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Avenue du Parc ou Robert-Bourassa - La Commission de toponymie décide de... poursuivre sa réflexion

Les commissaires se demandent comment sauver les noms «du Parc» et «Bleury»

Les membres de la Commission de toponymie du Québec n’ont pas pu décider, au terme d’une longue discussion, si l’avenue du Parc devait changer de nom pour celui de Robert Bourassa, ainsi qu’en a dédidé l’administration montréalaise, au gra
Photo : Jacques Nadeau
Les membres de la Commission de toponymie du Québec n’ont pas pu décider, au terme d’une longue discussion, si l’avenue du Parc devait changer de nom pour celui de Robert Bourassa, ainsi qu’en a dédidé l’administration montréalaise, au gra
La décision controversée de rebaptiser l'avenue du Parc du nom de Robert Bourassa, prise envers et contre tous par le conseil municipal de Montréal le 28 novembre dernier, continuera de faire couler de l'encre. Les membres de la Commission de toponymie ont reporté leur décision attendue hier.

Divisés quant au sort à réserver au toponyme «avenue du Parc» et submergés de lettres de citoyens, les membres de la Commission de toponymie du Québec ont décidé mardi de reporter l'heure de vérité à une date indéterminée.

Au fil des longues discussions tenues mardi, il est apparu que deux des membres de la commission étaient favorables au changement de nom pour honorer la mémoire de l'ancien premier ministre Robert Bourassa tandis que deux autres étaient plutôt contre, selon les informations recueillies par Le Devoir.

Aucun vote n'a cependant eu lieu puisque les membres ont convenu de prendre plus de temps pour étudier le dossier compte tenu des quelque 200 lettres reçues depuis trois jours, ce qui porte à environ 500 le nombre de citoyens qui ont fait valoir leur point de vue. Dans un communiqué laconique, les membres ont fait valoir qu'ils souhaitaient prendre en compte «le mandat de la Commission de préservation des toponymes à valeur culturelle et historique», «l'expression quasi unanime de la population de son désir d'honorer le premier ministre Robert Bourassa» et le contexte de compétences partagées entre la Ville de Montréal et la Commission.

La Commission de toponymie compte actuellement quatre membres, soit la présidente par intérim France Boucher, qui préside également l'Office de la langue française, l'historien Jacques Lacoursière, le scientifique Jean-René Côté (un retraité qui a notamment été vice-président du BAPE et qui a occupé différents postes dans l'administration publique) ainsi que Joël Simmonet, professeur de science politique retraité de l'Université du Québec à Rimouski. Trois postes sont cependant vacants pour le moment.

La loi qui régit l'organisme n'accorde pas de vote prépondérant à la présidente. Elle ne prévoit pas non plus que la ministre de la Culture et des Communications, responsable de l'organisme, puisse trancher. «Pour l'instant, on n'en est pas à trancher sur ce qu'on ferait en situation d'égalité, il n'y a pas de vote de pris», a indiqué la secrétaire de la Commission, Danielle Turcotte.

L'historien Jacques Lacoursière assure qu'il n'y a pas eu de dissension hier entre les membres de la Commission puisque aucun vote n'a été tenu au terme d'une «discussion assez longue et nuancée». «On s'est ralliés à une décision unanimement prise selon laquelle on devait examiner ce qu'on pouvait faire pour essayer de sauver deux odonymes [noms de rue], c'est-à-dire Bleury et avenue du Parc, de quelle façon on pouvait le faire et quels étaient les conséquences, les avantages et les inconvénients», a expliqué M. Lacoursière.

L'historien a cependant évité d'expliciter les scénarios à l'étude. «À tout drame, il y aurait peut-être moyen de trouver un miracle», a-t-il laissé tomber, soulignant que la Commission cherche à tenir compte à la fois du mouvement de contestation «d'un grand nombre de personnes» et de la décision de la Ville de Montréal.

Réactions

La décision de la Commission — ou plutôt l'absence de décision — a été accueillie de façon assez positive par les opposants au changement de nom. «J'imagine que ça peut montrer qu'ils veulent être justes», a réagi le président de l'association des propriétaires et commerçants du Village hellénique de l'avenue du Parc, Chriss Karidogiannis.

Les groupes voués à la préservation du patrimoine qui avaient uni leur voix contre le projet la semaine dernière voient eux aussi ce délai comme un bon signe. «C'est rassurant de voir que la Commission prend ça au sérieux», a commenté le directeur des politiques d'Héritage Montréal, Dinu Bumbaru.

Le fait que la Commission rappelle qu'il s'agit d'une compétence partagée avec la Ville de Montréal constitue selon M. Bumbaru un «appel à la collaboration de la Ville pour qu'elle ne se comporte pas en seul souverain et maître sur le sujet».

