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Les moyens manquent pour éviter le pire

Les risques d'effondrements financiers, de catastrophes climatiques, de pandémies et d'attaques terroristes s'accentuent

L’effondrement des marchés immobiliers, une montée du protectionnisme ou encore un choc pétrolier figurent parmi les risques qui se sont aggravés au cours des 12 derniers mois.
Photo : Agence Reuters
L’effondrement des marchés immobiliers, une montée du protectionnisme ou encore un choc pétrolier figurent parmi les risques qui se sont aggravés au cours des 12 derniers mois.
Les risques pour la planète d'effondrements financiers, de catastrophes climatiques, de pandémies et d'attaques terroristes grandissent plus vite que notre capacité à y faire face. Selon un rapport du Forum économique mondial, un plus grand effort et une meilleure coopération de la part des pouvoirs publics et des entreprises privées seront nécessaires pour contrer ces nombreuses menaces souvent étroitement liées entre elles.

Dévoilé hier et intitulé Risques mondiaux 2007, le rapport de 33 pages est le résultat de la consultation d'une centaine d'experts réalisée, outre l'organisateur du fameux Forum de Davos qui se tiendra cette année du 24 au 28 janvier en Suisse, par la banque Citigroup, le réassureur Swiss Re, la firme-conseil Marsh & McLennan et le Wharton School Risk Center.

«Ce rapport montre clairement qu'il existe une déconnexion entre le degré de risque et les moyens mis en place pour y faire face», a expliqué le responsable du projet pour le Forum de Davos, Thierry Malleret. Malheureusement, dit le rapport, «les mécanismes mis en place par les entreprises, les gouvernements et les institutions internationales pour y faire face se révèlent inadéquats. Si l'économie mondiale a progressé à un rythme inégalé ces dernières années, elle reste vulnérable.»

Selon le rapport, la plupart des 23 principaux risques relevés par les experts sur un horizon de dix ans se sont aggravés au cours des 12 derniers mois. C'est le cas notamment, sur le plan économique, de la menace d'effondrement des marchés immobiliers, d'une montée du protectionnisme ou encore d'un choc pétrolier. Sur le plan géostratégique, on a de plus en plus à craindre de l'aggravation des conflits militaires et de la montée du terrorisme. En matière sociétale, on craint la propagation d'épidémies dans les pays riches comme dans les pays pauvres, mais aussi le bris d'infrastructures informatiques vitales. Sur le front environnemental, les problèmes du réchauffement climatique et de la pénurie d'eau potable se font plus menaçants.

«Le changement climatique est désormais considéré comme l'un des plus grands défis du XXIe siècle, dont l'impact global dépasserait amplement la simple question de l'environnement», dit le rapport.

La probabilité que de tels événements se produisent au cours des dix prochaines années serait d'à peine 1 à 5 % pour les catastrophes naturelles, les pandémies et une flambée du protectionnisme. Elle atteindrait entre 10 et 20 % pour l'effondrement financier, le choc pétrolier, l'aggravation des maladies chroniques liées au mode de vie dans les pays développés ou encore la grande panne informatique. Leur impact, en vies humaines et en dollars, pourrait quant à lui approcher et même dépasser le million de morts lorsqu'il est question de pandémies, de guerres et de pénuries d'eau potable et se chiffrer en milliers de milliards de dollars dans le cas d'un effondrement financier, d'un recul de la mondialisation ou, encore une fois, de pandémies et de guerres.

Des avancées «temporaires, sinon illusoires»

Des efforts ont quand même été déployés ces dernières années afin de réduire notre degré d'exposition à toutes ces menaces, constatent les auteurs du rapport. On vise habituellement à atteindre cinq objectifs. Il s'agit tout d'abord d'améliorer son niveau de connaissance du phénomène en cause. On cherche aussi à améliorer la circulation de l'information entre les acteurs sur le terrain, les décideurs et le grand public. On doit voir si les règles et le marché encouragent les bons comportements, sinon, faire en sorte que ce soit le cas. Il faut également se montrer prêt à investir les sommes nécessaires pour améliorer la situation ainsi que mettre en place, au besoin, des institutions nationales et internationales spécialisées dans ce genre de problèmes.

