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Mieux-être - Respirons par le nez

17 mars 2007  Actualités en société
Renée Frappier est une personne colorée. Quand je lui ai parlé, elle était dans le jus de betterave, un jus vert à la main. «Un jus vert concocté par mon chéri avec des germinations, des graines de lin moulues, des protéines en poudre... J'ai besoin de petits boosts pour les derniers milles.» Ce dernier droit étant pour l'organisation de l'Expo Manger Santé, qui se tient ce week-end au Palais des congrès et dans deux fins de semaine à Québec (www.expomangersante.com).

Est-elle stressée? Nenni. Elle pratique ce qu'elle professe. «S'il m'arrive de sentir un poids au niveau du coeur, je fais la respiration kapalabhati.» Oups, arrêt sur image. La respiration quoi? «Ce sont des respirations saccadées qui revitalisent le cerveau, et ça prend, quoi, une minute!» (La fédération de yoga explique qu'il faut inspirer jusqu'au ventre, expirer en chassant l'air très vivement par le nez grâce à une forte contraction de l'abdomen et recommencer cinq fois. Voir www.federationyoga.qc.ca, dans la case de droite.)

Donc, Renée respire par le nez. Mais ça ne suffit pas toujours. Ainsi, lorsqu'elle sent la pression monter, elle prend son petit trampoline, payé 30 $ chez Canadian Tire, et elle va sauter une petite demi-heure dans son jardin... même en hiver! «Ce n'est pas trop dur pour les cartilages, j'apporte mes poids en même temps pour faire un peu de musculation et j'ajoute ma respiration alternée.» Quand elle retourne travailler, son cerveau est oxygéné, elle se sent beaucoup mieux et reprend son rythme d'enfer... alias jus de betterave.

Elle a tellement de ressources, cette Renée Frappier. Je vous parle tous les ans de cette fameuse Expo Manger Santé, qu'elle qualifie de «miracle» (en un même lieu: 200 exposants, des démonstrations culinaires, des conférences) et, cette année, elle fête les dix ans de ce succès inattendu, quoique très explicable. Les gens — vous, moi et tous nos amis — veulent en apprendre plus pour être en santé. Cette volonté d'autonomie qu'on commence à percevoir dans les statistiques récentes nous amène à nous renseigner et à changer petit à petit.

Cette année, parce qu'elle souligne les dix ans de l'expo, Renée parle de politique, d'éducation, de changements. Le discours a beaucoup changé depuis dix ans, on a fait connaissance avec les omégas-3 et les acides gras trans. «On en a parlé abondamment. Maintenant, il faudrait agir abondamment. Et la seule clef qui pourrait être efficace, c'est l'éducation, qui doit être accompagnée de réglementations pour changer la qualité de l'offre alimentaire dans les écoles et les entreprises.»

Vaste sujet, loin des préoccupations électorales, n'est-ce pas? On veut accorder priorité qui à l'éducation, qui à la santé — synonyme d'hôpitaux dans la bouche de plusieurs —, mais quand nous parle-t-on de changer l'offre alimentaire dans les écoles, des besoins d'exercice? L'apprentissage d'outils pour devenir des citoyens en santé ne fait pas partie des préoccupations des pédagogues et des politiciens; on préfère encore consacrer de l'argent et encore plus d'argent aux soins.

Renée Frappier illustre: «Je n'ai pas beaucoup de nourriture mais j'invite 5000 personnes chez moi. Je dis: "Mon Dieu, je n'ai pas assez de bouffe, pas assez de budget!" Mais ne pourrais-je pas inviter moins de monde? Nos politiciens disent que les gens sollicitent de plus en plus de médicaments et des soins... On va augmenter les services au lieu de diminuer les files d'attente... »

Invariablement, je me retrouve à dire à Renée Frappier: «Mais tu n'es pas un peu idéaliste? Est-ce réalisable, rendre l'école intéressante parce qu'on apprendrait aux jeunes à respirer, à bien manger, à faire du sport? Les enseignants crient quand on touche à leur programme et tu veux leur apprendre à s'écouter de l'intérieur, à mettre de l'attention là où c'est utile?» Elle rigole, bien entendu, et ajoute plus sérieusement: «Je suis une citoyenne qui s'arrête et se demande ce qu'il faudrait pour arrêter de mettre des milliards de dollars dans les maladies. Quand tu développes l'autonomie et que tu donnes le goût de devenir curieux, la personne se responsabilise. Cette année, pour l'Expo, on a écrit dans toutes les publicités: "Pour prendre sa santé en main".»

Il est certain qu'au vu du succès de l'Expo — où on rencontre des vieux, des jeunes, des gros, des familles, au point où il y a maintenant une aire d'allaitement! —, ce succès, donc, est un signal que n'entendent pas les politiciens. Ça se fait sans eux. Si les gens se nourrissaient mieux (on pourrait les y aider) et bougeaient plus (même chose), ce serait une manière plus sûre de réduire les listes d'attente que de nous dire que la situation s'améliore en inventant des stratagèmes...

Cela ne les effleure pas, et moi, ça ne m'aide pas à savoir pour qui voter... Si seulement Renée Frappier se lançait en politique!

Reçu

- E. Fournier, J'ai commencé mon éternité. C'est devenu un spectacle au Quat'Sous, c'est un récit touchant et intelligent.

- P. Edwards et M. J. Sterne, Les Nouveaux Grands-Parents. Une vision sur un rôle différent pour les baby-boomers. Ces deux livres sont publiés aux Éditions de l'Homme.

vallieca@hotmail.com
 
 
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  • lise jacques - Abonnée
    17 mars 2007 10 h 10
    Prendre sa santé en main
    Elle a raison Renée Frappier, les bonnes habitudes autant alimentaires que sportives, ça commence dès l'enfance. Si on décidait de faire plus d'éducation et d'offrir des choix santé, les jeunes suivraient la cadence et ils seraient en meilleure santé et ce pour longtemps. Des habitudes alimentaires acquises pendant l'enfance restent ancrées jusqu'à l'âge adulte.

    La prévention doit commencer à l'école, car certaines familles ne sont pas en mesure d'enseigner de saines habitudes alimentaires à leurs enfants. Par contre chez d'autres, le contraire se produit, les parents sont sensibilisés à l'importance d'inculquer de saines habitudes alimentaires à leurs enfants et lorsque ceux-ci commencent à fréquenter l'école, ils délaissent leurs bonnes habitudes parce qu'ils sont entourés d'enfants qui eux consomment des aliments sans valeur nutritive. Les cafétérias scolaires devraient toujours offrir des repas qui comptent nutritivement et qui favorisent la santé de jeunes en croissance.

    J'espère qu'un jour prochain nos dirigeants vont finir par comprendre...Pourquoi ne pas inclure aussi un enseignement sur la nutrition dans nos écoles? La mauvaise alimentation est la source de beaucoup de maladies qui coûtent très cher à l'état et les premières causes de mortalité dans les pays Occidentaux sont directement liées à l'alimentation.

    "Les humains creusent leur tombe avec leurs dents et meurent davantage sous ces instruments que sous les armes de leurs ennemis" Thomas Moffet

    Lise Jacques
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