Pas assez de ceci, trop de cela
Objectif: fruits et légumes
Source: Bob Helf
Pris en otage entre un environnement propice à l'obésité et une société qui valorise l'image corporelle, femmes et hommes tentent d'équilibrer leur alimentation avec plus ou moins de bonheur. Si quelques différences quant aux habitudes alimentaires se maintiennent selon les sexes, les comportements, perçus collectivement, se rejoignent de plus en plus.
L'alimentation tant des femmes que des hommes se caractérise par une consommation insuffisante de fruits et légumes et de produits laitiers, et un excès de la catégorie autres aliments. Marilyn Manceau, coordonnatrice de la clinique universitaire de nutrition de l'Université de Montréal, précise: «Près de la moitié de la population ne mange pas le minimum alimentaire requis en fruits et légumes et produits laitiers.»
La différence essentielle dans l'alimentation des femmes et des hommes tient principalement à la sous-consommation féminine des aliments du groupe viandes et substituts. Statistique Canada relevait pour l'année 2004 une consommation moyenne de légumes frais de 74,8 kg par année et par habitant, soit le plus bas taux depuis 1992. Les Canadiens boudent les légumes, en particulier les pommes de terre, la laitue et les carottes. Les fruits frais s'en sortent mieux avec une légère hausse à 37,6 kg. La préférence reste aux pommes, bananes et oranges qui représentent presque la moitié de la consommation, tandis que les fruits tropicaux, dont les goyaves, les mangues et les ananas, poursuivent leur percée.
Quant aux produits laitiers, une légère hausse mène la moyenne de consommation de lait à 63,2 litres, incluant, sur le plan positif, une augmentation notable de 1 % pour le lait et, sur le plan négatif, celle de la crème de table pour agrémenter le café, du fait de sa teneur en matières grasses. Côté fromage, la stabilité règne avec 8,8 kg, tandis que le yogourt grimpe à un niveau de 4,6 litres.
Apport calorique trop élevé
Corrélativement à ces sous-consommations, l'alimentation des Canadiens se distingue par un apport calorique trop élevé provenant de la catégorie autres aliments tels les «grignotines», les bonbons et les boissons sucrées, comme le commente Marilyn Manceau: «Vingt-sept pour cent des femmes et 29 % des hommes consomment beaucoup de ces aliments pauvres en éléments nutritifs mais riches en sucre et gras, au détriment des aliments de base.» Les individus opèrent en quelque sorte une substitution en remplaçant les produits céréaliers, les légumes et les fruits, les produits laitiers, les viandes et leurs substituts par des aliments transformés. Aussi n'est-il pas surprenant d'observer que la consommation moyenne d'huile et de gras a augmenté jusqu'à 23,6 kg, notamment sous forme d'huile de table, de shortening, de vinaigrettes, de produits frits et de produits de boulangerie.
Ces déséquilibres peuvent engendrer un apport inadéquat en nutriments essentiels, soit des insuffisances nutritionnelles. «Pour les femmes par exemple, il s'agira d'insuffisances en calcium, acide folique et fer qui se traduiront par des risques plus élevés d'ostéoporose et d'anémie. Or, l'anémie a un gros impact sur leur qualité de vie. Très actives, elles sont quasiment des "super woman". Le manque de fer entraîne de la fatigue, une perte d'énergie, des problèmes de concentration, donc ne fait qu'accentuer le sentiment d'être surchargées et l'épuisement.» Pourtant, il n'y a pas de meilleure prévention contre les maladies qu'une alimentation équilibrée. Ainsi, fruits et légumes contribuent à diminuer, tous sexes confondus, les risques de maladies cardiovasculaires — car les femmes ont rattrapé les hommes en ce domaine — mais aussi de diabète, soit des maladies qui sont de plus en plus présentes. De plus, ils permettent de prévenir 30 % des cancers. Alors pourquoi résister à ces aliments gagnants?