Selon les auteurs du rapport, une meilleure coopération entre les services et les pays ont ainsi permis d'améliorer la lutte contre le terrorisme. Les organismes de santé publique se montrent également de plus en plus efficaces dans la détection et l'isolement de nouvelles maladies. Des progrès ont également été réalisés sur notre compréhension du lien entre des phénomènes comme le réchauffement climatique, la croissance économique et le choix de ses sources d'énergie.

«Des avancées tactiques ont été réalisées dans certains domaines spécifiques», dit le rapport. Mais ces «avancées tactiques peuvent se révéler illusoires et sont certainement temporaires», précise-t-on.

C'est que «les risques sont encore trop souvent pris de façon isolée alors qu'en fait ils sont étroitement interreliés», a expliqué hier le chef de la direction de Swiss Re, Jacques Aigrain. «Pour faire face aux dangers du monde contemporain, les gouvernements et les entreprises devront adopter une approche holistique qui les sort des modes de pensée et d'action compartimentés.»

Tout le monde se rappelle «l'effet domino» qu'a eu l'ouragan Katrina sur le prix de l'essence. On n'a pas de mal à imaginer les dégâts que causerait une pandémie perturbant le commerce, provoquant le déplacement de centaines de milliers de réfugiés et nourrissant le mécontentement populaire à l'endroit de certains régimes politiques.

Agir avant

Les auteurs du rapport recommandent que les gouvernements s'inspirent des grandes entreprises et se dotent d'un «gestionnaire du risque». Son rôle serait de relever les principaux types de dangers qui menacent le pays et de coordonner le travail des différents ministères dans l'élaboration et la mise en place de moyens de prévention et de réaction en ce domaine.

Les experts du Forum de Davos en appellent également à la création de coalitions de gouvernements et d'entreprises privées désireux de travailler ensemble pour explorer des pistes de solutions à propos de problèmes qui les intéressent particulièrement. Ces forums à géométrie variable auraient l'avantage d'être plus flexibles et plus rapides que les grandes institutions internationales dans la recherche de nouveaux modes d'action.

«Les gouvernements et les entreprises ne doivent pas seulement réagir aux événements, a déclaré hier Mike Cherkasky, président et chef de la direction de Marsh & McLennan. Ils doivent aussi se fixer des priorités d'action sur la base d'une analyse de leur degré d'exposition au risque comme le font les entreprises afin de répartir leurs ressources et d'en maximiser l'efficacité. Les catastrophes naturelles des dernières années ont montré comment notre capacité à faire face à un danger dépend plus des choix que nous faisons avant qu'un événement ne survienne que des actions déployées durant la crise.»
 
 
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  • Benoît Gagnon - Abonné
    11 janvier 2007 05 h 35
    L`apocalypse
    "Les moyens mangues pour éviter le pire". Non, nous sommes dans une civilisation qui multiplie les besoins (les moyens). Or dans un tel contexte se sont les changements non nécessaire qui doivent être mises en cause,c`est- à- dire notre rapport avec notre environnement et nos finalités
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  • Jean-Louis Hugues - Inscrit
    11 janvier 2007 07 h 46
    Il est vain de combattre les effets sans supprimer les causes
    Puisque nos experts sont capables d'évaluer les coûts en vies et en devises, nous pourrions sauver les vies en investissant dès maintenant les devises... En effet, nous savons que la plupart des risques proviennent de la mauvaise répartition des profits et de leur mauvais usage. La pauvreté sans espoir entraine les attitudes de désespoir, comme les massacres, terrorismes et autres. Donc, faisons immédiatement le sacrifice de nos $$ et sauvons l'humanité.
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  • Benoit Boursier - Inscrit
    11 janvier 2007 09 h 21
    De holisme et de nombrilisme
    C'est presque rassurant de savoir que les nantis seront dorénavant exposés à une thèse aussi opposée à la valeur centrale de leur vie, c'est-à-dire l'enrichissement personnel. Demander à ces individus de soudainement trouver des vertus à la philosophie du holisme est d'une naïveté qui me rempli de scepticisme. S'ils adhèrent un tant soi peu à ce rapport du Forum économique mondial, ce sera pour sauver l'économie mondiale, garante de leur statut dans celle-ci. C'est quand même un vent frais qui souffle sur mon cynisme.

