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Êtes-vous authentiques ?

La quête du vrai, du naturel, de la franchise et du talent brut pourrait détrôner des décennies de superficialité et de cynisme

Fabien Deglise   29 septembre 2007  Actualités en société
Photo : Jacques Nadeau
Il va falloir se faire à l'idée. Après des décennies de superficialité et de cynisme, les sociétés modernes carbureraient désormais à la quête d'authenticité. Et cette recherche du vrai, du sincère et du naturel, qui percole autant dans la sphère artistique que politique, économique ou sociale, est certainement là pour rester.

«Je suis en vélo! Pourriez-vous me rappeler dans cinq minutes? Je vais m'installer dans un parc». Certaines personnes arrivent en retard à leur rendez-vous téléphonique, mais pas Catherine Leduc, chanteuse de la formation musicale québécoise dans le vent Tricot Machine, qui préfère, à la place, se faire surprendre à l'heure convenue, grâce à son téléphone cellulaire, dans l'intimité d'une journée de congé.

«Je suis entre deux déplacements», lance-t-elle avec une voix un peu haletante mais surtout pleine de vie — «Ce n'est pas grave, c'est juste drôle» —, et à l'image de cette vedette improbable dont la candeur et le côté ludique ne s'expriment visiblement pas que dans ses chansons aux mélodies accrocheuses. Dans son quotidien aussi.

«Je n'ai jamais été superficielle», lance la jeune fille dont les yeux bleus intenses séduisent. «En vieillissant, j'ai compris ce qui est important: c'est être moi-même et me sentir bien dans ce que je fais. C'est la seule façon d'être satisfait.»

Avec un premier album éponyme composé avec son amoureux biologiste, Matthieu Beaumont, et vendu à plus de 15 000 exemplaires pour le moment — «C'est énorme!», souligne-t-elle —, la recette est, de toute évidence, payante. L'engouement du moment pour ce duo, chez les 9 à 99 ans, le magazine Elle Québec l'explique d'ailleurs en toute simplicité dans sa livraison d'août dernier: «Ils ne sont pas "parfaits" [...]. Ils font dans le "comfort song" [...]. Ils sont tissés serré.» En somme, ils sont authentiques et répondent du même coup à un besoin très contemporain, qui s'exprime dans toutes les sphères de la société.

«Il y a effectivement un retour à cette valeur romantique qui est mise de plus en plus au premier plan, résume à l'autre bout du fil le philosophe français Jean-Marc Ferry, professeur de théorie politique à l'Université libre de Bruxelles, en Belgique. Nous sommes actuellement devant une montée en puissance et une prise de conscience de l'authenticité qui appartient au projet de la modernité comme rationalisation du monde, mais sous un aspect plus complexe». Plus complexe que les autres figures de la rationalité alimentées dans le passé par l'objectivité scientifique, l'efficacité technique et, plus récemment, par le libéralisme et l'affirmation des libertés fondamentales. En résumé.

À la recherche du vrai

Dans l'air du temps, cette quête du vrai, du naturel, de la franchise et du talent brut est en effet perceptible un peu partout. Sur la scène musicale, bien sûr, où Les Trois Accords — groupe de sous-sol de bungalow à la popularité fulgurante — ont ouvert la voie, il y a quelques années, avec leur chanson Hawaïenne, aux Tricot Machine, Damien Robitaille et autres Plywood 3/4 qui, comme eux, essayent d'ériger la candeur en système avec une créativité artistique sans fla-fla qui pourrait très bien venir de chez la voisine d'en face.

À la télévision, l'authenticité trouve également ses marques. Sous la forme étonnante et parfois discutable des émission de télé-réalité qui livrent aux heures de grandes écoutes l'intimité, savamment orchestrée, certes, d'une Kim, coiffeuse de 24 ans, débarquant de son Saint-Jérôme dans Occupation double (TVA) pour y trouver l'âme soeur, ou d'un Francis, 23 ans, commis dans un magasin à grande surface à Laval, acceptant de se livrer, entier et 24 heures sur 24, dans l'univers télévisuel et carcéral de Loft Story (TQS).

Plus délicieusement, cette authenticité peut aussi prendre les traits de la comédienne Hélène Florent, dont La Galère (série diffusée le printemps dernier sur les ondes de Radio-Canada) l'a conduite, elle et son sourire rafraîchissant, dans tous les talk-shows du moment où, comme les Macha Limonchik et Marie-Josée Croze avant elle, l'actrice a goûté au plaisir de la célébrité avec une vitesse déconcertante et une approche simple: elle est restée tout simplement elle-même et n'a pas essayé de jouer à la célébrité. Ce qui est certainement une sinécure, dans ce monde d'images, de faux-semblants, de superficialité et de demi-vérités.