Des forces environnementales dominantes
Les comportements alimentaires sont très complexes et les choix ne se réduisent pas à des facteurs explicatifs homogènes. L'environnement joue un rôle primordial. Or, celui-ci est on ne peut plus propice à l'obésité. «L'alimentation est présente partout. Qu'on soit à l'épicerie, à l'école, au travail, on peut acheter et consommer des aliments qui la plupart du temps ne sont pas de base, mais plutôt riches en sucre et gras. Les fruits et légumes ont peu de place, sinon aucune, dans les machines distributrices, par exemple.» Outre leur disponibilité, ceux-ci sont également choisis par goût ou en raison de leur coût moins élevé.
En outre, du fait de notre mode de vie, beaucoup de repas sont pris à l'extérieur, où les portions servies sont énormes. De plus, si le repas est partagé avec un ami, il a tendance à être plus copieux, jusqu'à 33 % selon une étude menée aux États-Unis par la Georgia State University, et même jusqu'à 58 % si plus de quatre personnes se réunissent. La nourriture est un médiateur de communication et de contact social par excellence.
Mais si certains pêchent par excès, d'autres pêchent par privation. Ainsi, certaines femmes diminuent, voire suppriment les protéines par peur de prendre du poids ou dans le cadre de diètes draconiennes. «Or, cela leur joue des tours. Il faut savoir que les protéines ont un effet de satiété à long terme et permettent donc d'éviter des rages alimentaires en dehors des repas, des rages contentées selon le cas par un croissant et un café aromatisé très sucré! Les protéines constituent également un capital beauté. Sans elles, les cheveux deviennent ternes, les ongles cassants, et point de belle peau.»
Attention aussi, le corps réduit à la famine par des régimes sévères et trop fréquents devient récalcitrant à répondre. Dans une société où l'obésité progresse chez les deux sexes et l'image corporelle prime, femmes et hommes doivent être mis en garde contre l'effet pernicieux de ce type de diètes, de ces «régimes yo-yo».
Même si la population est bien outillée pour faire de bons choix, l'omniprésence de la publicité pour les produits de bouche fait en sorte que les individus sont perpétuellement sollicités et que leurs préoccupations touchant la santé s'en voient malmenées. Pourtant, les Canadiens sont généralement bien informés grâce aux nombreuses campagnes de sensibilisation sur la nutrition. «Je pense que tout le monde sait qu'il faut manger plus de fruits et légumes et moins d'aliments pauvres en éléments nutritifs, mais ce qui manque, c'est un environnement qui permette de mettre en pratique ces connaissances.» Santé Canada relevait en 2001 que 59 % des femmes et 47 % des hommes considéraient la nutrition comme un facteur important dans le choix de leurs aliments.
Des choix gagnants
Pour une alimentation plus saine, il convient donc pour tous d'augmenter la consommation des fruits et légumes. «Il faut qu'autant les hommes que les femmes se mettent à intégrer des légumes colorés et des fruits dans les repas. En outre, nous sommes choyés au Québec: fruiteries et supermarchés en offrent une grande variété.» Frais ou surgelés, ils sont sains. Dans la seconde catégorie, de savoureux mélanges rapides à préparer sont désormais disponibles. Après une journée de travail harassante, pourquoi ne pas faire un petit sauté de légumes surgelés accompagné de poulet que l'on déposera sur un nid de pâtes?, propose Marilyn Manceau. Présents dans le congélateur, ils ne nécessitent que peu de temps de préparation.
Quant aux femmes, il importe qu'elles soient attentives à la présence de protéines dans leur alimentation. Pour cela, il faut en incorporer un peu à chaque repas, même au déjeuner grâce au beurre d'arachide par exemple, ou un morceau de fromage, ou encore un oeuf brouillé dans une tortilla. L'exercice est à répéter pour les autres repas en pensant à rajouter un peu de viande ou une boîte de thon, du fromage, des viandes froides qu'on aura conservées de la veille, du tofu, etc. Naturellement, une saine alimentation se doit, pour être encore plus bénéfique, d'être accompagnée d'une activité physique régulière.
