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Les immigrants pourront exercer leur profession plus facilement

11 mai 2006  Actualités en société
Québec — Les immigrants ayant en poche un diplôme de médecin ou d'ingénieur et qui se retrouvent chauffeurs de taxi ici pourront bientôt espérer exercer leur profession au Québec.

En vertu du projet de loi 14, déposé hier à l'Assemblée nationale, ces professionnels immigrants auront en principe accès à trois nouveaux types de permis d'exercice: des permis restrictifs temporaires (valides un an et renouvelables), des permis restrictifs permanents et des permis à ceux qui ont déjà obtenu un permis auprès d'un ordre professionnel à l'extérieur du Québec.

Le but du gouvernement consiste à permettre aux 45 ordres professionnels que compte le Québec de reconnaître plus rapidement les compétences et les diplômes acquis à l'étranger.

Québec poursuit aussi un autre objectif plus égoïste: combler ses besoins de main-d'oeuvre, particulièrement dans le secteur de la santé, où les besoins sont criants.

«Il y a des pénuries de main-d'oeuvre qui sont incroyables dans tous les métiers de la santé», particulièrement chez les médecins et les infirmières, a rappelé la ministre de l'Immigration, Lise Thériault, lors d'une conférence de presse.

Le ministre responsable de l'application des lois professionnelles, Yvon Marcoux, a quant à lui soutenu que la volonté de Québec de reconnaître plus facilement les diplômes acquis à l'étranger ne menacera pas la protection du public.

«Le principe de la protection du public, il est essentiel, et il ne doit pas y avoir de compromis à cet égard», a-t-il dit en disant miser sur le fait que les ordres «devront déterminer des conditions et des restrictions qui assurent la compétence dans l'exercice des responsabilités» de ces professionnels.

De plus, malgré les assouplissements annoncés, a-t-il assuré, aucun compromis ne sera fait quant à la nécessaire maîtrise du français comme condition préalable à l'obtention d'un permis.

Il est difficile de prédire dans quelle mesure le projet de loi, une fois adopté, aura un impact sur l'avenir des professionnels immigrants.

En fait, les ordres professionnels seront libres de donner vie aux objectifs du projet de loi. Cependant, ils devront faire rapport au gouvernement de la situation dans leur domaine deux ans après l'adoption de la loi.

Selon la ministre Thériault, les ordres professionnels «ont bien collaboré» à la préparation du projet de loi, ce qui augure bien.

Depuis un an, 3900 professionnels immigrants ont présenté une demande à Québec en vue d'obtenir le feu vert pour exercer leur métier.

Le permis restrictif temporaire — qui existe déjà pour les médecins et huit autres professions — permettra à des professionnels de se livrer à «certaines activités» pendant qu'ils compléteront leur formation et acquerront les compétences requises en vue de respecter toutes les conditions exigées par leur ordre.

La ministre de l'Immigration a donné l'exemple des médecins, qui pourrait bientôt faire tache d'huile. Ainsi, ceux qui possèdent ce type de permis «peuvent oeuvrer au sein d'un hôpital, dans un département, mais vous ne les retrouvez pas dans une salle d'opération ou en salle d'urgence», a-t-elle expliqué.
 
 
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