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GES: Montréal souhaite que les pétrolières fassent un effort de plus

Montréal veut discuter avec les deux raffineurs de l'Est pour examiner avec eux les avenues possibles qui permettraient ou bien de réduire davantage leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ou bien d'optimiser encore plus la récupération d'énergie afin d'améliorer un bilan énergétique qu'on dit sur la bonne voie.
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  • Fernand Trudel - Abonné
    16 juin 2007 11 h 40
    Les pétrolières n'ont pas ce préjugé favorable
    Peut importe les efforts faits par les pétrolières, elles ne bénéficient pas au départ du préjugé favorable des citoyens. Au contraire, elles sont pointées du doigt et malaimées. Malgré ce préjugé défavorable, il faut examiner froidement la situation et éviter de tomber dans l'excès de part et d'autre. Une telle attitude n'avance pas les débats mais les campent dans l'immobilisme le plus total. Or, il est temps de passer à l'action et les pétrolières nonobstant ce qui précède, sont pro-actives. Mais Paris ne s'est pas bâti en un jour...

    Il faut se rappeler que Pétro-Canada est une créature du gouvernement fédéral qui voulait un droit de regard dans le secteur et contrôler l'autosuffisance énergétique. Nous l'avons réalisé en partie par le développement d'Hibernia au large de Terre-Neuve et ses retombées sont au centre de la grogne des trois provinces atlantiques envers le gouvernement Harper qui a décidé de les partager dans le calcul du déséquilibre fiscal. Cette nouvelle production qui a été mise en service il y a quelques années est l'un des facteurs aggravant du bilan d'émissions énergétique canadien car lors de la signature du protocole de Kyoto ces installations n'étaient pas en production. Nous l'avons aussi en partrie par l'accélération de l'exploitation des sables bitumineux qui auparavant n'étaient pas rentable à cause du prix de production de base trop élevé. Les prix augmentant et les méthodes se raffinant baissant ainsi le prix coutant ont permis aux pétrolières de développer davantage ce secteur et c'est la deuxième cause de notre déséquilibre kyotiste car cette explouitation, elle aussi, n'était pas comptablisée dans le bilan de signature de Kyoto. Plusieurs de mes allégations trouveront réponse sur le site de cette compagnie: http://www.petro-canada.ca/fr/environment/112.aspx

    Pour Shell, il faut se rappeller les propos tenus par son PDG à Dubaï. En voici des extraits:

    «Pour nous comme compagnie, le débat concernant le CO2 est terminé. Nous avons commencé à débattre de quelle façon il faut réagir», a déclaré Jeroen Van Der Veer devant des centaines de dirigeants du monde des affaires et de la politique du Moyen-Orient et d'ailleurs. M. Van Der Veer a affirmé que les sociétés d'énergie seraient prêtes à travailler de concert avec les gouvernements afin de résoudre cette problématique, à la condition qu'il y ait une structure mondiale de réglementation pour obliger les gouvernements à respecter les mêmes normes. L'urgence de réduire les émissions de CO2 pourrait bientôt devenir plus manifeste. La tête dirigeante de Shell a déclaré que la consommation d'énergie augmentera de 50 % d'ici les 25 prochaines années, à cause surtout de la demande accrue pour le pétrole et le gaz naturel en Chine et en Inde, mais aussi dans le monde occidental. «Je pense que la meilleure approche, c'est d'y voir une belle occasion d'explorer de nouvelles façons de faire, a déclaré M. Van Der Veer. Peut-on conserver le CO2 et l'utiliser pour mieux récupérer le pétrole? Où pouvons-nous le garder en stock?»

    Il est intéressant de savoir que Shell est un patenaire avec les gouvernements canadiens dans un projet en Alberta sur les sables bitumineux. Ainsi le Monistre des ressources naturelles, Gary Lunn,de concert avec les partenaires d'Innoventures Canada (I-CAN), a annoncé à Calgary en mars dernier le financement d'un projet de création du Centre I-CAN pour la conversion du dioxyde de carbone (CO2).

