À vol d'oiseau
Unakuluk, cher petit, un documentaire de la réalisatrice Marie-Hélène Cousineau
Source: Arnait Video
Ils vivent côte à côte. Ils sont blancs. Ils sont indiens. Ils sont inuits. Ils sont devenus métis. Et ils partagent un même continent. De la difficile relation entre les peuples.
Depuis 1980, une lueur d'espoir apparaît dans l'univers de l'archéologie. Un travail sur des sites récemment découverts en Amérique centrale a permis de décoder pour une première fois l'écriture maya, qui non seulement n'est pas phonétique, mais voit le même signe être repris sur plus d'une seule forme calligraphique. Là, les formes évoluent, se transforment, et la beauté de l'ensemble semble avoir autant, sinon plus d'importance que le personnage, ou le symbole, ou l'action qu'elle dépeint ou raconte.
Double héritage
L'Europe et, par-delà, l'Amérique et l'Asie blanche savent tout de leurs mythes fondateurs: en psychanalyse, les spécialistes, Freud en tête, dans un geste qui lie la Grèce préclassique au monde contemporain, ne retournent-ils pas jusqu'à Homère ou autres Sophocle et Eschyle pour expliquer la vie sexuelle des êtres? Et depuis combien de siècles ne mesure-t-on pas la hauteur des pyramides pour établir le haut niveau de connaissances mathématiques des anciens Égyptiens?
En retour, sur ce continent-ci, on ignore tout ou presque des premiers peuples et des différentes cosmogonies qui ont établi leur lecture de l'univers. Demanderions-nous à un citoyen québécois de citer un seul mythe iroquois, ou huron, ou inuit, qu'à l'exception près, la réaction engendrée serait prévisible: au mieux, une réalité, réduite à une légende, serait évoquée.
Pourtant, à lire ce que raconte un Bernard Saladin d'Anglure, lui qui fréquente depuis plus de 50 ans maintenant une terre inuite située au nord du Nord, il y a là, pour expliquer les mystères d'une sexualité complexe, des récits à entendre qui font paraître simplistes les explications d'un Freud et de ses divers successeurs.
Réconciliation
Nous sommes au sud coupés de notre environnement immédiat. Les premiers gestes de conciliation posés, en vue d'une éventuelle réconciliation, décrivent a contrario les politiques du passé. On remet ainsi en question les décisions qui sont à l'origine des «réserves». On veut modifier les lois qui refusaient à des peuples et à leurs citoyens leur identité. On considère enfin inadmissibles toutes ces législations qui faisaient de l'autochtone un sous-être, infantilisé par les divers protectorats qui lui étaient imposés.
À jeter un coup d'oeil sur les productions culturelles des divers peuples, une richesse apparaît. Et alors on regrette que le législateur britannique, soutenu par son bras armé, ait mis fin à la culture du «potlatch», ce système économique qui a permis, sur la côte ouest canadienne, à l'art haïda d'atteindre à la magnificence. Par contre, on se félicite de l'action menée, au milieu des années 1940, par les coopératives actives dans la région de la baie d'Hudson, lesquelles ont permis qu'il y ait encore aujourd'hui une sculpture inuite, art qui pousse maintenant plus loin ses limites, au-delà de la seule représentation traditionnelle des «contes» et «légendes».
Renaissance
Des voix se font donc entendre, que maintenant on écoute. Elles racontent des mythes créateurs. Elles décrivent aussi des situations insoutenables, surtout quand elles s'attardent sur le sort réservé à tous ces «inadaptés» qui n'ont sur terre nulle place, la vie traditionnelle n'ayant plus de raison de se poursuivre sur la terre natale et le «nouveau monde» étant pour eux une terre où les embûches sont plus présentes que les occasions de réussite.
Aussi, dans leur cinéma, après des films qui ont raconté à l'occasion un passé glorieux, d'autres images s'enregistrent où le quotidien est présenté crûment, et où il n'est pas craint de mettre en relation instants de bonheur et moments de déchéance. C'est à ce prix qu'une renaissance autochtone devient possible.
Pourtant, il n'y a pas là dans ces terres que des situations difficiles. À l'occasion de Présence autochtone, le Sud peut avoir fenêtre sur le Nord, certes, mais aussi sur les réalisations de ces concitoyens nés dans une autre culture que l'occidentale. Ce qui hier encore était au mieux de l'artisanat prend aujourd'hui une autre apparence: quand les critères de lecture se transforment, quand le regard n'est plus unidimensionnel, un autre monde peut naître. Alors, les objets et les êtres prennent vie. Et l'on découvre, nous gens du Sud, qu'à vol d'oiseau vivent ici de grandes civilisations.
