Sorties - Laver, laver chez Robin des Bois
Le nouveau «restaurant bienfaiteur» versera ses profits à des organisations caritatives montréalaises
Photo : Agence Reuters
« On n’est pas v’nus au monde pour se r’garder l’nombril », chantait Diane Dufresne en 1975 dans Actualités. En effet. De plus, scruter son ombilic et se faire de la mousse pour des vétilles égocentriques, ça épuise. Et puis, la générosi
Y a rien qu'des guerres et pis des crimes
Ça m'tombe su'é nerfs pis ça m'déprime*
Et c'est sans parler des pubs de Bell avec les deux castors. Qu'on appelle vite un fourreur !
Détournements et enlèvements
J'marche pus dans rue, j'prends pus l'avion
J'm'enferme dans mon appartement
Pis j'regarde la télévision
Très mauvaise décision. Surtout l'été, au moins jusqu'à ce qu'on attrape Ben Laden.
Y a des enfants qui meurent de faim
Au Bangladesh, en Éthiopie
«Mange ta main, garde l'aut' pour demain»
Quand j'y pense, ça m'coupe l'appétit
Non, Diane, il ne faut pas trop y penser. Jeûner à Arvida ne changera rien à Calcutta. Par contre, se bourrer la face chez Robin des Bois peut faire une (toute petite) différence ici, maintenant. Car les profits qu'engrangera ce «restaurant bienfaiteur» seront versés à diverses organisations caritatives montréalaises (Le Bon Dieu dans la rue et Jeunesse au Soleil, entre autres).
Y en a qui rêvent à d'autres planètes
Y en a qui rêvent d'un monde nouveau
Pas nouveau, peut-être, mais plus meilleur. C'est le cas d'un couple charmant, Judy Servay et Philippe Fehmiu. Elle travaille dans l'ombre, comme productrice (la série Yin Yang, présentée en 2004 à Télé-Québec). Lui ? Tout le monde en a parlé l'automne dernier. Inconnu de quiconque n'écoutait pas MusiquePlus dans les années 90 et TQS dans les années 2000, Philippe s'est alors retrouvé au Point à Radio-Canada, expliquant à Dominique Poirier pourquoi il avait décidé de ne pas animer Loft Story 2 si le doc Mailloux, dont les propos odieux sur l'intelligence des Noirs à TLMEP venaient de créer une commotion, participait comme prévu à l'émission. L'«ultimatum» lancé sur la place publique a défrisé le «mouton noir», qui s'est délesté des deux.
J'achète les journaux à potins
J'sais la vie des vedettes par coeur
Quand y leur arrive des malheurs
On dirait qu'ça nous fait du bien
Libéré de la tâche colossale de se farcir pendant des semaines les échanges fascinants d'une bande d'australopithèques — et d'une somme que certains journaux à potins ont estimée à 100 000 $ —, Philippe a eu le loisir d'insuffler vie à un projet longuement mûri avec sa Judy et leurs amis (producteurs, artistes, animateurs). Ils ont baptisé cette créature Robin des Bois, du nom du gars en collants qui prenait aux riches pour redonner aux pauvres. Les riches, c'est moi, et vous.
On n'est pas v'nus au monde
Pour se r'garder l'nombril
Justement. Elle est là, l'idée originale derrière Robin des Bois: le bénévolat. Sauf quelques tâches bien précises — la gérante, les cuisiniers —, aucun employé n'est rémunéré. Et cet employé, c'est vous ou, dans le cas présent, moi.
J'ai suivi la démarche et me suis inscrit (incognito) sur le site Internet du restaurant, catégorie «service aux tables» (expérience exigée). Pour une bonne cause, j'étais prêt à affronter avec le sourire les terribles branchés du boulevard Saint-Laurent.
À 14 h 30, je me suis présenté, la tignasse gominée, tout de noir vêtu et stressé parce qu'un peu rouillé. Oups. Mon nom n'était pas sur la liste à cause du site qui n'est pas au point (voir l'entrevue avec Philippe). Je me suis soudain vu comme un cheveu ondulé à la provenance indéterminée sur la soupe dahl (seule denrée gratuite pour sustenter les bénévoles ; heureusement que la dahl est savoureuse, comme le reste d'ailleurs, car j'y suis retourné, à titre de client cette fois). Le resto étant vide (après le lunch), on m'a gentiment dirigé vers la cuisine, où m'attendaient un tablier blanc et un foulard bariolé. Adieu tignasse et ronds de jambe en salle, bonjour le look Pirate des Caraïbes et vaisselle (sale).
