C'est la vie - Post mortem
L'homicide de soi est un tueur en série
Le Suicidé, d’Édouard Manet. Immuable, irrévocable, irréversible, en trois mots comme en mille, ce départ est une béance, un amour qui finit très mal.
On m'avait annoncé que je ne décolérerais pas à son endroit. Les suicidés ont toujours tort ici-bas. On avait oublié de me dire que je porterais plutôt ce départ planifié comme une couronne d'épines. Un linceul de tristesse s'est abattu sur mon regard azur. D'un seul coup, l'horizon s'est voilé. Le 13 avril, c'était hier. Et la douleur, un éperon au flanc, est aussi insupportable aujourd'hui. Le suicide n'est pas une mort ordinaire, ni même annoncée. Il surprend toujours, même ceux qui s'emploient à désespérer.
Le suicide est une épidémie, un legs maudit. Mon père, ce héros de tous les jours, m'a laissé le choix des armes en héritage. On n'est jamais si bien mort qu'avec un revolver à ses pieds. Médecin, urgentologue à ses heures et témoin de mille tentatives ratées, mon père m'avait toujours dit qu'il n'y avait que deux façons de se supprimer. Il a choisi la première. Un ticket aller en première classe. C'est le prix à payer pour vouloir arriver au ciel avant son heure.
À sa suite, un effondrement, une dévastation de l'intime. Nous sommes dépossédés d'une pérennité, d'une histoire qui aurait pu se terminer de mille autres façons dans ce qui fera désormais partie de la légende familiale. Immuable, irrévocable, irréversible, en trois mots comme en mille, ce départ est une béance, un amour qui finit très mal. Même la grosse plante verte, près de la terrasse où mon père a tiré sa révérence, a perdu toutes ses feuilles en deux jours. Elle a assisté au drame, n'a rien pu faire pour retenir le geste. Cette plante a subitement sombré dans une mélancolie définitive et aucun antidépresseur n'aurait pu la ranimer. Mon père non plus, du reste, abonné au Vitagro depuis tant d'années. Rien ne le raccrochait plus à cette vie qu'il avait tant aimée, épousée. Ni son regard bleu d'optimisme dont je m'ennuie comme une héroïnomane en sevrage, ni son feu sacré, ni son énergie combative qui s'est retournée contre lui.
Fais ce que dois
Il a laissé la porte entrouverte derrière lui. Depuis, je grelotte. Tous les suicidés nous rappellent à eux. La contagion des suicides, comme celle du cynisme, est indéniable. On dit qu'il «court» dans certaines familles car il galope toujours dans la tête de ceux qui restent. Le suicide devient une solution possible, un appel du large; il fait partie des naufrages à éviter. On pourrait même parler de curiosité morbide pour ceux qui entretiennent une vision romantique de leur finitude.
«La consolation que peut apporter un suicide élargit à l'infini le royaume de nos souffrances. Existe-t-il richesse plus grande que le suicide que chacun de nous porte en lui?», écrit Cioran. Le risque d'embrasser cette consolation d'un peu trop près est 30 fois plus élevé chez les personnes dépressives que dans la population en général. Et si deux fois plus de femmes font des tentatives de suicide, les hommes arrivent à leurs fins deux fois plus nombreux car ils savent s'y prendre en manière de rupture.
Les spécialistes de la suicidologie me font sourire avec leurs listes de signes précurseurs. Ils brandiront l'isolement, la consommation abusive d'alcool ou de médicaments, le désinvestissement scolaire ou professionnel et la dépression comme anomalies de l'humeur à scruter. Certains suicidés flirtent à voix haute avec leur finalité, d'autres non. Le printemps est également une belle saison pour se pendre, juste avant que les bourgeons ne reviennent nous narguer.
Mais on ne parle jamais de la sérénité du suicidé. Ces derniers moments où, la décision étant prise, l'aspirant suicidant déguste son dernier repas, regarde en silence un dernier film à la télé, embrasse sa femme tendrement et lui dit «je t'aime» pour toujours. On ne dit pas ce calme avant la tempête de celui qui sait où repose l'éternité. Comme remède à l'angoisse et à la désespérance de vivre, désolée, on n'a pas trouvé mieux que la sainte paix.
