Les squeegees veulent travailler en paix
Nettoyer un pare-brise sur un coin de rue peut valoir une contravention de 120 $ au jeune qui se fait prendre
Photo : Jacques Nadeau
Des squeegees nettoient le pare-brise d’une automobile, chose formellement interdite à Montréal.
Le jeune Sovannak, squeegee itinérant, cherche la logique: il lave les pare-brise des voitures pour gagner un peu d'argent, mais les policiers lui collent régulièrement des amendes — jusqu'à 120 $ — parce que le «squeegisme» est interdit à Montréal. Et pour payer son amende, Sovannak n'a que le squeegee à portée de main. Alors, les factures s'accumulent.
Au bout du processus, les probabilités que ce jeune se retrouve en prison quelques jours, faute d'avoir pu payer ses amendes, sont de 72 %. Ce sont des situations de ce type que veulent empêcher les organismes Anonyme, Gangs de rue (parrainé par Dan Bigras) et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui ont lancé hier un appel pour que Montréal décriminalise l'activité du squeegee. Des tracts explicatifs ont été distribués à l'angle des rues Iberville et Ontario, pendant que des squeegees s'activaient sous l'oeil des caméras.
«Il faut promouvoir une approche plus positive de ce travail, dit Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM. Plutôt que la répression, on doit explorer la tolérance.» Le «Projet squeegee» s'articule autour de l'idée que les squeegees font un travail «comme un autre, comme celui d'un vendeur de journaux au coin de la rue ou d'un musicien de rue», comme l'indique Nicole McNeil, directrice de l'Anonyme.
«On ne sort jamais quelqu'un de la rue en l'envoyant en prison, dit pour sa part Dan Bigras. C'est ridicule, ça tue tous les efforts [d'aide et de réinsertion] qu'on fait avec les jeunes.» Il relève aussi «qu'on n'envoie pas les jeunes en prison parce qu'ils font du squeegee mais parce qu'ils ne peuvent pas payer leurs amendes. Parce qu'ils essaient de survivre. C'est un drôle de message».
À la Ville de Montréal, la responsable du développement social et communautaire, Marie-Andrée Beaudoin, réplique que le règlement est là pour protéger les jeunes qui doivent se mouvoir entre les véhicules. «C'est une question de sécurité. Mais nous ne fermons pas la porte à la possibilité de changer d'approche si on trouve une solution», dit-elle.
Le Ville travaille depuis 2004 avec la Commission des droits de la personne et quelques organismes pour encadrer différemment l'itinérance. Le RAPSIM milite d'ailleurs activement pour déjudiciariser toute cette question. «Il y a des moyens de développer des zones de tolérance et de cohabitation dans une ville», pense Pierre Gaudreau.
La Ville de Québec en a fourni un exemple l'an dernier en adoucissant sa politique anti-squeegee. Un protocole d'intervention avec un organisme d'aide est maintenant mis en place, et les jeunes ont le choix entre une «consultation» avec un intervenant ou une amende lorsqu'ils sont arrêtés en train de laver un pare-brise.
Au bout du processus, les probabilités que ce jeune se retrouve en prison quelques jours, faute d'avoir pu payer ses amendes, sont de 72 %. Ce sont des situations de ce type que veulent empêcher les organismes Anonyme, Gangs de rue (parrainé par Dan Bigras) et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui ont lancé hier un appel pour que Montréal décriminalise l'activité du squeegee. Des tracts explicatifs ont été distribués à l'angle des rues Iberville et Ontario, pendant que des squeegees s'activaient sous l'oeil des caméras.
«Il faut promouvoir une approche plus positive de ce travail, dit Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM. Plutôt que la répression, on doit explorer la tolérance.» Le «Projet squeegee» s'articule autour de l'idée que les squeegees font un travail «comme un autre, comme celui d'un vendeur de journaux au coin de la rue ou d'un musicien de rue», comme l'indique Nicole McNeil, directrice de l'Anonyme.
«On ne sort jamais quelqu'un de la rue en l'envoyant en prison, dit pour sa part Dan Bigras. C'est ridicule, ça tue tous les efforts [d'aide et de réinsertion] qu'on fait avec les jeunes.» Il relève aussi «qu'on n'envoie pas les jeunes en prison parce qu'ils font du squeegee mais parce qu'ils ne peuvent pas payer leurs amendes. Parce qu'ils essaient de survivre. C'est un drôle de message».
À la Ville de Montréal, la responsable du développement social et communautaire, Marie-Andrée Beaudoin, réplique que le règlement est là pour protéger les jeunes qui doivent se mouvoir entre les véhicules. «C'est une question de sécurité. Mais nous ne fermons pas la porte à la possibilité de changer d'approche si on trouve une solution», dit-elle.
Le Ville travaille depuis 2004 avec la Commission des droits de la personne et quelques organismes pour encadrer différemment l'itinérance. Le RAPSIM milite d'ailleurs activement pour déjudiciariser toute cette question. «Il y a des moyens de développer des zones de tolérance et de cohabitation dans une ville», pense Pierre Gaudreau.
La Ville de Québec en a fourni un exemple l'an dernier en adoucissant sa politique anti-squeegee. Un protocole d'intervention avec un organisme d'aide est maintenant mis en place, et les jeunes ont le choix entre une «consultation» avec un intervenant ou une amende lorsqu'ils sont arrêtés en train de laver un pare-brise.
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