Un pomme pas trop verte
Photo : Agence Reuters
Avec son iPhone, Apple prétendait répondre aux normes les plus strictes en matière de respect de l’environnement. Des prétentions dénoncées par Greenpeace.
Il y a les grandes déclarations et il y a la réalité. En mettant sur le marché son iPhone, en juin dernier, le géant de l'informatique Apple a voulu montrer patte verte en prétendant réinventer le téléphone avec un appareil révolutionnaire répondant aux normes les plus strictes en matière de respect de l'environnement. Mais ces prétentions sont pour le moins douteuses, dénonce aujourd'hui le groupe écologiste Greenpeace, analyses en main.
Dans un rapport publié au début du mois, les gardiens de la paix verte passent la varlope: Apple a visiblement dérapé en négociant son virage vert en raison de la présence de plusieurs substances toxiques dans sa dernière création technologique. Cette présence est d'autant plus gênante que ces mêmes substances sont en voie de disparition chez la plupart des concurrents de l'empire de la pomme.
Ainsi, 18 composantes du célèbre et convoité iPhone ont été passées au crible dans un laboratoire indépendant de la Grande-Bretagne où Greenpeace international a mené cette étude. L'objectif consistait à dresser le portrait des éléments chimiques présentes dans ce produit.
Au total, le plomb, le cadmium, le mercure, le chrome hexavalent, le PVC, les phtalates, les retardateurs de flamme bromés et autres éléments chimiques aux noms tout aussi savoureux ont été relevés par les fins limiers du toxique.
Résultats? La moitié des éléments du iPhone ont révélé la présence de brome dans des proportions dépassant parfois 1 % de la composition chimique globale du matériau, ce qui est beaucoup. Lorsque libérée dans l'environnement, cette substance chimique peut causer des troubles neurologiques chez les humains. Le brome est aussi présent en très grande quantité (10 % du poids total) dans le circuit flexible de l'antenne du téléphone.
Pis, Greenpeace a mis en lumière la présence d'antimoine, tristement célèbre pour ses propriétés cancérigènes, dans quatre autres composantes. Un taux élevé de chlore a également été découvert dans le «revêtement plastique des câbles du casque», de même que des phtalates plastifiants, indique le rapport tout en ajoutant ceci: «Il est intéressant de noter que l'ensemble des quatre phtalates relevés dans cette étude sont interdits d'usage dans les jouets et les articles de puériculture en Europe.»
Une image gênante
Autre coup d'éclat du groupe de pression qui, une fois de plus, prend un sujet dans l'air du temps pour faire parler de lui: cette mise à nu chimique du iPhone s'avère dérangeante dans le contexte actuel. En mai dernier, Steve Job a en effet annoncé que son entreprise allait devenir de plus en plus verte en se débarrassant, d'ici la fin de 2008, des retardateurs de flamme bromés (BFR, pour les intimes), qui réduisent les risques d'incendie du matériel électronique.
Apple souhaite aussi, dans ce même cadre temporel, reléguer aux oubliettes les polychlorures de vinyle (PVC), un plastique chloré toxique qui rend justement le plastique plus malléable tout en conférant une toxicité à un bien de consommation, surtout après sa vie utile.
Mis sur le grill, Apple n'a pas souhaité commenter les tests en laboratoire orchestrés par Greenpeace, se contentant simplement, dans les pages du magazine Macworld, de souligner que son produit phare répond aux normes de la directive européenne RoHS (Restriction of Hazardous Substances ou, dans la langue de Nelligan, limitation des substances délétères), «les normes mondiales les plus sévères en matière de substances toxiques dans les équipements électroniques», rapporte la publication. Notons que Greenpeace reconnaît également dans son rapport qu'Apple n'enfreint aucune réglementation en matière de pollution.
Au passage, le royaume de la pomme maintient aussi que son objectif de remplacement des BFR et des PVC par d'autres composés moins dangereux pour la santé humaine et la nature n'a pas été revu à la baisse, contrairement à ce que pourrait laisser croire l'autopsie de son iPhone par les activistes de l'environnement.
C'est la deuxième fois depuis le début de l'année qu'Apple se fait épingler par Greenpeace. En mars dernier, dans son palmarès des entreprises responsables oeuvrant dans le domaine des nouvelles technologies, le groupe avait en effet accordé la plus mauvaise note (2,7 sur 10) au vendeur de iBook, iPod, iPhone et compagnie en raison de la faiblesse de ses politiques et engagements en matière d'environnement.
