Montréal - Un atterrissage parfait... avenue du Parc
Le pilote du Cessna a dû se frayer un chemin entre les voitures qui roulaient par dizaines à cette heure du jour achalandée
Photo : Annik MH De Carufel
Le petit Sammy Berenholc a probablement vécu l’aventure de sa jeune vie lorsque le Cessna C-172 à bord duquel il prenait place avec son père a dû faire un atterrissage d’urgence sur l’avenue du Parc, en direction nord, hier vers 16h.
Le pilote Gian Piero Ciambella sait maintenant comment Charles Lindbergh s'est senti lorsqu'il a posé son aéronef à Paris, le 20 mai 1927, au terme de la première traversée en solo de l'Atlantique. Des dizaines de Montréalais incrédules l'ont applaudi lorsqu'il est descendu de son Cessna C-172... en plein milieu de l'avenue du Parc. Le «tam-jam» battait son plein au pied du Mont-Royal, comme une fanfare triomphale, ajoutant la touche finale à cette féerie aérienne.
Malgré les apparences, M. Ciambella, 51 ans, a réalisé un atterrissage parfait sur l'avenue du Parc, en direction nord, hier vers 16h. Son appareil s'est immobilisé à une centaine de mètres de l'avenue du Mont-Royal, après qu'un quidam bien intentionné eut tiré sans succès sur la queue de l'appareil pour le freiner, procurant à cette scène déjà invraisemblable un surplus de surréalisme. Pour accomplir cet exploit, M. Ciambella a dû se frayer un chemin entre les voitures qui roulaient par dizaines à cette heure du jour achalandée. «Quand j'ai vu la route, une voie assez large, j'ai "timé" ça entre deux lumières», a-t-il dit. La circulation, comme par magie, s'est rapidement dissipée. «On n'est pas habitué d'atterrir entre les arbres et les voitures. J'ai accroché une enseigne à la dernière minute, mais l'important, c'est que personne n'a été blessé», a-t-il ajouté.
Le pilote conduisait Bill Berenholc, 49 ans, et son fils de 10 ans, Sammy. Propriétaire du restaurant Lester's, rue Bernard, M. Berenholc voulait apprécier la vue aérienne de la métropole par une journée radieuse de soleil. «Mes compliments à ce gars-là. C'est un héros», a lancé M. Berenholc. Le restaurateur était plus embêté par les moyens à prendre pour regagner l'aéroport de Saint-Hubert, où était garée sa voiture, que par cette mésaventure.
Le trio survolait le parc Lafontaine lorsque le moteur du Cessna Skyhawk s'est arrêté net, à environ 450 m d'altitude. Dans de telles circonstances, un pilote dispose d'une distance huit fois plus grande, soit de 3,6 km dans ce cas-ci, pour se poser. Ciambella a pensé mettre le cap sur le Vieux-Port, mais il n'y avait pas assez de vent pour le porter jusque-là. Les contrôleurs de l'aéroport Dorval lui ont suggéré de se poser sur une route assez large. Ironie du sort, c'est à la hauteur de l'édifice d'Air Transat que Ciambella a effectué son dernier virage pour se poser sur l'avenue du Parc. Il a accroché au passage une enseigne (une interdiction tout indiquée de faire demi-tour) à la hauteur du monument George-Étienne Cartier, ce qui a endommagé considérablement son aile gauche. Malgré cette avarie, l'homme a réussi son atterrissage.
Un pilote d'expérience
M. Ciambella est le propriétaire et pilote en chef de la compagnie Aerogram, spécialiste en publicité aérienne. Il compte plus de 5000 heures de vol à son actif. «J'ai appris à piloter un avion en même temps qu'une voiture, à l'âge de 17 ans», a-t-il dit. Le pilote n'a jamais perdu son sang-froid. Il avait déjà l'expérience d'un atterrissage d'urgence, il y a une vingtaine d'années, alors qu'il avait dû se poser dans un dépotoir à neige au beau milieu de l'hiver.
M. Berenholc et son fils n'avaient que des louages à formuler à l'égard de Ciambella. Ni l'un ni l'autre ne semblaient en état de choc. Tout au plus M. Berenholc aurait-il souhaité prendre «un verre de scotch et même deux» pour retomber complètement sur terre. Personne n'a cédé à la panique lorsque le moteur s'est éteint. «La seule chose à laquelle je pensais, c'est de trouver une solution, trouver une champ, un parc ou une route pour se poser. On imagine qu'on va avoir peur dans une telle situation, mais non», a dit M. Berenholc.
André Turenne, enquêteur principal au Bureau de la sécurité des transports du Canada, est arrivé sur les lieux vers 18h pour prendre la déposition du pilote et faire un examen préliminaire de l'appareil. En 16 ans de carrière, il n'a jamais rien vu de pareil. «C'est l'appel d'urgence le plus inhabituel que j'ai jamais eu», a-t-il concédé. Le fait qu'il n'y ait ni morts ni blessés dans cette histoire a allégé l'humeur de tous les intervenants de première ligne présents sur les lieux.
Les policiers de Montréal ont tout au plus dû gérer les problèmes de circulation, puisque l'avenue du Parc a été complètement fermée entre Prince-Arthur et Mont-Royal jusqu'en soirée. Les policiers se demandaient par ailleurs comment déplacer l'oiseau de fer de la chaussée. «Je vais être très honnête avec vous, on ne sait pas», a dit le porte-parole du SPVM, Robert Mansueto.
