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Nouvelle attaque en Virginie - La psychose du « sniper » grimpe encore

Presque toutes les manifestations publiques en plein air prévues ce week-end ont été annulées dans la région de Washington

21 octobre 2002  Actualités en société
Des agents du FBI passent au peigne fin le stationnement et le boisé où un tireur embusqué, qui pourrait être le tueur en série, a fait une nouvelle victime, samedi soir, vers 20h, à Ashland, à 130 km au sud de Washington.
Photo : Agence Reuters
Des agents du FBI passent au peigne fin le stationnement et le boisé où un tireur embusqué, qui pourrait être le tueur en série, a fait une nouvelle victime, samedi soir, vers 20h, à Ashland, à 130 km au sud de Washington.
Washington — La psychose concernant le tireur embusqué est encore montée d'un cran après une nouvelle attaque samedi soir en Virginie qui a fait un blessé grave et qui pourrait être l'oeuvre du mystérieux «sniper» terrorisant la région de Washington depuis le début du mois.

Un homme de 37 ans a été touché d'une balle dans l'abdomen alors qu'il sortait, samedi soir vers 20h, avec sa femme d'un restaurant d'Ashland, ville située à environ 130 km au sud de Washington.

La victime se trouvait entre la vie et la mort hier. «Elle est toujours dans une unité de soins intensifs et son état reste critique», a déclaré à l'AFP une porte-parole de l'hôpital où l'homme, dont l'identité n'a pas été révélée, a été opéré pendant plus de trois heures et pourrait l'être à nouveau dans la journée.

«Nous ne savons pas avec certitude s'il s'agit ou pas» d'une nouvelle attaque du sniper qui a déjà tué, depuis le 2 octobre, neuf personnes et en a blessé grièvement deux autres, dont un enfant, a affirmé le shérif du Comté de Hanover, Stuart Cook.

La police se montrait donc prudente, mais traitait cette affaire comme s'il s'agissait de la douzième attaque du tueur en série qui lui échappe depuis plus de deux semaines. À la recherche du moindre indice, plus de 150 policiers passaient ainsi hier matin au peigne fin les environs immédiats du restaurant Ponderosa où s'est déroulée la nouvelle attaque, notamment une zone boisée à une centaine de mètres du restaurant qui a pu servir de «cache» à l'assaillant.

Circonstances similaires

Vu l'état critique de la victime, les chirurgiens ont renoncé à extraire la balle qui l'a touchée et qui aurait pu permettre à la police de dire rapidement si le projectile possède des caractéristiques identiques à celles des balles utilisées par le tireur embusqué.

En attendant, force est de constater que les circonstances de l'attaque d'Ashland sont remarquablement similaires aux précédentes actions du sniper. Le tireur a agi le soir en tirant apparemment un seul coup de feu; les alentours du restaurant lui permettaient facilement de se dissimuler. Une autoroute — reliant Richmond à Washington — était située non loin du restaurant.

Le sniper a toujours tiré à proximité d'un axe autoroutier lui permettant de s'enfuir rapidement en voiture. À chaque fois, il n'a tiré qu'une seule balle, à plus de 100 mètres la plupart du temps. Jusqu'ici, il n'avait jamais agi aussi loin de Washington. Mais cet élément ne suffit pas à écarter son éventuelle responsabilité car le tueur en série a pu choisir de s'éloigner de la banlieue de la capitale en raison de l'énorme déploiement des forces de sécurité mis en oeuvre dans cette région.

Que la nouvelle attaque soit l'oeuvre ou pas du mystérieux tueur, elle a pour effet de relancer encore un peu plus le sentiment de panique existant partout à Washington et dans un large rayon autour de la capitale américaine. Signe de cette peur ou psychose, pratiquement toutes les manifestations publiques prévues ce week-end en plein air — rencontres sportives, concerts, fêtes populaires — ont été annulées dans cette région abritant plus de cinq millions de personnes.

Et les propos hier du secrétaire d'État américain n'écartant pas totalement une éventuelle implication du réseau terroriste al-Qaïda dans les meurtres en série ne devraient pas aider à rassurer la population. Interrogé à la télévision sur cette possible implication, Colin Powell a affirmé que cela était «concevable», mais qu'il n'vait pas encore vu «de preuve pour lier cette terrible série d'attaques dans la région de Washington à al-Qaïda».
 
 
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