison. Preuve de cette assimilation: on trouve moins de Canadiens qui parlent français à la maison (22 %) qu'il n'y a de francophones au pays (22,9 %). À l'inverse, 67,5 % des gens parlent anglais à la maison par rapport à 59,1 % de la population qui déclare l'anglais comme langue maternelle.
L'assimilation des francophones se vit partout à l'extérieur du Québec. En Ontario, par exemple, 40,3 % des francophones parlent anglais à la maison contre 38,8 % en 1996. Au Nouveau-Brunswick, ils sont 10,5 % à s'exprimer en anglais contre 9,7 % cinq ans plus tôt.
Les unions avec une personne de langue maternelle anglaise expliquent la situation, avance Statistique Canada. L'agence a toutefois voulu savoir si les répondants parlaient une autre langue régulièrement à la maison. Cette question, une première, a été perçue par plusieurs comme une tentative d'amoindrir la diminution constante du fait français au pays. Selon Charles Castonguay, professeur de démographie et de mathématique de l'Université d'Ottawa, on tente ainsi de «noyer le poisson en ce qui concerne l'anglicisation des francophones à l'extérieur du Québec».
Plusieurs démographes avaient d'ailleurs souligné le caractère politique de la question, rappelant que le questionnaire du recensement doit être approuvé par le conseil des ministres. Et les documents de Statistique Canada démontrent que, lorsque cette question est prise en compte, les taux d'assimilation sont moins importants.
Le bilinguisme perd du terrain
Les données rendues publiques hier s'attardent aussi au taux de bilinguisme parmi la population, une donnée qui soulève de nombreuses interrogations puisqu'il s'agit d'une auto-évaluation des répondants. «Sur la question du bilinguisme, on s'est aperçu en général que les anglophones surestiment leurs capacités en français», note Robert Bourbeau, professeur de démographie à l'Université de Montréal.
Selon les réponses recueillies, 17,7 % de la population canadienne se disait bilingue. Mais dans les faits, le bilinguisme demeure l'affaire des francophones et celle des anglophones du Québec. Dans cette province, 40,8 % de la population a déclaré être bilingue: 66 % des anglophones le sont et 37 % des francophones, des proportions en hausse dans les deux groupes.
En comparaison, au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue, 34,2 % des résidants se disaient bilingues. Dans les autres provinces, ce taux varie entre 3 et 12 %.
D'ailleurs, la bilinguisation chère à Pierre Elliott Trudeau perd du terrain chez les jeunes anglophones hors Québec, comme en témoignent les données sur les 15 à 19 ans et celles des 10 à 14 ans. Statistique Canada note aussi que le taux de bilinguisme diminue avec le temps. En 1996, 16,3 % des jeunes anglophones de 15 à 19 ans se disaient bilingues. Cinq ans plus tard, ces jeunes, maintenant âgés de 20 à 24 ans, se disaient bilingues à 13,5 %.
La proportion risque de fléchir encore plus dans les années à venir. Les populations francophones vieillissent, indique Statistique Canada. De plus, leur taux de croissance a chuté de moitié depuis la période 1991-96, essentiellement parce qu'on y compte moins d'enfants âgés de moins de cinq ans.
En fait, si la croissance du nombre d'allophones — dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais — se maintient, ce groupe finira par dépasser dans un avenir rapproché les francophones au pays.
Les allophones représentaient 18 % de la population en 2001, soit un Canadien sur six, alors qu'ils ne comptaient que pour 15,3 % il y a 10 ans. Cette augmentation de 12,5 % est trois fois plus importante que le taux de croissance de l'ensemble de la population canadienne, de 4 %, durant la même période. En nombre absolu, on compte désormais au Canada 17 521 880 d'anglophones, 6 782 320 de francophones et 5 334 770 d'allophones.
L'assimilation des francophones s'accroît
Il y a en fait plus de francophones au Canada en 2001 qu'en 1996. Sauf qu'ils sont de plus en plus nombreux à parler anglais à la maison. Preuve de cette assimilation: on trouve moins de Canadiens qui parlent français à la maison (22 %) qu'il n'y a de francophones au pays (22,9 %). À l'inverse, 67,5 % des gens parlent anglais à la maison par rapport à 59,1 % de la population qui déclare l'anglais comme langue maternelle.
L'assimilation des francophones se vit partout à l'extérieur du Québec. En Ontario, par exemple, 40,3 % des francophones parlent anglais à la maison contre 38,8 % en 1996. Au Nouveau-Brunswick, ils sont 10,5 % à s'exprimer en anglais contre 9,7 % cinq ans plus tôt.
Les unions avec une personne de langue maternelle anglaise expliquent la situation, avance Statistique Canada. L'agence a toutefois voulu savoir si les répondants parlaient une autre langue régulièrement à la maison. Cette question, une première, a été perçue par plusieurs comme une tentative d'amoindrir la diminution constante du fait français au pays. Selon Charles Castonguay, professeur de démographie et de mathématique de l'Université d'Ottawa, on tente ainsi de «noyer le poisson en ce qui concerne l'anglicisation des francophones à l'extérieur du Québec».
Plusieurs démographes avaient d'ailleurs souligné le caractère politique de la question, rappelant que le questionnaire du recensement doit être approuvé par le conseil des ministres. Et les documents de Statistique Canada démontrent que, lorsque cette question est prise en compte, les taux d'assimilation sont moins importants.
Le bilinguisme perd du terrain
Les données rendues publiques hier s'attardent aussi au taux de bilinguisme parmi la population, une donnée qui soulève de nombreuses interrogations puisqu'il s'agit d'une auto-évaluation des répondants. «Sur la question du bilinguisme, on s'est aperçu en général que les anglophones surestiment leurs capacités en français», note Robert Bourbeau, professeur de démographie à l'Université de Montréal.
Selon les réponses recueillies, 17,7 % de la population canadienne se disait bilingue. Mais dans les faits, le bilinguisme demeure l'affaire des francophones et celle des anglophones du Québec. Dans cette province, 40,8 % de la population a déclaré être bilingue: 66 % des anglophones le sont et 37 % des francophones, des proportions en hausse dans les deux groupes.
En comparaison, au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue, 34,2 % des résidants se disaient bilingues. Dans les autres provinces, ce taux varie entre 3 et 12 %.
D'ailleurs, la bilinguisation chère à Pierre Elliott Trudeau perd du terrain chez les jeunes anglophones hors Québec, comme en témoignent les données sur les 15 à 19 ans et celles des 10 à 14 ans. Statistique Canada note aussi que le taux de bilinguisme diminue avec le temps. En 1996, 16,3 % des jeunes anglophones de 15 à 19 ans se disaient bilingues. Cinq ans plus tard, ces jeunes, maintenant âgés de 20 à 24 ans, se disaient bilingues à 13,5 %.
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