La maladie mentale est impitoyable, surtout lorsqu'elle s'abat sur un homme décidé. «Le suicide est toujours une grave erreur de jugement», m'avait dit le psychiatre Paul Sidoun après le suicide de mon père. Lui-même avait perdu cinq patients de cette façon. Il se rappelait très exactement leur nom et la date. Les psychiatres vivent le suicide de leurs patients comme une faillite personnelle. Ils s'en remettent ou non. Sidoun, lui, s'en remettait à Dieu.
Les mots d'adieu
J'aurais souhaité pour nous tous une lettre d'adieu, des mots d'amour, un peu de baume pour atténuer la culpabilité et la honte qui sont désormais notre lot. Mon père était homme de lettres et de mots, mais nous n'avons eu droit qu'à l'évidence et aux suppositions sous le soleil aveuglant d'un matin de printemps. Enceinte de quatre mois, j'ai bien cru noyer mon B. dans les larmes. Il a appris à nager à contre-courant. Moi aussi, du reste.
J'ai fini par deviner que mon père faisait partie du lot des suicidés lucides qui estiment que leur départ soulagera l'humanité, qui se perçoivent comme un boulet et tentent par tous les moyens d'améliorer leur situation et celle des leurs. Il ne saura jamais à quel point il nous a fait crever de chagrin.
Préparez vos mouchoirs. J'ai lu tant de choses sur le suicide des jeunes. Mais les baby-boomers forment une clientèle particulièrement à risque puisqu'ils acceptent difficilement le vieillissement, sa misère morale et physique. Ils préfèrent quitter la scène, encore nourris par les applaudissements, comme de vieux beaux aux ego préservés.
Le suicide nous prive de la consolation des derniers mots et des derniers regards échangés en toute connaissance de cause. Si j'avais su qu'un matin du mois de mars, l'homme assis au bout de mon lit regardait sa fille livide au ventre gravide pour la dernière fois! Si j'avais su, j'aurais mesuré toute l'amplitude de mon impuissance. Quoi qu'on dise ou fasse, on ne peut pas tenter grand-chose pour empêcher un homme de disposer de sa vie. On appelle ça l'ultime liberté, je crois.
Au fait, ça se traite, la liberté?
***
Ceci n'est pas un blogue - Seul son barbier le sait
J'entretiens une fixation sur les barbiers, leur gestuelle, leur esthétique qui incarne toute la poésie urbaine d'un monde viril en voie de disparition. Et puis, disons-le, je n'aurai jamais accès au barbier en tant qu'homme. Prédécesseur du psy, complice de crimes, confident à la petite semaine, le barbier entend tout et sait quand fendre les cheveux en quatre.
Le documentaire réalisé et produit par Claude Demers, Barbiers - Une histoire d'hommes, qui sort en salle aujourd'hui, rend hommage à ce métier humble et nous ouvre la porte d'un lieu de fraternité réservé aux hommes. Une immense tendresse émane de ce petit film vérité qui nous fait rigoler et nous émeut. La photographie magnifique compense parfois le manque de direction. Sans jamais être carrément rasoir, ce documentaire s'égare trop gratuitement en dehors du salon de barbier. On lui pardonne tout car il a le défaut magnifique d'être authentique. Il me rappelle le livre Barbershops (Black Dog), paru l'an dernier et réalisé par Tally Abecassis et Claudine Sauvé, un hymne au (deuxième) plus vieux métier du monde.
Pour voyeurs capillaires.
***
Discuté: avec le père dominicain Benoît Lacroix sur la pertinence d'aborder le thème du suicide un vendredi saint. «C'est la journée idéale. On célèbre la douleur dans la chrétienté et l'humanité est très souffrante en ce moment», m'a-t-il répondu. Vous pourrez le lire demain à la page éditoriale du Devoir. Ceci est une sainte plogue.
