Lettres: Un 40 % discutable
Dans une entrevue récente accordée au Devoir, Gilbert Rozon exprimait son mépris pour le 40 % de la population qui ne paie pas d'impôt (selon ses dires), les qualifiant presque de profiteurs et de boulets pour une supposée élite qui, comme lui, ne demande pas mieux que de dynamiser la société québécoise avec des projets tous plus emballants les uns que les autres.
D'abord une chose: ce fameux 40 % de la population qui ne paie pas d'impôt (et donc ne ferait pas sa part) est un chiffre trompeur que l'on répand allègrement depuis quelque temps et qui revient comme un leitmotiv dans la bouche de certains «lucides». Soulignons que l'impôt sur le revenu des particuliers (dont il est question) ne représente que 42 % des revenus de l'État québécois (selon le dernier plan budgétaire du ministère du Revenu). En fait, les petits salariés sont sujets, comme tous les salariés, à des retenues à la source pour l'assurance-emploi, le régime de rentes du Québec, le régime québécois d'assurance parentale, aux cotisations pour le régime d'assurance médicaments, sans parler des taxes à la consommation, des taxes municipales et scolaires, etc.
Et pour ce qui est des sacrifices (que ne seraient pas disposés à faire ceux qui tirent «avantage» du système), parlons du salaire minimum qui peine à suivre la hausse du coût de la vie depuis 30 ans, des coupures au régime d'assurance-emploi dans les années 1990 et, ces dernières années, des augmentations de coûts supérieures à l'indice des prix à la consommation pour des biens et services aussi essentiels que le logement, l'électricité et le transport en commun. Et que font nos entrepreneurs pour donner l'exemple? Le Devoir du 27 juin rapportait justement que, depuis 2000, le taux moyen d'imposition des entreprises au Canada est passé de 44,6 % à 36,1 %, et c'est au Québec qu'il est le plus faible, à 32 %.
D'abord une chose: ce fameux 40 % de la population qui ne paie pas d'impôt (et donc ne ferait pas sa part) est un chiffre trompeur que l'on répand allègrement depuis quelque temps et qui revient comme un leitmotiv dans la bouche de certains «lucides». Soulignons que l'impôt sur le revenu des particuliers (dont il est question) ne représente que 42 % des revenus de l'État québécois (selon le dernier plan budgétaire du ministère du Revenu). En fait, les petits salariés sont sujets, comme tous les salariés, à des retenues à la source pour l'assurance-emploi, le régime de rentes du Québec, le régime québécois d'assurance parentale, aux cotisations pour le régime d'assurance médicaments, sans parler des taxes à la consommation, des taxes municipales et scolaires, etc.
Et pour ce qui est des sacrifices (que ne seraient pas disposés à faire ceux qui tirent «avantage» du système), parlons du salaire minimum qui peine à suivre la hausse du coût de la vie depuis 30 ans, des coupures au régime d'assurance-emploi dans les années 1990 et, ces dernières années, des augmentations de coûts supérieures à l'indice des prix à la consommation pour des biens et services aussi essentiels que le logement, l'électricité et le transport en commun. Et que font nos entrepreneurs pour donner l'exemple? Le Devoir du 27 juin rapportait justement que, depuis 2000, le taux moyen d'imposition des entreprises au Canada est passé de 44,6 % à 36,1 %, et c'est au Québec qu'il est le plus faible, à 32 %.
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