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Human Rights Watch fustige Wal-Mart

Le cas de Jonquière a fortement nui aux efforts de syndicalisation aux États-Unis

Le rapport sur la relation orageuse entre Wal-Mart et les syndicats publié hier par Human Rights Watch revient étonnamment sur la fermeture du magasin de Jonquière, lui attribuant une influence négative sur les efforts de syndicalisation aux États-Unis.

Dans son document de 216 pages, une charge à fond de train qui reproche à Wal-Mart de «bafouer le droit des travailleurs américains à la liberté syndicale», l'organisme international estime que l'épisode de Jonquière a eu pour effet de tuer dans l'oeuf tout désir de syndicalisation que pouvaient éprouver des employés de la chaîne aux États-Unis.

Deux mois après la syndicalisation du Wal-Mart de Jonquière, en août 2004, la direction a diffusé un communiqué dans lequel elle dit s'inquiéter pour la performance du magasin. Après quelques mois de négociation, au début du mois de février 2005, le syndicat des TUAC (FTQ) a demandé au ministère du Travail de nommer un arbitre. Une semaine plus tard, Québec a accepté. Le jour même, Wal-Mart a annoncé que le magasin fermerait ses portes, prétextant des motifs financiers.

La disparition du magasin, événement qui a défrayé la manchette tant en Europe qu'en Asie, a été ressentie durement au sud de la frontière, selon HRW. «Plusieurs employés de Wal-Mart avec lesquels HRW a discuté aux États-Unis étaient au courant de la fermeture du magasin de Jonquière et croyaient que la compagnie avait procédé ainsi parce que les travailleurs s'étaient syndiqués», a écrit HRW.

Cette perception «largement répandue», a-t-il ajouté en citant plusieurs employés, montre à quel point la compagnie a réussi à créer un climat antisyndical. «Les interprétations des travailleurs par rapport à ce qui s'est déroulé à Jonquière ont encore plus contrecarré les efforts de syndicalisation aux États-Unis», a-t-il écrit.

À titre d'exemple, l'organisme cite une employée du magasin d'Aiken, en Caroline du Sud. Une tentative de syndicalisation a échoué en 2001. Pourquoi ne pas avoir réessayé? «Je pense que tout le monde a peur, et avec le syndicat de Jonquière et la fermeture là-bas, ça n'a pas aidé», peut-on lire dans le document.

Le rapport de HRW se penche sur un projet de loi présentement devant le Congrès américain, qui veut obliger les employeurs à reconnaître la création d'un syndicat lorsque les employés procèdent par signature de cartes plutôt que par un vote secret. Il recommande aussi la «création d'une commission nationale sur Wal-Mart».

Il a été impossible hier d'obtenir les commentaires de Wal-Mart Canada. Le porte-parole américain, David Tovar, a cependant affirmé auprès des grands médias que l'absence de syndicats dans les magasins témoigne tout simplement des efforts déployés pour faire en sorte que le milieu de travail réponde aux attentes des employés.

Wal-Mart «respecte le droit des travailleurs à un vote libre et équitable sur leur syndicalisation», a dit M. Tovar. Cette affirmation est conforme à celle qu'ont déjà faite les dirigeants de Wal-Mart Canada. Ce que la compagnie n'aime pas, c'est la loi québécoise qui permet à un syndicat de faire accréditer des employés en leur faisant signer des cartes d'adhésion.

Le porte-parole de Wal-Mart a déclaré aux médias américains que le document de HRW est «prosyndicat» et utilise des entrevues incomplètes et des allégations sans substance pour appuyer un projet de loi qui «élimine le droit des travailleurs à un vote secret».

Qu'est-ce que HRW?

Fondé en 1978, HRW se définit comme étant «la plus importante des organisations de défense des droits humains basée aux États-Unis». L'autre grand groupe mondial, Amnesty International, est basé à Londres. HRW se prononce régulièrement sur des sujets comme les droits des enfants et des réfugiés, la torture, la corruption et le trafic d'humains.

Pour son étude, HRW a dit avoir rencontré, de 2004 à 2007, 41 anciens et actuels employés de Wal-Mart, de même que des responsables de magasins, des avocats spécialisés en droit du travail et des journalistes. Elle affirme que Wal-Mart n'a offert qu'une collaboration minimale.

