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Le bogue de l'heure avancée

Devancer l'heure avancée de quelques semaines risque de causer de petits ennuis, mais rien de comparable à ce qu'on appréhendait au passage de l'an 2000

8 mars 2007  Actualités en société
Photo : Agence Reuters
Aux États-Unis, l'idée d'ajouter un mois à l'heure avancée a été présentée comme un moyen de conserver l'énergie, mais les écologistes et les politiciens du Canada affirment que ces économies ne seront, au mieux, que minimes.

De plus, ce changement a obligé les techniciens d'entreprises à travers l'Amérique du Nord à s'assurer que les ordinateurs suivront le mouvement quand l'heure avancée entrera en vigueur ce week-end, trois semaines plus tôt qu'auparavant.

Ce changement évoque les fantômes de l'an 2000, quand les ordinateurs ont dû être reprogrammés pour accepter les dates se terminant en «00». Mais si le bogue de l'an 2000 a vu les gens dégarnir les tablettes des magasins en vue de la fin appréhendée de la civilisation, la réaction, cette fois-ci, a été beaucoup plus calme.

Au pire, votre assistant numérique personnel vous rappellera votre rendez-vous une heure en retard, votre thermostat programmable modifiera la température au mauvais moment ou le lecteur de cartes magnétiques de votre entreprise refusera de vous laisser entrer.

Et s'il est possible d'avancer l'heure de votre ordinateur manuellement, celui-ci l'avancera probablement encore une fois trois semaines plus tard. Et le même problème se reproduira en novembre, quand nous reviendrons à l'heure normale une semaine plus tard qu'auparavant.

Il a pourtant été plus facile de préparer les ordinateurs cette fois-ci qu'en 2000, affirme Elliot Katz, un chef principal aux produits chez Microsoft Canada.

«Le bogue de l'an 2000 était un problème plus grave et, à l'époque, nous n'avions pas le genre de mises à jour automatisées dont nous disposons aujourd'hui», a-t-il expliqué.

Microsoft a mis sur pied un site Internet où une rustine peut être téléchargée, tout comme Research in Motion l'a fait à l'intention des utilisateurs de son populaire BlackBerry.

La reprogrammation a été rendue nécessaire par une loi américaine, adoptée il y a deux ans, qui prolongeait la période d'heure avancée de trois semaines au printemps et d'une semaine à l'automne, débutant en 2007. Le Canada n'a pas vraiment eu d'autre choix que d'emboîter le pas aux États-Unis.

«L'harmonisation proposée contribue à maintenir la synchronisation des marchés financiers et la concordance des relations d'affaires dans le domaine des transports et des communications entre les entreprises québécoises, canadiennes et américaines», a indiqué le ministère de la Justice du Québec par voie de communiqué.

Cette modification pourrait aussi mener à une réduction de la consommation d'énergie en arrimant plus justement les heures d'éveil aux heures d'ensoleillement.

«Si on le fait seulement pour les économies d'énergie, ça ne vaut pas vraiment la peine et ce n'est pas quantifiable», a déclaré David Zimmer, un politicien provincial de l'Ontario qui s'est penché sur la question. «C'est un geste symbolique, mais une fois que les Américains l'ont fait et que le public a été d'accord, tout le monde a voulu suivre la marche.»

Les écologistes abondent dans ce sens, affirmant que les économies d'énergie promises ne se concrétiseront pas.

«Je pense que c'est essentiellement une distraction, a dit Stephen Hazell, directeur exécutif du Sierra Club du Canada. Ça nous distrait des mesures vraiment importantes qui pourraient être prises.»

De plus, un sondage mené en ligne par la firme Angus Reid a déterminé que la moitié des répondants étaient incapables d'identifier correctement la nouvelle date du changement d'heure. Ce sondage, mené auprès de 1021 adultes, a une marge d'erreur de 3 % et est considéré précis 19 fois sur 20.
 
 
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