Collaboratrice du Devoir
L'alimentation tant des femmes que des hommes se caractérise par une consommation insuffisante de fruits et légumes et de produits laitiers, et un excès de la catégorie autres aliments. Marilyn Manceau, coordonnatrice de la clinique universitaire de nutrition de l'Université de Montréal, précise: «Près de la moitié de la population ne mange pas le minimum alimentaire requis en fruits et légumes et produits laitiers.»
La différence essentielle dans l'alimentation des femmes et des hommes tient principalement à la sous-consommation féminine des aliments du groupe viandes et substituts. Statistique Canada relevait pour l'année 2004 une consommation moyenne de légumes frais de 74,8 kg par année et par habitant, soit le plus bas taux depuis 1992. Les Canadiens boudent les légumes, en particulier les pommes de terre, la laitue et les carottes. Les fruits frais s'en sortent mieux avec une légère hausse à 37,6 kg. La préférence reste aux pommes, bananes et oranges qui représentent presque la moitié de la consommation, tandis que les fruits tropicaux, dont les goyaves, les mangues et les ananas, poursuivent leur percée.
Quant aux produits laitiers, une légère hausse mène la moyenne de consommation de lait à 63,2 litres, incluant, sur le plan positif, une augmentation notable de 1 % pour le lait et, sur le plan négatif, celle de la crème de table pour agrémenter le café, du fait de sa teneur en matières grasses. Côté fromage, la stabilité règne avec 8,8 kg, tandis que le yogourt grimpe à un niveau de 4,6 litres.
Apport calorique trop élevé
Corrélativement à ces sous-consommations, l'alimentation des Canadiens se distingue par un apport calorique trop élevé provenant de la catégorie autres aliments tels les «grignotines», les bonbons et les boissons sucrées, comme le commente Marilyn Manceau: «Vingt-sept pour cent des femmes et 29 % des hommes consomment beaucoup de ces aliments pauvres en éléments nutritifs mais riches en sucre et gras, au détriment des aliments de base.» Les individus opèrent en quelque sorte une substitution en remplaçant les produits céréaliers, les légumes et les fruits, les produits laitiers, les viandes et leurs substituts par des aliments transformés. Aussi n'est-il pas surprenant d'observer que la consommation moyenne d'huile et de gras a augmenté jusqu'à 23,6 kg, notamment sous forme d'huile de table, de shortening, de vinaigrettes, de produits frits et de produits de boulangerie.
Ces déséquilibres peuvent engendrer un apport inadéquat en nutriments essentiels, soit des insuffisances nutritionnelles. «Pour les femmes par exemple, il s'agira d'insuffisances en calcium, acide folique et fer qui se traduiront par des risques plus élevés d'ostéoporose et d'anémie. Or, l'anémie a un gros impact sur leur qualité de vie. Très actives, elles sont quasiment des "super woman". Le manque de fer entraîne de la fatigue, une perte d'énergie, des problèmes de concentration, donc ne fait qu'accentuer le sentiment d'être surchargées et l'épuisement.» Pourtant, il n'y a pas de meilleure prévention contre les maladies qu'une alimentation équilibrée. Ainsi, fruits et légumes contribuent à diminuer, tous sexes confondus, les risques de maladies cardiovasculaires — car les femmes ont rattrapé les hommes en ce domaine — mais aussi de diabète, soit des maladies qui sont de plus en plus présentes. De plus, ils permettent de prévenir 30 % des cancers. Alors pourquoi résister à ces aliments gagnants?