La directrice des Amis de la Montagne, Sylvie Guilbault, espère elle aussi que la Commission tendra la main à la Ville pour trouver une solution. «On va faire un suivi serré [auprès de la Commission de toponymie], demander quand la décision sera prise et pourquoi il y a des délais», a affirmé Mme Guilbault.

Si la Commission de toponymie refusait d'officialiser le toponyme «avenue Robert-Bourassa» et que Montréal décidait tout de même d'aller de l'avant, un débat juridique pourrait s'engager. Bien que la Ville ait légalement le pouvoir de choisir les noms de rue, ceux-ci doivent être officialisés par la Commission de toponymie. «La Ville est tenue d'afficher les noms qui sont obligatoires en vertu de l'article 128 de la Charte [de la langue française]. Une fois que les noms sont officialisés par la Commission de toponymie, ils sont d'emploi obligatoire dans l'affichage public, dans la signalisation routière, dans les textes produits dans l'administration publique, de même que dans tous les manuels scolaires», a expliqué Mme Turcotte. Bell Canada et Postes Canada indiquaient plus tôt cette semaine qu'elles respecteraient la décision de la Ville de Montréal.
 
 
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  • Gilles Charette - Inscrit
    18 janvier 2007 03 h 25
    Avenue du Parc Robert Bourassa
    C'est donc difficile pour un québécois de décider ... Quand on est incapable de se brancher pour le nom d'une rue, comment voulez-vous régler des dossiers comme le métro de Laval, le (s) nouveau (x) CHUM (s), les fusion-défusions-semi-défusions municipales, smog-nouveau pont de la 25, le tracé (?) de la 30, et j'en passe.

    Se pourrait-il que nous ayons nommé et élu des incompétents et ce, depuis plus de 25 ans sans s'en apercevoir?

    Franchement, c'est juste le nom d'une rue, DÉCIDE-TOI ou démissionne ! mais arrête d'encaisser ton salaire pendant que tu "te branches".

    Et je vous parie $1.00 que le nouveau nom sera: Avenue Robert-Bourassa (de Jean-Talon à Mont-Royal) Du Parc (de M-R à Des pins) et Bleuet Fleury (jusqu'à Viger).

    Bonne journée, Québécois et Québécoise !

    Gilles Charette
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  • julien arsenault - Inscrit
    18 janvier 2007 06 h 02
    Robert Bourrassa
    De tout temps les noms de places publiques ont pris leur origines dans l'histoire de pays, pour honorer des personnages qui ont porté une empreinte dans l'histoire d'un peuble et servent par la suite à incruster des moments forts de l'histoire politique ou économique de véritables tendances lourdes et le nom de Robert Bourrassa est tout à fait indiqué pour marquer à la fois Montréal et le Québec tout entier. Pourquoi tout ce chichi pour des commercants qui ne veulent pas changer d'adresses.

    Julien Arsenault
    Québec
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  • Alain Rowe - Abonné
    18 janvier 2007 06 h 22
    Une batalaille entre fédéralistes
    La seule chose positive qui ressort de cette stupide idée de changer le nom de l'avenue du Parc en celui de Robert Bourassa (l'invertébré, le molasson (avons-nous déjà oublié?), c'est qu'elle a été introduite par un fédéraliste, porté au pouvoir par des fédéralistes, qui les a floués, sachant que ses appuis sont acquis, et qu'on peut tout faire avec un électorat captif. En bien, battez-vous!
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  • Marie-Pierre Bouchard - Abonné
    18 janvier 2007 08 h 15
    Tout est dans tout
    Pour vraiment faire honneur à Robert Bourassa, je crois qu'il faudrait garder le statu quo sur le nom de l'avenue du Parc. Encore mieux, que le comité de toponymie utilise la clause nonobstant pour invalider la décision de la ville de Montréal...

    P-O Quirion
    Aarhus
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  • Yvan Morin - Abonné
    18 janvier 2007 08 h 26
    L'accommodement raisonnable est à la mode....
    Faut-il accommoder quelques commercants mal ou pas intégrés
    qui n'ont jamais accepté les lois linguistiques à commencer par la loi 22 de Bourassa ? Yvan Morin. Quebec
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  • francis dery - Inscrit
    18 janvier 2007 22 h 42
    Renommons la montagne
    Le Mont Robert-Bourassa.
    Alors on pourra parler de l'Avenue du Parc Robert-Bourassa.
    On économisera sur le nom de la station de Métro.