La sphère médiatique aime d'ailleurs de plus en plus ça. Et être soi donne parfois son billet d'entrée pour Tout le monde en parle, un rendez-vous hebdomadaire qu'il n'est malheureusement plus nécessaire de présenter, ouvertement placé sous le signe de la confidence et de la recherche d'«authentique» — exprimée parfois de manière odieuse et/ou maladroite. L'extériorisation de sa vraie nature peut aussi mener aux studios de Christiane Charette à la Première Chaîne, un espace culturel mettant en vedette une animatrice qui, elle-même, semble vouloir cultiver ce trait de caractère.

Comment? En annonçant en direct et par téléphone son retard depuis un taxi, en jouant dans ses notes et en l'annonçant sans retenue, ou en tutoyant certains de ses invités, dérogeant ainsi aux codes formelles de la radiophonie ainsi révélés à son public. Mais comme dirait l'autre: elle est faite comme ça. Et ses admirateurs s'en réjouissent.

Une valeur qui a la cote

La liste est loin d'être exhaustive. Et en y ajoutant les représentations de l'authenticité qui percolent dans les messages publicitaires du moment, dans les discours écologiques ou altermondialiste de l'heure — qui appellent vertement à plus de vrai —, comme dans les coulisses du pouvoir, il serait facile d'affirmer que si cette valeur renaissante était une valeur mobilière, sa cote en serait sûrement une à surveiller.

«Ce n'est pas un phénomène de mode, c'est une tendance lourde, estime Patrick Beauduin, vice-président création chez Cossette Communications, une agence de publicité. Le besoin d'authenticité s'exprime de manière très forte depuis quelques années car il s'intègre dans une quête ou reconquête des valeurs qui fondent notre société.» Une quête longue et parfois tortueuse, qui forcément assure la pérennité de la chose.

Normal. C'est qu'après des décennies de simulacres — politiques, médiatiques ou commerciaux —, de superficialités, dont les années 1980 ont largement donné le ton dans toutes les sphères de la culture, et de cynisme, art dominant dans les dernières années et poussé par la perte de vitesse des religions et la remise en question collective des institutions et de la morale, l'humanité semble vouloir désormais passer à autre chose... en appelant à plus de vrai, de sincérité, de naturel, en en cherchant finalement à apprivoiser le réel.

Au diable, donc, l'homo economicus avec son goût prononcé «pour la maîtrise de soi et pour le moi désengagé d'un individu froid sur le marché, une phase dure de l'individualisme reliée au développement des idées universalistes du droit», résume Jean-Marc Ferry. «L'authenticité met désormais en exergue une autre face de l'individualisme, expressiviste celle-là, qui insiste sur des notions d'intériorité et d'extériorité, mais aussi de vie privée qui prend de plus en plus d'importance. Nous sommes dans l'esthétique aussi, dans l'approfondissement de soi et dans un projet d'être soi-même pour bien communiquer avec autrui.»

La technique de l'authentique

L'idée, «à l'heure des communications», comme le chantait Jean Leloup, un authentique mystificateur «en 1990», n'est pas folle. Elle peut aussi s'appuyer aujourd'hui sur un ensemble d'outils qui participent d'ailleurs à l'affirmation de l'authenticité dans la sphère privée comme publique. Avec, en tête, le téléphone cellulaire, ses multiples fonctions et son traditionnel «t'es où?», mais aussi l'Internet, un espace démocratique qui abaisse les frontières, encourage le partage et la proximité mais appelle également les utilisateurs à mettre, eux-mêmes, le «vrai» en spectacle. Et bien souvent, ce n'est pas le «vrai» du voisin mais bien le sien.

«Avec Facebook [un site de réseautage ultra-populaire qui chante le quotidien des internautes et celui de leur entourage], nous sommes en plein là-dedans, dit Patrick Beauduin. L'Internet accélère cette affirmation de l'authentique en incitant les gens à participer pour que cet univers leur ressemble, soit plus près de leur réalité. Or, tout ce qui est partagé entraîne forcément la mise à nu. Il faut montrer à tous nos amis qui nous sommes vraiment.»

