Bilan de santé des Montréalais - Pauvres et malades
La comparaison avec d'autres villes canadiennes n'a rien de réjouissant
Photo : Jacques Nadeau
Itinérant depuis 12 ans, André Lacasse vit les conséquences des inégalités sociales.
Le bilan de santé des Montréalais n'a rien de réjouissant. Malgré les progrès importants réalisés ces dernières années, il reste beaucoup à faire pour combler les écarts de santé qu'entraîne la pauvreté à Montréal.
Montréal affiche le plus noir bilan de santé parmi cinq autres villes canadiennes, et ces habitants sont plus malades et y meurent plus jeunes qu'ailleurs. Triste tribut de la pauvreté, la métropole présente les plus hauts taux de cancers, d'infarctus et de maladies respiratoires et cardiovasculaires au pays.
C'est un tableau guère reluisant qu'a dévoilé hier la Direction de la santé publique de Montréal, qui publiait le cinquième de ces rapports annuels sur l'état de santé de la population montréalaise. Cette fois-ci, on s'était fixé l'objectif de comparer la santé des Montréalais à celle des habitants d'autres villes canadiennes de même taille, exposés aux mêmes problèmes urbains que sont notamment la pollution, la pauvreté et l'environnement.
Or, Montréal sort nettement perdant de la comparaison tracée avec Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary, Vancouver. Même si l'espérance de vie des Montréalais n'a cessé de croître depuis 20 ans, la métropole arrive toujours à l'avant-dernier rang parmi ces cinq autres villes étudiées. Et ce, parce qu'on y trouve notamment les plus hauts taux de cancers par tumeurs au pays, de maladies cardiovasculaires et de maladies de l'appareil respiratoire. «L'excès de mortalité est directement lié au revenu et à la forte proportion de personnes pauvres à Montréal», a expliqué hier le Dr Richard Lessard, directeur de la Santé publique de Montréal-Centre.
Conséquence directe de décennies de tabagisme assidu, Montréal récolte ainsi un taux de mortalité associée au cancer du poumon de
50 % plus élevé qu'à Toronto. Les Montréalais possèdent aussi le pire bilan en ce qui a trait au décès par cancer colorectal, avec un taux 60 % plus élevé qu'à Calgary.
Même si les décès par infarctus ont chuté de 30 % depuis les années 80, le taux des Montréalais qui, toutes proportions gardées, meurent à la suite d'un infarctus est de 40 % plus élevé qu'à Calgary ou Vancouver. Compte tenu de leur population âgée, Montréal et Vancouver présentent les plus hauts taux de diabète, et la métropole abrite quant à elle la plus forte proportion de personnes souffrant d'hypertension.
Selon le Dr Lessard, ce bilan de santé n'est pas étranger aux fortes inégalités sociales qui persistent dans la métropole, où le revenu personnel moyen par habitant, à
23 500 $ par année, est le plus faible au Canada. À Ottawa, le revenu moyen atteint 30 000 $ par année.
En matière d'éducation, Montréal arrive aussi à l'avant-dernier rang, avec un taux de diplômés du niveau postsecondaire ne dépassant pas 55 %, comparativement à 60 % à Ottawa. «Avec 27 %, Montréal a aussi la plus faible proportion immigrante au pays, alors que Vancouver et Toronto abritent 44 % et 47 % de personnes immigrées. Or, il est démontré que les immigrants sont généralement plus jeunes et en meilleure santé que la population de souche», affirme ce dernier.
Le rapport démontre aussi qu'à Montréal même, des écarts vertigineux séparent l'état de santé des populations pauvres et riches. Ainsi, selon le quartier, la différence pour l'espérance de vie peut atteindre 13 ans. Ce clivage économique explique aussi l'écart observé dans le taux de cancer du poumon, 60 % plus élevé chez les pauvres que chez les plus fortunés.
Mince consolation, c'est à Montréal qu'on risque le moins de mourir par accident ou d'être happé par une automobile. Le nom-bre de chutes mortelles chez les personnes âgées y est aussi l'un des plus faibles au pays.
Pour le Dr Lessard, il est urgent qu'un plan concerté soit établi pour s'attaquer aux conditions de vie précaires des Montréalais les plus démunis. «Les habitudes de vie sont au coeur de l'état de santé, mais le cadre de vie des gens l'est aussi, affirme-t-il. Les pouvoirs publics peuvent influer en adoptant des politiques sur le logement ou sur la réussite scolaire. Il faut que la Ville, les ministères et la Régie de la santé se concertent pour fixer des objectifs sociaux précis à atteindre. À l'heure actuelle, nos actions manquent de coordination.»