Le rapport, qui écorche au passage la «faiblesse du droit du travail américain», fait l'inventaire des conditions de travail chez Wal-Mart. Or HRW allègue l'existence de plusieurs méthodes visant à contrer les efforts de syndicalistion dans ses succursales. Celles-ci vont de l'endoctrination à l'intimidation et à l'envoi de spécialistes en ressources humaines lorsqu'une tentative s'organise. Parmi les exemples figure aussi la marche à suivre lorsqu'un syndicat semble vouloir s'installer.

«Les directeurs de magasins doivent appeler le numéro d'urgence de Wal-Mart pour les problèmes syndicaux lorsque les employés ignorent les mises en garde de l'entreprise et essaient de se constituer en syndicat, a écrit HRW. Par le biais de ce numéro d'urgence, les directeurs signalent l'activité syndicale au siège de l'entreprise et ils reçoivent des conseils de la part d'avocats et de spécialistes des relations de travail sur la façon de faire échouer les tentatives de syndicalisation.» Chacun de ces appels, selon le groupe, est compilé dans une base de données baptisée «Remedy System», ou «Méthode thérapeutique».

Si l'épisode de Jonquière remonte déjà à 2005, le Québec n'a pas fini d'entendre parler des syndicats chez Wal-Mart. Avant sa fermeture, un autre magasin s'est syndiqué: celui de Saint-Hyacinthe. Il s'agit de la seule succursale syndiquée en Amérique du Nord. Les responsables syndicaux et la direction, qui se sont entendus sur plusieurs points d'une éventuelle convention, se trouvent devant un arbitre qui pourrait imposer un contrat de travail comme bon lui semble.

La direction de Wal-Mart Canada n'a pas l'habitude de commenter les négociations à Saint-Hyacinthe. Le syndicat des TUAC (FTQ) tente de faire la preuve que les employés du magasin méritent des salaires comparables à ceux que l'on retrouve dans les magasins Maxi et Cie. Les parties se sont vues devant l'arbitre à quelques reprises depuis l'automne et les réunions doivent se poursuivre jusqu'en juin.

Wal-Mart est la plus grosse compagnie du monde, comptant 1,3 million d'employés aux États-Unis et ayant un chiffre d'affaires mondial de 350 milliards $US. Cette somme est équivalente au produit intérieur brut de la Suède et dépasse celui de l'Arabie saoudite. Au Canada, la chaîne compte près de 300 magasins.
 
 
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  • Claude Stordeur
    Abonné
    mercredi 2 mai 2007 07h13
    Si il n'y avait pas Walmart...
    Radio-Shack, La Source de Circuit City et tout les autres commerce ou les employés ne sont pas syndiqués, mais payer a un peut plus que le salaire minimum, combien d'emploi en moins aurions nous?
    Ce genre de commerce comme Burger King ou Mc Donald sont des tremplins pour une autre carrière. La plupart on un plan d'entrainement des employés qui leur permet de devenir gérant à ceux qui ont le potentiel. Pour le reste c'est une excellente école de l'emploi, de la discipline nécessaire au bon fonctionnement des entreprises futurs de ces employés très souvent débutant et sans étude suffisante.
    Tout entreprise demande à ce que le propriétaire soit le maitre d'oeuvre, le défi au Québec c'est que les syndicats sont devenus trop fort et souvent pour avoir la paix syndicale on baisse les bras et le profits généré devient trop mince. ... Sauf qu'un jour comme chez Olymel, le syndicat est allez trop loin et la fermeture de l'usine a fait des syndiqués de 55 ans dans une bien mauvaise situation personnelle.... Certain doivent, faute d'étude ou de formation, travailler au Walmart du coins....

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 2 mai 2007 07h31
    Bravo à Wall Mart
    Pour sa campagne d'achat au Québec. C'est gênant de voir cette multinationale américaine faire à la télé une campagne d'achat chez nous, campagne que devrait faire le Gouvernement du Québec.