Le Bureau de la sécurité des transports a pris les choses en mains. Les enquêteurs ont démonté les ailes de l'avion dans la soirée pour le transporter à l'aide d'une remorque. Un premier examen sur place, réalisé par M. Turenne, a permis d'exclure la panne de carburant. «Le réservoir est plein» a-t-il dit. Les soupçons pèsent évidemment sur le moteur, qui sera examiné aujourd'hui.
M. Ciambella était bien déçu de la tournure des événements. «J'espérais pouvoir repartir le moteur et décoller tout de suite à partir d'ici.»
Malgré les apparences, M. Ciambella, 51 ans, a réalisé un atterrissage parfait sur l'avenue du Parc, en direction nord, hier vers 16h. Son appareil s'est immobilisé à une centaine de mètres de l'avenue du Mont-Royal, après qu'un quidam bien intentionné eut tiré sans succès sur la queue de l'appareil pour le freiner, procurant à cette scène déjà invraisemblable un surplus de surréalisme. Pour accomplir cet exploit, M. Ciambella a dû se frayer un chemin entre les voitures qui roulaient par dizaines à cette heure du jour achalandée. «Quand j'ai vu la route, une voie assez large, j'ai "timé" ça entre deux lumières», a-t-il dit. La circulation, comme par magie, s'est rapidement dissipée. «On n'est pas habitué d'atterrir entre les arbres et les voitures. J'ai accroché une enseigne à la dernière minute, mais l'important, c'est que personne n'a été blessé», a-t-il ajouté.
Le pilote conduisait Bill Berenholc, 49 ans, et son fils de 10 ans, Sammy. Propriétaire du restaurant Lester's, rue Bernard, M. Berenholc voulait apprécier la vue aérienne de la métropole par une journée radieuse de soleil. «Mes compliments à ce gars-là. C'est un héros», a lancé M. Berenholc. Le restaurateur était plus embêté par les moyens à prendre pour regagner l'aéroport de Saint-Hubert, où était garée sa voiture, que par cette mésaventure.
Le trio survolait le parc Lafontaine lorsque le moteur du Cessna Skyhawk s'est arrêté net, à environ 450 m d'altitude. Dans de telles circonstances, un pilote dispose d'une distance huit fois plus grande, soit de 3,6 km dans ce cas-ci, pour se poser. Ciambella a pensé mettre le cap sur le Vieux-Port, mais il n'y avait pas assez de vent pour le porter jusque-là. Les contrôleurs de l'aéroport Dorval lui ont suggéré de se poser sur une route assez large. Ironie du sort, c'est à la hauteur de l'édifice d'Air Transat que Ciambella a effectué son dernier virage pour se poser sur l'avenue du Parc. Il a accroché au passage une enseigne (une interdiction tout indiquée de faire demi-tour) à la hauteur du monument George-Étienne Cartier, ce qui a endommagé considérablement son aile gauche. Malgré cette avarie, l'homme a réussi son atterrissage.
Un pilote d'expérience
M. Ciambella est le propriétaire et pilote en chef de la compagnie Aerogram, spécialiste en publicité aérienne. Il compte plus de 5000 heures de vol à son actif. «J'ai appris à piloter un avion en même temps qu'une voiture, à l'âge de 17 ans», a-t-il dit. Le pilote n'a jamais perdu son sang-froid. Il avait déjà l'expérience d'un atterrissage d'urgence, il y a une vingtaine d'années, alors qu'il avait dû se poser dans un dépotoir à neige au beau milieu de l'hiver.
M. Berenholc et son fils n'avaient que des louages à formuler à l'égard de Ciambella. Ni l'un ni l'autre ne semblaient en état de choc. Tout au plus M. Berenholc aurait-il souhaité prendre «un verre de scotch et même deux» pour retomber complètement sur terre. Personne n'a cédé à la panique lorsque le moteur s'est éteint. «La seule chose à laquelle je pensais, c'est de trouver une solution, trouver une champ, un parc ou une route pour se poser. On imagine qu'on va avoir peur dans une telle situation, mais non», a dit M. Berenholc.
André Turenne, enquêteur principal au Bureau de la sécurité des transports du Canada, est arrivé sur les lieux vers 18h pour prendre la déposition du pilote et faire un examen préliminaire de l'appareil. En 16 ans de carrière, il n'a jamais rien vu de pareil. «C'est l'appel d'urgence le plus inhabituel que j'ai jamais eu», a-t-il concédé. Le fait qu'il n'y ait ni morts ni blessés dans cette histoire a allégé l'humeur de tous les intervenants de première ligne présents sur les lieux.
Les policiers de Montréal ont tout au plus dû gérer les problèmes de circulation, puisque l'avenue du Parc a été complètement fermée entre Prince-Arthur et Mont-Royal jusqu'en soirée. Les policiers se demandaient par ailleurs comment déplacer l'oiseau de fer de la chaussée. «Je vais être très honnête avec vous, on ne sait pas», a dit le porte-parole du SPVM, Robert Mansueto.
Le Bureau de la sécurité des transports a pris les choses en mains. Les enquêteurs ont démonté les ailes de l'avion dans la soirée pour le transporter à l'aide d'une remorque. Un premier examen sur place, réalisé par M. Turenne, a permis d'exclure la panne de carburant. «Le réservoir est plein» a-t-il dit. Les soupçons pèsent évidemment sur le moteur, qui sera examiné aujourd'hui.
M. Ciambella était bien déçu de la tournure des événements. «J'espérais pouvoir repartir le moteur et décoller tout de suite à partir d'ici.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

