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Les membres d'un YMCA soustraits à la vue d'une communauté hassidique indisposée devant tous ces corps trop peu habillés

8 novembre 2006  Actualités en société
Des membres d'un YMCA de Montréal dénoncent l'installation, par la direction, de fenêtres opaques pour satisfaire des voisins de l'immeuble, de confession juive, qui ne voulaient plus que leurs enfants puissent apercevoir des personnes légèrement vêtues qui s'entraînent.

Une pétition circule d'ailleurs parmi les membres de ce centre de conditionnement physique du quartier Mile-End.

C'est la communauté hassidique de la congrégation Yetev Lev qui a réclamé et obtenu ces nouvelles fenêtres givrées, installées au deuxième étage et à l'arrière de l'édifice du YMCA du Parc; elle en a assumé les coûts.

De l'autre côté d'une ruelle, à quelques mètres à peine de l'édifice du YMCA, se trouve le bâtiment de la congrégation Yetev Lev. Il semble que de là les jeunes enfants qui étudient à la synagogue peuvent voir les fenêtres du centre de loisirs et pourraient distinguer clairement des gens habillés d'une façon qui va à l'encontre de la tradition juive, explique Mayer Feig, directeur du Conseil juif orthodoxe pour les relations communautaires.

Aussi, en février dernier, un membre de la communauté juive hassidique a-t-il payé pour faire givrer les fenêtres, ce qui a mécontenté des abonnés du Y, qui déplorent que des cours de yoga, d'aérobie et de taï chi se donnent désormais sans vue sur l'extérieur et sans pouvoir jouir des rayons du soleil.

Pour Renée Lavaillante, cependant, le problème n'est pas la vue, ni le soleil. C'est une question de principe, selon cette Montréalaise, qui suit trois cours par semaine au YMCA du Mile-End. «C'est comme le principe du voile, dit-elle. Si nous représentons une tentation, nous devons être voilées. Alors, ils veulent nous cacher parce que nous sommes en t-shirts et en collants et que nous nous entraînons?»

Le directeur du YMCA du Parc, Serge Saint-André, affirme n'avoir subi aucune pression de la part de la communauté hassidique, mais que ce sont ses demandes répétées qui l'ont amené à trouver une solution. Il promet, néanmoins, d'étudier de près les motifs des signataires de la pétition.

Les leaders de la communauté juive disent ne pas comprendre le tollé soudain.

Abraham Perlmutter, un porte-parole de la synagogue, a dit que les leaders religieux avaient discuté de la question avec la direction du YMCA, qui a accepté de givrer les fenêtres. «C'est par respect pour notre religion. Pourquoi est-ce qu'ils se braquent contre nous? Cela ne change rien pour eux.»
 
 
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