***
Vu: le film Kamataki, de Claude Gagnon, l'histoire d'un jeune homme de 23 ans qui en a marre de la vie et flirte avec le suicide. Il redécouvrira sa flamme intérieure grâce à un séjour chez son oncle Takuma, potier japonais. J'ai mis du temps à embarquer dans ce film lent, principalement à cause du jeu des acteurs (l'infecte Lisle Wilkerson), peu convaincants à maints égards. L'oncle Takuma (Tatsuya Fuji) sauve la donne et nous livre sa sagesse ludique à travers la cuisson de la poterie, le rasage et son amour des femmes. Une scène particulièrement intense du film réunit le jeune protagoniste à une vieille amante offerte dans l'immobilité. Instant de grâce.
***
Reçu: le livre Viande froide cornichons, crimes et suicides à mourir de rire, d'Édouard Launet (Seuil). Mieux vaut en rire qu'en pleurer, en effet. Ce livre, ou plutôt cette curiosité, s'intéresse aux nombreuses façons de se trucider. Suicides à la tronçonneuse, à la perceuse, au marteau, voire en se plantant des clous dans la tête, les procédés varient et les finalités aussi. Et le plus fascinant, selon l'auteur, ce ne sont pas tant les faits eux-mêmes que la façon dont les chercheurs les relatent, sans effroi et sans affect. Si les acrobaties mentales et la sordidité vous intéressent...
***
Aimé: le livre Mélancolie - Les métamorphoses de la dépression, d'Hélène Prigent (Découvertes Gallimard), surtout à cause de l'iconographie. 2500 années de mélancolie ont laissé des traces dans l'imaginaire et l'histoire de l'art. Diderot disait d'elle que «c'est le sentiment habituel de notre imperfection», l'effet d'une faiblesse de l'âme et des organes mais également d'une idée de la perfection «qu'on ne trouve ni en soi, ni dans les autres, ni dans les objets de ses plaisirs, ni dans la nature». Le suicide comme dernier retranchement du perfectionnisme?
***
Acheté: du chocolat chez Cabosse, un antidépresseur naturel. Olivier Letard prépare ses sushis au chocolat et chocolats assortis (aux olives... beurk!) tout fin seul dans sa boutique d'initiés. Charmante petite halte gourmande au 4479, rue de la Roche. tél. (514) 525-6117.
***
Goûté: aux gâteaux de Cocoa Locale. Les gâteaux au chocolat Valrhona rappellent les cakes à l'ancienne, mais avec une complexité supplémentaire. À l'orange comme au chaï épicé, ils élèvent la pression artérielle, font augmenter le désir, anéantissent la dépression postcoïtale. La propriétaire est charmante, et l'endroit, très fréquenté par les anglos. 4807, avenue du Parc. tél. (514) 271-7162.
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cherejoblo@ledevoir.com
Le suicide est une épidémie, un legs maudit. Mon père, ce héros de tous les jours, m'a laissé le choix des armes en héritage. On n'est jamais si bien mort qu'avec un revolver à ses pieds. Médecin, urgentologue à ses heures et témoin de mille tentatives ratées, mon père m'avait toujours dit qu'il n'y avait que deux façons de se supprimer. Il a choisi la première. Un ticket aller en première classe. C'est le prix à payer pour vouloir arriver au ciel avant son heure.
À sa suite, un effondrement, une dévastation de l'intime. Nous sommes dépossédés d'une pérennité, d'une histoire qui aurait pu se terminer de mille autres façons dans ce qui fera désormais partie de la légende familiale. Immuable, irrévocable, irréversible, en trois mots comme en mille, ce départ est une béance, un amour qui finit très mal. Même la grosse plante verte, près de la terrasse où mon père a tiré sa révérence, a perdu toutes ses feuilles en deux jours. Elle a assisté au drame, n'a rien pu faire pour retenir le geste. Cette plante a subitement sombré dans une mélancolie définitive et aucun antidépresseur n'aurait pu la ranimer. Mon père non plus, du reste, abonné au Vitagro depuis tant d'années. Rien ne le raccrochait plus à cette vie qu'il avait tant aimée, épousée. Ni son regard bleu d'optimisme dont je m'ennuie comme une héroïnomane en sevrage, ni son feu sacré, ni son énergie combative qui s'est retournée contre lui.
