La FAO veut sortir les poissons des eaux troubles
De nouveaux participants pourraient bientôt faire leur entrée parmi la grande valse des étiquettes dans les épiceries. Après le «biologique», le «santé», le «bon pour le coeur», l'«équitable», le «sans gras trans» et le «riche en fibres», c'est le «durable», le «salubre» ou encore le «socialement responsable» que les amateurs de poissons et de crustacés risquent de croiser, dans un avenir pas si éloigné, sur les étals de leur poissonnerie.
C'est du moins ce qu'espère l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui planche actuellement sur un projet mondial de certification afin de faire le ménage dans le marché des ressources halieutiques, dont la croissance à travers le monde ne cesse de se confirmer.
Pour la FAO, cette popularité, jumelée à la diversité des sources d'approvisionnement, amène désormais son lot de questions: les langoustes qu'on retrouve congelées dans nos poissonneries ont-elles été pêchées dans des conditions acceptables? Cela a-t-il entraîné la mort accidentelle d'espèces marines protégées? Ces crustacés proviennent-ils d'élevages qui mettent à mal des zones de grande diversité? Quant aux poissons d'élevage, ont-ils été nourris avec des farines contaminées? Et participent-ils à l'exploitation de travailleurs dans les pays en développement?
À l'heure où la consommation dite responsable fait de plus en plus d'adeptes, la FAO estime qu'il est temps de sortir les consommateurs de la noirceur. L'organisme propose d'ailleurs de «rédiger des directives mondiales sur l'élaboration et l'application des normes de certification en aquaculture», a-t-il récemment indiqué.
Le projet est ambitieux. Il vise ainsi à fournir plus d'information sur la «sécurité et la qualité des aliments» achetés, les «impacts sociaux de la pisciculture sur les communautés locales» ainsi que «les questions d'environnement et de viabilité économique [des pêcheries dans plusieurs coins du monde]», a commenté par voie de communiqué Lahsen Ababouch, expert au Service des pêches et de l'aquaculture de la FAO.
Alors que le contenu de nos assiettes ouvre autant l'appétit que les débats et les questionnements existentiels par les temps qui courent, difficile d'être opposé à un tel projet. Reste à voir combien d'années et de conférences internationales seront nécessaires pour que les 190 membres de la FAO arrivent à un consensus à ce sujet.
***
Le doute est sur le point d'être levé: les additifs alimentaires, ces substances ajoutées dans certains produits pour leur donner de la couleur ou pour les conserver, pourraient être à l'origine de troubles du comportement chez les jeunes.
C'est en tout cas ce que révèle une équipe de scientifiques britanniques de l'Université de Southampton avec une nouvelle étude sur plusieurs additifs menée pour le compte de l'Agence de normalisation de l'alimentation, une sorte de Santé Canada des Britanniques. Les résultats n'ont pas encore été publiés mais The Guardian en a obtenu quelques grandes lignes.
Selon le quotidien anglais, le lien de cause à effet se confirme. En effet, les chercheurs ont testé sur des enfants de trois et huit ans des colorants comme la tartrazine, le ponceau 4R, le jaune soleil, la carmoisine, la quinoline jaune et le rouge allura ainsi que le benzoate de sodium, présent dans certains aliments. Résultats? Ces substances seraient responsables de problèmes de concentration, d'hyperactivité, de réactions allergiques et de mauvaise humeur, peut-on lire. Tous ces additifs se retrouvent dans une ribambelle de produits au Canada et forcément au Québec.
Pour la biologiste Vyvyan Howard, de l'Université de l'Ulster, membre du groupe de travail sur les additifs de l'agence de normalisation, le constat n'est pas étonnant. Il corrobore même des résultats similaires obtenus lors d'une étude menée dix ans plus tôt. «Ces composants n'ont aucune valeur nutritive et, personnellement, je m'assure qu'il n'y en a pas dans la nourriture de ma fille de 15 mois», a-t-elle déclaré au quotidien d'outre-Atlantique.
Selon plusieurs observateurs de la scène alimentaire, cette découverte devrait inciter les autorités sanitaires à resserrer un peu leur réglementation en matière d'additifs alors que les industriels devraient chercher des substances moins nocives pour donner de la couleur à leurs créations.