    Le Québec est maintenant déficitaire, important plus qu'il exporte (c'est dû au pétrole et aux autos, une facture de 15 milliards par année qui sort du Québec). Pourtant le gouvernement Charest dort au gaz. Alors qu'on fait des campagnes sur 56 niaiseries (Ottawa dépense 29 millions par année en sondages seulement!!!), on ne dépense pas une cenne noire pour inciter les Québécois à acheter québécois.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 2 mai 2007 08h41
    Un vrai syndicat ou un cancer
    Sans vouloir prendre la défense de WallMart, si on regarde ce qui ce passe ici au Québec, un syndicat peut être un vrai cancer pour une entreprise. Comme un cancer, un syndicat, un coup en place est presque impossible à déloger même par ses propre membres, certain diront que ca se fait alors donnez moi un exemple d'endroit ou il y avait un syndicat et ou les employés se sont désyndicaliser. Vous allez voir que les méthodes anti syndicale de WallMart sont douces et légales comparativement au méthodes des syndicats qui se comparent plus à celle de la pègre ou des motars. La formule Rand le rend quasi invincible. L'appétit de pouvoir d'un syndicat n'a d'égal que l'appétit de certaines entreprise. Mon expérience personnel lors de négo avec le syndicat des métallo dans les années 80 m'a ouvert les yeux et réellement convaincu que le syndicat est un monstre qui a un besoin constant d'argent et de pouvoir et cela se fait et sur le dos des syndiqué et de l'employeur. Un syndicat peu être un cancer pour une entreprise et la société. On a qu'à regarder le Québec.

  • Nathalie Sarrazin
    Abonné
    mercredi 2 mai 2007 11h15
    C'est ça Wall-Mard!
    Je boycotte Wal-Mart depuis plusieurs années et je ne m'en porte que mieux. Cette entreprise qui bafoue les droits les plus fondamentaux de ses employés et les surveillent comme dans l'ex-URSS ça me lève le coeur. Cet article est encore plus éclairant sur les méthodes anti-syndicales de la compagnie que j'ai lu auparavant et devrait être diffusée à grande échelle. À tous ceux qui continuent d'acheter leurs cossins là je leur demande: vous n'avez pas honte d'engraisser un tel monstre?

  • Jean-Baptiste Lacombe-Lavigne
    Abonné
    mercredi 2 mai 2007 11h20
    Pensez-vous?
    On se trompe de débat les amis. Je crois aussi que la place des sydicats au Québec est définitivement à revoir mais le problème ici n'est pas celui de la syndicalisation c'est le problème de Wal-Mart et des conséquences majeures qu'il a sur un nouveau milieu.

    1: Aucun syndicat au Québec ne pourra torde le bras à wal-mart, au pire une petite écharde que la compagnie se débarassera en fermant le magasin syndiqué.

    2:Un Wal-Mart est un problème économique régional, une fois établi le prix des propriété baisse aux alentours, les magasins familliaux et les petites boutiques ferment, c'est ce qui se passe partout au Canada et c'est sans compté le prix du petit prix qui repose souvent sur les épaules de travailleurs exploités et sous-payés à l'autre bout du monde.

    3:Je crois qu'un syndicat est légitime pour les employés qui ont le courage de se battre contre une aussi grosse machine pour avoir des conditions décente.

    Bon courage et SVP c'est pas le temps de se tromper de débat.

    Jean-Baptiste Lacombe

  • Rémi-Bernard St-Pierre
    Abonné
    mercredi 2 mai 2007 12h11
    Wal-Mart et la manipulation cognitive
    J'en ai plein le *** de Wall-Mart. Avez-vous vu leurs annonces? Je sais que la réponse est oui. Et je sais que vous connaissez le programme Achats-Québec de Wall-Mart. Chaque année, Wall-Mart achète pour un milliard de produits québécois. WOW! En magasinant chez Wall-Mart, selon eux, c'est de promouvoir l'économie québécoise. Mais en réalité, acheter chez des produits québécois chez Wall-Mart revint à payer une taxe étangère pour acheter québécois. On a pas besoin de Wall-Mart pour acheter les produits fait ici. Et lorsque qu'on utilise cet intermédiaire inutile, ce sont des millions de dollars qui, pluôt que de demeurer dans notre économie, traversent la frontière. C'est l'éxode des profits du commerce contre du cheap labour. Cela ne devrait'il pas nous rappeller les pages noires de notre histoire commune? Pensez-y!

