Urbanisme - Un quartier Concordia au centre-ville
Le Groupe Cardinal Hardy a été retenu pour modeler, en collaboration avec l'université Concordia, la trame architecturale et paysagiste qui conférera sa véritable identité urbaine au campus de cette institution et à ses environs. Un plan d'aménagement urbain audacieux a été préparé pour bonifier la qualité de vie sur le campus Sir George Williams et pour «rendre la ville à la culture de l'humain», comme l'écrit ce regroupement de professionnels dans son énoncé de mission.
Michèle Gauthier, architecte paysagiste, est l'une des associés du groupe; elle est aussi la directrice et chargée de projet de l'aménagement de l'université Concordia et de ses alentours. Elle démontre comment celui-ci a vu le jour et a pris forme: «L'université est en pleine croissance et se retrouvait à l'étroit dans ses locaux. Donc, il y a quelques années, nous avons travaillé sur le plan de développement de cette institution, qui comportait un volet immobilier important. Ce plan a suscité un questionnement sur la qualité de la vie sociale du campus.»
Mme Gauthier en précise le contenu: «Quand on parle campus, on a toujours cette notion-là d'une communauté formée d'étudiants, de professeurs et de tous les gens qui gravitent autour de l'université; ils ont un "terrain de vie" qui est composé des lieux de socialisation dans lesquels ils échangent. Il est apparu de façon claire en préparant le plan de développement que tout ce secteur de la ville était très pauvre en lieux publics et que la qualité des espaces laissait à désirer: on a qu'à voir l'actuel Square Bethune, qui est formé d'un carré de boue avec une statue et des pigeons autour.» Ce constat posé, l'université Concordia a initié des échanges avec la Ville de Montréal et ses autres partenaires de manière à obtenir une vue d'ensemble de toute la problématique entourant ces lieux. Elle a organisé un concours à l'issue duquel le Groupe Cardinal Hardy a été retenu afin de proposer une vision et un plan d'aménagement de cet espace urbain.
Le projet et ses axes
Au moment d'intervenir dans un espace public, le Groupe Cardinal Hardy examine les diverses strates qui le composent: «Il y a plusieurs éléments d'importance qui se superposent pour arriver à former un tout, quelque chose de complet.» Dans ce cas-ci, le concept de départ s'est articulé autour du réseau souterrain: «La vie à l'université passe en grande partie par ce réseau. Il s'agissait de reconduire les gens à partir de là jusque sur le campus. Un des objectifs de développement culturel était également de favoriser tous les moyens de transport en commun.»
En deuxième lieu, une strate s'est articulée autour de la mise en valeur des espaces publics et verts, qui sont extrêmement démarqués les uns par rapport aux autres. De même, la pluralité de la population de l'université Concordia a été prise en compte: «Déjà celle de Montréal représente quelque chose d'assez exceptionnel, mais quand on regarde le profil ou la provenance des étudiants de Concordia, c'est encore plus marqué. On a voulu refléter cette diversité culturelle dans les espaces publics. Pour la constitution de ceux-ci, il y a une strate d'intégration aux oeuvres d'art, et une autre parle de la façon de se déplacer sur le campus; elle dit comment on le fait agréablement, efficacement et en toute sécurité. On a voulu qu'on sente ce fil continu.»
Concordia est située au centre-ville, elle possède un caractère distinctif et dégage une image forte; l'équipe de la directrice a travaillé sur la définition de cette identité. D'autres strates ont été retenues pour en arriver là. Mme Gauthier mentionne celle de nature végétale, qui consiste en l'introduction d'oeuvres d'art apparentées à la nature dans des endroits où les espaces verts se font rares. Elle parle encore d'axes reliés à la mise en lumière réhabilitant les richesses architecturales environnantes, inhérents à l'utilisation des toits, et portant sur l'installation de nombreux bancs ou points d'arrêt adaptés à leurs utilisateurs étudiants.
