Macadam - Des heures à jouer au cricket
Photo : Pascal Ratthé
Muni d’une batte, un bâton aplati, un batteur (batsman) attend la balle livrée par le bowler.
Quand l'été chauffe les trottoirs, que l'on a joué les touristes, fréquenté les festivals, plongé dans les piscines et flâné aux terrasses, que reste-t-il pour encore apprécier la ville et même s'en étonner? Des coins inexplorés, des gens méconnus, des activités inusitées. De Montréal, d'Ottawa et de Québec, nos journalistes vous font part de ce qu'ils ont déniché.
Par un samedi après-midi ensoleillé du mois d'août, des hommes vêtus de blanc originaires de l'Inde jouent au cricket sur un terrain situé à proximité de la faculté de musique de l'Université de Montréal.
Muni d'une batte, un bâton aplati, un frappeur (batsman) du club sportif Bharat attend que le bowler de l'équipe adverse, du club India, lui lance la balle. Il se trouve devant le guichet (wicket), composé de trois bâtons de bois verticaux (stumps).
«Le cricket en Inde, c'est comme le hockey ici», explique Raj Patel, un joueur du Bharat. Dinesh Patel, de l'équipe adverse, le confirme. «Je joue au cricket depuis que je suis enfant», dit-il. Ce jour-là, les plus jeunes joueurs sont adolescents alors que les plus âgés ont franchi le cap de la cinquantaine.
Un frappeur du Bharat cogne la balle, rouge. Il court d'un guichet à l'autre tandis que son coéquipier, en face de lui, fait de même en sens inverse, marquant ainsi des points (runs).
Les joueurs de l'India cherchent à attraper la balle le plus rapidement possible et à éliminer les frappeurs de l'équipe adverse. «Jouer au cricket requiert de la concentration. Tous les joueurs de l'équipe en défense doivent être attentifs. On ne sait jamais où la balle va aller», dit Dinesh Patel.
L'heure de la pause
À 15h50, les joueurs de l'équipe du club sportif India ont éliminé tous les frappeurs de l'équipe du Bharat. C'est donc le moment de la pause. La partie avait commencé à 12h30. Les joueurs s'assoient sur le terrain, cassent la croûte et discutent entre eux en gujarati, la langue de l'État du Gujarat, en Inde. L'équipe du Bharat et celle de l'India s'installent à deux endroits éloignés l'un de l'autre. «Nous sommes amis, mais comme nous discutons de notre plan de match, nous ne voulons pas que les joueurs de l'autre équipe nous entendent», dit Dinesh Patel.
Les frappeurs de l'équipe du club sportif Bharat ont marqué
229 points. «C'est un bon score», dit Raj Patel. «Nous avons de bonnes chances de gagner», ajoute un de ses coéquipiers, Bharat Kumar Patel.
Une vingtaine de minutes plus tard, la partie reprend. Cette fois-ci, des joueurs du club India sont frappeurs tandis que l'équipe du Bharat est en défense. L'équipe de l'India marque des points.
Un frappeur frappe la balle. Un joueur de l'équipe adverse l'attrape sans qu'elle ait touché le sol. Ses coéquipiers crient de joie et applaudissent. Le frappeur est retiré. Un autre prend sa place, puis un autre, jusqu'à ce qu'ils soient tous retirés.
Il est 18h35. Les onze joueurs de l'équipe du club Bharat ont eu le dessus sur les onze joueurs de l'équipe du club India, l'emportant par la marque de 229 à 133. La partie aura duré un peu plus de six heures.
Quarante-cinq équipes
Les équipes des clubs sportifs India et Bharat font partie d'une ligue de 45 équipes, sous l'égide de la Fédération québécoise du cricket. La ligue compte trois divisions — premier, A et B —,
regroupant plusieurs centaines de joueurs.
La saison commence en mai et prend fin en septembre. Des parties ont lieu à différents endroits de la région de Montréal, notamment au parc Jarry et au parc Atwater ainsi que sur des terrains dans Ahuntsic, à LaSalle, à Côte-Saint-Luc et à Saint-Lambert.
Les joueurs de la ligue sont principalement originaires de l'Inde mais viennent aussi du Pakistan, du Sri Lanka, des Antilles et d'autres régions ou pays. Le cricket a vu le jour en Angleterre et s'est répandu dans les pays du Commonwealth. Ce sport aurait été pratiqué dès 1785 à Montréal, à l'île Sainte-Hélène, et aurait été introduit au Canada par des soldats britanniques.
