Lettres: Vivre la diversité
Il est grandement question d'accommodements raisonnables ces jours-ci. Peut-être même un peu trop. À force de vouloir définir les choses, on finit par oublier de les vivre.
Personnellement, après avoir aidé une famille bosniaque à s'implanter dans la région de Sherbrooke, en 1995, je pensais que je comprenais bien la diversité culturelle. Mais voilà qu'en janvier dernier, je me suis retrouvé à Toronto pendant quelques mois. J'y travaillais dans le milieu scolaire. L'école secondaire francophone où je me rendais tous les matins comptait 597 élève originaires de 51 pays. Les enseignants venaient eux aussi de tous les coins de la Terre. Mon meilleur copain était un professeur algérien. Un poète qui aurait visité une de ces écoles aurait parlé d'un bouquet de couleurs et d'accents frappant agréablement l'oeil et l'oreille.
En juillet dernier, j'ai déménagé à Montréal, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Mes voisins de gauche sont bulgares. Les deux jeunes enfants tout blonds aux yeux bleus qui habitent en face et qui me ramènent ma chatte lorsqu'elle s'aventure dans le corridor sont russes. Le préposé à l'entretien est issu d'une mère gaspésienne et d'un père jordanien. La fille d'une copine qui habite le même immeuble que le mien et son copain tunisien me reçoivent régulièrement à souper. J'apprends à connaître des mets maghrébins succulents. La dame âgée du neuvième étage qui me salue dans l'ascenseur est irlandaise. Devant l'église du coin, je vois régulièrement des dames italiennes vêtues de noir qui semblent bien rigoler. Quelques mamans musulmanes promènent leurs bébés devant mon balcon.
C'est le nouveau Canada, celui de la diversité, de l'accueil et de l'échec aux préjugés. Depuis que je baigne chaque jour dans cette incroyable mosaïque culturelle, je suis fasciné par la joie de vivre et par l'énergie qui s'y dégagent. C'est un privilège de fréquenter un tel milieu. Il y a quelques jours, ma fille, une jolie femme au teint de porcelaine, m'a appris qu'elle et son conjoint, un Haïtien plus que sympathique, allaient être parents au mois de mai prochain. La dame haïtienne qui travaille à la bibliothèque du quartier, à qui je racontais cet heureux événement, m'a souhaité la bienvenue dans la famille. La responsable de l'immeuble où j'habite, une anglophone qui a vécu des années en France, m'a dit ceci: «Vous êtes chanceux, vous aurez un petit-fils ou une petite-fille en chocolat!»
À tous ceux qui craignent pour leurs habitudes et qui prônent le statu quo, je dis ceci: ouvrez-vous au changement. Vous y découvrirez une lumière dont vous ne soupçonniez même pas l'existence.
Personnellement, après avoir aidé une famille bosniaque à s'implanter dans la région de Sherbrooke, en 1995, je pensais que je comprenais bien la diversité culturelle. Mais voilà qu'en janvier dernier, je me suis retrouvé à Toronto pendant quelques mois. J'y travaillais dans le milieu scolaire. L'école secondaire francophone où je me rendais tous les matins comptait 597 élève originaires de 51 pays. Les enseignants venaient eux aussi de tous les coins de la Terre. Mon meilleur copain était un professeur algérien. Un poète qui aurait visité une de ces écoles aurait parlé d'un bouquet de couleurs et d'accents frappant agréablement l'oeil et l'oreille.
En juillet dernier, j'ai déménagé à Montréal, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Mes voisins de gauche sont bulgares. Les deux jeunes enfants tout blonds aux yeux bleus qui habitent en face et qui me ramènent ma chatte lorsqu'elle s'aventure dans le corridor sont russes. Le préposé à l'entretien est issu d'une mère gaspésienne et d'un père jordanien. La fille d'une copine qui habite le même immeuble que le mien et son copain tunisien me reçoivent régulièrement à souper. J'apprends à connaître des mets maghrébins succulents. La dame âgée du neuvième étage qui me salue dans l'ascenseur est irlandaise. Devant l'église du coin, je vois régulièrement des dames italiennes vêtues de noir qui semblent bien rigoler. Quelques mamans musulmanes promènent leurs bébés devant mon balcon.
C'est le nouveau Canada, celui de la diversité, de l'accueil et de l'échec aux préjugés. Depuis que je baigne chaque jour dans cette incroyable mosaïque culturelle, je suis fasciné par la joie de vivre et par l'énergie qui s'y dégagent. C'est un privilège de fréquenter un tel milieu. Il y a quelques jours, ma fille, une jolie femme au teint de porcelaine, m'a appris qu'elle et son conjoint, un Haïtien plus que sympathique, allaient être parents au mois de mai prochain. La dame haïtienne qui travaille à la bibliothèque du quartier, à qui je racontais cet heureux événement, m'a souhaité la bienvenue dans la famille. La responsable de l'immeuble où j'habite, une anglophone qui a vécu des années en France, m'a dit ceci: «Vous êtes chanceux, vous aurez un petit-fils ou une petite-fille en chocolat!»
À tous ceux qui craignent pour leurs habitudes et qui prônent le statu quo, je dis ceci: ouvrez-vous au changement. Vous y découvrirez une lumière dont vous ne soupçonniez même pas l'existence.
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