    Je persiste à croire que seul l'écoeurement des peuples et la sainte Révolte qui en découlera saurait nous ammener peut-être vers un monde Juste, amène, vertueux, soucieux du bonheur de tous. Il commence à se faire tard.

    Il n'est jamais trop tôt pour une révolution.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    11 janvier 2007 09 h 37
    Mieux vaut simplicité que vanité
    L'utopie a parfois sa place quand il s'agit de rêver. Imaginons que l'humanité soit rendue à un certain stade de maturité. Il faudrait alors peut-être se dire ceci : mieux vaut plus d'humilité et de simplicité que de vanité.

    Si l'être humain pouvait dépasser son instinct de prédateur, il pourrait peut-être prendre plus conscience que la qualité de vie des humains passe par la bonne santé de notre planète.
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  • Steve Fortin - Abonné
    11 janvier 2007 09 h 39
    Logiques contradictoires
    Il m'arrive parfois de me prendre pour le nihiliste du Germinal de Zola et de souhaiter le pire, comme une prière de voir l'être humain accompli, ce 21 first century shizoid man, accessoire d'un régime de consommation qui l'avale; de souhaiter finalement qu'il disparaisse afin de laisser le terrain libre à la reconstruction, à la prochaine espèce.

    Au moment où les économies émergentes de la majorité des habitants de la terre entrent dans le cycle qui a mené nos sociétés supposément évoluées où elles en sont aujourd'hui, comment ne pas conclure à la catastrophe? Où trouver l'espoir d'enfanter, de perpétuer l'espèce quand il fait 16 degré en plein mois de janvier; alors que l'on sait, que l'on connait l'état du monde qu'on lègue à nos enfants...

    Et pourtant, l'être humain trouve en lui la sève, le germe de l'espoir afin de tenter de sauver l'espèce; quelques illuminés qui gueulent à la fenêtre d'une horde inconsciente, dopée à la téléréalité et au vacuum surréaliste des inventeurs d'opinions.

    La catastrophe... Yes sir!
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  • Maurice Monette - Abonné
    11 janvier 2007 12 h 36
    La PANIQUE engendrée risque d'être l'ÉLÉMENT le plus APOCALYPTIQUE...
    Bien que tous les AVATARS qui métamorphosent le PAYSAGE NATUREL incitent à la PANIQUE, quoique la GENT HUMAINE fasse, RIEN ne pourra être ÉVITÉ car, justement, ce qui arrive est dans l'ORDRE NATUREL de l'ÉVOLUTION des PLANÈTES dans leur RONDE PLANÉTAIRE. Donc, les ÉNERGIES présentes entre ELLES sont infiniment plus GRANDE que ce que le pouvoir humain peut développer et NOUS ne pouvons que subir les conséquences de ces mouvements planétaires.

