Deux joueurs se font concurrence pour prévenir le jeu compulsif
Loto-Québec mène actuellement une campagne de prévention du «jeu excessif» alors qu'en 2001 le gouvernement a transféré la mission de prévention en cette matière au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS).
Cette décision découlait d'une recommandation du Vérificateur général du Québec (VGQ) qui, dans son rapport, en l'an 2000, avait estimé que Loto-Québec ne pouvait efficacement mener ces deux missions concurrentes. En outre, aux yeux du VGQ, il était anormal qu'il y ait au MSSS «absence d'une stratégie d'ensemble» sur les conséquences du jeu pathologique sur la santé.
Première depuis 2001
Depuis la mi-février (et jusqu'au 6 mai), Loto-Québec mène une publicité à la télévision contre le jeu compulsif et par l'entremise de la fondation Mise sur toi, créée en 2002. Une première au petit écran depuis 2001, qui coûte deux millions de dollars. Les têtes d'affiche de la campagne sont les comédiens Macha Limonchik et Denis Bouchard. Depuis lundi, c'est le ministère de la Santé et des Services sociaux qui lance son offensive publicitaire (un plan de trois ans) contre le jeu compulsif, qui coûtera 1,6 million de dollars.
«C'est clair que c'est nous qui avons le leadership en matière de prévention du jeu compulsif, c'est nous qui avons le mandat», affirmait hier Nathalie Gélinas, attachée de presse de la ministre déléguée à la Santé, Margaret Delisle.
Justement, certains croient que Loto-Québec, par sa publicité, tente de reprendre ce leadership en matière de lutte contre le jeu compulsif et se demandent pourquoi la société d'État dédouble par ses messages ce que le ministère fait déjà.
De plus, aux yeux de certains au ministère, les messages de Loto-Québec sont moins critiques que ceux du MSSS: «J'ai le sentiment que [le message de Loto-Québec] est un message de consommation modérée, au sens où c'est évident que leur premier mandat est de vendre des produits. Nous [au MSSS], notre premier mandat, c'est de prévenir que la santé se détériore», a expliqué à la radio de Radio-Canada Robert Faulkner, chef de service des programmes toxicomanie, jeu pathologique et itinérance au MSSS. Chez Loto-Québec, le porte-parole Jean-Pierre Roy lance: «Chacun son approche publicitaire, de prévention: du côté de Loto-Québec on a toujours préféré des approches relativement douces. Il n'est pas question d'agresser le citoyen qui écoute la télévision», a-t-il dit au Devoir.
Même si la publicité de Loto-Québec contrevient au partage des rôles en matière de prévention — partage fixé dans un décret du gouvernement adopté le 22 mars 2000 —, M. Faulkner souligne qu'on «ne peut pas empêcher d'autres partenaires d'être actifs sur le plan de la prévention». Au reste, en vertu du même décret, Loto-Québec verse au MSSS 17 millions par année pour qu'il remplisse ce mandat.
Au cabinet de la ministre, le dédoublement des mandats ne présente aucun problème, a expliqué Nathalie Gélinas. «Bien sûr, les deux approches ne sont pas les mêmes: d'un côté, c'est une approche qui vise le comportement du joueur. De l'autre, c'est une approche de santé publique. Au fond, les deux sont complémentaires.» Selon elle, «plus on passe le message de prévention, plus on informe les gens, mieux c'est».
Cette décision découlait d'une recommandation du Vérificateur général du Québec (VGQ) qui, dans son rapport, en l'an 2000, avait estimé que Loto-Québec ne pouvait efficacement mener ces deux missions concurrentes. En outre, aux yeux du VGQ, il était anormal qu'il y ait au MSSS «absence d'une stratégie d'ensemble» sur les conséquences du jeu pathologique sur la santé.
Première depuis 2001
Depuis la mi-février (et jusqu'au 6 mai), Loto-Québec mène une publicité à la télévision contre le jeu compulsif et par l'entremise de la fondation Mise sur toi, créée en 2002. Une première au petit écran depuis 2001, qui coûte deux millions de dollars. Les têtes d'affiche de la campagne sont les comédiens Macha Limonchik et Denis Bouchard. Depuis lundi, c'est le ministère de la Santé et des Services sociaux qui lance son offensive publicitaire (un plan de trois ans) contre le jeu compulsif, qui coûtera 1,6 million de dollars.
«C'est clair que c'est nous qui avons le leadership en matière de prévention du jeu compulsif, c'est nous qui avons le mandat», affirmait hier Nathalie Gélinas, attachée de presse de la ministre déléguée à la Santé, Margaret Delisle.
Justement, certains croient que Loto-Québec, par sa publicité, tente de reprendre ce leadership en matière de lutte contre le jeu compulsif et se demandent pourquoi la société d'État dédouble par ses messages ce que le ministère fait déjà.
De plus, aux yeux de certains au ministère, les messages de Loto-Québec sont moins critiques que ceux du MSSS: «J'ai le sentiment que [le message de Loto-Québec] est un message de consommation modérée, au sens où c'est évident que leur premier mandat est de vendre des produits. Nous [au MSSS], notre premier mandat, c'est de prévenir que la santé se détériore», a expliqué à la radio de Radio-Canada Robert Faulkner, chef de service des programmes toxicomanie, jeu pathologique et itinérance au MSSS. Chez Loto-Québec, le porte-parole Jean-Pierre Roy lance: «Chacun son approche publicitaire, de prévention: du côté de Loto-Québec on a toujours préféré des approches relativement douces. Il n'est pas question d'agresser le citoyen qui écoute la télévision», a-t-il dit au Devoir.
Même si la publicité de Loto-Québec contrevient au partage des rôles en matière de prévention — partage fixé dans un décret du gouvernement adopté le 22 mars 2000 —, M. Faulkner souligne qu'on «ne peut pas empêcher d'autres partenaires d'être actifs sur le plan de la prévention». Au reste, en vertu du même décret, Loto-Québec verse au MSSS 17 millions par année pour qu'il remplisse ce mandat.
Au cabinet de la ministre, le dédoublement des mandats ne présente aucun problème, a expliqué Nathalie Gélinas. «Bien sûr, les deux approches ne sont pas les mêmes: d'un côté, c'est une approche qui vise le comportement du joueur. De l'autre, c'est une approche de santé publique. Au fond, les deux sont complémentaires.» Selon elle, «plus on passe le message de prévention, plus on informe les gens, mieux c'est».
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