Le phénomène est complexe. Il contribue aussi, par effet d'entraînement, à alimenter cette recherche du véritable en dehors du cyberespace où, là aussi, le citoyen-consommateur, devenu artisan de la médiatisation de sa propre vie, n'hésite plus à déclarer sa soif d'authentique. «Ce n'est pas étonnant, poursuit le fils de pub. Il est devenu un fantastique décodeur de bullshit. Il n'y a plus grand-chose qu'il ne comprend pas dans la manipulation des éléments médiatiques [pour avoir expérimenté lui même cette manipulation]. Nous sommes désormais face à des récepteurs branchés, au fait de tout, qui comprennent très bien le deuxième degré, le décalage [avec le réel], mais aussi l'authenticité. Et c'est cette valeur qu'ils veulent qu'on lui donne. Rien d'autres.»

Vendre le réel

Dans le monde de la publicité, les annonceurs commencent d'ailleurs à le comprendre, comme en témoigne la dernière campagne de l'institution financière Desjardins qui, après la conjugaison «d'avoirs et être», décline désormais son image avec celles de ses clients: Truong, Picard, Tremblay, Desousa et les autres. «C'est la recherche de la complicité, dit Beauduin. La pub, qui pendant longtemps à magnifié les choses, veut refléter la réalité, être en prise avec le quotidien des consommateurs.»

Poussé à son paroxysme, elle incite aussi de plus en plus de compagnies à interpeller directement leur clientèle pour la création de leur spot de 30 secondes, avec en trame de fond, authenticité oblige, un principe transparent: faire des consommateurs les publicitaires des produits qu'ils consomment afin de les rapprocher de ces produits et d'en inciter d'autres à en faire autant.

Le phénomène, qui vient des États-Unis, se répand comme une traînée de poudre dans les méandres de la Toile, entre autres avec des multinationales comme L'Oréal qui, l'an dernier, a demandé aux jeunes américains de «faire leur publicité» pour l'un de ses shampooings. MasterCard, Firefox, le célèbre fureteur du Web, ou encore la compagnie aérienne JetBlue Airways en ont fait tout autant, grâce à leur vitrine Internet, pour le bien de leur marque.

«Le Serge de Molson Ex [dernière campagne du brasseur basée sur la recherche d'un Serge, le consommateur idéal de bière] repose aussi là dessus, dit le vice-président de chez Cossette Communications. Et ça marche d'enfer. Les histoires [des annonces présentées sur Internet, entre autres] sont suggérées par les consommateurs» et mettent en scène ces mêmes consommateurs qui amènent, du même coup, de l'authenticité là où l'on n'était moins habitué à en voir.

Avec en main le prix Dédé-Fortin pour les artistes de la scène émergente, reçu cette semaine de la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec (SPACQ), Catherine Leduc, de Tricot Machine, savoure aujourd'hui sa popularité naissante comme on mord dans un cupcake — ces petites expressions sucrées de l'authentique dans la bouffe, cette fois. Elle ne s'offusquera pas non plus de la nouvelle stratégie commerciale des multinationales qui cherchent à exploiter le vrai, même si elle est à des années-lumière de ces considérations bassement commerciales.

«À pareille date l'an dernier, lance-t-elle, on voulait juste sortir un CD pour que les gens puissent l'écouter. On ne demandait rien d'autre à notre maison de disque que d'en vendre 1000. Tout ce qui arrive depuis, c'est du bonbon.» Et elle ajoute: «Un jour, c'est sûr, on va être dépassé. On va avoir de mauvaises critiques. Mais comme on aime ce qu'on fait, cela ne va pas avoir d'importance». Comme quoi, la sincérité, tout en aidant à monter par les temps qui courent, permet aussi aux «vrais» de relativiser bien des choses.
 
 
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  • Daniel Beaudry
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 07h36
    Pas facile la quête d'authenticité
    Je me réjouis d'apprendre l'exitence de cette tendance lourde. J'avais l'impression de l'exact contraire.
    L'authenticité, je crois, est un effort de tous les jours, un effort gratifiant mais un effort. C'est un exercice de deuil actif des avantages à court terme du contraire. L'authenticité est aussi fille d'une réflexion personnelle qui s'abstrait du brouhaha trépignant que la vie et ses fonctions nous imposent.
    Comment peut-on y arriver quand on toujours eu la duplicité commme stratégie de survie ? Est-ce une sorte de luxe accessible à une minorité?
    Je crois que c'est déjà un privilège d'en comprendre l'intérêt.
    Daniel Beaudry
    Moncton

  • pascale bourguignon
    Inscrite
    samedi 29 septembre 2007 08h58
    la société du spectacle n'est en rien authentique
    N'êtes-vous pas en train de confondre authenticité et mise en scéne de l'authenticité ?
    Il n'y a rien d'authentique dans un reality show ou dans face book, si ce n'est l,autehenticité de la représentation de ce que l'on désire faire passer pour de l'autenticité.

