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L'Alliance canadienne veut faire échec au protocole de Kyoto

2 octobre 2002  Actualités en société
Le premier ministre Jean Chrétien et son ministre des Finaces, John Manley, se rendent à la Chambre des communes afin de participer à la période de questions.
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre Jean Chrétien et son ministre des Finaces, John Manley, se rendent à la Chambre des communes afin de participer à la période de questions.
Jean Chrétien réitère qu'il respectera ses engagements internationauxLes députés étaient de retour, hier à Ottawa, et Kyoto était sur toutes les lèvres. Le protocole sur les changements climatiques risque de devenir le sujet de l'automne, avec l'opposition officielle qui lui déclare la guerre... officiellement.

Ottawa — L'Alliance canadienne fera du lobby auprès des provinces canadiennes pour qu'elles ne mettent pas en application le protocole de Kyoto une fois qu'il sera ratifié. Et un éventuel gouvernement allianciste répudiera la signature canadienne à cet accord international sur les changements climatiques, a promis le chef Stephen Harper.

«En ce qui concerne le protocole de Kyoto, nous nous tiendrons debout en Chambre et pas seulement pour s'opposer à la ratification. Nous conseillerons vivement les provinces, et quiconque qui en a la capacité, d'en bloquer la mise en oeuvre et nous annulerons l'accord à la toute première occasion», a lancé M. Harper hier matin dans sa réponse au discours du Trône.

L'Alberta a déjà fait savoir qu'elle étudiait la possibilité de ne pas mettre en oeuvre le protocole de Kyoto parce qu'il touche des champs de compétence — ressources naturelles et environnement — relevant en tout ou en partie des provinces. Les spécialistes constitutionnels interrogés par Le Devoir il y a quelques semaines croient que l'argument est loin d'être farfelu. C'est donc cette opposition que l'Alliance canadienne entend cultiver au cours des prochains mois.

C'était le retour des vacances estivales de la Chambre des communes hier, et les parlementaires ont bombardé le gouvernement de questions sur le protocole de Kyoto. L'opposition a tout fait pour forcer le gouvernement libéral à se commettre sans ambiguïté sur le protocole, ce que le premier ministre Jean Chrétien a fait sans se faire prier.

«Je l'ai dit et je le répète: c'est l'intention du gouvernement canadien de respecter les critères qui veulent que, d'ici 2012, nous aurons réduit de 6 % les émissions de CO2 au Canada par rapport à la situation qui existait en 1990», a déclaré M. Chrétien. Il a aussi indiqué que les parlementaires auraient entre les mains le plan de mise en oeuvre avant de voter sur la ratification. «Nous développerons un plan en consultation. Nous le rendrons public. Après cela, le Parlement le votera et le pays aura 10 ans pour le mettre en oeuvre.»

Le premier ministre a toutefois semé d'autres doutes, cette fois en rappelant que le vote à la Chambre des communes ne serait que symbolique dans la mesure où c'est l'exécutif qui décide de ratifier ou non le protocole. «C'est une technicalité, parce que la ratification est un acte du gouvernement, pas du Parlement. Toutefois, nous allons consulter le Parlement avant que le gouvernement ne le ratifie.»

Du coup, il a dissipé les doutes quant à la volonté du Canada d'atteindre ses objectifs alors que la veille le ministre de l'Environnement, David Anderson, avait laissé entendre qu'il était possible que le Canada ne réduise pas ses émissions de 240 mégatonnes de gaz à effet de serre comme le contraint le protocole.

Le Bloc québécois a déjà dit qu'il appuierait la ratification, tout comme le NPD, tandis que le Parti conservateur de Joe Clark demande toujours de voir le plan de mise en oeuvre avant d'appuyer une ratification.

Des promesses plus détaillées

Le premier ministre Jean Chrétien a livré en matinée sa réponse au discours du Trône, dans laquelle il a précisé davantage certains éléments. Ainsi, le nouveau programme d'infrastructures municipales annoncé inclura non seulement les routes, le transport en commun et l'épuration des eaux, mais aussi l'autoroute de l'information. Sur le front de l'éthique, c'est le mois prochain qu'il déposera un projet de loi resserrant les règles de financement des partis politiques. Enfin, en matière environnementale, il a indiqué que le Canada récompenserait les «plus innovateurs» et ceux qui ont osé agir avant que le protocole ne soit ratifié.
 
 
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