La madame, qui plongeait depuis 9h du mat', était bien contente de me passer le flambeau, ou plutôt le tuyau à jet d'eau. «C'est ma première journée, a-t-elle soufflé, le chignon de travers et les yeux brillants. Je suis retraitée, j'ai le temps d'aider ici. Je connais Sophie, qui s'occupe des relations publiques. Et toi ? » Euh... j'ai lu un article dans le journal...
Puisque je n'étais pas payé pour placoter, je me mis illico à bosser, laver, récurer chaudrons, louches et assez de ces bols en inox que les cuisiniers appellent culs-de-poule pour devenir proctologue aviaire.
À propos de cuisiniers, celui qui officiait ce jour-là, Arno, un homme calme à la patience d'ange, m'a chargé d'une autre mission: nettoyer la laitue. Oui, Arno. Un jeu d'enfant, pensais-je... jusqu'à ce que la grande patronne des fourneaux, Myriam Pelletier, la chef consultante formée chez Toqué ! me surprenne en pleine action humanitaire. Aïe aïe aïe ! « Il faut y aller en douceur, comme avec une femme. Sinon, la salade se fane.» Oui, chef !
Une petite blonde a fait irruption dans «ma» cuisine: «J'ai besoin d'aide, de bras, pour rentrer des caisses de vin.» «Les gros bras, c'est lui», a dit Arno en me désignant du torchon. Toutes ces heures passées à la gym serviraient enfin à soulager la misère ! « Comment tu as su, pour le restaurant ? m'a-t-elle demandé entre sa voiture et le sous-sol. Euh, j'ai lu un article... Et toi ? « C'est mon idée.» Ah, c'est toi, la copine de Philippe ? « Oui.» Enchanté !
De retour à mon évier et à mes culs-de-poule crottés, je me suis fait un nouvel ami, Sasha le marmiton. «Les bénévoles apportent une belle ambiance», m'a-t-il avoué dans la cour arrière pendant notre pause-café, un remontant qu'il est lui-même allé chercher en m'offrant une cigarette. Un autre chic type, quoi.
À 18h, Petit Jean-Yves rendait son tablier à Robin des Bois (et se redressait la tignasse), heureux de n'avoir rien brisé ni d'avoir mis le feu. Un peu déçu, peut-être. J'espérais y croiser soeur Angèle, une des nombreuses personnalités qui marrainent le resto. J'ai toujours voulu apprendre comment faire de beaux pets-de-nonne.
* Tous les textes en italiques sont extraits d'Actualités, de Luc Plamondon. Tirés de Paroles de Plamondon (Lanctôt éditeur, 2005). Trois cents chansons, dont de très très grandes, du genre que plus personne n'écrit (même plus Luc... ).
- Robin des Bois, 4403, boulevard Saint-Laurent, % (514) 288-1010, www.robindesbois.ca
Questions à Philippe Fehmiu
JYG. La générosité des vedettes est à la mode. Angelina Jolie veut sauver l'Afrique, Bill Gates, le monde, Bono, l'univers, Chantal Lacroix, le Québec. Il te reste le Plateau. Certains esprits chagrins pensent que la générosité faite devant des caméras n'est pas dénuée d'intérêts personnels (en anglais, on appelle ça un vanity project).
PF. Pas dénuée d'intérêts, hum... J'ai toujours été bénévole. Dès l'école primaire, j'étais actif dans les comités, les spectacles, les soirées-bénéfice et autres trucs de ce genre. Je pense que ce désir de changer les choses vient de mes parents. J'ai grandi à Sainte-Thècle, en Mauricie. Ma mère était active dans les comités de parents et elle est une des fondatrices de la maison des jeunes de notre petite communauté. Et mon père est un homme d'une seule cause: la reconnaissance de l'apport du peuple africain au Canada. Il est historien, auteur et enseignant, expert de l'histoire des Noirs au Bas-Canada.
JYG. Sur le site Internet de Robin des Bois, il est écrit qu'une émission inspirée du resto — avec des personnalités aux fourneaux ou au service, coproduite par ta copine Judy et animée par toi — sera diffusée en septembre. Qu'en est-il ?