En bas de la liste, Apple, malgré les discours vertueux de son dirigeant charismatique, semble être un peu à la traîne en la matière. Et l'effeuillage, certes un brin intéressé, de son super-téléphone par le groupe écologiste semble malheureusement le confirmer une fois de plus. Au grand désespoir de ses fidèles sujets.
conso@ledevoir.ca
Dans un rapport publié au début du mois, les gardiens de la paix verte passent la varlope: Apple a visiblement dérapé en négociant son virage vert en raison de la présence de plusieurs substances toxiques dans sa dernière création technologique. Cette présence est d'autant plus gênante que ces mêmes substances sont en voie de disparition chez la plupart des concurrents de l'empire de la pomme.
Ainsi, 18 composantes du célèbre et convoité iPhone ont été passées au crible dans un laboratoire indépendant de la Grande-Bretagne où Greenpeace international a mené cette étude. L'objectif consistait à dresser le portrait des éléments chimiques présentes dans ce produit.
Au total, le plomb, le cadmium, le mercure, le chrome hexavalent, le PVC, les phtalates, les retardateurs de flamme bromés et autres éléments chimiques aux noms tout aussi savoureux ont été relevés par les fins limiers du toxique.
Résultats? La moitié des éléments du iPhone ont révélé la présence de brome dans des proportions dépassant parfois 1 % de la composition chimique globale du matériau, ce qui est beaucoup. Lorsque libérée dans l'environnement, cette substance chimique peut causer des troubles neurologiques chez les humains. Le brome est aussi présent en très grande quantité (10 % du poids total) dans le circuit flexible de l'antenne du téléphone.
Pis, Greenpeace a mis en lumière la présence d'antimoine, tristement célèbre pour ses propriétés cancérigènes, dans quatre autres composantes. Un taux élevé de chlore a également été découvert dans le «revêtement plastique des câbles du casque», de même que des phtalates plastifiants, indique le rapport tout en ajoutant ceci: «Il est intéressant de noter que l'ensemble des quatre phtalates relevés dans cette étude sont interdits d'usage dans les jouets et les articles de puériculture en Europe.»
Une image gênante
Autre coup d'éclat du groupe de pression qui, une fois de plus, prend un sujet dans l'air du temps pour faire parler de lui: cette mise à nu chimique du iPhone s'avère dérangeante dans le contexte actuel. En mai dernier, Steve Job a en effet annoncé que son entreprise allait devenir de plus en plus verte en se débarrassant, d'ici la fin de 2008, des retardateurs de flamme bromés (BFR, pour les intimes), qui réduisent les risques d'incendie du matériel électronique.
Apple souhaite aussi, dans ce même cadre temporel, reléguer aux oubliettes les polychlorures de vinyle (PVC), un plastique chloré toxique qui rend justement le plastique plus malléable tout en conférant une toxicité à un bien de consommation, surtout après sa vie utile.
Mis sur le grill, Apple n'a pas souhaité commenter les tests en laboratoire orchestrés par Greenpeace, se contentant simplement, dans les pages du magazine Macworld, de souligner que son produit phare répond aux normes de la directive européenne RoHS (Restriction of Hazardous Substances ou, dans la langue de Nelligan, limitation des substances délétères), «les normes mondiales les plus sévères en matière de substances toxiques dans les équipements électroniques», rapporte la publication. Notons que Greenpeace reconnaît également dans son rapport qu'Apple n'enfreint aucune réglementation en matière de pollution.
Au passage, le royaume de la pomme maintient aussi que son objectif de remplacement des BFR et des PVC par d'autres composés moins dangereux pour la santé humaine et la nature n'a pas été revu à la baisse, contrairement à ce que pourrait laisser croire l'autopsie de son iPhone par les activistes de l'environnement.
C'est la deuxième fois depuis le début de l'année qu'Apple se fait épingler par Greenpeace. En mars dernier, dans son palmarès des entreprises responsables oeuvrant dans le domaine des nouvelles technologies, le groupe avait en effet accordé la plus mauvaise note (2,7 sur 10) au vendeur de iBook, iPod, iPhone et compagnie en raison de la faiblesse de ses politiques et engagements en matière d'environnement.
En bas de la liste, Apple, malgré les discours vertueux de son dirigeant charismatique, semble être un peu à la traîne en la matière. Et l'effeuillage, certes un brin intéressé, de son super-téléphone par le groupe écologiste semble malheureusement le confirmer une fois de plus. Au grand désespoir de ses fidèles sujets.
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