Certains clubs de cricket montréalais existent depuis plusieurs décennies. Le club Adastrians, fondé dans les années 1920, est le deuxième parmi les plus vieux clubs toujours en activité. Ramesh Naraine, originaire de la Guyana, en est le président. Il a commencé à jouer au cricket quand il était enfant, dans les années 50. «Presque tous les jeunes garçons à la Guyana pratiquaient le cricket», dit-il, parlant longuement et avec passion de ce sport, dont les parties peuvent dans certains cas durer plusieurs jours.
Par un samedi après-midi ensoleillé du mois d'août, des hommes vêtus de blanc originaires de l'Inde jouent au cricket sur un terrain situé à proximité de la faculté de musique de l'Université de Montréal.
Muni d'une batte, un bâton aplati, un frappeur (batsman) du club sportif Bharat attend que le bowler de l'équipe adverse, du club India, lui lance la balle. Il se trouve devant le guichet (wicket), composé de trois bâtons de bois verticaux (stumps).
«Le cricket en Inde, c'est comme le hockey ici», explique Raj Patel, un joueur du Bharat. Dinesh Patel, de l'équipe adverse, le confirme. «Je joue au cricket depuis que je suis enfant», dit-il. Ce jour-là, les plus jeunes joueurs sont adolescents alors que les plus âgés ont franchi le cap de la cinquantaine.
Un frappeur du Bharat cogne la balle, rouge. Il court d'un guichet à l'autre tandis que son coéquipier, en face de lui, fait de même en sens inverse, marquant ainsi des points (runs).
Les joueurs de l'India cherchent à attraper la balle le plus rapidement possible et à éliminer les frappeurs de l'équipe adverse. «Jouer au cricket requiert de la concentration. Tous les joueurs de l'équipe en défense doivent être attentifs. On ne sait jamais où la balle va aller», dit Dinesh Patel.
L'heure de la pause
À 15h50, les joueurs de l'équipe du club sportif India ont éliminé tous les frappeurs de l'équipe du Bharat. C'est donc le moment de la pause. La partie avait commencé à 12h30. Les joueurs s'assoient sur le terrain, cassent la croûte et discutent entre eux en gujarati, la langue de l'État du Gujarat, en Inde. L'équipe du Bharat et celle de l'India s'installent à deux endroits éloignés l'un de l'autre. «Nous sommes amis, mais comme nous discutons de notre plan de match, nous ne voulons pas que les joueurs de l'autre équipe nous entendent», dit Dinesh Patel.
Les frappeurs de l'équipe du club sportif Bharat ont marqué
229 points. «C'est un bon score», dit Raj Patel. «Nous avons de bonnes chances de gagner», ajoute un de ses coéquipiers, Bharat Kumar Patel.
Une vingtaine de minutes plus tard, la partie reprend. Cette fois-ci, des joueurs du club India sont frappeurs tandis que l'équipe du Bharat est en défense. L'équipe de l'India marque des points.
Un frappeur frappe la balle. Un joueur de l'équipe adverse l'attrape sans qu'elle ait touché le sol. Ses coéquipiers crient de joie et applaudissent. Le frappeur est retiré. Un autre prend sa place, puis un autre, jusqu'à ce qu'ils soient tous retirés.
Il est 18h35. Les onze joueurs de l'équipe du club Bharat ont eu le dessus sur les onze joueurs de l'équipe du club India, l'emportant par la marque de 229 à 133. La partie aura duré un peu plus de six heures.
Quarante-cinq équipes
Les équipes des clubs sportifs India et Bharat font partie d'une ligue de 45 équipes, sous l'égide de la Fédération québécoise du cricket. La ligue compte trois divisions — premier, A et B —,
regroupant plusieurs centaines de joueurs.
La saison commence en mai et prend fin en septembre. Des parties ont lieu à différents endroits de la région de Montréal, notamment au parc Jarry et au parc Atwater ainsi que sur des terrains dans Ahuntsic, à LaSalle, à Côte-Saint-Luc et à Saint-Lambert.
Les joueurs de la ligue sont principalement originaires de l'Inde mais viennent aussi du Pakistan, du Sri Lanka, des Antilles et d'autres régions ou pays. Le cricket a vu le jour en Angleterre et s'est répandu dans les pays du Commonwealth. Ce sport aurait été pratiqué dès 1785 à Montréal, à l'île Sainte-Hélène, et aurait été introduit au Canada par des soldats britanniques.
Certains clubs de cricket montréalais existent depuis plusieurs décennies. Le club Adastrians, fondé dans les années 1920, est le deuxième parmi les plus vieux clubs toujours en activité. Ramesh Naraine, originaire de la Guyana, en est le président. Il a commencé à jouer au cricket quand il était enfant, dans les années 50. «Presque tous les jeunes garçons à la Guyana pratiquaient le cricket», dit-il, parlant longuement et avec passion de ce sport, dont les parties peuvent dans certains cas durer plusieurs jours.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