    Si cela ne suffit pas, les arrondissements qui ont voté pour la séparation de Montréal, mais qui chiâlent pour des taxes trop élevés (ça magouiller fort avant la fusion honnie), pourraient se fusionner entre elles et le United West Iland deviendrait Bob-Bourassa City.
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  • CLAUDE POITEVIN - Inscrit
    18 janvier 2007 23 h 01
    Toute controverse n est pas anti-démocratique.
    'Un des critères sur lesquels doit se baser la CTQ pour prendre sa décision est que le lieu choisi ne suscite pas la controverse.'

    D ou vient ce critère croyez-vous?: il est directement issue de l adoption il y a quelques années de la nouvelle dénomination pour l ancienne rue Dorchester devenue le Boul. René Lévesque. Oui exactement, puisque cette condition fut justement ajoutée suite aux remous qu avait créer cette simple affirmation du fait français par ce geste symbolique d appropriation toponymique. Des pressions ( et je ne suis pas sur qu elle ne soit strictement d origine anglophone) avaient fait qu il fut adopté des modifications aux règlements toponymiques de la ville de Montréal a cette occasion - suivant donc, cette nouvelle dénomination de nature historique, en tant qu événement singulier - et on avait obtenu ( il faudrait voir le procès verbal exact de la session en question de l assemblée municipale pour en connaitre les auteurs et en déceler les motivations et la véritable légitimité, elle-même contestable ) pour comprendre l évolution actuelle des choses concernant l affaire qui nous concerne maintenant et qui est tout a fait de même nature. Faudrait t il que la volonté des francophones du Québec de marquer leur sol de leur présence et de leur réalisations, soit bloqué à jamais, pour avoir oser marquer la modernité par le passage et la mémoire de ses hommes politiques alors que tout l espace est déjà occupé par celle d un monde révolue celui du colonialisme anglais pur et simple ayant fait place objectivement a l évolution authentique de la nation québécoise? Et on voudrait que ce fait ne puisse pas transparaître et s exprimer par nos rues?

    C est là a mon avis, au contraire, la plus légitime et la plus naturelle des choses. Et ils m'apparaît que les opposants a ce genre d expression de notre identité et de notre fierté ne sont que des traines-botines ou alors des sans génies. Nous ne sommes plus au temps ou les canadiens farcais n étaient que des porteurs d eau et des gagnent petits. Et il faudra s y faire. Le comité municipal a eu tort d adopter un tel amendement qui limite le droit démocratique lié a la toponymie, car le débat et la controverse est justement garante de cette démocratie. L heure est grave si cette controverse n est plus permise tout a coup. Et je suis pour l adoption de cette nouvelle dénomination en faveur de l ancien premier ministre libéral, même si je ne fus jamais un libéral moi-même. TIENS DONC!!!! Que de nuances et de subtilités et d accommodements raisonnables nous sommes capables, nous, les francophones!! Mais cela fait il de nous des timides?...


    Claude Poitevin
    Peintre Sculpteur
    CITOYEN DU MONDE


    En faveur de l av. R. Bourassa
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  • Christopher DeWolf - Inscrit
    19 janvier 2007 02 h 51
    Place Robert-Bourassa: un compromis
    Yvan Morin, ce n'est pas seulement les marchands "mal-intégrés" qui s'opposent au changement de nom de l'avenue du Parc, c'est le quartier entier du Mile-End, francophones, anglophones et allophones y compris. L'avenue du Parc fait partie de notre patrimoine. On ne veut pas que la mémoire d'un seul homme, Robert Bourassa, remplace toutes nos mémoires collectives de l'avenue du Parc. C'est une question d'identité.

    En outre, votre prétention que les opposants du changement de nom sont tout simplement fâchés contre les lois linguistiques est une conjecture qui déguise du chauvisime et du mépris envers les habitants de l'avenue du Parc.

    Mardi dernier, dans les pages du Devoir, Joseph Baker a suggéré un beau compromis: nommer le nouveau carrefour du Parc/des Pins pour Robert Bourassa. «Au cours des deux dernières années, l'avenue du Parc et l'avenue des Pins ont subi une transformation remarquable: la toile de béton enchevêtrée tissée par les ingénieurs d'antan, trop enthousiastes, a été condamnée au pic et abattue. À sa place, on trouve aujourd'hui un carrefour traditionnel doté de feux de circulation, écrit-il. Et voilà que nous retrouvons la vraie avenue du Parc, avec toute sa richesse culturelle et historique, une véritable cause de célébration, où il y certainement une place pour l'honorable Robert Bourassa.» Il a raison: celle nouvelle place publique mérite un nom. Pourquoi pas celui de Robert Bourassa? L'avenue du Parc garde son nom et Robert Bourassa est reconnu avec un carrefour prééminent.
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    19 janvier 2007 16 h 46
    Partenais!
    Bourassa, crise d'octobre, prison Partenais... Je l'aie! Appelons la prison Partenais la prison Robert Bourassa! Je me souviens.
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