PF. On a déplacé l'ordre de nos priorités. Le projet d'une émission est en veilleuse. Des stations de télé ont démontré de l'intérêt. À suivre, donc, en janvier ou septembre 2007.
JYG. La Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal a donné 30 000 $ pour votre resto et 25 000 $ au Refuge des jeunes (le «bébé» de Dan Bigras). On peut se demander ce qui aide le plus les gens dans le pétrin. Manger au Robin des Bois (le midi, deux personnes peuvent facilement dépenser 60 $) ou apporter un lunch au bureau et donner ces 60 $ directement au Refuge des jeunes ? Ou encore offrir 2 $ à 30 itinérants (ce qui équivaut à se promener sur la rue Saint-Denis entre Sainte-Catherine et Sherbrooke) ?
PF. Les gens sont libres de faire ce qu'ils veulent. Nous, on donne un cadre à ceux qui veulent s'engager et s'investir sans être en contact avec la misère.
JYG. C'est bien connu: la restauration n'est pas un moyen de faire du cash, à moins de s'appeler McDo (ou Toqué !). Combien estimes-tu pouvoir remettre aux organismes de charité dans un an ?
PF. Il y aura des profits, mais on a décidé de ne pas avancer de chiffres avant la fin d'octobre, donc trois mois après l'ouverture. Je peux dire, par contre, que le resto connaît un taux d'achalandage de 80 % (le week-end, il faut vraiment réserver). Et qu'il y a des fournisseurs qui nous font de bons prix.
JYG. Donne-moi quelques noms de gens connus qui ont fait du bénévolat au resto depuis l'ouverture, à part Luck Mervil qui a coupé des carottes.
PF. Les clients aiment ça, se faire servir par des personnalités, comme les comédiens Patrice Coquereau, Anne-Marie Cadieux, Marie Charlebois... DJ Champion a travaillé en cuisine. Geneviève Borne veut rassembler des ex de MusiquePlus. Et, en plus de couper des carottes, Luck a fait de très bons muffins. Même le chef a été surpris.
JYG. J'ai remarqué qu'il y a des fautes et des lourdeurs de style dans les textes publiés sur le site Internet. Je veux faire ma part et corriger le tout, gratos. Et je ne le dirai à personne. D'accord ?
PF. Oui. C'est très apprécié. On cherche aussi quelqu'un pour coordonner notre site Internet, qui est très complexe. Et je sais qu'il y a des ratés. Je te rappelle la semaine prochaine.
jyg90@hotmail.com
Ça m'tombe su'é nerfs pis ça m'déprime*
Et c'est sans parler des pubs de Bell avec les deux castors. Qu'on appelle vite un fourreur !
Détournements et enlèvements
J'marche pus dans rue, j'prends pus l'avion
J'm'enferme dans mon appartement
Pis j'regarde la télévision
Très mauvaise décision. Surtout l'été, au moins jusqu'à ce qu'on attrape Ben Laden.
Y a des enfants qui meurent de faim
Au Bangladesh, en Éthiopie
«Mange ta main, garde l'aut' pour demain»
Quand j'y pense, ça m'coupe l'appétit
Non, Diane, il ne faut pas trop y penser. Jeûner à Arvida ne changera rien à Calcutta. Par contre, se bourrer la face chez Robin des Bois peut faire une (toute petite) différence ici, maintenant. Car les profits qu'engrangera ce «restaurant bienfaiteur» seront versés à diverses organisations caritatives montréalaises (Le Bon Dieu dans la rue et Jeunesse au Soleil, entre autres).
Y en a qui rêvent à d'autres planètes
Y en a qui rêvent d'un monde nouveau
Pas nouveau, peut-être, mais plus meilleur. C'est le cas d'un couple charmant, Judy Servay et Philippe Fehmiu. Elle travaille dans l'ombre, comme productrice (la série Yin Yang, présentée en 2004 à Télé-Québec). Lui ? Tout le monde en a parlé l'automne dernier. Inconnu de quiconque n'écoutait pas MusiquePlus dans les années 90 et TQS dans les années 2000, Philippe s'est alors retrouvé au Point à Radio-Canada, expliquant à Dominique Poirier pourquoi il avait décidé de ne pas animer Loft Story 2 si le doc Mailloux, dont les propos odieux sur l'intelligence des Noirs à TLMEP venaient de créer une commotion, participait comme prévu à l'émission. L'«ultimatum» lancé sur la place publique a défrisé le «mouton noir», qui s'est délesté des deux.