Montréal affiche le plus noir bilan de santé parmi cinq autres villes canadiennes, et ces habitants sont plus malades et y meurent plus jeunes qu'ailleurs. Triste tribut de la pauvreté, la métropole présente les plus hauts taux de cancers, d'infarctus et de maladies respiratoires et cardiovasculaires au pays.
C'est un tableau guère reluisant qu'a dévoilé hier la Direction de la santé publique de Montréal, qui publiait le cinquième de ces rapports annuels sur l'état de santé de la population montréalaise. Cette fois-ci, on s'était fixé l'objectif de comparer la santé des Montréalais à celle des habitants d'autres villes canadiennes de même taille, exposés aux mêmes problèmes urbains que sont notamment la pollution, la pauvreté et l'environnement.
Or, Montréal sort nettement perdant de la comparaison tracée avec Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary, Vancouver. Même si l'espérance de vie des Montréalais n'a cessé de croître depuis 20 ans, la métropole arrive toujours à l'avant-dernier rang parmi ces cinq autres villes étudiées. Et ce, parce qu'on y trouve notamment les plus hauts taux de cancers par tumeurs au pays, de maladies cardiovasculaires et de maladies de l'appareil respiratoire. «L'excès de mortalité est directement lié au revenu et à la forte proportion de personnes pauvres à Montréal», a expliqué hier le Dr Richard Lessard, directeur de la Santé publique de Montréal-Centre.
Conséquence directe de décennies de tabagisme assidu, Montréal récolte ainsi un taux de mortalité associée au cancer du poumon de
50 % plus élevé qu'à Toronto. Les Montréalais possèdent aussi le pire bilan en ce qui a trait au décès par cancer colorectal, avec un taux 60 % plus élevé qu'à Calgary.
Même si les décès par infarctus ont chuté de 30 % depuis les années 80, le taux des Montréalais qui, toutes proportions gardées, meurent à la suite d'un infarctus est de 40 % plus élevé qu'à Calgary ou Vancouver. Compte tenu de leur population âgée, Montréal et Vancouver présentent les plus hauts taux de diabète, et la métropole abrite quant à elle la plus forte proportion de personnes souffrant d'hypertension.
Selon le Dr Lessard, ce bilan de santé n'est pas étranger aux fortes inégalités sociales qui persistent dans la métropole, où le revenu personnel moyen par habitant, à
23 500 $ par année, est le plus faible au Canada. À Ottawa, le revenu moyen atteint 30 000 $ par année.
En matière d'éducation, Montréal arrive aussi à l'avant-dernier rang, avec un taux de diplômés du niveau postsecondaire ne dépassant pas 55 %, comparativement à 60 % à Ottawa. «Avec 27 %, Montréal a aussi la plus faible proportion immigrante au pays, alors que Vancouver et Toronto abritent 44 % et 47 % de personnes immigrées. Or, il est démontré que les immigrants sont généralement plus jeunes et en meilleure santé que la population de souche», affirme ce dernier.
Le rapport démontre aussi qu'à Montréal même, des écarts vertigineux séparent l'état de santé des populations pauvres et riches. Ainsi, selon le quartier, la différence pour l'espérance de vie peut atteindre 13 ans. Ce clivage économique explique aussi l'écart observé dans le taux de cancer du poumon, 60 % plus élevé chez les pauvres que chez les plus fortunés.
Mince consolation, c'est à Montréal qu'on risque le moins de mourir par accident ou d'être happé par une automobile. Le nom-bre de chutes mortelles chez les personnes âgées y est aussi l'un des plus faibles au pays.
Pour le Dr Lessard, il est urgent qu'un plan concerté soit établi pour s'attaquer aux conditions de vie précaires des Montréalais les plus démunis. «Les habitudes de vie sont au coeur de l'état de santé, mais le cadre de vie des gens l'est aussi, affirme-t-il. Les pouvoirs publics peuvent influer en adoptant des politiques sur le logement ou sur la réussite scolaire. Il faut que la Ville, les ministères et la Régie de la santé se concertent pour fixer des objectifs sociaux précis à atteindre. À l'heure actuelle, nos actions manquent de coordination.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

