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Est-ce la fin du biologique ?

Les produits biologiques tels que nous les connaissons aujourd'hui sont-ils voués à disparaître? La question peut paraître étrange. Pourtant, paradoxe étonnant, devant la croissance importante de ce secteur économique, mais aussi en raison de la présence accrue dans cet univers de multinationales et autres géants de la bouffe industrielle, elle n'a jamais été aussi pertinente. Un doute? Ça se passe aux États-Unis. Là-bas, de petits groupes de consommateurs sont en train d'alimenter une profonde remise en question du modèle bio dominant en revendiquant rien de moins qu'une solution de rechange encore plus radicale.

Ils souhaitent en effet la création d'une branche biologique qui, en plus de suivre les critères de cette ancienne forme d'agriculture nouvellement remise au goût du jour, devrait à l'avenir encourager uniquement les fermes familiales installées dans leur environnement proche, soutenir le travail rémunéré équitablement, mais aussi favoriser le bon traitement du bétail.

Et l'on peut désormais compter les jours avant que ce courant de pensée ne remonte doucement jusque chez nous.

«Le biologique, c'est génial», résume Jim Slama, président de Sustain, un organisme versé dans la promotion du bio de l'autre côté de la frontière, dans les pages du Christian Science Monitor, qui vient de se pencher sur le phénomène. «Mais les gens sont de plus en plus conscients que la grosse industrie est entrée là-dedans. Et ils rêvent désormais d'autre chose.»

Bio dénaturé et industrialisé contre bio à «visage» plus humain, le combat est lancé et les belligérants se mettent désormais en place.

L'Association des fermes familiales étasuniennes en fait d'ailleurs partie. La semaine dernière, elle a lancé un nouveau programme de certification des produits alimentaires — avec l'apparition d'un nouveau logo — pour mettre l'accent sur le caractère local des aliments biologiques. Histoire de permettre aux écolos consciencieux du Vermont, par exemple, de ne pas encourager la production de carottes biologiques arrivant par camions à essence de... Californie.

Les standards soumis par le regroupement visent à assurer aux consommateurs que le bio qu'ils mettent dans leur assiette n'a pas été produit dans des mégafermes détenues par Nestlé, Kraft et consorts, mais bien par des fermes locales de propriété familiale. Et ce, à une distance raisonnable de leur maison, mais aussi dans le respect de l'environnement, de l'intégrité des animaux et du travail des employés.

Agir localement, penser équitablement

Signe des temps: le concept de commerce équitable, cher au café, au thé ou au sucre provenant du Sud, est même doucement en train de changer, poussé par ce petit vent de radicalisme qui semble vouloir souffler sur les champs biologiques.

À preuve, l'organisme Equal Exchange, spécialisé dans la promotion de l'équitable, a annoncé avoir mis sur le marché au début de mars des produits équitables issus... de fermes américaines qui répondent à des critères de développement durable et qui ont reçu une juste rétribution pour cela.

Ces produits pourraient d'ailleurs trouver une belle place sur les tablettes de la grande chaîne de magasins Whole Foods. Au pays de George W. — et du yogourt à la gélatine dans lequel une brouette de sucre est tombée —, ce réseau de supermarchés est spécialisé dans le bio, le naturel et les graines de lin! Depuis une semaine, il offre aussi 10 millions de dollars américains en prêts «à faible intérêt», a chanté la compagnie la semaine dernière, pour aider les petites fermes qui aimeraient passer par ses commerces pour faire rayonner leur production.

L'objectif, on s'en doute, est de répondre aux nouveaux besoins d'une clientèle qui rêve d'un peu plus de conservatisme dans son bio. Mais ce faisant, le géant de la bouffe qui donne bonne conscience participe aussi, peut-être sans le savoir, à reconfigurer la constellation biologique. Une constellation où bio, équitable et local viennent en choeur prouver que, lorsque les modes commencent à s'essouffler, d'autres ne tardent pas à venir prendre la relève.

***

La chronique d'une mort annoncée pour l'ampoule à incandescence, publiée dans cette page le 17 mars dernier, a fait beaucoup réagir. Alors que l'industrie de la lumière se prépare lentement mais sûrement à enterrer le filament au profit de l'ampoule fluocompacte, les lecteurs s'inquiètent et se questionnent: n'y a-t-il pas un paradoxe à vouloir remplacer, pour des raisons écologiques et d'économie d'énergie, la bonne vieille invention d'Edison par un substitut qui consomme moins d'électricité, certes, mais qui contient aussi du... mercure, un métal lourd hautement toxique?

Quand on sait que l'être humain doit limiter ses expositions au mercure pour le bien de sa santé mentale et nerveuse, la remarque peut laisser perplexe. Sauf les promoteurs de l'ampoule économe à la lumière blafarde, qui se veulent rassurants.

C'est que les fluocompactes contiennent en effet bien moins de mercure qu'une pile de montre: cinq milligrammes pour l'ampoule contre 25 milligrammes pour la pile, indique le site du ministère fédéral des Ressources naturelles, qui fait la promotion du programme «Allume et économise» (tiens: on salue ici le génie des fonctionnaires pour trouver des noms à leurs programmes!). L'amalgame dentaire, lui, en contient... 500 milligrammes.

Avec cette faible teneur, les ampoules dites du futur demeurent donc un choix plus respectueux de la nature que la bonne vieille ampoule à filament, indique le ministère. Et ce, prévient-on quand même, à condition de se débarrasser des fluocompactes comme on le fait pour la peinture, les piles et les produits chimiques domestiques, c'est-à-dire en les apportant dans des écocentres au lieu de les jeter à la poubelle.