J'achète les journaux à potins
J'sais la vie des vedettes par coeur
Quand y leur arrive des malheurs
On dirait qu'ça nous fait du bien
Libéré de la tâche colossale de se farcir pendant des semaines les échanges fascinants d'une bande d'australopithèques — et d'une somme que certains journaux à potins ont estimée à 100 000 $ —, Philippe a eu le loisir d'insuffler vie à un projet longuement mûri avec sa Judy et leurs amis (producteurs, artistes, animateurs). Ils ont baptisé cette créature Robin des Bois, du nom du gars en collants qui prenait aux riches pour redonner aux pauvres. Les riches, c'est moi, et vous.
On n'est pas v'nus au monde
Pour se r'garder l'nombril
Justement. Elle est là, l'idée originale derrière Robin des Bois: le bénévolat. Sauf quelques tâches bien précises — la gérante, les cuisiniers —, aucun employé n'est rémunéré. Et cet employé, c'est vous ou, dans le cas présent, moi.
J'ai suivi la démarche et me suis inscrit (incognito) sur le site Internet du restaurant, catégorie «service aux tables» (expérience exigée). Pour une bonne cause, j'étais prêt à affronter avec le sourire les terribles branchés du boulevard Saint-Laurent.
À 14 h 30, je me suis présenté, la tignasse gominée, tout de noir vêtu et stressé parce qu'un peu rouillé. Oups. Mon nom n'était pas sur la liste à cause du site qui n'est pas au point (voir l'entrevue avec Philippe). Je me suis soudain vu comme un cheveu ondulé à la provenance indéterminée sur la soupe dahl (seule denrée gratuite pour sustenter les bénévoles ; heureusement que la dahl est savoureuse, comme le reste d'ailleurs, car j'y suis retourné, à titre de client cette fois). Le resto étant vide (après le lunch), on m'a gentiment dirigé vers la cuisine, où m'attendaient un tablier blanc et un foulard bariolé. Adieu tignasse et ronds de jambe en salle, bonjour le look Pirate des Caraïbes et vaisselle (sale).
La madame, qui plongeait depuis 9h du mat', était bien contente de me passer le flambeau, ou plutôt le tuyau à jet d'eau. «C'est ma première journée, a-t-elle soufflé, le chignon de travers et les yeux brillants. Je suis retraitée, j'ai le temps d'aider ici. Je connais Sophie, qui s'occupe des relations publiques. Et toi ? » Euh... j'ai lu un article dans le journal...
Puisque je n'étais pas payé pour placoter, je me mis illico à bosser, laver, récurer chaudrons, louches et assez de ces bols en inox que les cuisiniers appellent culs-de-poule pour devenir proctologue aviaire.
À propos de cuisiniers, celui qui officiait ce jour-là, Arno, un homme calme à la patience d'ange, m'a chargé d'une autre mission: nettoyer la laitue. Oui, Arno. Un jeu d'enfant, pensais-je... jusqu'à ce que la grande patronne des fourneaux, Myriam Pelletier, la chef consultante formée chez Toqué ! me surprenne en pleine action humanitaire. Aïe aïe aïe ! « Il faut y aller en douceur, comme avec une femme. Sinon, la salade se fane.» Oui, chef !
Une petite blonde a fait irruption dans «ma» cuisine: «J'ai besoin d'aide, de bras, pour rentrer des caisses de vin.» «Les gros bras, c'est lui», a dit Arno en me désignant du torchon. Toutes ces heures passées à la gym serviraient enfin à soulager la misère ! « Comment tu as su, pour le restaurant ? m'a-t-elle demandé entre sa voiture et le sous-sol. Euh, j'ai lu un article... Et toi ? « C'est mon idée.» Ah, c'est toi, la copine de Philippe ? « Oui.» Enchanté !
De retour à mon évier et à mes culs-de-poule crottés, je me suis fait un nouvel ami, Sasha le marmiton. «Les bénévoles apportent une belle ambiance», m'a-t-il avoué dans la cour arrière pendant notre pause-café, un remontant qu'il est lui-même allé chercher en m'offrant une cigarette. Un autre chic type, quoi.
