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Chèques d'aide sociale amputés - Le ministère viole ses propres règles

La pratique qui consiste à déduire des chèques d'aide sociale la valeur des denrées fournies sur une base régulière par des amis ou des proches contrevient aux règles administratives émises par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale.

Le Devoir révélait hier qu'un assisté social a vu son chèque coupé intégralement après avoir refusé de fournir une liste des gens qui l'aidaient à se nourrir. Un autre a vu sa prestation amputée d'un montant équivalent à celui des deux épiceries que lui fournissait sa mère à chaque mois. Ces exemples trouvaient écho dans plusieurs organismes communautaires joints aujourd'hui.

Or le manuel d'interprétation du ministère stipule que les «dons en nature ou de services» ne doivent pas être considérés comme des «avantages comptabilisables» susceptibles d'être déduits des chèques d'aide sociale. On explique que la fourniture de vêtements, de meubles, de denrées alimentaires et de repas ainsi que les réductions de loyer «sont des exemples où il n'y a pas lieu d'imputer un avantage en monnayant la valeur du bien».

«Cette interprétation s'appuie sur le fait que tout type d'entraide, qu'il provienne d'un membre de la famille, d'un ami, d'un organisme communautaire ou d'un propriétaire, est encouragé et ne doit pas pénaliser le prestataire qui en bénéficie», peut-on encore lire dans le manuel d'interprétation.

Le porte-parole du ministère, Claude Morin, déclarait pourtant au Devoir mardi: «Qu'elle soit en argent ou en denrées, c'est le caractère régulier de cette aide qui peut intervenir dans le montant de la prestation et être considéré dans le jargon comme un avantage comptabilisable.»

Pratique courante

Sur le terrain, il semble que le manuel d'interprétation ne soit pas suivi à la lettre par certains agents. «Cela arrive constamment qu'ils comptabilisent l'aide reçue des proches sous forme de nourriture. On s'obstine continuellement avec les agents là-dessus. Ils évaluent la valeur de l'aide et déduisent le montant», a fait valoir la coordonnatrice de l'Organisme populaire des droits sociaux Maison Aline Gendron, Catherine Fortin.

Cet organisme met systématiquement les assistés sociaux en garde contre de tels interrogatoires sur leurs façons de subvenir à leurs besoins.

Le coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant, précise lui aussi que cette pratique est bien connue dans le milieu communautaire. «Quand on ne donne pas aux gens des sommes suffisantes pour vivre et qu'en plus on vient les pénaliser s'ils reçoivent de l'aide pour se débrouiller, c'est d'une mesquinerie totale», s'insurge-t-il. Il rappelle que selon les données du recensement de 2001, quelque 50 000 ménages montréalais devaient consacrer plus de 80 % de leur revenu à se loger.

L'indignation est aussi grande au Réseau d'aide aux personnes seules ou itinérantes de Montréal (RAPSIM). «C'était con-nu dans le milieu et c'est tout à fait inacceptable. [...] Ce sont des gens qui doivent aller dans les banques alimentaires, qui crèvent de faim, qui mangent mal, et, trop souvent, plutôt que de les aider, d'augmenter leurs prestations, de leur donner un logement social, on les pénalise. On pénalise la pauvreté et on la criminalise quand elle est rendue dans la rue», tonne le coordonnateur du RAPSIM, Pierre Gaudreau.

Si l'aide régulière des proches est considérée par des agents d'aide sociale comme un revenu d'appoint, ce n'est toutefois pas le cas de celle fournie par des banques alimentaires, celle-ci étant considérée comme «ponctuelle». Or la porte-parole de Moisson Québec, Hélène Côté, constate justement un accroissement du recours aux services des banques alimentaires: «Il y a plus de gens qui doivent revenir plus souvent pour demander de l'aide alimentaire, souvent chaque semaine. Même les meilleurs gestionnaires du monde ne feraient pas des miracles avec 548 $ par mois.»

Mme Côté s'inquiète du message ambigu lancé par l'État: «Quand tu es pauvre, il faudrait que tu le sois dans tout, que tu n'aies pas de réseau social en plus. Cela va à l'encontre des valeurs québécoises.»

Réaction politique

Le nouveau ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, a refusé de commenter hier, tout juste après son assermentation, les cas mis au jour par Le Devoir. L'Action démocratique du Québec, qui prônait une approche plus stricte avec les assistés sociaux lors de la dernière campagne électorale, n'a pas délégué de porte-parole pour commenter.

