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Plusieurs facteurs influencent le prix du carburant

11 juillet 2007  Actualités en société
Toronto — Un autre été de prix en «montagnes russes» s'annonce pour l'essence à la pompe. La cause principale en est une chaîne d'approvisionnement vulnérable au moindre soubresaut dans le secteur du raffinage.

Les ouragans, les incendies de raffineries, les perturbations des expéditions, les grèves et les fluctuations imprévues de la demande contribuent tous aux pénuries et aux variations marquées des prix de gros du carburant, qui déterminent le prix payé par les automobilistes au moment de faire le plein.

Le fait qu'aucune nouvelle raffinerie n'ait été bâtie depuis des décennies — à cause de facteurs environnementaux et autres — ne favorise pas l'offre non plus.

L'Ontario, le plus gros marché du carburant au pays, a ressenti l'impact de problèmes de raffinage en février, quand une raffinerie d'Imperial Oil a dû fermer à la suite d'un incendie. À cela se sont ajoutées une vague de froid, une brusque hausse de 10 $US du prix du baril de pétrole brut et une grève des employés du CN, ce qui a entraîné une pénurie dans cette province, affectant des centaines de postes de distribution d'essence.

Comme on pouvait s'y attendre, le prix à la pompe a grimpé en Ontario. Un litre d'essence a atteint environ 1 $ et s'est généralement maintenu à ce niveau, ou au-dessus.

Hier, le prix moyen de l'essence ordinaire dans une station libre-service atteignait 1,15 $ à Montréal.

Les raffineries constituent les intermédiaires principaux dans le processus de transformation d'une boue noirâtre visqueuse en ce liquide clair, inflammable, utilisé par les consommateurs motorisés.

«Les marchés de l'essence demeurent vulnérables aux interruptions de service des raffineries ou à d'autres perturbations de l'approvisionnement, et ils devraient demeurer instables pendant tout l'été», indiquait Ressources naturelles Canada dans un bulletin daté du 8 juin.

Par ailleurs, les statistiques fédérales montrent que les marges bénéficiaires des raffineurs sont à la hausse, alors que les prix de gros grimpent à la suite d'interruption des approvisionnements. Mais les raffineurs ne sont pas les seuls à blâmer pour l'augmentation des prix de l'essence; leurs profits ne représentent qu'une petite portion du prix d'un litre du précieux liquide.

La transformation du pétrole en essence résulte d'un processus complexe, et l'exploitation d'une raffinerie coûte des millions de dollars.

Quand une raffinerie brûle ou subit une défaillance d'équipement qui bloque la production, cela a un effet d'entraînement sur la chaîne d'approvisionnement. L'incertitude quant à la sécurité de l'approvisionnement futur alimente aussi les hausses de prix, relève le Bureau de la concurrence. Les variations saisonnières — la demande augmente l'été — contribuent également aux fluctuations des prix, souligne l'organisme fédéral.

En outre, le prix de l'essence est influencé par les spéculateurs nord-américains, qui en achètent en gros pour la revendre plus tard, quand les prix auront grimpé.

Le prix mondial du pétrole brut est, à lui seul, responsable de près de la moitié du prix final de l'essence vendue au détail. Les inventaires, l'offre, la demande, ainsi que la qualité du produit affectent le prix du brut, qui se vend au baril.

Hier, le prix mondial, à terme, du pétrole a atteint environ 72,40 $US le baril.

Stephen Rodrigues, porte-parole de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, fait remarquer que les prix du pétrole lourd augmentent au printemps, quand la demande pour l'asphalte et le goudron grimpent au fur et à mesure que les travaux de réfection routiers se mettent en branle et que les chantiers de construction s'activent.

Les prix de gros canadiens sont aussi entraînés par le marché américain, parce que les États-Unis exportent du carburant raffiné, selon le Bureau de la concurrence, qui a fait enquête et a rejeté les théories de collusion pour fixer les prix de l'essence.
 
 
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