À 18h, Petit Jean-Yves rendait son tablier à Robin des Bois (et se redressait la tignasse), heureux de n'avoir rien brisé ni d'avoir mis le feu. Un peu déçu, peut-être. J'espérais y croiser soeur Angèle, une des nombreuses personnalités qui marrainent le resto. J'ai toujours voulu apprendre comment faire de beaux pets-de-nonne.
* Tous les textes en italiques sont extraits d'Actualités, de Luc Plamondon. Tirés de Paroles de Plamondon (Lanctôt éditeur, 2005). Trois cents chansons, dont de très très grandes, du genre que plus personne n'écrit (même plus Luc... ).
- Robin des Bois, 4403, boulevard Saint-Laurent, % (514) 288-1010, www.robindesbois.ca
Questions à Philippe Fehmiu
JYG. La générosité des vedettes est à la mode. Angelina Jolie veut sauver l'Afrique, Bill Gates, le monde, Bono, l'univers, Chantal Lacroix, le Québec. Il te reste le Plateau. Certains esprits chagrins pensent que la générosité faite devant des caméras n'est pas dénuée d'intérêts personnels (en anglais, on appelle ça un vanity project).
PF. Pas dénuée d'intérêts, hum... J'ai toujours été bénévole. Dès l'école primaire, j'étais actif dans les comités, les spectacles, les soirées-bénéfice et autres trucs de ce genre. Je pense que ce désir de changer les choses vient de mes parents. J'ai grandi à Sainte-Thècle, en Mauricie. Ma mère était active dans les comités de parents et elle est une des fondatrices de la maison des jeunes de notre petite communauté. Et mon père est un homme d'une seule cause: la reconnaissance de l'apport du peuple africain au Canada. Il est historien, auteur et enseignant, expert de l'histoire des Noirs au Bas-Canada.
JYG. Sur le site Internet de Robin des Bois, il est écrit qu'une émission inspirée du resto — avec des personnalités aux fourneaux ou au service, coproduite par ta copine Judy et animée par toi — sera diffusée en septembre. Qu'en est-il ?
PF. On a déplacé l'ordre de nos priorités. Le projet d'une émission est en veilleuse. Des stations de télé ont démontré de l'intérêt. À suivre, donc, en janvier ou septembre 2007.
JYG. La Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal a donné 30 000 $ pour votre resto et 25 000 $ au Refuge des jeunes (le «bébé» de Dan Bigras). On peut se demander ce qui aide le plus les gens dans le pétrin. Manger au Robin des Bois (le midi, deux personnes peuvent facilement dépenser 60 $) ou apporter un lunch au bureau et donner ces 60 $ directement au Refuge des jeunes ? Ou encore offrir 2 $ à 30 itinérants (ce qui équivaut à se promener sur la rue Saint-Denis entre Sainte-Catherine et Sherbrooke) ?
PF. Les gens sont libres de faire ce qu'ils veulent. Nous, on donne un cadre à ceux qui veulent s'engager et s'investir sans être en contact avec la misère.
JYG. C'est bien connu: la restauration n'est pas un moyen de faire du cash, à moins de s'appeler McDo (ou Toqué !). Combien estimes-tu pouvoir remettre aux organismes de charité dans un an ?
PF. Il y aura des profits, mais on a décidé de ne pas avancer de chiffres avant la fin d'octobre, donc trois mois après l'ouverture. Je peux dire, par contre, que le resto connaît un taux d'achalandage de 80 % (le week-end, il faut vraiment réserver). Et qu'il y a des fournisseurs qui nous font de bons prix.
JYG. Donne-moi quelques noms de gens connus qui ont fait du bénévolat au resto depuis l'ouverture, à part Luck Mervil qui a coupé des carottes.
PF. Les clients aiment ça, se faire servir par des personnalités, comme les comédiens Patrice Coquereau, Anne-Marie Cadieux, Marie Charlebois... DJ Champion a travaillé en cuisine. Geneviève Borne veut rassembler des ex de MusiquePlus. Et, en plus de couper des carottes, Luck a fait de très bons muffins. Même le chef a été surpris.
JYG. J'ai remarqué qu'il y a des fautes et des lourdeurs de style dans les textes publiés sur le site Internet. Je veux faire ma part et corriger le tout, gratos. Et je ne le dirai à personne. D'accord ?
PF. Oui. C'est très apprécié. On cherche aussi quelqu'un pour coordonner notre site Internet, qui est très complexe. Et je sais qu'il y a des ratés. Je te rappelle la semaine prochaine.
jyg90@hotmail.com
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