Du côté du Parti québécois, l'ancienne ministre Louise Harel, qui a piloté la réforme de l'aide sociale en 1997, estime que de telles pratiques ne s'inscrivent pas dans l'esprit de la loi. «Si on avait porté à ma connaissance, quand j'étais ministre, que la loi pouvait être interprétée comme permettant de réduire le chèque mensuel parce qu'une personne recevait de l'aide alimentaire, j'aurais mis fin à cela», a déclaré Mme Harel.

L'ancienne ministre plaide par ailleurs pour une indexation du montant de 200 $ qu'un assisté social peut gagner en travaillant et croit que cette exemption devrait aussi s'étendre au soutien financier que peut avoir un prestataire.
 
 
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  • Roger Kemp - Inscrit
    19 avril 2007 09 h 16
    L'économie sociale c'est rentable.
    Quand donc un gouvernement va-t-il enfin comprendre que chaque dollar investit dans la lutte contre la pauvreté n'est absolument pas perdu car chacun de ces dollars est immédiatement dépensé dans l'économie locale? Il est clair que pour une personne se retrouvant sur l'aide sociale, chaque dollar compte et plus souvent qu'autrement ce dollar servira à nourrir cette personne. Le loyer est rarement réduit, le coût du téléphone non plus etc. C'est donc directement dans l'économie locale que l'argent retourne. Le gouvernement ne perd donc rien à y investir, il récupérera les taxes et les impôts des travailleurs qui par cette mesure pourront maintenir ou créer un emploi. Si ce n'est pas dans l'alimentation que le dollar est dépensé, il le sera probablement pour permettre un transport quelconque, en commun ou privé. Encore là le gouvernement n'est pas perdant.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    19 avril 2007 11 h 29
    Le Gouvernement a déjà mangé, lui!
    Lorsqu'une personne en aide une autre qui est dans le besoin en lui fournissant de l'argent ou de la nourriture, elle le fait avec de l'argent sur lequel l'impôt a déjà été payé.

    Donc le Gouvernement n' a pas le droit de pénaliser le pauvre qui est aidé. Le Gouvernement a déjà mangé, lui!
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  • Lise Theberge - Inscrite
    19 avril 2007 12 h 47
    Où vont les soi-disant millions pour la lutte à la pauvreté?
    Les Ministres sont prompts à faire de beaux discours sur la lutte contre la pauvreté surtout avant Noël, mais la réalité sur le terrain tourne aux scandales. Les pauvres de notre société crèvent litéralement de faim et en plus ont les pénalisent si quelqu'un de leur famille tentent de les aider à se nourir ! Les bureaucrates du minnistère jouent à la police afin de leur enlever le peu de dignité qui subsiste en eux. Quelles est magnifique notre lutte à la pauvreté ! Et les enfants pauvres maintenant ! si les enfants sont pauvres c'est surtout parce que les parents le sont ! Je connais entre autres le cas d'une femmes qui souffre de trouble de panique, qui a un enfant de deux ans et, qui doit se contenter d'un chèque de 160.00$ par mois parce qu'elle vit avec un étudiant endetté par dessus la tête pour payer ses études. Elle n'est pas la seule à subir l'arrogance et l'arbitraire des dicisions de fonctionnaires frustrés. ( Ce n'est pas très "glamours" de travailler au service des pauvres de notre société) . Quand cet hiver la ministre Courchesne à la télé nous assomait de ses millions pour la lutte à la pauvreté, je ne pouvais pas la croire. Où vont réellement ces millions ?
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  • Philippe Champagne - Inscrit
    19 avril 2007 18 h 17
    Quelques causes de la globalisation de la pauvreté
    La pauvreté étant un problème mondial, ce n'est qu'avec une solution mondiale qu'on peut en venir à bout d'ici 2015 comme le veulent les objectifs du millénaire de l'ONU.

    Il faut premièrement arrêter de parler et passer à l'action, en nous donnant un gouvernement mondial qui s'occuperait de redistribuer la richesse dans le monde.

    Pour mettre à bas la délocalisation par exemple, il faudrait mettre au pas d'abord les multinationales et les gouvernements ensuite, pour les empêcher, ces psychopathes cupides de notre monde, d'être favorisés dans différents pays par le salaire aux employés, et que les différents gouvernements les obligent à donner les mêmes émoluments partout en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique, en Océanie.

    Si personne ne le fait, la Chine, qui a une vocation planétaire à ce chapitre, obligera les pays et corporations d'agir ainsi. Ils sont en train d'établir une forme de communisme comme il aurait dû être dès le début, les droits de l'homme en plus.

