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Détresse au Nunavik

Dévoilé cette semaine, l'accablant rapport d'enquête sur les services de protection de la jeunesse au Nunavik arrive en quelque sorte à point nommé: au moment où les autochtones du pays entier revendiquent le droit à une oreille attentive, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse conclut à une désolation telle chez le peuple inuit qu'on ne peut que réclamer des mesures immédiates.

La Commission a sillonné le territoire du Nunavik, s'attardant à des plaintes ayant trait à la protection de la jeunesse. Son enquête a permis de mettre au jour de sérieuses lacunes dans la prestation des services aux enfants. Pire encore, elle conclut au non-respect de la loi et décrie le fait que les droits des enfants sont lésés.

La détresse est omniprésente dans les quelque 80 pages du rapport, qui aborde les agressions sexuelles, les problèmes de santé mentale, les troubles de comportement graves ainsi que la violence familiale et conjugale, triste lot d'une nombreuse jeunesse. Sur le strict plan de la protection de la jeunesse, les services de première ligne sont à ce point inexistants que le réseau est perpétuellement en crise, laissant des dizaines de petits sur le carreau.

Des cas signalés plus d'une fois ne reçoivent pas l'attention nécessaire. Les mesures d'urgence ne sont pas activées même lorsqu'un examen en a établi la nécessité. Des dossiers sont fermés faute de ressources ou... par oubli! Le suivi social, indispensable pour éviter une désastreuse rechute, est famélique. Les familles d'accueil sont mal encadrées, certaines n'offrant pas aux enfants qu'elles abritent des choses aussi élémentaires qu'un matelas ou une couverture.

Dans cette société du Nord où la courbe démographique est entièrement inversée par rapport à celle du Sud, les 18 ans et moins comptent pour environ la moitié de la population. Additionnée à une société dite en rupture, cette seule statistique aura permis de comprendre à quel point les services destinés à protéger la jeunesse ont tout intérêt à fonctionner au quart de tour. On a pourtant l'impression d'assister, impuissants, à l'abandon d'un autre Tiers-Monde.

Ce sombre tableau a beau avoir immédiatement suscité la compassion du ministre responsable des Affaires autochtones, Benoît Pelletier, il est tout à fait déconcertant d'apprendre que cette «situation d'horreur» — selon les mots du ministre Pelletier — avait déjà été dévoilée.

En 1998, en effet, une analyse similaire de la protection de la jeunesse effectuée sous la houlette de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik pointait «l'état de crise». Elle suggérait de résoudre rapidement ces problèmes, pourtant décelés 25 ans plus tôt...

Dans son rapport, la Commission en appelle à la sollicitude du premier ministre Jean Charest, responsable du dossier de la jeunesse. Pour guérir la profondeur des maux exposés, il faudra non seulement une oreille attentive mais bien une solide gouverne.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 30 juin 2007 08h05
    Remember Davis Inlet?
    Les enfants de 10 ans qui sniffaient de la coke la nuit. Les kids s'étaient retrouvés dans le bureau de Jean Chrétien.
    On disait que c'était à cause de l'isolement. Que c'était parce qu'ils étaient sur une ile perdue. Alors Jean Chrétien, en bon père de famille, a mis les kids sur un programme de désintoxication et leur a construit un beau village, flambant neuf, sur la terre ferme du Labrador.

    Cout de l'opération pour les cochons de contribuables canadiens: 180 millions de piasses pour 200 familles, soit 900,000$ par famille!!!!!!

    Eh ben rien a changé. Les dernières nouvelles, la semaine passée, indiquaient que rien n'avait changé, qu'on se droguait comme avant, que la criminalité avait même augmenté.

  • Jaber Lutfi
    Abonné
    samedi 30 juin 2007 10h23
    Un peu de civisme SVP
    Si la réponse de l'ancien premier ministre semble avoir été un stupide cataplasme, Monsieur Noel, cela ne veut pas dire qu'il faille les laisser moisir dans la misère. Que proposez vous?

    À part les gros bonbons jetés par nos dirigeants aux communautés des premières nations par charité poseuse que connaissent du problème tous ceux et celles qui émettent depuis hier dans divers médias des commentaires impatients et laconiques?

    Des milliers de nos concitoyens se sont levés hier, dans un geste mesuré, pour nous dire, que quelque chose va mal et depuis longtemps. Il me semble que le simple civisme demande qu'on les écoute avant de porter des jugements de gérant d'estrade repu et méprisant.

    Jaber Lutfi

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 30 juin 2007 20h17
    @M. Lufti
    Ce que je propose?

    L'abolition des réserves. Depuis le temps qu'on dit que ce sont des ghettos à misère.

    L'abolition du ministère des Affaires Indiennes qui, depuis longtemps, a prouvé son incompétence crasse.

    Le transfert des enfants dans des pensionnats dirigés par des Blancs afin de les sortir du milieu familial où on ne fait que reproduire la misère ancestrale.(on a terriblement exagéré les "abus" dans les anciens pensionnats afin de faire cracher le plus possible le gouvernement. Ca marché)

    L'abolition du statut d'Indien et de tous les incroyables privilèges qui y sont rattachés: pas d'impot ni de taxes de vente sur les réserves, les études universitaires gratis, les lunettes gratis, les médicaments gratis, les dentistes gratis et quoi encore?

    "Les Amérindiens du Québec jouissent aujourd'hui d'un statut unique au monde. Nulle part ailleurs leur a-t-on concédé des droits aussi considérables, selon Carole Lévesque, chercheure à l'Institut national de la recheche scientifique. Même dans le passé, leurs relations avec les Français n'ont pas été marquées par l'exploitation et l'esclavage qui ont largement prévalu dans le reste des Amériques." (Le Soleil, Marie Caouette, 28 mai 2003)

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