  • Guillaume Boucher
    Inscrit
    samedi 29 septembre 2007 10h13
    Ça c'est «authentique»?
    Mettez en scène des gens en mal d'attention, désireux d'exhiber le personnage qu'ils ont créé d'eux même. Faites les jouer dans une «game» où les faux-fuyants sont rois. On dira que vous faite dans l'authentique. Le réel.

    Assoyez autour d'une table les «artistes» de l'heure, braquez sur eux tous les feux de l'opinion publique alors qu'ils se présentent pour la version québécoise du Ridicule. Ces gens à la conscience aiguë de la prestation qu'ils livrent sont authentiques. Ils nous offrent le vrai.

    Autant de faux-semblant, de compétition sous couvert de convivialité. Quand tout n'est que façade, peut-on parler d'authenticité? Serait-ce la nouvelle tendance? Jouer à faire semblant d'être vrai, dans le plus crasse des double-jeux?

    Guillaume Boucher,
    Montréal

  • yannick.legault@sympatico.ca
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 10h47
    Une audition pour un film
    Deux membres des 3R pRoduKteuRs dirigeant les auditions avec des acteurs pour leur nouveau film sur la vérité vraie des vraies gens :

    Roger) - On a besoin de vérité, d'intensité, comme si la mort était à portée de vue

    René) - Vous devez être vrais tout de suite, on veut de la vérité, dans le corps, dans le regard.

    Roger) - Être vrai, en ayant l'air de rien.

    René) - C'est bien important.

    Roger) - De rien.

    René) - De...

    Deux) - Rien.

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 10h52
    Triplement authentique ?
    J'allais m'atteler à nuancer cette réflexion de Fabien Deglise quand l'idée me vint de consulter les deux autres articles du même journaliste dans Le Devoir de ce beau samedi ensoleillé. Je m'en réjouis, car, loin de rendre la chose triplement authentique, les deux autres articles tempèrent l'encensement du premier article. À preuve le bref extrait qui suit :

    «Mais l'authenticité peut finalement s'accompagner de «dérives idéologiques», tempère le philosophe Jean-Marc Ferry.»

    Peut-être me suis-je réjoui un peu vite. Car dans le troisième article : «Authentiquement correct», le journaliste encense fortement les politiciens rusés qui savent jouer du «paraître authentique». Et vous n'allez pas me dire que Occupation double ou Loft Story sont des exemples d'authenticité !

    Je retrouve dans les deux derniers articles des mots qui indiquent bien à quel type d'authenticité nous avons affaire : «Technique» ou «Payant» sont même des titres de paragraphes. Je doute fort que le peuple auquel fait allusion M. Deglise soit plus apte que les personnes médiatisées à distinguer la vraie de la fausse authenticité. Le culte du paraître est devenu tel dans nos sociétés d'abondance, que le plus humble des «petits culs» aspire profondément à se voir paraître un jour à la télé. Je ne le juge pas, je constate simplement qu'il est encore davantage jouet de cette mode que Sarkosy ou Pauline Marois. Quoique... celle-ci a encore du gallon à prendre avant de paraître authentiquement authentique. Sur ce point je donne raison au journaliste : à certains jeux les petits sont parfois plus rusés que les grands.

  • M_PC
    Inscrit
    samedi 29 septembre 2007 13h55
    Culte du vécu
    Je crois qu'il ne faut pas confondre "authenticité" avec un autre phénomène moderne qui pourrait être identifié sous le nom de "culte du vécu". Dans ce dernier, l'homme fait face à un certain vide issu d'un désenchantement du monde comme prédit par Weber et face à ce vide, l'homme ressent le besoin de crier haut et fort qui il est, ce qu'il a accompli, de mettre sa vie sur la table afin de prouver (à lui-même et aux autres) que son existence n'est pas une parmi tant d'autres...

    Bien sûr, ceci n'est qu'une tentative d'explication partielle d'un phénomène autrement plus compliqué et qui ne peut être généralisé à toute les situations exposés dans l'article, mais tout de même, contrairement à M.Deglise, je ne crois pas qu'il y ait lieu d'être vraiment optimiste face à ce phénomène.