Depuis 1980, une lueur d'espoir apparaît dans l'univers de l'archéologie. Un travail sur des sites récemment découverts en Amérique centrale a permis de décoder pour une première fois l'écriture maya, qui non seulement n'est pas phonétique, mais voit le même signe être repris sur plus d'une seule forme calligraphique. Là, les formes évoluent, se transforment, et la beauté de l'ensemble semble avoir autant, sinon plus d'importance que le personnage, ou le symbole, ou l'action qu'elle dépeint ou raconte.
Double héritage
L'Europe et, par-delà, l'Amérique et l'Asie blanche savent tout de leurs mythes fondateurs: en psychanalyse, les spécialistes, Freud en tête, dans un geste qui lie la Grèce préclassique au monde contemporain, ne retournent-ils pas jusqu'à Homère ou autres Sophocle et Eschyle pour expliquer la vie sexuelle des êtres? Et depuis combien de siècles ne mesure-t-on pas la hauteur des pyramides pour établir le haut niveau de connaissances mathématiques des anciens Égyptiens?
En retour, sur ce continent-ci, on ignore tout ou presque des premiers peuples et des différentes cosmogonies qui ont établi leur lecture de l'univers. Demanderions-nous à un citoyen québécois de citer un seul mythe iroquois, ou huron, ou inuit, qu'à l'exception près, la réaction engendrée serait prévisible: au mieux, une réalité, réduite à une légende, serait évoquée.
Pourtant, à lire ce que raconte un Bernard Saladin d'Anglure, lui qui fréquente depuis plus de 50 ans maintenant une terre inuite située au nord du Nord, il y a là, pour expliquer les mystères d'une sexualité complexe, des récits à entendre qui font paraître simplistes les explications d'un Freud et de ses divers successeurs.
Réconciliation
Nous sommes au sud coupés de notre environnement immédiat. Les premiers gestes de conciliation posés, en vue d'une éventuelle réconciliation, décrivent a contrario les politiques du passé. On remet ainsi en question les décisions qui sont à l'origine des «réserves». On veut modifier les lois qui refusaient à des peuples et à leurs citoyens leur identité. On considère enfin inadmissibles toutes ces législations qui faisaient de l'autochtone un sous-être, infantilisé par les divers protectorats qui lui étaient imposés.
À jeter un coup d'oeil sur les productions culturelles des divers peuples, une richesse apparaît. Et alors on regrette que le législateur britannique, soutenu par son bras armé, ait mis fin à la culture du «potlatch», ce système économique qui a permis, sur la côte ouest canadienne, à l'art haïda d'atteindre à la magnificence. Par contre, on se félicite de l'action menée, au milieu des années 1940, par les coopératives actives dans la région de la baie d'Hudson, lesquelles ont permis qu'il y ait encore aujourd'hui une sculpture inuite, art qui pousse maintenant plus loin ses limites, au-delà de la seule représentation traditionnelle des «contes» et «légendes».
Renaissance
Des voix se font donc entendre, que maintenant on écoute. Elles racontent des mythes créateurs. Elles décrivent aussi des situations insoutenables, surtout quand elles s'attardent sur le sort réservé à tous ces «inadaptés» qui n'ont sur terre nulle place, la vie traditionnelle n'ayant plus de raison de se poursuivre sur la terre natale et le «nouveau monde» étant pour eux une terre où les embûches sont plus présentes que les occasions de réussite.
Aussi, dans leur cinéma, après des films qui ont raconté à l'occasion un passé glorieux, d'autres images s'enregistrent où le quotidien est présenté crûment, et où il n'est pas craint de mettre en relation instants de bonheur et moments de déchéance. C'est à ce prix qu'une renaissance autochtone devient possible.
Pourtant, il n'y a pas là dans ces terres que des situations difficiles. À l'occasion de Présence autochtone, le Sud peut avoir fenêtre sur le Nord, certes, mais aussi sur les réalisations de ces concitoyens nés dans une autre culture que l'occidentale. Ce qui hier encore était au mieux de l'artisanat prend aujourd'hui une autre apparence: quand les critères de lecture se transforment, quand le regard n'est plus unidimensionnel, un autre monde peut naître. Alors, les objets et les êtres prennent vie. Et l'on découvre, nous gens du Sud, qu'à vol d'oiseau vivent ici de grandes civilisations.
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