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Hérouxville mène une croisade xénophobe, titre Libération

17 février 2007  Actualités en société
Paris — Le journal français Libération qualifiait hier matin de «croisade xénophobe» la campagne menée par les habitants d'Hérouxville pour imposer un «code de vie» aux immigrants qui seraient tentés de s'installer chez eux.

Ce «bled de 1338 habitants» a adopté en janvier un «code discriminant les musulmans», écrit le journal à propos d'une affaire qui était jusqu'ici passée relativement inaperçue en France.

Tout le Québec a «les yeux fixés sur Hérouxville» depuis que la petite municipalité a averti les immigrants «que la tolérance canadienne avait des limites», signale Libération, qui resitue le geste d'Hérouxville dans son contexte, celui du débat sur les accommodements raisonnables.

Pour le journal, l'affaire ne se résume pas au conseil municipal ou au conseiller André Drouin, à l'origine de l'initiative. Selon le quotidien, «les Hérouxvillois, dans leur majorité, ont foi en leur croisade».

Cité par Libération, le conseiller Drouin affirme lui-même être «soutenu par toute la population».

«Bien sûr, nous avons voulu choquer en parlant de lapidation ou d'excision, mais il était temps que quelqu'un mette ses culottes et regarde plus loin que le bout de son nez. Si on s'adapte à tous les nouveaux immigrants, qu'adviendra-t-il de notre culture québécoise dans 10 ou 20 ans?», a-t-il demandé, en réfutant encore une fois toute accusation de racisme et de xénophobie.

«Les Québécois n'ont eu de cesse de courber l'échine. Le poids de l'Église les a longtemps poussés à suivre le troupeau sans poser de questions et à tout tolérer. Cette fois, nous avons voulu donner notre opinion», a déclaré de son côté Luce Rivard, membre du comité d'accueil des nouveaux arrivants d'Hérouxville.

Hérouxville, signale Libération, compte un seul immigrant noir: Gabriel Mitchell, originaire de la Dominique. Il est devenu «malgré lui l'immigré de service», selon le quotidien.

«Les conseillers municipaux ont voulu tirer une sonnette d'alarme, a-t-il expliqué à Libé. Ils l'ont fait maladroitement, mais ils soulignent une préoccupation que nous avons tous. Le multiculturalisme à la canadienne est une illusion. Il ne faut pas parler de réussite quand on assiste à un non-mélange et à la mise côte à côte de différentes cultures.»
 
 
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