Fais ce que dois
Il a laissé la porte entrouverte derrière lui. Depuis, je grelotte. Tous les suicidés nous rappellent à eux. La contagion des suicides, comme celle du cynisme, est indéniable. On dit qu'il «court» dans certaines familles car il galope toujours dans la tête de ceux qui restent. Le suicide devient une solution possible, un appel du large; il fait partie des naufrages à éviter. On pourrait même parler de curiosité morbide pour ceux qui entretiennent une vision romantique de leur finitude.
«La consolation que peut apporter un suicide élargit à l'infini le royaume de nos souffrances. Existe-t-il richesse plus grande que le suicide que chacun de nous porte en lui?», écrit Cioran. Le risque d'embrasser cette consolation d'un peu trop près est 30 fois plus élevé chez les personnes dépressives que dans la population en général. Et si deux fois plus de femmes font des tentatives de suicide, les hommes arrivent à leurs fins deux fois plus nombreux car ils savent s'y prendre en manière de rupture.
Les spécialistes de la suicidologie me font sourire avec leurs listes de signes précurseurs. Ils brandiront l'isolement, la consommation abusive d'alcool ou de médicaments, le désinvestissement scolaire ou professionnel et la dépression comme anomalies de l'humeur à scruter. Certains suicidés flirtent à voix haute avec leur finalité, d'autres non. Le printemps est également une belle saison pour se pendre, juste avant que les bourgeons ne reviennent nous narguer.
Mais on ne parle jamais de la sérénité du suicidé. Ces derniers moments où, la décision étant prise, l'aspirant suicidant déguste son dernier repas, regarde en silence un dernier film à la télé, embrasse sa femme tendrement et lui dit «je t'aime» pour toujours. On ne dit pas ce calme avant la tempête de celui qui sait où repose l'éternité. Comme remède à l'angoisse et à la désespérance de vivre, désolée, on n'a pas trouvé mieux que la sainte paix.
La maladie mentale est impitoyable, surtout lorsqu'elle s'abat sur un homme décidé. «Le suicide est toujours une grave erreur de jugement», m'avait dit le psychiatre Paul Sidoun après le suicide de mon père. Lui-même avait perdu cinq patients de cette façon. Il se rappelait très exactement leur nom et la date. Les psychiatres vivent le suicide de leurs patients comme une faillite personnelle. Ils s'en remettent ou non. Sidoun, lui, s'en remettait à Dieu.
Les mots d'adieu
J'aurais souhaité pour nous tous une lettre d'adieu, des mots d'amour, un peu de baume pour atténuer la culpabilité et la honte qui sont désormais notre lot. Mon père était homme de lettres et de mots, mais nous n'avons eu droit qu'à l'évidence et aux suppositions sous le soleil aveuglant d'un matin de printemps. Enceinte de quatre mois, j'ai bien cru noyer mon B. dans les larmes. Il a appris à nager à contre-courant. Moi aussi, du reste.
J'ai fini par deviner que mon père faisait partie du lot des suicidés lucides qui estiment que leur départ soulagera l'humanité, qui se perçoivent comme un boulet et tentent par tous les moyens d'améliorer leur situation et celle des leurs. Il ne saura jamais à quel point il nous a fait crever de chagrin.
Préparez vos mouchoirs. J'ai lu tant de choses sur le suicide des jeunes. Mais les baby-boomers forment une clientèle particulièrement à risque puisqu'ils acceptent difficilement le vieillissement, sa misère morale et physique. Ils préfèrent quitter la scène, encore nourris par les applaudissements, comme de vieux beaux aux ego préservés.
Le suicide nous prive de la consolation des derniers mots et des derniers regards échangés en toute connaissance de cause. Si j'avais su qu'un matin du mois de mars, l'homme assis au bout de mon lit regardait sa fille livide au ventre gravide pour la dernière fois! Si j'avais su, j'aurais mesuré toute l'amplitude de mon impuissance. Quoi qu'on dise ou fasse, on ne peut pas tenter grand-chose pour empêcher un homme de disposer de sa vie. On appelle ça l'ultime liberté, je crois.
Au fait, ça se traite, la liberté?