Complications administratives et collaboration universitaire
L'architecte paysagiste indique la difficulté majeure qui s'est présentée en cours de réalisation: «Ce n'est pas encore résolu, et c'est d'orchestrer le "timing" entre la ville et l'université, parce que Concordia a lancé un concours d'architecture sur des sites et des espaces qui ne lui appartiennent pas. Il faut créer un tandem au sein duquel les parties s'entendent sur le déroulement des opérations. Il existe une complexité à réunir les énergies et à obtenir le "momentum" pour obtenir les investissements. C'est lourd administrativement, mais c'est possible d'organiser tout cela en adoptant des formules particulières.»
Il est aussi de bon aloi de se questionner sur l'apport du milieu universitaire dans le déroulement d'un tel projet. Elle relève ce point pour le situer sur le plan des valeurs: «On travaille beaucoup ici avec des promoteurs privés qui sont des universitaires, mais leurs objectifs ne sont pas les mêmes. On est quand même dans un environnement de haut savoir où l'objectif de créer un espace est associé à la qualité de vie, qui est primordiale. Par ailleurs, le promoteur privé recherche un développement où cette qualité est présente, certes, mais son intérêt se situe à court terme et c'est celui de faire des sous. C'est le fait de travailler pour une institution publique qui diffère beaucoup.» Elle rend hommage à ses collaborateurs: «La chargée de projet à l'université, qui est Martine Leroux, était sensibilisée à la problématique et elle nous a grandement facilité la tâche.»
Les résultats obtenus
Il reste bien des étapes à franchir avant que le quartier Concordia prenne réellement forme, mais il est déjà possible d'évaluer le travail accompli: «L'université nous a fourni le soutien financier nécessaire pour rendre notre travail très agréable. Il a été possible de fouiller et d'amener à un point de maturité chacun des éléments des strates du projet.»
Michèle Gauthier dégage les avantages ainsi obtenus: «Par la suite, on peut mieux communiquer celui-ci. On peut mieux le vendre et c'est ce qu'il nous reste à faire. Ma plus grande satisfaction a été de mener aussi loin ce projet de planification globale. On passe à la phase de réalisation et ça pourrait débouler très vite. Nous, on continue de faire valoir la pertinence de notre intervention et le concours de l'Institut de design nous sert à cette fin.»
Collaborateur du Devoir
Michèle Gauthier, architecte paysagiste, est l'une des associés du groupe; elle est aussi la directrice et chargée de projet de l'aménagement de l'université Concordia et de ses alentours. Elle démontre comment celui-ci a vu le jour et a pris forme: «L'université est en pleine croissance et se retrouvait à l'étroit dans ses locaux. Donc, il y a quelques années, nous avons travaillé sur le plan de développement de cette institution, qui comportait un volet immobilier important. Ce plan a suscité un questionnement sur la qualité de la vie sociale du campus.»
Mme Gauthier en précise le contenu: «Quand on parle campus, on a toujours cette notion-là d'une communauté formée d'étudiants, de professeurs et de tous les gens qui gravitent autour de l'université; ils ont un "terrain de vie" qui est composé des lieux de socialisation dans lesquels ils échangent. Il est apparu de façon claire en préparant le plan de développement que tout ce secteur de la ville était très pauvre en lieux publics et que la qualité des espaces laissait à désirer: on a qu'à voir l'actuel Square Bethune, qui est formé d'un carré de boue avec une statue et des pigeons autour.» Ce constat posé, l'université Concordia a initié des échanges avec la Ville de Montréal et ses autres partenaires de manière à obtenir une vue d'ensemble de toute la problématique entourant ces lieux. Elle a organisé un concours à l'issue duquel le Groupe Cardinal Hardy a été retenu afin de proposer une vision et un plan d'aménagement de cet espace urbain.
Le projet et ses axes
Au moment d'intervenir dans un espace public, le Groupe Cardinal Hardy examine les diverses strates qui le composent: «Il y a plusieurs éléments d'importance qui se superposent pour arriver à former un tout, quelque chose de complet.» Dans ce cas-ci, le concept de départ s'est articulé autour du réseau souterrain: «La vie à l'université passe en grande partie par ce réseau. Il s'agissait de reconduire les gens à partir de là jusque sur le campus. Un des objectifs de développement culturel était également de favoriser tous les moyens de transport en commun.»