Quant aux consommateurs, ils pourraient également se tourner, à l'avenir, vers des produits dont les noms des ingrédients sont faciles à prononcer et à comprendre, une façon simple de ne pas s'exposer à des azorubines, des bleus patenté V, des indigotines ou des complexes cuivriques des chlorophyllines, des acides carminiques qui, en mettant du vert, du jaune ou du rouge dans leur vie, peuvent aussi donner quelques maux de tête.
conso@ledevoir.com
C'est du moins ce qu'espère l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui planche actuellement sur un projet mondial de certification afin de faire le ménage dans le marché des ressources halieutiques, dont la croissance à travers le monde ne cesse de se confirmer.
Pour la FAO, cette popularité, jumelée à la diversité des sources d'approvisionnement, amène désormais son lot de questions: les langoustes qu'on retrouve congelées dans nos poissonneries ont-elles été pêchées dans des conditions acceptables? Cela a-t-il entraîné la mort accidentelle d'espèces marines protégées? Ces crustacés proviennent-ils d'élevages qui mettent à mal des zones de grande diversité? Quant aux poissons d'élevage, ont-ils été nourris avec des farines contaminées? Et participent-ils à l'exploitation de travailleurs dans les pays en développement?
À l'heure où la consommation dite responsable fait de plus en plus d'adeptes, la FAO estime qu'il est temps de sortir les consommateurs de la noirceur. L'organisme propose d'ailleurs de «rédiger des directives mondiales sur l'élaboration et l'application des normes de certification en aquaculture», a-t-il récemment indiqué.
Le projet est ambitieux. Il vise ainsi à fournir plus d'information sur la «sécurité et la qualité des aliments» achetés, les «impacts sociaux de la pisciculture sur les communautés locales» ainsi que «les questions d'environnement et de viabilité économique [des pêcheries dans plusieurs coins du monde]», a commenté par voie de communiqué Lahsen Ababouch, expert au Service des pêches et de l'aquaculture de la FAO.
Alors que le contenu de nos assiettes ouvre autant l'appétit que les débats et les questionnements existentiels par les temps qui courent, difficile d'être opposé à un tel projet. Reste à voir combien d'années et de conférences internationales seront nécessaires pour que les 190 membres de la FAO arrivent à un consensus à ce sujet.
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Le doute est sur le point d'être levé: les additifs alimentaires, ces substances ajoutées dans certains produits pour leur donner de la couleur ou pour les conserver, pourraient être à l'origine de troubles du comportement chez les jeunes.
C'est en tout cas ce que révèle une équipe de scientifiques britanniques de l'Université de Southampton avec une nouvelle étude sur plusieurs additifs menée pour le compte de l'Agence de normalisation de l'alimentation, une sorte de Santé Canada des Britanniques. Les résultats n'ont pas encore été publiés mais The Guardian en a obtenu quelques grandes lignes.
Selon le quotidien anglais, le lien de cause à effet se confirme. En effet, les chercheurs ont testé sur des enfants de trois et huit ans des colorants comme la tartrazine, le ponceau 4R, le jaune soleil, la carmoisine, la quinoline jaune et le rouge allura ainsi que le benzoate de sodium, présent dans certains aliments. Résultats? Ces substances seraient responsables de problèmes de concentration, d'hyperactivité, de réactions allergiques et de mauvaise humeur, peut-on lire. Tous ces additifs se retrouvent dans une ribambelle de produits au Canada et forcément au Québec.
Pour la biologiste Vyvyan Howard, de l'Université de l'Ulster, membre du groupe de travail sur les additifs de l'agence de normalisation, le constat n'est pas étonnant. Il corrobore même des résultats similaires obtenus lors d'une étude menée dix ans plus tôt. «Ces composants n'ont aucune valeur nutritive et, personnellement, je m'assure qu'il n'y en a pas dans la nourriture de ma fille de 15 mois», a-t-elle déclaré au quotidien d'outre-Atlantique.
Selon plusieurs observateurs de la scène alimentaire, cette découverte devrait inciter les autorités sanitaires à resserrer un peu leur réglementation en matière d'additifs alors que les industriels devraient chercher des substances moins nocives pour donner de la couleur à leurs créations.
Quant aux consommateurs, ils pourraient également se tourner, à l'avenir, vers des produits dont les noms des ingrédients sont faciles à prononcer et à comprendre, une façon simple de ne pas s'exposer à des azorubines, des bleus patenté V, des indigotines ou des complexes cuivriques des chlorophyllines, des acides carminiques qui, en mettant du vert, du jaune ou du rouge dans leur vie, peuvent aussi donner quelques maux de tête.
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