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Difficile syndicalisation pour des travailleurs étrangers

«Pour les travailleurs, le plus important est d'être respectés comme êtres humains»

30 juillet 2007  Actualités en société
Un nombre grandissant de travailleurs saisonniers embauchés dans des fermes du pays comme main-d'oeuvre à bon marché tentent de se syndiquer et doivent affronter une forte résistance.

Au Québec, les employés étrangers de trois fermes de la grande région de Montréal attendent impatiemment la décision de la Commission des relations du travail concernant leur campagne de syndicalisation respective, décision qui pourrait être déterminante dans l'exercice des droits des travailleurs agricoles saisonniers au Canada.

Selon Patricia Perez, la fondatrice d'un groupe de soutien aux travailleurs étrangers, «les travailleurs en ont assez d'être maltraités». Ce groupe de soutien est financé par la branche québécoise de l'Union internationale des travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce.

Plus tôt cet été, la commission des relations de travail du Manitoba a accrédité un groupe de travailleurs agricoles mexicains à Portage la Prairie, bien que la décision fasse l'objet d'un appel. Un porte-parole conservateur manitobain a aussitôt qualifié d'«insensée» la décision de la commission, qu'on croit être une première au Canada.

Au Québec, la décision a été reportée à plusieurs reprises depuis le dépôt de la requête en accréditation, en 2006. Entre-temps, les médias ont rapporté un certain nombre d'incidents opposant des exploitants agricoles et leurs employés venus de l'étranger.

Dans un cas, un fermier aurait refusé de remettre ses documents d'assurance-maladie à un travailleur blessé. La police a été appelée à intervenir. Dans un autre incident, deux agriculteurs sont accusés de voies de fait à la suite d'un affrontement avec Mme Perez, l'automne dernier.

«Il y a des normes établies de travail qui ne sont pas appliquées et ne sont pas respectées, affirme Mme Perez. Mais pour les travailleurs, le plus important est d'être respectés comme être humains.»

Mais le dirigeant d'une association de producteurs horticoles au Québec, à la tête de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'oeuvre étrangère, soutient que si les conditions de travail étaient si mauvaises, il n'y aurait pas autant de travailleurs prêts à revenir au Québec, année après année.

Selon René Mantha, «chaque année, de 75 à 80 % des travailleurs migrants engagés par des producteurs québécois reviennent travailler sur les mêmes fermes. Même sur les fermes où il y a eu des campagnes de syndicalisation, les mêmes travailleurs sont revenus.»

Plusieurs des travailleurs saisonniers sont recrutés par l'intermédiaire du Projet relatif au recrutement et à la mobilité des travailleurs saisonniers agricoles canadiens, un accord conclu il y a 34 ans avec le Mexique et les Caraïbes, qui fournit des visas saisonniers à plus de 18 000 travailleurs.

Ces travailleurs ont accès à des soins de santé et à d'autres avantages sociaux et sont souvent logés par les fermiers. Les travailleurs migrants, au Québec comme dans le reste du pays, travaillent souvent de 12 à 15 heures par jour et prennent rarement congé.

Au Québec, les travailleurs saisonniers gagnent environ 8,50 $ l'heure.
 
 
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