***
Ceci n'est pas un blogue - Seul son barbier le sait
J'entretiens une fixation sur les barbiers, leur gestuelle, leur esthétique qui incarne toute la poésie urbaine d'un monde viril en voie de disparition. Et puis, disons-le, je n'aurai jamais accès au barbier en tant qu'homme. Prédécesseur du psy, complice de crimes, confident à la petite semaine, le barbier entend tout et sait quand fendre les cheveux en quatre.
Le documentaire réalisé et produit par Claude Demers, Barbiers - Une histoire d'hommes, qui sort en salle aujourd'hui, rend hommage à ce métier humble et nous ouvre la porte d'un lieu de fraternité réservé aux hommes. Une immense tendresse émane de ce petit film vérité qui nous fait rigoler et nous émeut. La photographie magnifique compense parfois le manque de direction. Sans jamais être carrément rasoir, ce documentaire s'égare trop gratuitement en dehors du salon de barbier. On lui pardonne tout car il a le défaut magnifique d'être authentique. Il me rappelle le livre Barbershops (Black Dog), paru l'an dernier et réalisé par Tally Abecassis et Claudine Sauvé, un hymne au (deuxième) plus vieux métier du monde.
Pour voyeurs capillaires.
***
Discuté: avec le père dominicain Benoît Lacroix sur la pertinence d'aborder le thème du suicide un vendredi saint. «C'est la journée idéale. On célèbre la douleur dans la chrétienté et l'humanité est très souffrante en ce moment», m'a-t-il répondu. Vous pourrez le lire demain à la page éditoriale du Devoir. Ceci est une sainte plogue.
***
Vu: le film Kamataki, de Claude Gagnon, l'histoire d'un jeune homme de 23 ans qui en a marre de la vie et flirte avec le suicide. Il redécouvrira sa flamme intérieure grâce à un séjour chez son oncle Takuma, potier japonais. J'ai mis du temps à embarquer dans ce film lent, principalement à cause du jeu des acteurs (l'infecte Lisle Wilkerson), peu convaincants à maints égards. L'oncle Takuma (Tatsuya Fuji) sauve la donne et nous livre sa sagesse ludique à travers la cuisson de la poterie, le rasage et son amour des femmes. Une scène particulièrement intense du film réunit le jeune protagoniste à une vieille amante offerte dans l'immobilité. Instant de grâce.
***
Reçu: le livre Viande froide cornichons, crimes et suicides à mourir de rire, d'Édouard Launet (Seuil). Mieux vaut en rire qu'en pleurer, en effet. Ce livre, ou plutôt cette curiosité, s'intéresse aux nombreuses façons de se trucider. Suicides à la tronçonneuse, à la perceuse, au marteau, voire en se plantant des clous dans la tête, les procédés varient et les finalités aussi. Et le plus fascinant, selon l'auteur, ce ne sont pas tant les faits eux-mêmes que la façon dont les chercheurs les relatent, sans effroi et sans affect. Si les acrobaties mentales et la sordidité vous intéressent...
***
Aimé: le livre Mélancolie - Les métamorphoses de la dépression, d'Hélène Prigent (Découvertes Gallimard), surtout à cause de l'iconographie. 2500 années de mélancolie ont laissé des traces dans l'imaginaire et l'histoire de l'art. Diderot disait d'elle que «c'est le sentiment habituel de notre imperfection», l'effet d'une faiblesse de l'âme et des organes mais également d'une idée de la perfection «qu'on ne trouve ni en soi, ni dans les autres, ni dans les objets de ses plaisirs, ni dans la nature». Le suicide comme dernier retranchement du perfectionnisme?
***
Acheté: du chocolat chez Cabosse, un antidépresseur naturel. Olivier Letard prépare ses sushis au chocolat et chocolats assortis (aux olives... beurk!) tout fin seul dans sa boutique d'initiés. Charmante petite halte gourmande au 4479, rue de la Roche. tél. (514) 525-6117.
***
Goûté: aux gâteaux de Cocoa Locale. Les gâteaux au chocolat Valrhona rappellent les cakes à l'ancienne, mais avec une complexité supplémentaire. À l'orange comme au chaï épicé, ils élèvent la pression artérielle, font augmenter le désir, anéantissent la dépression postcoïtale. La propriétaire est charmante, et l'endroit, très fréquenté par les anglos. 4807, avenue du Parc. tél. (514) 271-7162.
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