Lettres: La logique de l'immigration
Selon Aristote, la logique serait la capacité de distinguer un raisonnement correct d'un raisonnement incorrect. Alors, que fait donc Christian Rioux de cette logique?
Comment peut-on à la fois se plaindre de la diminution du poids du Québec dans l'ensemble canadien ou nord-américain et soutenir qu'un discours sur la limitation de l'immigration peut en faire abstraction?
Une société qui n'a pas un taux de natalité suffisant pour renouveler sa population et sa main-d'oeuvre doit faire appel à l'immigration si elle ne veut pas assister à son déclin économique et politique. C'est faire preuve d'«ouverture» d'esprit que de le dire.
C'est être «fermé» à quelque chose que de soutenir qu'on peut limiter l'immigration sous ce même seuil de renouvellement et de n'entrevoir aucune conséquence.
Si, donc, on accueille des immigrants — qui sont forcément des étrangers —, il vaut mieux être «ouvert» aux cultures et aux coutumes des 45 000 étrangers que le Québec accueille chaque année. Aucune loi ne fera passer ces étrangers à la «moulinette» pour en faire des «pure laine». Il faut même avoir assez d'«ouverture» pour reconnaître que la loi 101 peut être un frein pour certains qui n'ont pas le don des langues et qui cherchent un meilleur sort sans savoir d'avance où celui-ci peut bien se trouver mais qui savent aussi que l'anglais leur assurera une plus grande mobilité.
Il faut aussi un peu d'«ouverture» pour imaginer qu'à ce rythme d'immigration «nécessaire», les «pure laine» pourraient bien, un jour, ne plus être la majorité. Il faut une bonne dose d'«ouverture» pour discuter de cela sereinement.
Réponse du chroniqueur
Je ne propose ni de réduire l'immigration ni de l'augmenter. J'affirme simplement que l'«ouverture» ne se mesure pas au nombre d'immigrants. Le Québec demeurera une société «ouverte» quels que soient ses choix. Si une crainte existe à cet égard, elle relève plutôt des difficultés réelles de francisation. Les Québécois ont le droit comme tous les peuples de mener ce débat sereinement sans qu'on les accuse de manquer d'«ouverture».
Christian Rioux
Comment peut-on à la fois se plaindre de la diminution du poids du Québec dans l'ensemble canadien ou nord-américain et soutenir qu'un discours sur la limitation de l'immigration peut en faire abstraction?
Une société qui n'a pas un taux de natalité suffisant pour renouveler sa population et sa main-d'oeuvre doit faire appel à l'immigration si elle ne veut pas assister à son déclin économique et politique. C'est faire preuve d'«ouverture» d'esprit que de le dire.
C'est être «fermé» à quelque chose que de soutenir qu'on peut limiter l'immigration sous ce même seuil de renouvellement et de n'entrevoir aucune conséquence.
Si, donc, on accueille des immigrants — qui sont forcément des étrangers —, il vaut mieux être «ouvert» aux cultures et aux coutumes des 45 000 étrangers que le Québec accueille chaque année. Aucune loi ne fera passer ces étrangers à la «moulinette» pour en faire des «pure laine». Il faut même avoir assez d'«ouverture» pour reconnaître que la loi 101 peut être un frein pour certains qui n'ont pas le don des langues et qui cherchent un meilleur sort sans savoir d'avance où celui-ci peut bien se trouver mais qui savent aussi que l'anglais leur assurera une plus grande mobilité.
Il faut aussi un peu d'«ouverture» pour imaginer qu'à ce rythme d'immigration «nécessaire», les «pure laine» pourraient bien, un jour, ne plus être la majorité. Il faut une bonne dose d'«ouverture» pour discuter de cela sereinement.
Réponse du chroniqueur
Je ne propose ni de réduire l'immigration ni de l'augmenter. J'affirme simplement que l'«ouverture» ne se mesure pas au nombre d'immigrants. Le Québec demeurera une société «ouverte» quels que soient ses choix. Si une crainte existe à cet égard, elle relève plutôt des difficultés réelles de francisation. Les Québécois ont le droit comme tous les peuples de mener ce débat sereinement sans qu'on les accuse de manquer d'«ouverture».
Christian Rioux
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