Des forces environnementales dominantes
Les comportements alimentaires sont très complexes et les choix ne se réduisent pas à des facteurs explicatifs homogènes. L'environnement joue un rôle primordial. Or, celui-ci est on ne peut plus propice à l'obésité. «L'alimentation est présente partout. Qu'on soit à l'épicerie, à l'école, au travail, on peut acheter et consommer des aliments qui la plupart du temps ne sont pas de base, mais plutôt riches en sucre et gras. Les fruits et légumes ont peu de place, sinon aucune, dans les machines distributrices, par exemple.» Outre leur disponibilité, ceux-ci sont également choisis par goût ou en raison de leur coût moins élevé.
En outre, du fait de notre mode de vie, beaucoup de repas sont pris à l'extérieur, où les portions servies sont énormes. De plus, si le repas est partagé avec un ami, il a tendance à être plus copieux, jusqu'à 33 % selon une étude menée aux États-Unis par la Georgia State University, et même jusqu'à 58 % si plus de quatre personnes se réunissent. La nourriture est un médiateur de communication et de contact social par excellence.
Mais si certains pêchent par excès, d'autres pêchent par privation. Ainsi, certaines femmes diminuent, voire suppriment les protéines par peur de prendre du poids ou dans le cadre de diètes draconiennes. «Or, cela leur joue des tours. Il faut savoir que les protéines ont un effet de satiété à long terme et permettent donc d'éviter des rages alimentaires en dehors des repas, des rages contentées selon le cas par un croissant et un café aromatisé très sucré! Les protéines constituent également un capital beauté. Sans elles, les cheveux deviennent ternes, les ongles cassants, et point de belle peau.»
Attention aussi, le corps réduit à la famine par des régimes sévères et trop fréquents devient récalcitrant à répondre. Dans une société où l'obésité progresse chez les deux sexes et l'image corporelle prime, femmes et hommes doivent être mis en garde contre l'effet pernicieux de ce type de diètes, de ces «régimes yo-yo».
Même si la population est bien outillée pour faire de bons choix, l'omniprésence de la publicité pour les produits de bouche fait en sorte que les individus sont perpétuellement sollicités et que leurs préoccupations touchant la santé s'en voient malmenées. Pourtant, les Canadiens sont généralement bien informés grâce aux nombreuses campagnes de sensibilisation sur la nutrition. «Je pense que tout le monde sait qu'il faut manger plus de fruits et légumes et moins d'aliments pauvres en éléments nutritifs, mais ce qui manque, c'est un environnement qui permette de mettre en pratique ces connaissances.» Santé Canada relevait en 2001 que 59 % des femmes et 47 % des hommes considéraient la nutrition comme un facteur important dans le choix de leurs aliments.
Des choix gagnants
Pour une alimentation plus saine, il convient donc pour tous d'augmenter la consommation des fruits et légumes. «Il faut qu'autant les hommes que les femmes se mettent à intégrer des légumes colorés et des fruits dans les repas. En outre, nous sommes choyés au Québec: fruiteries et supermarchés en offrent une grande variété.» Frais ou surgelés, ils sont sains. Dans la seconde catégorie, de savoureux mélanges rapides à préparer sont désormais disponibles. Après une journée de travail harassante, pourquoi ne pas faire un petit sauté de légumes surgelés accompagné de poulet que l'on déposera sur un nid de pâtes?, propose Marilyn Manceau. Présents dans le congélateur, ils ne nécessitent que peu de temps de préparation.
Quant aux femmes, il importe qu'elles soient attentives à la présence de protéines dans leur alimentation. Pour cela, il faut en incorporer un peu à chaque repas, même au déjeuner grâce au beurre d'arachide par exemple, ou un morceau de fromage, ou encore un oeuf brouillé dans une tortilla. L'exercice est à répéter pour les autres repas en pensant à rajouter un peu de viande ou une boîte de thon, du fromage, des viandes froides qu'on aura conservées de la veille, du tofu, etc. Naturellement, une saine alimentation se doit, pour être encore plus bénéfique, d'être accompagnée d'une activité physique régulière.
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