    Merci de nous faire réfléchir,
    Michel Coll

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 15h45
    Je suis célèbre...
    Je suis (du verbe suivre) ce que je suis et la vie est courte. Qui peux me dire que ce que je suis, c'est moi? Et moi, suis-je certain de ce que je suis? Une fois que je suis ce que je suis, suis-je ce que je suis? Il y a de quoi se perdre. Qui dit que ce que je suis, c'est moi? Qui c'est moi? Un poète américain écrivait que nous contenons des multitudes, alors une fois que je suis moi sans « me-myself-and-I », ai-je perdu ce que je contenais? Vous me suivez, n'est-ce pas?
    On dirait une constatation (il est vrai que la constatation a remplacé la contestation) d'une mode à venir : « nous sommes tous authentique! »
    Les artRistes disent tous la même chose : « suis authentique, ça vient du coeur »; suivi par les journalistes honnêtes. Il n'y a jamais eu autant de gens authentiques ces temps-ci. Rousseau en parle dans sa polémique avec d'Alembert et seuls les romantiques allemands en ont douté.
    Les authentiques, on ne les connaît pas. Ils le sont tellement qu'ils préfèrent que l'on ne sache pas qu'ils le sont. Ils savent bien que seul compte l'anonymat pour le rester et que la télé, le cinéma, le chaud-bisses-naises en général ne sont pas des lieux où ça existe mais là on en parle le plus parce que justement c'est là que l'authenticité manque. Pourtant a y regarder de plus près, c'est dans le milieu dit artRistique que la notion d'authenticité a plus sa place qu'ailleurs puis le mot vient du grec authentikos et il a eu le sens de, devinez ce n'est pas une blague, de « célèbre » et ce, jusqu'au 14ième siècle. Alors, oui, on a raison de penser qu'il y a un « retour » de l'authenticité puisque grâce à la télé et aux médias, on est tous célèbres. De pus, il y a les blogues où on célèbre ce que l'on est...
    Moi, ce que je suis, comme disent les journalistes de la tévé ou de la Radio en « Can », je suis une personne « ordinaire ». Ni journaliste, ni célèbre donc pas authentique. Je suis perdu puisque je ne suis plus (du verbe suivre) ce que je suis. Snif.

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 16h11
    Authenticité et amitié
    C'est pour se permettre un peu d'authenticité que nous avons des amis. Et encore faut-il les choisir dans le sens de notre quête parce que, en dernière instance, nous ne sommes authentiques qu'une fois morts, parce qu'alors nous ne changeons plus.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Marie-Eve C
    Inscrite
    samedi 29 septembre 2007 20h32
    Une question d'authenticité ou pudeur ?
    Cette tendance à se mettre à nu publiquement est-elle vraiment une question d'authenticité ou de grandissante absence de pudeur ?

    En quoi rechercher le vrai, être fidèle à soi même et se présenter sous son vrai jour implique-t-il qu'il faille livrer ses moindres secrets sous les projecteurs ou exposer son portrait aux internautes ?

    Qu'en est-il de l'espace privé, de la réserve, de la discrétion, du jardin secret, de cette partie de soi si profonde et si intime qu'on ne la livre qu'à ceux qu'on aime ?

  • Jacques Morissette
    Abonné
    dimanche 30 septembre 2007 03h28
    On ne devient pas authentique parce que la mode nous invite à le faire.
    L'authenticité, par définition, est une simple question d'honnêteté envers soi et les autres. Alors, comment pourrait-on devenir authentique parce que c'est prescrit socialement? Si c'est le cas, on fait plutôt du théâtre qu'on maquille en authenticité.

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    dimanche 30 septembre 2007 18h05
    Oui, je le suis.
    Je suis authentique car l'écart entre mes paroles et mes actions est ténu.

    Je n'ai pas encore lu votre artcicle ni les commentaires des lecteurs. J'y vais de ce pas.

  • Chryst
    Abonné
    lundi 1 octobre 2007 13h55
    L'authenticité
    L'authenticité nous ramène à soi. Il est difficile d'être soi-même lorsque l'on ne partage pas les mêmes valeurs de ses patrons. Ceux-ci nous demanderaient de tourner les coins ronds alors que ce n'est pas dans nos valeurs. Ils nous demanderaient d'aller plus rapidement alors que ce n'est pas dans nos valeurs, non plus. Pour nous, vite et bien ne vont pas nécessairement de pair. Si nous voulons absolument rester nous-même alors nous serons en conflit avec notre patron. Nous risquons d'être perçu comme le mouton noir. Cela est d'autant plus vrai que nous sommes têtu de nature. Alors comment rester authentique dans un tel contexte ? En faisant à notre tête, confirmant aux yeux des patrons que nous sommes vraiment mouton noir.

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