Mieux-être - Notre nature profonde
9 septembre 2006
Actualités en société
Si on m'avait dit ça! Alors que je vois ma grande fille partir vers l'inconnu (il faut aller le chercher loin, l'inconnu!), j'apprends que les nausées des premiers mois de grossesse ont un lien avec le régime alimentaire. Y a-t-il quelque chose dans la vie qui n'ait pas un lien avec le régime alimentaire? Peut-on soigner un coeur brisé par un aliment super réparant... s'il vous plaît?
Il semble que dans le cas de la conception, ce soit la façon qu'ait trouvée notre corps pour protéger le foetus... des détritus qu'on voudrait lui passer comme s'il s'agissait de nutriments. Notre corps est toujours formidable, il a toujours raison, seulement on croit qu'il est à notre service, qu'il doit se soumettre à nos expériences, nos folies, nos négligences et nos entêtements... Et on ne sait pas l'écouter avant qu'il ne soit tard. Étudier les nausées nous donne un aperçu de l'écart abyssal qu'il y a entre nos perceptions et notre raison.
D'accord, cette recherche britannique a été faite avec 56 femmes, ce n'est pas le Pérou. Mais tout de même, ça ne fera pas de mal de modifier son alimentation à quiconque commence cette grande aventure, non? Les 56 femmes ont été choisies dans une vingtaine de pays; celles qui avaient l'habitude de manger du sucre ou des aliments frits souffraient de nausées beaucoup plus sérieuses. On a aussi noté que la consommation de viande et de café augmentait ce désagrément qu'on a toujours cru «naturel» ou «normal». Vous voilà prévenues!
Mon grand dada, ces derniers temps, c'est d'essayer d'articuler une pensée cohérente en ce qui a trait à notre mépris de la nature. Pas que j'y arrive; je pataugerais, plutôt. Mais je suis frappée par notre arrogance ordinaire, celle qu'on a si bien intégrée qu'on s'offusque quand des gens remettent en question nos comportements.
L'économie n'est que le véhicule de cette domination dont nous sommes tous les titulaires autoritaires plus ou moins consciemment. Comme c'est une attitude que nous avons peu à peu adoptée, nous soumettant nous-mêmes à la dictature des inventions qui nous permettent d'améliorer notre ordinaire — à court terme, c'est là le problème —, il est plutôt difficile de débusquer ces distorsions. Tais-toi et marche: c'est ce qu'on désire de notre corps et, par extension, de notre environnement. Adapte-toi et obéis. Si seulement notre coeur pouvait comprendre ça... Le corps, pas plus fin, n'en fait qu'à sa tête.
Quand on commence à constater des dégâts — les conséquences indésirables, disons —, on s'offusque, on conteste, on nie en criant à l'injustice et on voudrait harnacher la nature indisciplinée. On s'entête. On a tout un vocabulaire de bataille et de guerre (sous-entendant que nous sommes le conquérant, le juste, l'«axe du bien»). Dans le monde de la maladie, on l'applique en premier à la «lutte» contre le cancer, par exemple.
On accepte parfois de chercher humblement ce qu'on a pu faire pour induire cet état. Je ne dis pas qu'il faut chercher de quoi on s'est rendu coupable, je dis qu'il faut chercher, sans orgueil, ce qui pourrait avoir déclenché le dérèglement. Cette dernière attitude conduit parfois à la contestation, à la revendication de changements et parfois à des modifications en profondeur de nos vies, ce qui demande pas mal de courage.
À vouloir nier la nature, l'univers, l'environnement, donnez-lui n'importe quel nom, mais cela comprend le corps et la Terre. Donc, notre mépris hautain, quel prix le paie-t-on? On a donné de la nourriture animale à des vaches végétariennes par nature, on a eu des maladies de vaches qui se sont transmises à des humains, vous vous rappelez? On a des allergies comme jamais, des taux de cancers inégalés dans l'histoire, des syndromes qu'on n'appelle même pas des maladies tellement on ne les comprend pas...
Le Center for Disease Control (CDC) des Américains a déjà démontré qu'entre 1970 et 1993, les problèmes liés à la reproductivité des hommes ont doublé. On ne fait pas le lien avec l'adoption internationale? Les nouvelles maladies comme l'hyperactivité ou l'autisme ne sont tout de même pas là parce qu'on a de nouvelles lunettes pour les voir ou de nouveaux noms à leur donner... Penser cela systématiquement relève encore de notre égocentrisme. Dernière nouveauté: on a dorénavant la possibilité de rayer le cycle menstruel de nos vies. On nous présente cela comme une libération. Si vous voulez un enfant, vous arrêtez la médication et vous concevez.