En deuxième lieu, une strate s'est articulée autour de la mise en valeur des espaces publics et verts, qui sont extrêmement démarqués les uns par rapport aux autres. De même, la pluralité de la population de l'université Concordia a été prise en compte: «Déjà celle de Montréal représente quelque chose d'assez exceptionnel, mais quand on regarde le profil ou la provenance des étudiants de Concordia, c'est encore plus marqué. On a voulu refléter cette diversité culturelle dans les espaces publics. Pour la constitution de ceux-ci, il y a une strate d'intégration aux oeuvres d'art, et une autre parle de la façon de se déplacer sur le campus; elle dit comment on le fait agréablement, efficacement et en toute sécurité. On a voulu qu'on sente ce fil continu.»
Concordia est située au centre-ville, elle possède un caractère distinctif et dégage une image forte; l'équipe de la directrice a travaillé sur la définition de cette identité. D'autres strates ont été retenues pour en arriver là. Mme Gauthier mentionne celle de nature végétale, qui consiste en l'introduction d'oeuvres d'art apparentées à la nature dans des endroits où les espaces verts se font rares. Elle parle encore d'axes reliés à la mise en lumière réhabilitant les richesses architecturales environnantes, inhérents à l'utilisation des toits, et portant sur l'installation de nombreux bancs ou points d'arrêt adaptés à leurs utilisateurs étudiants.
Complications administratives et collaboration universitaire
L'architecte paysagiste indique la difficulté majeure qui s'est présentée en cours de réalisation: «Ce n'est pas encore résolu, et c'est d'orchestrer le "timing" entre la ville et l'université, parce que Concordia a lancé un concours d'architecture sur des sites et des espaces qui ne lui appartiennent pas. Il faut créer un tandem au sein duquel les parties s'entendent sur le déroulement des opérations. Il existe une complexité à réunir les énergies et à obtenir le "momentum" pour obtenir les investissements. C'est lourd administrativement, mais c'est possible d'organiser tout cela en adoptant des formules particulières.»
Il est aussi de bon aloi de se questionner sur l'apport du milieu universitaire dans le déroulement d'un tel projet. Elle relève ce point pour le situer sur le plan des valeurs: «On travaille beaucoup ici avec des promoteurs privés qui sont des universitaires, mais leurs objectifs ne sont pas les mêmes. On est quand même dans un environnement de haut savoir où l'objectif de créer un espace est associé à la qualité de vie, qui est primordiale. Par ailleurs, le promoteur privé recherche un développement où cette qualité est présente, certes, mais son intérêt se situe à court terme et c'est celui de faire des sous. C'est le fait de travailler pour une institution publique qui diffère beaucoup.» Elle rend hommage à ses collaborateurs: «La chargée de projet à l'université, qui est Martine Leroux, était sensibilisée à la problématique et elle nous a grandement facilité la tâche.»
Les résultats obtenus
Il reste bien des étapes à franchir avant que le quartier Concordia prenne réellement forme, mais il est déjà possible d'évaluer le travail accompli: «L'université nous a fourni le soutien financier nécessaire pour rendre notre travail très agréable. Il a été possible de fouiller et d'amener à un point de maturité chacun des éléments des strates du projet.»
Michèle Gauthier dégage les avantages ainsi obtenus: «Par la suite, on peut mieux communiquer celui-ci. On peut mieux le vendre et c'est ce qu'il nous reste à faire. Ma plus grande satisfaction a été de mener aussi loin ce projet de planification globale. On passe à la phase de réalisation et ça pourrait débouler très vite. Nous, on continue de faire valoir la pertinence de notre intervention et le concours de l'Institut de design nous sert à cette fin.»
Collaborateur du Devoir









