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Pakistan - De fortes pluies dégradent les conditions de survie des rescapés

17 octobre 2005  Société
Bagh, Pakistan — Des pluies torrentielles conjuguées au froid ralentissaient hier les secours dans la région du Cachemire, où le puissant séisme du 8 octobre a coûté la vie à au moins 40 000 personnes, a annoncé hier un responsable pakistanais. Si le chiffre se confirmait, le bilan total du tremblement de terre qui a touché l'Asie du Sud s'élèverait à 54 000 morts.

Le premier ministre du Cachemire pakistanais Sikandar Hayat Khan a prévenu que le bilan dans la région pourrait s'alourdir, car les secours n'ont pas encore atteint de nombreuses régions touchées par le séisme, a précisé son porte-parole Abdul Khaliq Wasi.

Quelque 13 283 personnes ont été déclarées mortes dans la province de la frontière nord-ouest du Pakistan alors que l'Inde a fait état de 1350 morts dans la partie du Cachemire sous son contrôle.

Parallèlement, l'aide était difficilement acheminée jusqu'aux rescapés du séisme alors qu'un accident d'hélicoptère militaire pakistanais participant aux secours a coûté la vie à ses six occupants.

Le général Farooq Ahmed Khan, commissaire national chargé des secours, a précisé lors d'une conférence de presse que 29 000 tentes et 118 000 couvertures avaient été distribuées dans la région frappée par le séisme. Il avait un peu plus tôt évalué les besoins à 100 000 tentes.

Dans ce sombre tableau, l'armée a annoncé une heureuse nouvelle: la découverte d'une petite fille dégagée vivante des décombres, dans le village de Sanger, près de Balakot, huit jours après le tremblement de terre. «Elle va absolument bien», a déclaré le général Shaukat Sultan, porte-parole de l'armée. Deux frères de la petite fille atteinte de polio ont mené les soldats jusqu'aux décombres de l'habitation dont elle était prisonnière.

«Ce sont eux les vrais héros, a souligné le général Sultan. Ils ont déclaré que leur maison était détruite, que leurs parents étaient morts, et que personne n'était en vie dans leur localité.» D'après le porte-parole, les sauveteurs espéraient néanmoins pouvoir retrouver des rescapés.

L'hélicoptère de transport militaire qui s'est écrasé était un MI-17 qui avait déposé samedi soir des secouristes à Bagh, selon le général Sultan. Les six personnes décédées dans l'accident qui s'est produit alors que le mauvais temps régnait sur la région faisaient partie de l'armée. Selon le porte-parole militaire, la cause du drame pourrait être la météo ou une défaillance technique.

Bagh est l'une des zones les plus gravement touchées par le séisme de magnitude 7,6, et les secouristes n'ont pas été encore en mesure de fournir suffisamment d'abris temporaires aux habitants de la localité.

«Il est à prévoir que le mauvais temps fasse des victimes. Combien, je ne sais pas», a expliqué le général Khan.

Pour compliquer la situation, nombre de personnes dont les maisons n'ont pas été détruites refusent de regagner leur logement, craignant que des répliques ne fassent s'effondrer les structures affaiblies par les secousses.

En raison des conditions météo défavorables, peu d'hélicoptères de secours ont décollé hier. Le général Khan a précisé que les missions d'aide avaient repris vers les zones dévastées de la province de la frontière du Nord-Ouest.

L'armée américaine a, de son côté, précisé qu'elle avait suspendu ses vols d'hélicoptères. «Personne ne sort aujourd'hui [hier]», a déclaré le colonel Mark McKearn, en charge des opérations de secours.

D'après Geoffrey Krassy, un responsable du Département d'État américain, «il reste encore à atteindre environ 20 % des zones peuplées dans la région frappée par le séisme».

Selon l'armée pakistanaise, les routes vers les vallées de Jehlum, Neelum et Kaghan au Cachemire demeuraient fermées en raison de glissements de terrain. Dans certains endroits, des soldats pakistanais évacuaient des villageois blessés en les portant sur le dos.

Le Programme alimentaire mondial a annoncé avoir acheminé par voie aérienne 35 tonnes de barres énergétiques, données par la Norvège. Les rations contiennent suffisamment de substances nutritives pour une semaine pour plus de 75 000 personnes, et d'autres vols sont prévus la semaine prochaine, selon l'organisation onusienne.

De nouveaux retards pourraient être catastrophiques. L'UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance) a averti que des milliers d'enfants pourraient mourir de froid, de malnutrition et de maladie.






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