Il faut pourtant pousser la réflexion un peu plus loin. Comme me l'écrivait au printemps dernier un lecteur qui travaille chez Serena, les femmes ont été la terre promise pour la médicalisation des processus liés à la vie. Il me demande ceci: vous rappelez-vous de Nemesis Medical, d'Ivan Illich? Peut-être faudrait-il le rééditer...
***
vallieca@hotmail.com
Il semble que dans le cas de la conception, ce soit la façon qu'ait trouvée notre corps pour protéger le foetus... des détritus qu'on voudrait lui passer comme s'il s'agissait de nutriments. Notre corps est toujours formidable, il a toujours raison, seulement on croit qu'il est à notre service, qu'il doit se soumettre à nos expériences, nos folies, nos négligences et nos entêtements... Et on ne sait pas l'écouter avant qu'il ne soit tard. Étudier les nausées nous donne un aperçu de l'écart abyssal qu'il y a entre nos perceptions et notre raison.
D'accord, cette recherche britannique a été faite avec 56 femmes, ce n'est pas le Pérou. Mais tout de même, ça ne fera pas de mal de modifier son alimentation à quiconque commence cette grande aventure, non? Les 56 femmes ont été choisies dans une vingtaine de pays; celles qui avaient l'habitude de manger du sucre ou des aliments frits souffraient de nausées beaucoup plus sérieuses. On a aussi noté que la consommation de viande et de café augmentait ce désagrément qu'on a toujours cru «naturel» ou «normal». Vous voilà prévenues!
Mon grand dada, ces derniers temps, c'est d'essayer d'articuler une pensée cohérente en ce qui a trait à notre mépris de la nature. Pas que j'y arrive; je pataugerais, plutôt. Mais je suis frappée par notre arrogance ordinaire, celle qu'on a si bien intégrée qu'on s'offusque quand des gens remettent en question nos comportements.
L'économie n'est que le véhicule de cette domination dont nous sommes tous les titulaires autoritaires plus ou moins consciemment. Comme c'est une attitude que nous avons peu à peu adoptée, nous soumettant nous-mêmes à la dictature des inventions qui nous permettent d'améliorer notre ordinaire — à court terme, c'est là le problème —, il est plutôt difficile de débusquer ces distorsions. Tais-toi et marche: c'est ce qu'on désire de notre corps et, par extension, de notre environnement. Adapte-toi et obéis. Si seulement notre coeur pouvait comprendre ça... Le corps, pas plus fin, n'en fait qu'à sa tête.
Quand on commence à constater des dégâts — les conséquences indésirables, disons —, on s'offusque, on conteste, on nie en criant à l'injustice et on voudrait harnacher la nature indisciplinée. On s'entête. On a tout un vocabulaire de bataille et de guerre (sous-entendant que nous sommes le conquérant, le juste, l'«axe du bien»). Dans le monde de la maladie, on l'applique en premier à la «lutte» contre le cancer, par exemple.
On accepte parfois de chercher humblement ce qu'on a pu faire pour induire cet état. Je ne dis pas qu'il faut chercher de quoi on s'est rendu coupable, je dis qu'il faut chercher, sans orgueil, ce qui pourrait avoir déclenché le dérèglement. Cette dernière attitude conduit parfois à la contestation, à la revendication de changements et parfois à des modifications en profondeur de nos vies, ce qui demande pas mal de courage.
À vouloir nier la nature, l'univers, l'environnement, donnez-lui n'importe quel nom, mais cela comprend le corps et la Terre. Donc, notre mépris hautain, quel prix le paie-t-on? On a donné de la nourriture animale à des vaches végétariennes par nature, on a eu des maladies de vaches qui se sont transmises à des humains, vous vous rappelez? On a des allergies comme jamais, des taux de cancers inégalés dans l'histoire, des syndromes qu'on n'appelle même pas des maladies tellement on ne les comprend pas...
Le Center for Disease Control (CDC) des Américains a déjà démontré qu'entre 1970 et 1993, les problèmes liés à la reproductivité des hommes ont doublé. On ne fait pas le lien avec l'adoption internationale? Les nouvelles maladies comme l'hyperactivité ou l'autisme ne sont tout de même pas là parce qu'on a de nouvelles lunettes pour les voir ou de nouveaux noms à leur donner... Penser cela systématiquement relève encore de notre égocentrisme. Dernière nouveauté: on a dorénavant la possibilité de rayer le cycle menstruel de nos vies. On nous présente cela comme une libération. Si vous voulez un enfant, vous arrêtez la médication et vous concevez.
Il faut pourtant pousser la réflexion un peu plus loin. Comme me l'écrivait au printemps dernier un lecteur qui travaille chez Serena, les femmes ont été la terre promise pour la médicalisation des processus liés à la vie. Il me demande ceci: vous rappelez-vous de Nemesis Medical, d'Ivan Illich? Peut-être faudrait-il le rééditer...
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