    Par contre, LÀ ou l'HUMANITÉ peut intervenir, c'est dans la RÉALISATION de sa RESPONSABILITÉ dans l'AGONIE qu'ELLE inflige de plus en PLUS de manière EXACERBÉE de sa MÈRE la TERRE et de corriger ses COMPORTEMENTS NÉFASTES. Ça fait depuis juin 1989, depuis que Karol Wojtyla alias j. p. II a abandonnés les cordons de la BOURSE MONDIALE aux Dirigeants(es) de la PLANÈTE, que les "e$$énien$(ne$)" ou les gens dont le COMMERCE est devenu une LUBIE ont EXPLOITÉES toutes les RESSOURCES NATURELLES au point de rendre CELLE-CI comme un DÉPOTOIR. Alors, c'est à ce niveau que l'humanité est capable de S'AMENDER et de faire un "RETOUR ver$ le FUTUR" en rétabli$$ant le$ NORME$ fi$cale$ qui étaient en VIGUEUR avant la date citée ci-avant. En ne considérant plus l'argent comme le but de nos incarnations mais plutôt, comme seulement un moyen pour faire ÉVOLUER POSITIVEMENT notre "GALÈRE" universelle... alors, il y aura peut-être une lueur d'ESPOIR à l'HORIZON. Mais, actuellement, comme la MENTALITÉ des dirigeant$(e$) a uniquement de$ a$cendance$ américaine$ liée$ au commerce débridé alors, la FIN ne pourra qu'advenir à plus ou moins longue échéance...
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  • Marie-josée Béliveau - Inscrite
    11 janvier 2007 14 h 37
    Dormons tranquille : les entreprises privées veilleront sur notre sécurité !
    Est-ce une surprise de voir que les solutions proposées à ces maux passent par un rapprochement entre les entreprises et les États... ? Surtout que le rapport a été réalisé par une centaine d'expert (bien que le journaliste ne précise pas en quoi ils sont experts) dont la courte liste dressée ici nous permet d'entrevoir la provenance : l'organisateur du Forum Économique Mondial de Davos, la banque Citigroup, le réassureur Swiss Re, la firme-conseil Marsh & McLennan et le Wharton School Risk Center.

    Bref, semer la peur afin de justifier la création, par exemple, de nouvelles coalitions - rapprochant l'entreprise du pouvoir - qui viendraient "protéger" les intérêts et la sécurité mondiale ?

    Je ne nie pas l'importance des problèmes que nos sociétés affrontent (le réchauffement, par exemple), je souligne cependant l'identité des "experts" dont il est question ici et surtout l'opportunisme des solutions proposées.
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  • Robert Daignault - Abonné
    11 janvier 2007 20 h 04
    A quand le réveil?
    http://lephoenix.wordpress.com/

    Seul un réveil citoyen peut donner espoir!
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  • - Abonné
    14 janvier 2007 11 h 02
    Un nouvel indicateur
    Notre monde se base sur la croissance économique pour mesurer son bien-être. Pourtant, Le Club de Rome a publié à la fin des années (19)60 l'ouvrage titré HALTE À LA CROISSANCE. Depuis ce temps, la croissance n'a pas cessé d'être la référence pour déterminer la santé de nos sociétés.

    Il ne faut pas se leurrer: si la croissance économique (chiffrage de l'activité) était déclarée comme inacceptable déjà il y a 50 ans, elle n'est certainement pas acceptable aujourd'hui. Un des aspects incorrects du chiffrage de l'activité économique est la non prise en compte des destructions de grands capitaux naturels tel que les forêts, les sols, de nombreuses espèces vivantes, etc, ainsi que la pollution généralisée engendrée.

    Alors, le jour où il sera possible de croire en une analyse honnête concernant la santé de la planète et de nos sociétés, il y aura un indicateur, un forme de chiffrage montrant l'état réel des actifs et des passifs terrestres.

    En attendant ce jour, un indicateur consistant d'une mesure de l'avoir des riches n'est qu'une insulte à l'intelligence et une démonstration de la FOLIE DU CAPITALISME DÉBRIDÉ. On peut alors se demander si la vraie motivation derrière le rapport du Forum économique mondial n'est pas une forme de manipulation de l'opinion publique pour justifier une hausse des coûts d'assurance, par exemple. Je doute vraiment de la sincérité de la démarche.
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