  • Moreau J-F
    Inscrit
    mercredi 2 mai 2007 13h37
    Le vrai problème!!!!
    Quand on est rendu à vouloir syndicaliser des entreprises au détail, c'est qu'on a un problème de société...Quiconque connaît un temps soit peu l'origine du syndicalisme et leur raison d'être comprennent que la mission du syndicalisme n'est pas de syndiquer les Wal-Mart et les McDo..C'est rendre des emplois précaires encore plus précaires... Le vrai problème est le manque d'emplois rémunérateurs où un(e) travailleur(euse) peut s'épanouir et combler ses attentes tant professionnelles que pécunières...

    À quand la syndicalisation des Yellow, Roi de la patate, la belle province et des mini-putt????

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 2 mai 2007 13h41
    Des questions à poser
    J'attends avec impatience que les journalistes demandent à Wall Mart d'exposer ses chiffres d'achat au Québec. S'agit-il de 1 % de l'ensemble de ses achats? Quels producteurs de bien québécois peut se permettre de baisser ses coûts suffisamment pour satisfaire aux exigences de Wall Mart? Quelles sont les conséquences locales et régionales?
    Roland Berger
    London, Ontario

  • JF
    Abonné
    mercredi 2 mai 2007 15h16
    Wall-Mart sa campagne de désinformation
    Wall-Mart achète pour 1 Milliard au Québec.
    Elle vend pour combien ?
    Combien d'argent sort du Québec pour s'en aller dans les poches des actionnaires de la famille Walton ?
    Un économiste pourrait faire un bilan : es-ce que le Wall-Mart injecte plus d'argent au Québec qu'il n'en retire ?

    La syndicalisation permet de redonner plus aux Québécois : car l'argent supplémentaire, versé en salaire, reste dans l'économie locale et régionale. Elle s'en va pas dans les poches des milliardaires Walton et actionnaires étrangers.

    Mais bon, la populace de bas étage Québécois veut sauver 5 $ immédiatement... La théorie économique nous enseigne bien la maximisation du bien-être personnel, au détriment de la maximisation du bien-être de l'ensemble !

  • Guy Roy
    Inscrit
    mercredi 2 mai 2007 18h17
    L'oppression, ça magane au point d'aveugler
    Suis-je à ce point enfermé dans mes vieux shémas idéologiques pour constater une fois de plus combien les patrons ont de pouvoir sur les travailleur-euse-s au point où ils-elles se collent à leurs objectifs et refusent d'avoir un peu plus de pouvoir sur leur vie en refusant le mépris affiché.
    C'est en effet une question de pouvoir, encore une fois. Une convention assure une relative protection contre les abus, pour l'indépendance, pour la répartition de la richesse, pour une prise en main de son destin, des espaces de libertés conquises, ...
    En fait, et même avec tous les efforts des uns et des autres, délégué-e-s, permanent-e-s, avocat-e-s et en même temps avec certains retards sur les besoins des membres, le rassemblement des salarié-e-s, n'atténue pas tous les problèmes. Il peut même les aiguiser, mais comment nier encore longtemps, que la prise en main de son sort par des travailleur-euse-s qui ont le courage de se soulever, ne soit partie prenantes de cette humanité soumise à l'esclavage salariée qui dit encore et de façon répétée, "c'est assez ! on a assez encaissé ! ça a assez duré !"
    Même avec des expériences désolantes, ceux ou celles qui adhèrent à un syndicats vous diront qu'ils sont perfectibles, mais les renier à ce point tient d'une inconscience provoquée par une propagande anti-syndicale systhématique issue du discours néolibéral. Ce genre d'aveuglement me convainc qu'il y a encore du travail pour les syndicalistes de manière à raffiner les moyens des syndicats pour s'adresser, comme les politiques, directement à la population.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 2 mai 2007 20h00
    Heureusement
    Oui, heureusement qu'il y a la hausse du prix de l'essence pour faire réaliser, à ceux qui savent compter, que ce n'est pas rentable de magasiner chez Wall le smat. Mais gageons que cette clientèle est bornée et ne sait pas compter. Pour certains c'est une rampe de lancement de carrière. Quel carrière? Une carrière de pierre?

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