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    Îlot Trafalgar-Gleneagles - Le propriétaire devra soumettre tout projet à l'approbation de la ministre de la Culture

    5 novembre 2002 |François Cardinal | Actualités en société
    La ministre de la Culture, Diane Lemieux, après mûre réflexion, a décidé de protéger — et non de classer — l'Îlot Trafalgar-Gleneagles, reconnaissant du coup la qualité des bâtiments qui composent cet espace unique coincé entre la montagne et le centre-ville de Montréal. La firme Canderel, qui projetait d'y construire une tour à logements, n'exclut pas l'idée d'intenter des poursuites contre le gouvernement.

    En vertu de cette nouvelle reconnaissance, aucune transformation, modification, démolition ou déplacement d'une partie ou de l'ensemble de l'îlot délimité par le chemin de la Côte-des-Neiges, le Boulevard et le chemin McDougall, ne pourra être effectué sans que Québec n'en soit avisé. Cela signifie que la ministre Lemieux aura 60 jours, chaque fois que le propriétaire signalera son intention de modifier le site, pour s'y opposer, le cas échéant. Si le projet est jugé convenable, au contraire, elle laissera à la Ville la responsabilité de s'en occuper.

    À titre comparatif, un avis de classement oblige le propriétaire ou le promoteur à aller chercher une autorisation en bonne et due forme auprès de Québec pour modifier quoi que ce soit qui appartient au site visé.

    «L'Îlot Trafalgar-Gleneagles, aménagé entre 1907 et 1931, présente un caractère architectural, paysager et urbanistique remarquable en raison de la qualité des édifices Trafalgar et Gleneagles, ainsi que de leur relation spatiale définie par le mur d'enceinte, a indiqué vendredi Mme Lemieux. Ces deux conciergeries, de par la qualité de leur architecture, qui jaillit du mont Royal, contribuent à faire de cet îlot un ensemble de grande valeur.»

    Applaudie par l'organisme de protection Les Amis de la montagne, cette décision est loin de faire plaisir à la firme Canderel. En 2000, cette dernière a vu son projet de construction d'une tour de dix étages être arrêté par le gouvernement quelques jours avant que le maire de l'époque, Pierre Bourque, ne donne sa bénédiction.

    «On se trouve dans une situation totalement inacceptable, a indiqué le vice-président au développement de Canderel, David Peritz. C'est une expropriation sans compensation! On a acheté un site avec la volonté d'en faire quelque chose et à la toute fin du processus d'approbation du projet, le gouvernement nous impose un avis d'intention de classement puis une protection. En plus d'avoir perdu deux ans, on a subi des préjudices importants en raison de règles qui ont changé en cours de route.»

    L'intention de Canderel était de démolir les conciergeries Thompson et Sparrow, deux maisons centenaires en état de délabrement avancé qui sont situées au coeur de l'îlot, pour construire en lieu et place un édifice à logements luxueux de dix étages. Alors que la Commission de développement urbain étudiait le projet, en novembre 2000, la ministre de la Culture d'alors, Agnès Maltais, avait déposé une intention de classement ce qui avait eu pour effet de suspendre le dossier.

    Le gouvernement ne sera donc pas allé aussi loin que le classement en raison de la situation politique municipale actuelle. «À l'époque, a précisé l'attachée de presse du ministre, Marjolaine Perreault, les indications que nous avions nous faisaient craindre que l'administration municipale permette à Canderel de déroger du plan d'urbanisme. Nous avons donc déposé l'avis de classement. Mais aujourd'hui, on a des assurances que la réglementation va être respectée.»

    Dans le contexte actuel, même si Canderel venait à représenter un autre projet, il est à prévoir qu'elle aurait d'immenses difficultés à le concrétiser. Non seulement le site est-il dorénavant protégé, mais le mont Royal le sera aussi prochainement. La Commission des biens culturels du Québec, de concert avec la Ville de Montréal, est en train de peaufiner le périmètre de la montagne qui sera soumis à une protection.
     
     
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