    Sous la direction de l'Alberta Research Council, du Saskatchewan Research Council, de l'Industrial Technology Centre du Manitoba et du Centre de recherche industrielle du Québec, le Centre I-CAN pour la conversion du dioxyde de carbone (CO2) permettra de mettre au point des réseaux de microalgues qui auraient la capacité de capter jusqu'à 100 millions de tonnes de CO2 provenant des industries, telles que les usines alimentées au charbon et les projets d'exploitation des sables bitumineux. L'algue, une source précieuse de biomasse, pourra ainsi être transformée en une gamme de produits industriels et de sous-produits comme le gaz naturel renouvelable, l'hydrogène et les biocombustibles.

    -CAN est le mécanisme qui allie les ressources de l'industrie, des gouvernements et des organismes de recherche pour diriger de grands projets de recherche et développement au Canada. Les partenaires financiers d'I-CAN pour ce projet comprennent : Shell Canada Limitée, Epcor Utilities Inc., Graymont, RNCan et le gouvernement de l'Alberta.

    Alors nous avons deux compagnies pro-active dans le domaine de la lutte à la pollution de l'air qui font réellement des efforts pour diminuer leurs émissions polluantes. Quand le public mettra de coté sa méfiance et s'assoira à la table de ces deux entreprises, ils réaliseront que c'est pas du chiqué et que ces compagnies font de réels efforts.

    Entre temps, les pétrolières n'ont pas ce préjugé favorable nécessaire à une solution réelle des problèmes soulevés.
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  • Gaetan Saint-Pierre - Abonné
    16 juin 2007 15 h 10
    Les alternatives...
    Le véritable problème relié à la consommation du pétrole est directement associé aux alternatives d'approvisionnement qui sont privilégiées notamment pour ce qui est de la production de l'énergie requise par notre modèle économique et social et principalement pour ce qui est du transport.

    Pour ce qui est de notre production énergétique, il faudra bientôt faire des choix. Les besoins augmentent et les alternatives propres sont limitées. Devra-t-on privilégier le nucléaire pour fermer les centrales thermiques encore en opération? Devons-nous poursuivre le développement des sables bitumineux pour créer de la richesse et satisfaire les appétits de notre voisin? Quand entreprendrons-nous le développement de l'énorme potentiel éoliens du Nord? Pourquoi ne pas aider les pays en voie de développement à prioriser des avenues plus porteuses que le charbon et le pétrole? Ces questions sont à débattre rapidement parce que l'heure avance et que nos problèmes environnementaux s'accroissent à une vitesse apeurante.

    Pour ce qui est du transport, notre développement urbain a conduit les promoteurs et les gens vers les banlieues avec des infrastructures de transport développées pour l'automobile où les produits sont massivement offerts avec des motorisations axées sur le pétrole. Manque de vision des dirigeants qui n'ont pas su favoriser d'autres alternatives.

    Alors, l'industrie pétrolière produit pour répondre à nos besoins et nous sommes favorables (dépendants) à la consommation de leurs produits. À qui la faute? Peu importe, la réponse est dans la disponibilité des alternatives, dans une véritable volonté politique et enfin dans un choix plus éclairé des consommateurs.

    Notre attente face aux pétrolières doit se résumer à s'assurer qu'elles utilisent tous les moyens technologiques possibles pour réduire leur facture environnementale. Le reste appartient aux politiciens pour favoriser l'émergence d'alternatives porteuses et leur déploiement. Quant aux citoyens-consommateurs, il devra appprendre à utiliser ces choix de consommation pour indiquer aux industriels les voies les plus porteuses économiquement.

    Dernière question: Existe-il en ce moment, une volonté politique et citoyenne pour élaborer une vision de ce que nous voulons faire de ce pays et implanter un véritable plan d'action pour assurer la pérennité de l'environnement? Je doute, le développement économique durable me semble malheureusement la seule vrai priorité des politiciens alors que le consommateur y confond le bien-être avec le bonheur...
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