    Ce n'est pas normal que 2% de la population mondiale possède 50 % des richesses de la planète. Il faut mettre les égoïstes au pas ou on ne s'en sortira jamais. Ce n'est qu'en les obligeant qu'on peut y arriver, en cessant de faire les quatre volontés de ces enfants gâtés.

    La qualité viendra d'elle-même. Les vices du capitalisme à outrance doivent être remplacés par les vertus du communisme intégral. Il faut obliger aussi, réglementer la mondialisation, la globalisation, de sorte que ceux qui veulent un permis d'entreprises, de compagnies, de corporations, d'usines, de manufactures, d'industries, garantissent la qualité durable de leurs produits sous peine de poursuite en justice dans les différents pays. Autrement dit, faire passer les intentions dans les faits.

    L'égalitarisme est la voie de l'avenir pour mettre fin à l'injustice généralisée partout dans le monde; c'est le seul régime apte à surpasser le capitalisme indu ou un communisme pourri qui ne respecte pas le minimum de la dignité humaine de ses administrés. La ligne droite reste toujours le plus court chemin entre deux points. Il faut détruire les mythes du néo-libéralisme véhiculés at large entre autres par les media qu'il possède pour berner encore longtemps la population, jusqu'à ce que des esprits éclairés démasquent ces menteurs sur la place publique, ces manipulateurs hors pair qui emploient largement l'arme du chantage sans qu'on sévisse contre eux.

    Même s'ils sont contre en partant, il faut dépouiller les riches pour donner aux pauvres.

    On ferait d'une pierre deux coups. En mettant fin à la pauvreté, on mettrait fin à la guerre. Toute la planète aurait accès à l'eau potable. Les multinationales cesseraient de faire des profits scandaleux sur le dos des pays pauvres, qu'il s'agisse des pharmaceutiques, des minières, des pétrolières, des alimentaires, des bancaires, des financières, des transporteurs, des immobilières etc.

    Dans les années 60, un milliard d'humains vivaient dans la misère extrême. Aujourd'hui, un humain sur 6 vit dans la pauvreté. L'avoir net des 10 personnes les plus riches au monde est 1 fois et demie supérieur aux revenus nationaux combinés des 48 pays les plus pauvres de la planète.

    « C'est à cause de la pauvreté que les parents envoient davantage les garçons à l'école », a expliqué Memory Phiri, une jeune fille de Zambie qui travaille sur la problématique des filles et du VIH/sida...AU SIÈGE DE L'ONU, New York, Mar 2 2007

    Ne disons plus "C'est utopique", mais réalisons nos rêves comme humanité. Et ça passe par nos élus faute de mieux, de notre cour à celle du monde.

    En écrivant ce texte, j'écoutais une pub du parti libéral du Canada sur la pauvreté en me rappelant que ceux qui dénoncent aujourd'hui dans l'opposition, lorsque au pouvoir, n'ont rien fait. Rappelons-nous de Jean Chrétien qui avait promis la fin de la pauvreté des enfants, et les coupures drastiques opérées par Paul Martin quand ministre fédéral des finances. Il ne reste plus grand'chose de ce côté non plus pour espérer en l'avenir, puisque Dion y était du temps de ses prédécesseurs et n'a rien fait; il ne reste plus là qu'un espoir, le NPD. Est-ce trop demander pour contrer les Sarcozy de la planète? On oublie si vite que le coeur est à gauche.
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  • Louise Hurteau - Abonnée
    22 avril 2007 00 h 53
    Une réforme s'impose: ou sont les logements à 25% du revenu
    Si le gouvernement n'arrive pas à trouver une façon de régler le problème de logement sociaux, il va devoir éventuellement se retrouver devant des recours.

    En outre, soulignons que l'aide sociale de garde bien de payer le pleint montant pour ceux qu'ils savent très bien on des troubles de santé mental ou handicap sévère, ce qui donnerait droit à 846 $ plutot que 546 $. Les personnes souffrant de handicap sévère devraient être pris en charge par un organisme différent. Le personnel de l'aide social n'a pas les compétences, la flexibilité pour traiter ces cas.

    À toutes personnes sachant que l'un de leur proches souffrent de ce type de problème. Sachez que le fait qu'il vive chez vous ou non, n'a aucun impact sur le montant, que vous les nourissieuz, que vous les logiez gratuitement, n'a aucun impact peut importe ce que ces fonctionnaires vous disent. Si vous êtes devant un tel cas (qui sont légions) communiquer avec l'office de la protection des personnes handicapés (OPHQ)de votre région.
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