Bilingue dans sa propre langue
Moncton — Pour beaucoup d'écrivains invités dans des festivals littéraires comme celui auquel j'assiste à Moncton, les visites scolaires constituent des passages obligés qui peuvent entraîner autant de joies magiques que de désolations. Cela est particulièrement vrai quand on doit s'adresser à des élèves du niveau primaire. C'est toujours avec une certaine incertitude, sinon une angoisse lancinante, qu'on regarde entrer dans une classe soixante jeunes de onze ou douze ans qui regardent l'écrivain comme une bête curieuse et qui, j'en suis certain, se demandent un peu pourquoi ils sont là. Pour les auteurs jeunesse, cela fait partie du boulot normal. Ils ont développé des routines, des formules et, bien souvent, les élèves connaissent leurs livres. Il existe un terrain d'entente entre l'adulte et les enfants. Ce n'est pas mon cas.
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