Comme quoi, avec ce type d'ampoule, il va falloir s'habituer à un éclairage morne, mais aussi revoir rapidement sa façon de gérer ses ordures.

conso@ledevoir.com
 
 
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    7 avril 2007 00 h 34
    L'ivresse du pouvoir veut faire passer les intérêts qu'on défend pour des principes soi-disant de justice.
    Serait-on sur le point de faire face à des véritables opposants de l'idéologie capitaliste? La mondialisation seraient-elles en train d'être enfin remise en question? Le groupe des lucides et le documentaire L'Illusion tranquille devraient-ils faire un peu plus d'autocritique plutôt que de simplement questionner des gens qui pensent comme eux? On avance mal avec des oeillères.
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  • lise jacques - Abonnée
    7 avril 2007 09 h 01
    Ça ne sera pas la fin du bio!
    Il y a une énorme différence concernant la bouffe entre nos voisins américains et nous, premièrement. Deuxièmement, l'agriculture biologique est la seule qui nous garantisse une alimentation exempte ou du moins avec beaucoup moins de pesticides et surtout sans OGM. Selon les études faites régulièrement, les résidus de pesticides se retrouvent en quantité élevée dans les aliments cultivés de façon traditionnelle.Il y a consensus parmi les scientifiques pour nous avertir que les pesticides sont dangereux pour notre santé. Vous rappelez-vous le rapport DES ENFANTS EMPOISONNÉS- UNE NATION TOXIQUE ! Rapport récent (2005) sur la pollution chez les familles canadiennes. Dans plusieurs cas, la contamination par certains produits chimiques toujours en usage était plus forte chez les enfants que chez les parents.

    Les citoyens du Canada s'attendent à ce que leur pays fasse preuve de leadership dans la protection de la santé et de l'environnement. Aujourd'hui le volume de produits chimiques toxiques rejetés dans l'environnement est à la hausse. Les constatations tirées du présent rapport révèlent que dans certains cas, les enfants sont encore plus contaminés que leurs parents.

    Les pratiques agro- industrielles modernes utilisent un apport considérable de pesticides, insecticides, antibiotiques qui polluent l'air, l'eau et les sols. Cette surfertilisation engendre de graves problèmes environnementaux: détérioration de la couche d'ozone, désertification, érosion des sols.. Au niveau mondial , les ventes de pesticides augmentent ainsi que la toxicité des produits vendus. Ceci conduit nécessairement à une pollution généralisés des écosystèmes de notre planète!
    Les experts estiment que plus de trois milliards de tonnes de terre sont érodées en Amérique du Nord chaque année à cause du mode d'agriculture industrielle pratiquée sans égard à la régénération naturelle de la terre cultivable, qui est 7 fois plus lente que la destruction de celle-ci. La perte et la contamination de notre sol cultivable est la pire crise de l'histoire de l'agriculture!
    Selon Claude Aubert, spécialiste en agro-alimentaire, l'agriculture chimique et l'industrie alimentaire d'aujourd'hui fonctionnent avec un bilan négatif, il leur faut en effet, 5 kcalories d'énergie fossile pour produire 1 kcalorie d'énergie nutritive alors que l'agriculture biologique a besoin de tout au plus 0.25 kcalorie pour produire le même kcalorie d'énergie nutritive -facteur 20.

    Au québec, il y a de plus en plus de gens conscientisés, nous ne sommes pas aux USA. Les grosses compagnies comme Wall Mart qui voulaient faire diminuer les critères de qualité, c,est -à - dire faire baisser les normes ce certification pour les produits biologiques pour pouvoir avoir de meilleurs prix , en baissant la quallté n'ont pas encore réussi. Au Québec il y a sur le site d'Équiterre, de bonnes informations concernant le concept de l'agriculture soutenue par la communauté ou les familles peuvent obtenir chaque semaine des paniers bio directement du producteur. C'est beaucoup mieux que d'acheter ses légumes chez Loblas, Provigo et IGA qui achètent les produits de l'Ontario car ce sont des compagnies ontariennes qui n'achètent jamais de légumes de nos fermiers du Québec,Il n'y a que Métro qui achète de nos fermiers. Un autre point à considérer c'est qu'au Canada il n'y a que le Québec et la Colombie Britannique qui ont des normes de certification. Les légumes de l'Ontario ne sont pas certifiés.
    Ce concept d'agriculture durable soutenue par la communauté, intéressant pour les familles et les producteurs fait de plus en plus d'adeptes au Québec. Peut-etre que les journalistes qui sont pour la protection de l'environnement et la santé des québécois auraient avantage à mieux informer les gens sur les meilleurs choix alimentaires pour notre santé et celle de la planète. Le bio: Un vote pour la Vie!

    Lise Jacques
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  • Viviane Blais - Inscrite
    7 avril 2007 12 h 14
    Agriculture soutenue par la communauté au Québec
    Bien sûr, il est déjà possible d'avoir son fermier de famille au Québec depuis quelques années. Suffit de s'inscrire au programme de paniers bios d'Équiterre au
    http://www.equiterre.org/agriculture/paniersBios/l
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  • Renaud Blais - Inscrit
    7 avril 2007 12 h 44
    Aux ÉU le pire ET le meilleur GRAIN
    Je crois qu'il est intéressant de voir que l'agriculture biologique (et celles et ceux qui mangent) s'occupent de faire passer les valeurs fondamentales avant les valeurs commerciales.
    Tous les jours des expériences montrent que des gens veillent aux GRAINS. Longue vie à la vie.
    Renaud Blais
    Citoyen qui mange
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  • Robert Daignault - Abonné
    9 avril 2007 06 h 40
    Pourquoi acheter localement
    Il y a une raison infiniment plus importante et qui, mystérieusement n'apparait pas dans cet article: l'environnement!

    N'oublions pas qu'en moyenne le contenu de notre assiette a voyagé 1500 km!
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